L’accouchement est un événement unique pour chaque future maman, mêlant joie, excitation et bonheur intense, mais aussi attente, interrogations et appréhensions. Bien qu'il soit impossible de prédire précisément le déroulement et la durée de votre accouchement, une information complète peut vous aider à mieux appréhender les événements. Cet article a pour but de vous éclairer sur la dilatation du col et l'utilisation de la péridurale.
La Dilatation du Col : Un Processus Clé de l'Accouchement
La dilatation du col de l'utérus est un aspect central du travail et de l'accouchement. Dans le contexte de la grossesse, la dilatation fait référence à l'ouverture du col de l'utérus, un organe cylindrique et musculaire situé à la partie inférieure de l'utérus, servant de passage entre l'utérus et le vagin. Pendant la grossesse, le col reste fermé (0 centimètre de dilatation), ce qui aide à garder votre bébé dans l'utérus jusqu'au moment opportun pour sa naissance. Ainsi, être dilatée à 1 cm signifie que l'ouverture du col mesure actuellement 1 cm de large.
Phases de la Dilatation
Le travail se divise en plusieurs phases, chacune caractérisée par un degré de dilatation spécifique :
- Fin de grossesse : Certaines femmes peuvent commencer à se dilater légèrement dans les dernières semaines de grossesse. C'est normal et constitue une façon pour le corps de se préparer progressivement à la naissance.
- Début du travail : Pour de nombreuses femmes, la dilatation commence véritablement pendant les premiers stades du travail. Les contractions régulières aident le col à passer de 0 à 6 centimètres de dilatation pendant cette phase.
- Phase active : La phase active commence juste après le pré-travail, au moment où le col est ouvert à 3-4 cm. C'est là que la majeure partie de la dilatation se produit, l'ouverture du col passant de 6 à 10 centimètres. Elle se termine lorsque celui-ci atteint une dilatation de 10 cm, le diamètre nécessaire pour permettre l’expulsion de bébé. De 4 à 7 cm de dilatation, les contractions sont très fortes et surviennent toutes les 3 ou 4 minutes et durent entre 60 et 90 secondes. Ce sont ces contractions qui sont les plus efficaces et qui permettent au col de l’utérus de s’ouvrir beaucoup plus rapidement !
- Phase de transition : Cette étape se déroule juste avant la phase où vous commencez à pousser pour finalement donner naissance à votre bébé. Avant de passer à la suite, votre médecin s'assurera que votre col est dilaté à 10 centimètres et prêt pour que votre bébé puisse passer. Entre 8 et 10 cm de dilatation, c’est-à-dire en fin de travail, les contractions sont moins fréquentes, mais plus fortes et plus longues. C’est à ce moment-là que vous allez atteindre le pic d’intensité pour ensuite sentir les contractions s’atténuer, parfois réaugmenter avant de disparaitre. Cette phase est assez intense et fatigante pour la jeune maman. L’expulsion de bébé peut s’effectuer dès que le col de l’utérus atteint une dilatation de 10cm. Elle peut demander jusqu’à une demi-heure, cependant si vous n’êtes pas à votre premier enfant, cette étape peut s’effectuer rapidement, en 5 à 10 minutes.
Durée de la Dilatation
Le temps de dilatation du col peut varier grandement d'une personne à l'autre. Plusieurs heures sont généralement nécessaires pour que le col passe de 0 centimètre (fermé) à 10 centimètres (complètement ouvert). Cependant, cela peut prendre plus de temps si c'est votre première grossesse et, au contraire, être plus rapide si vous avez déjà accouché par le passé.
- Au début du travail, il peut falloir de quelques heures à environ 12 heures (voire jusqu'à 20 heures pour certaines personnes) pour que le col passe de 0 à 6 centimètres.
- Durant le travail actif, la dilatation progressive du col de l'utérus de 6 à 10 centimètres prend généralement entre 4 et 8 heures. En moyenne, la dilatation progresse d'environ 1 centimètre par heure.
Une fois dilatée à 10 centimètres, vous serez généralement prête à pousser et à accoucher de votre bébé, ce qui peut prendre de quelques minutes à quelques heures.
Lire aussi: La Contraction des Longueurs Expliquée
Signes et Symptômes de la Dilatation
Lorsque la dilatation du col de l'utérus commence, au début du travail, il est possible de ressentir certains signes et symptômes, mais ce n'est pas systématique. Il est rare de détecter physiquement l'ouverture du col ; cependant, à mesure que le travail commence, vous ressentirez probablement les contractions utérines qui aident à la dilatation. Parmi les signes de dilatation du col de l'utérus, on peut noter :
- La perte du bouchon muqueux : un liquide clair ou légèrement sanglant s'écoule du vagin.
