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Dépression Post-Partum en Suisse : Informations et Perspectives

La dépression post-partum (DPP) est une condition fréquente qui affecte de nombreuses mères dans les 12 mois suivant l'accouchement. Cet article vise à fournir des informations complètes sur la DPP, en mettant l'accent sur sa prévalence, ses facteurs de risque, les options de traitement et les ressources disponibles, notamment en Suisse.

Prévalence et Impact de la DPP

La dépression post-partum (DPP) toucherait entre 10 et 20 % des mères dans l’année suivant l’accouchement. Selon une nouvelle étude de Santé publique France réalisée 2 mois après la naissance, elle concernerait 1 mère sur 6 et s’accompagnerait dans 5 % des cas d’idées suicidaires. Avec 1 mère sur 6 concernée en France, la DPP est loin d’être exceptionnelle. Parce qu’elle peut représenter un danger pour la maman comme pour l’enfant, elle doit être dépistée systématiquement et, le cas échéant, prise en charge et déstigmatisée.

L'enquête de Santé publique France révèle également des disparités régionales concernant la prévalence de la DPP. Cette dernière est en effet significativement plus fréquente en Centre-Val-de-Loire (21,7 %), en Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) (20,5 %) et en Île-de-France (19,3 %).

Facteurs de Risque Associés à la DPP

Plusieurs facteurs de risque ont été identifiés comme étant associés à un risque accru de développer une DPP. Parmi ces facteurs, on retrouve :

  • L’absence de soutien de l’entourage.
  • Des antécédents de troubles dépressifs.
  • Des complications lors de la grossesse ou de l'accouchement.
  • Le stress lié à la maternité et aux responsabilités parentales.

Récemment, une étude danoise est venue enrichir cette liste d’un nouveau facteur de risque (cf. notre article du 21 septembre 2023). En effet, à la suite de la première prescription de contraceptifs hormonaux, certaines jeunes femmes présentent des symptômes dépressifs [5]. Ceux-ci semblent plus fréquents les 2 premières années de prise (HR = 1,71, IC95 [1,55-1,88] dans l'étude de Johansson et al. Menée à l’aide de registres nationaux, cette étude a analysé des données concernant 118 648 mères (première grossesse), dont 5 722 avaient auparavant présenté des symptômes dépressifs dans les 6 mois après la prescription de contraceptifs (symptômes identifiés par un diagnostic hospitalier ou une prescription d’antidépresseurs).

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Symptômes et Diagnostic de la DPP

La DPP survient généralement 2 à 3 mois après l’accouchement. Les difficultés sont souvent plus marquées le soir. Certains signes peuvent être faussement attribués à cette maternité (en particulier, la fatigue, les troubles du sommeil ou l’anxiété). De plus, reconnaître que l’on est triste et indifférente après la naissance de son enfant est difficile, la DPP est souvent passée sous silence par la mère qui en souffre.

Les symptômes de la DPP peuvent varier d'une femme à l'autre, mais ils incluent souvent :

  • Une tristesse persistante et un sentiment de désespoir.
  • Une perte d'intérêt ou de plaisir dans les activités quotidiennes.
  • Des troubles du sommeil et de l'appétit.
  • Une fatigue excessive et un manque d'énergie.
  • Des sentiments de culpabilité, d'inutilité ou d'anxiété.
  • Des difficultés de concentration et de prise de décision.
  • Dans les cas les plus graves, des pensées suicidaires.

Il est essentiel de noter que ces symptômes peuvent être similaires à ceux du "baby blues", une condition transitoire qui affecte de nombreuses femmes dans les jours suivant l'accouchement. Cependant, la DPP se distingue par sa durée et son intensité, et elle nécessite une intervention médicale appropriée.

Le diagnostic de la DPP repose sur une évaluation clinique complète, qui peut inclure un entretien avec un professionnel de la santé, un examen physique et des questionnaires standardisés tels que l'échelle de dépression post-natale d'Édimbourg (EPDS). De l’aveu même de ses auteurs, cette étude pourrait souffrir de biais liés à l’auto-administration d’un questionnaire (EPDS) destiné, non au diagnostic de la DPP, mais à son dépistage [3]. Cependant, l'EPDS est largement utilisé dans les enquêtes internationales et ce choix a permis de comparer les données françaises à celles des autres pays.

