Héritier longtemps désiré, Louis, né le 5 septembre 1638 au château neuf de Saint-Germain-en-Laye, devient roi à cinq ans, à la mort de son père, Louis XIII, en 1643. Ce monarque, connu sous le surnom de Roi-Soleil, a marqué l'histoire de France par son règne exceptionnellement long et son influence considérable sur la politique, la culture et la société françaises. Louis XIV est mort le 1er septembre 1715.
Une enfance marquée par la Fronde
Quand Louis XIII meurt, la régence est assurée par la reine-mère, Anne d'Autriche, et le cardinal de Mazarin, son parrain. Sa mère, Anne d'Autriche, lui préfère son frère cadet Philippe, le futur Monsieur ; délaissé par elle, il grandit solitaire et se renferme de bonne heure sur lui-même. Les troubles de la Fronde marquent profondément le jeune souverain. Chassé de Paris par les Frondeurs, quand il entre à nouveau en octobre 1652, il garde une rancoeur tenace contre la noblesse, les corps constitués et le peuple parisien. Son enfance et son adolescence nomade lui laissent peu de temps pour son éducation qui sera un peu négligée. Le roi est sacré à Reims le 7 juin 1654.
L'ascension vers le pouvoir absolu
À la mort du cardinal Mazarin, en 1661, Louis XIV décide de gouverner par lui-même - une exception dans l'Europe d'alors, où ministres et favoris gouvernent au nom des rois. Lorsque le cardinal de Mazarin décède, le jeune roi de 23 ans déclare, le 10 mars 1661, vouloir gouverner par lui-même, le cardinal n'aura pas de successeur. Cette décision montre la maturité exceptionnelle du roi. Cette volonté est sans comparaison dans le reste de l'Europe et de l'histoire de France. C'est l'aboutissement des politiques menées par ses prédécesseurs et les ministres Richelieu et Mazarin vers le pouvoir absolu. De 1661 à 1715, cette volonté de gouverner par lui-même ne se relâchera jamais. Louis XIV exerce ce qu'il appelle le « métier de roi » avec la conscience - puisée dans la conviction profonde de ses devoirs envers Dieu, des devoirs de ses sujets envers lui - d'être l'« oint du Seigneur », le représentant de Dieu sur terre. Il écrira dans ses Mémoires :« Ce qui fait la grandeur et la majesté des rois n'est pas tant le sceptre qu'ils portent que la manière de le porter. C'est pervertir l'ordre des choses que d'attribuer la résolution aux sujets et la déférence au souverain. L'essence de sa doctrine politique, l'absolutisme, auquel Richelieu et Mazarin avaient préparé la voie et dont Louis XIV est le champion, est contenue dans les réflexions qu'il formule dans ses Mémoires. Pareillement, elles font comprendre pourquoi le roi sera toute sa vie un travailleur acharné, passionnément attaché à remplir toutes les charges de son « métier », à en goûter tous les plaisirs aussi.
Louis XIV quitte Paris et le palais du Louvre, qu'il n'aime pas, le 6 mais 1882 pour s'installer définitivement au château de Versailles. Le centre de gravité de la France en est modifié. Louis XIV exerce son métier de roi. Il s'entoure d'hommes de confiance, tels que Colbert, Louvois, en ayant écarté Nicolas Fouquet dès 1661. Il brise la noblesse en lui imposant d'être présente à la cour. Il s'impose, à lui comme à ses courtisans, un cérémonial minuté de son réveil à son coucher. Tout, dans la vie quotidienne du Roi-Soleil, est parfaitement réglé, voire minuté. Le roi se lève vers huit heures et demie, et les courtisans pouvent alors assister au petit lever, puis au grand lever. De neuf heures et demie à midi, le roi se consacre au Conseil, puis il va entendre la messe, et va ensuite « dîner ». Après le repas, le roi prend quelques instants de repos, se promenant dans ses jardins, puis l'après-midi est de nouveau consacrée aux affaires. Au château de Versailles, la chambre du roi occupe le centre du bâtiment, et se situe au départ des axes qui s'ouvrent du château vers Versailles. Les appartements des princes royaux, princes du sang, puis des autres membres de la noblesse sont assignés en fonction de la place de chacun dans la hiérarchie royale. Le règne du Roi-Soleil est marqué par de nombreuses fêtes, au cours desquelles le souverain exhibe les fastes de sa cour. En 1698, le roi organise pour son petit-fils, le duc de Bourgogne, une fête militaire à Compiègne, qui dure vingt-cinq jours (et coûte environ seize millions de livres). Il s'agit à la fois d'instruire le duc de Bourgogne et de proclamer la gloire du roi un an après les traités de Ryswick.