- Une douleur aiguë, une pression ou des courbatures dans le vagin et la région périnéale.
Comment Mesurer la Dilatation
Comment vérifie-t-on la dilatation du col ? La méthode la plus courante est un examen du col effectué par votre professionnel de santé. Il utilise généralement ses doigts (gantés) pour mesurer la largeur de l'ouverture. Durant votre dernier mois de grossesse, votre professionnel de santé peut effectuer des examens pelviens réguliers pour vérifier votre col et voir s'il y a des changements ou des signes de dilatation. Une fois le travail commencé, il continuera à vérifier votre col pour voir à quel point il se dilate. Rappelons qu'une dilatation de 10 centimètres est généralement nécessaire pour commencer à pousser. Il n'est pas recommandé de vérifier vous-même la dilatation de votre col de l'utérus chez vous. Il est toujours préférable de laisser cela à votre professionnel de santé.
La Péridurale : Une Option pour Soulager la Douleur
Pour beaucoup de mamans la question se pose assez tôt pendant la grossesse : « Est-ce que je veux un accouchement avec péridurale ou un accouchement sans péridurale ? ». Il n’y a pas de bon au mauvais choix, il y a le VÔTRE. Vous avez le droit de décider, écoutez-vous ! La péridurale est une question de choix personnel. Encore faut-il que l’établissement choisi soit en mesure de l’effectuer chaque jour et à toute heure. Renseignez-vous avant l’admission. La péridurale est une technique d’analgésie qui permet de soulager les douleurs de l’accouchement liées aux contractions utérines et à la descente du bébé dans le pelvis.
Qu'est-ce que la Péridurale ?
La péridurale est une anesthésie locale, consistant à injecter un anesthésique dans l’espace péridural (dans le bas du dos). La péridurale est une technique d’anesthésie loco-régionale consistant à bloquer les nerfs rachidiens (nerfs sortant de la moelle épinière, responsables de la sensibilité et de la motricité). Le geste consiste à mettre en place un fin tuyau (cathéter) dans l’espace péridural afin d’y injecter, par l’intermédiaire d’une pompe, des anesthésiques locaux qui vont bloquer temporairement les nerfs rachidiens et du coup supprimer la douleur. Son principe est simple : bloquer la transmission des sensations douloureuses au niveau des nerfs provenant de l’utérus et des organes voisins. L’endroit permettant de bloquer le plus de nerfs en un seul site est l’espace péridural. Pour y accéder, une ponction est réalisée dans le bas du dos. Pour que l’effet soit prolongé et ajustable aux besoins de chacune, un tuyau très fin de 1 mm en plastique est laissé dans cet espace. Il est ensuite fixé et sa présence est alors quasiment imperceptible.
Quand Poser la Péridurale ?
L’anesthésiste fait la piqure au moment où la maman atteint une dilatation de 3-4 cm. Elle peut se faire jusqu’à 7-8 cm d’ouverture du col de l’utérus, si le travail n’avance pas assez vite. Après cela il devient compliqué et trop tard de la mettre en place. Généralement, la péridurale est peut être posée dès lors que le travail est correctement lancé, et même jusqu’à dilatation complète dans certains cas. En revanche, elle n’est plus possible lorsque l’accouchement est imminent. A l’inverse, certaines grossesses nécessitent la pose précoce d’une péridurale pour des raisons médicales de sécurité. Il n’y a pas de dilatation minimale du col utérin requise pour poser une péridurale. Vous pourrez donc en bénéficier à n’importe quel moment du travail selon l’intensité de la douleur ressentie.
Lire aussi: Avantages et Inconvénients : Baignoire
Comment se Déroule la Pose ?
Pour se faire, vous serez installée en position assise au bord du lit et il vous sera demandé de faire un dos « rond vers l’arrière ». Elle est effectuée en position assise, dos rond, ou allongée sur le côté, en «chien de fusil». L’aiguille qui est pourvue d’un cathéter (tube stérile de petit diamètre) n’est donc jamais au contact de la moelle épinière. Le praticien retire ensuite l’aiguille en laissant le cathéter à poste, fixé à la peau par un pansement adhésif. Ce tube flexible permet donc à la maman de bouger sans risque. Les risques de toucher la moelle épinière sont donc très limités.
Gestion de la Douleur et Mobilité
Vous êtes la plus à même d’estimer votre douleur et de définir ce qui est supportable pour vous et ce qui ne l’est pas. Vous gérerez donc vous-même le nombre et la fréquence des injections d’anesthésiques locaux que vous recevrez dans la péridurale. En appuyant sur un bouton si la douleur est trop importante, vous déclencherez une injection d’anesthésiques locaux. Le but est de vous administrer la « juste » dose, c’est-à-dire ce qui est nécessaire et suffisant pour vous soulager, cette dose variant forcément d’une patiente à une autre. Cette analgésie permet de conserver une motricité des jambes et certaines sensations (toucher, contractions, descente du fœtus). Sachez cependant que de par son mécanisme d’action, la péridurale affecte tout de même partiellement la motricité des jambes.