Options de Traitement pour la DPP

Plusieurs options de traitement sont disponibles pour les femmes souffrant de DPP, notamment :

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  • Psychothérapie : La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) et la thérapie interpersonnelle (TIP) sont des approches psychothérapeutiques efficaces pour traiter la DPP. Ces thérapies aident les femmes à identifier et à modifier les schémas de pensée et de comportement négatifs qui contribuent à leur dépression.
  • Médicaments antidépresseurs : Dans certains cas, des antidépresseurs peuvent être prescrits pour soulager les symptômes de la DPP. Il est important de discuter des avantages et des risques potentiels de ces médicaments avec un professionnel de la santé, en particulier si la femme allaite.
  • Soutien psychosocial : Le soutien de la famille, des amis et des groupes de soutien peut jouer un rôle crucial dans le rétablissement de la DPP. Ces ressources offrent un espace sûr et confidentiel pour partager des expériences, obtenir des conseils et se sentir moins seule.

Aux États-Unis, la commercialisation d’un antidépresseur d’action rapide particulier (zuranolone) vient d’être autorisée dans le traitement des dépressions du post-partum. La zuranolone est un candidat antidépresseur qui fait partie d’une nouvelle classe thérapeutique, les neurostéroïdes. Il s’agit d’un modulateur positif des récepteurs GABA-1. La particularité de cette classe d’antidépresseurs est d’agir rapidement (en 2 à 3 jours). Depuis quelques années, la zuranolone est étudiée dans le contexte des troubles dépressifs majeurs de l’adulte, avec des résultats contradictoires [8, 9].

L'efficacité de la zuranolone dans le traitement de la DPP a été évaluée dans 2 études multicentriques randomisées, en double aveugle et contrôlées. Dans la première étude [12], 170 patientes ont reçu 50 mg de zuranolone ou un placebo une fois par jour pendant 14 jours. Dans la seconde étude [13], 150 ont reçu 30 mg de zuranolone ou un placebo, également pendant 14 jours. Les patientes des groupes traités par zuranolone ont présenté une amélioration significativement plus importante de leurs symptômes dépressifs que celles des groupes sous placebo (qui ont néanmoins aussi significativement amélioré leurs symptômes au cours de l’étude).

Ressources et Soutien en Suisse

En Suisse, plusieurs ressources et services sont disponibles pour les femmes souffrant de DPP. Parmi ceux-ci, on peut citer :

  • Les sages-femmes : Les sages-femmes jouent un rôle essentiel dans le suivi postnatal des mères et peuvent aider à identifier les signes de DPP et à orienter les femmes vers les ressources appropriées.
  • Les médecins généralistes et les gynécologues : Ces professionnels de la santé peuvent également diagnostiquer et traiter la DPP, ou orienter les femmes vers des spécialistes tels que des psychiatres ou des psychologues.
  • Les centres de consultation parents-enfants (CPPE) : Ces centres offrent un soutien aux parents et aux enfants, et peuvent proposer des consultations psychologiques et des groupes de soutien pour les mères souffrant de DPP.
  • Les associations de soutien à la maternité : Plusieurs associations en Suisse offrent un soutien aux mères, notamment celles qui souffrent de DPP. Ces associations peuvent proposer des groupes de parole, des visites à domicile et d'autres formes d'assistance.

Depuis le 1er juillet 2022, pour mieux accompagner les jeunes mères dans les semaines après la naissance, un entretien postnatal précoce leur est proposé systématiquement. Il peut être réalisé par une sage-femme ou un médecin entre la 4e et 8e semaine après l'accouchement. Le professionnel de santé peut proposer un 2e entretien entre les 10e et 14e semaine qui suivent l'accouchement afin de poursuivre l’accompagnement s’il le juge nécessaire ou à la demande du ou des parents. De plus, le site « Nos 1 000 premiers jours » propose aux mères 10 questions en ligne pour faire rapidement le point sur leur bien-être émotionnel (questionnaire EPDS [16]).

Lire aussi: Causes et traitements de la dépression prénatale

tags: #depression #post-partum #suisse #informations

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