Avec une péridurale classique, la mobilisation est possible dans différentes postures sur le lit d’accouchement. Si vous souhaitez vous mobiliser debout, il peut également être proposé une péridurale déambulatoire, qui autorise la mobilité debout de la femme entre les bolus.
Consultation Préalable avec l'Anesthésiste
Sachez seulement que vous devez avoir pris votre décision pour la péridurale avant l’accouchement. La procédure est très précise. Un rendez-vous préalable avec un anesthésiste lors d’un rendez-vous avant l’accouchement est obligatoire. Vous pourrez pendant celui-ci poser toutes les questions que vous voulez concernant cette anesthésie. De son côté, l’anesthésiste vous expliquera toutes les consignes. En cours de grossesse, vous recevez les informations médicales sur la péridurale lors de la consultation d’anesthésie. Le médecin anesthésiste est disponible pour répondre à toutes vos questions. Menée par un médecin-anesthésiste au 8e mois de grossesse, pas nécessairement d’ailleurs par celui qui fera la péridurale, cette consultation a pour but d’informer la patiente, d’évaluer le risque anesthésique et de dépister les contre-indications. Lors des dernières semaines de grossesse, vous devrez prendre rendez-vous avec un anesthésiste-réanimateur. Cette consultation est obligatoire… et ce, même si vous ne souhaitez pas accoucher avec une péridurale ! Le médecin anesthésiste-réanimateur procédera à un interrogatoire complet et à un examen médical, afin d’établir un dossier comportant toutes les informations nécessaires à une éventuelle anesthésie et/ou à une prise en charge réanimatoire si besoin. Ce rendez-vous avec le médecin anesthésiste-réanimateur permet aussi de vérifier qu’il n’y a pas de contre-indications à la mise en place d’une péridurale.
Contre-Indications à la Péridurale
Il est important de rappeler qu’en raison des risques que comporte tout geste d’anesthésie, un certain nombre d’éléments cliniques et biologiques doivent être vérifiés avant de commencer. Les contre-indications à la péridurale sont des situations où le risque de la péridurale est supérieur au bénéfice qu’elle pourrait apporter.
Lire aussi: Traitement de la dilatation colique
- La première contre-indication, c’est le refus de la patiente.
- La prise de médicaments tel que l’aspirine, les anti-vitamine K ou tout autre médicament fluidifiant le sang doit être signalée à votre médecin. Le risque est le même que celui des maladies de la coagulation.
- Le saignement important et les infections bactériennes sévères sont des situations à risque d’hypotension artérielle. Le risque est que la péridurale majore l’hypotension.
- Certaines affections de la peau empêchent de trouver l’espace suffisant pour poser la péridurale, surtout en cas de surinfection des lésions. Le risque est de contaminer le système nerveux lorsque l’on traverse la peau jusqu’à l’espace péridural.
- Les allergies aux anesthésiques locaux sont rares. Le risque est la survenue d’une manifestation allergique grave allant de la chute de tension aux difficultés respiratoires. Les allergies aux médicaments sont toujours possibles.
- Ces maladies cardiaques sont pour la plupart connues des patientes, et celles-ci sont suivies par un spécialiste. Ces situations sont rarissimes.
- Elles sont pour la plupart, la conséquence de désordres de la coagulation certains pouvant survenir brutalement. Ces situations font partie des indications à la césarienne sous anesthésie générale. Le risque est de devoir recourir à une anesthésie générale dans une situation d’instabilité due à l’hémorragie.
Lorsque la patiente a subi une intervention au niveau du rachis, on demande si nécessaire un avis supplémentaire à un neurochirurgien ou à un orthopédiste afin de discuter de la faisabilité.
Effets Secondaires et Complications
Néanmoins, il serait aussi faux de dire que la péridurale est sans danger. Attention ! Tout acte médical même conduit avec compétence et dans le respect des recommandations scientifique, comporte un risque. Notre but est de vous apporter une information claire et loyale sur ces risques. L’évolution du savoir-faire médical au cours de ces dernières années a permis une réduction importante des complications dues à une pose de péridurale. Les effets indésirables sont des conséquences sans gravité de la péridurale. Ils sont transitoires et disparaissent en général complètement en quelques jours.
- Les céphalées : Ils sont une complication assez fréquente des péridurales. Ils peuvent survenir si, lors de la pose, une brèche est réalisée dans plan postérieur de l’espace péridural. L’importance de la céphalée est fonction de la taille de la brèche et du matériel en cause. Ces maux de tête sont modérés à intenses, pouvant vous gêner dans les heures suivant l’accouchement. Le traitement peut être médicamenteux dans un premier temps. En cas d’échec, un colmatage de cette brèche peut être réalisé par l’équipe d’anesthésie. Cette technique particulière est appelée blood-patch. Elle associe une prise de sang et une nouvelle ponction dans l’espace péridural afin d’y injecter de quoi obstruer la brèche responsable de vos douleurs. Ce « blood patch » se réalise au bloc opératoire et a un taux de succès proche de 2 sur 3.
- Les neuropathies : Ce sont des atteintes des nerfs responsables de différentes manifestations allant des paresthésies (« fourmis ») à la perte de force dans un territoire des jambes ou des cuisses. La lésion peut être secondaire à des techniques au cours du geste ou être complètement indépendante de la péridurale. En effet, ces complications nerveuses peuvent être dues à des phénomènes de compression lors du passage du bébé ou lors de la position prolongée des jambes dans les étriers lors d’un accouchement difficile. Ces complications sont dites effets indésirables car elles disparaissent généralement dans les 6 mois.
- Les douleurs lombaires : Les douleurs lombaires sont courantes après la grossesse. Une très faible proportion est secondaire à la pose de péridurale. Certaines complications rarissimes mais graves de la péridurale (hématomes, abcès) se manifestent entre autre par une douleur lombaire, mais cette douleur n’est alors pas le seul symptôme.
- Nausées : Ceux-ci sont fréquents lors de césariennes sous péridurale. La plupart sont dues à une chute de tension secondaire à l’anesthésie et aux manœuvres nécessaires à l’extraction du bébé. La majeure partie du temps ils sont transitoires et cèdent rapidement après l’accouchement. Parfois, les nausées sont dues à la morphine, mais son utilisation reste exceptionnelle de manière prolongée après une césarienne.
- Les complications graves de la péridurale : Ces accidents sont les plus rares. Les crises convulsives au cours de la grossesse sont un motif de prise en charge en urgence car elles peuvent être le symptôme d’une pathologie sous-jacente grave, et peuvent nuire à votre bébé. Lorsqu’elles surviennent après une pose d’une péridurale, les crises convulsives peuvent être la manifestation d’une toxicité des anesthésiques locaux. Oui, il existe un risque minime mais non nul d’arrêt cardiaque dans les suites d’une péridurale. Ceci reste exceptionnel mais possible. Les seuls cas décrit ne sont pas des femmes enceintes mais des sujets opéré sous péridurale pour des interventions lourdes. Bien souvent, la question d’une paralysie secondaire à une péridurale est évoquée… La paralysie complète secondaire à une lésion de la moelle épinière lors d’une péridurale est rarissime. Les cas historiques étaient dus à la réalisation de péridurales chez des sujets ayant des troubles de la coagulation non connus. Depuis, un dépistage systématique est de rigueur avant toute anesthésie centrale. Ce dépistage justifie la réalisation d’une prise de sang et d’une consultation permettant, entre autre, la recherche d’éléments évocateurs. De nos jours la fréquence de survenue de phénomènes compressifs (hématomes et abcès) est extrêmement faible. Malheureusement, l’effet escompté est parfois trop important. On parle alors de bloc étendu. Leur survenue peut nécessiter une anesthésie générale le temps que l’effet de l’anesthésique s’estompe. Ces blocs étendus sont la conséquence d’une diffusion des produits de l’anesthésie dans un espace « virtuel » proche du site d’injection classique. La diffusion dans cet espace est rare : seulement 2 cas sur 10 000 péridurales.
Idées Reçues sur la Péridurale
- ‘‘ La péridurale pour l’accouchement et c’est le mal de dos assuré pendant des années ? Les douleurs lombaires sont fréquentes pendant et après la grossesse.
- ‘‘ Je suis migraineuse de nature alors la migraine après la péridurale c’est pour moi ? Si vous êtes migraineuse vous pouvez au décours de l’accouchement déclencher une crise de migraine qui ne sera pas liée à votre péridurale.
- ‘‘ J’ai un tatouage en bas du dos alors j’oublie la péridurale ? Un tatouage n’est pas une contre-indication à l’analgésie péridurale.
- ‘‘ Je suis épileptique, je risque des convulsions si j’ai une péridurale ? Les crises d’épilepsie surviennent fréquemment lors de moments de stress et de dépenses énergétiques ou lorsque l’on interrompt le traitement. Lors d’un accouchement, l’analgésie péridurale limite le stress et la dépense énergétique. Elle est donc recommandée aux patientes épileptiques.
tags: #dilatation #col #et #peridurale #informations