Il sera aidé par sa constitution particulièrement robuste, qui était capable de résister à tous les excès, ceux du travail, de la chasse, de la table, de l'amour, de la maladie. De son aïeul, Louis XIV a le tempérament amoureux. Ses maîtresses sont en effet nombreuses : Louise de Lavallière, Françoise de Montespan, Marie-Angélique de Fontanges ne sont que les plus célèbres et les plus durables de ses innombrables passions. Louis XIV a une vie amoureuse proche de celle de son grand-père Henri IV. Ses favorites sont nombreuses, à commencer par la nièce de Mazarin, Marie Mancini, puis Louise de La Vallière, Madame de Montespan et enfin Madame de Maintenon. Mais, leur influence sur la politique du roi sera nulle. Il comblera de biens ses différents bâtards, qu'il légitimera, surtout les deux fils de Mme de Montespan, le duc du Maine et le comte de Toulouse ; il prendra soin, en outre, de les marier à sa descendance légitime (Louis XIV eut six enfants de la reine, dont seul survécut Louis, dit le Grand Dauphin). Ainsi, il obligera son neveu Philippe d'Orléans, à épouser Mlle de Blois, fille de Mme de Montespan, ou bien une petite-fille du Grand Condé à s'unir au duc du Maine. Madame de Maintenon, qu'il a épousée secrètement en 1683, après la mort de la reine Marie-Thérèse, joue néanmoins un rôle discret à la fin de sa vie, assistant par exemple aux réunions particulières du roi avec ses ministres ou avec les ambassadeurs étrangers.
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Est-ce l'effacement de l'individu derrière le personnage royal qui a empêché l'histoire de rendre justice à Louis XIV ? Il faut sans doute faire l'effort de replacer le personnage dans son époque et de le comprendre en fonction d'un univers mental si différent du nôtre. Si certains l'ont louangé exagérément, d'autres en ont fait le type du monarque absolu, tyrannique, égoïste et soucieux de sa seule gloire, Louis XIV ne fut pas si différent des autres souverains de son temps, mais, à cause de la force de son royaume, de l'exceptionnelle pléiade de génies qui illustrent son règne, du sentiment particulièrement aigu aussi qu'il avait de la grandeur de son rôle, il accentua seulement - certes jusqu'au paroxysme - l'absolutisme.
Politique religieuse : Gallicanisme et Révocation de l'Édit de Nantes
Louis XIV, roi très catholique, mène une politique gallicane en s'opposant au pape. Louis XIV affirme son indépendance à l'égard de la papauté et son autorité sur l'Église de France. Entré en conflit avec le pape Innocent XI, en 1673, il fait rédiger par Bossuet la Déclaration des quatre articles (1682) qui érige le gallicanisme en politique d'État. Hostile aux jansénistes, Louis XIV les prive de l'abbaye de Port-Royal. Il réprime les jansénistes et les expulse de Port-Royal en 1664.
Envers les protestants, sa rigueur religieuse est extrême, il révoque l'Édit de Nantes le 18 octobre 1685 : un exode massif des réformés (entre 100 000 et 200 000), des révoltes comme celle des Camisards et l'inimitié des pays protestants européens sont les conséquences de cette erreur politique majeure. À l'égard des protestants, Louis XIV adopte une politique tout aussi répressive, qui se manifeste par les dragonnades (mesures de cocercition pour héberger les dragons royaux) et qui culmine, en 1685, par la révocation de l'édit de Nantes.
Guerres et agrandissement du territoire
Cependant, la grande affaire de Louis XIV est la gloire militaire. Guerre de dévolution (1667-1668), guerre contre la Hollande (1672-1678), guerre contre la ligue d'Augsbourg (1689-1697), guerre de Succession d'Espagne (1701-1714), tous ces conflits liguent contre la France, une partie de l'Europe, affaiblissent le Trésor de l'État (le prestigieux mobilier d'argent du roi est fondu en 1689), affament le peuple français. Ce qui fut la passion dominante de la vie de Louis XIV est bien connu. « J'ai trop aimé la guerre. » Ainsi le roi se serait-il exprimé sur son lit de mort. S'il n'est pas certain que le roi ait prononcé ces paroles, en revanche, ses Mémoires ne laissent aucun doute quant à l'attrait de la guerre pour lui. À propos de la possibilité qui s'offrait à lui, en 1665, de déclarer la guerre soit à l'Espagne, soit à l'Angleterre alors en lutte avec les Provinces-Unies, Louis XIV écrit :« J'envisageais avec plaisir le dessein de ces deux guerres comme un vaste champ où pouvaient naître à toute heure de grandes occasions de me signaler ». Le règne personnel de Louis XIV comprend, en effet, trente et une années de guerres contre vingt-trois années seulement de paix. La réussite qu'était la remise en ordre de l'État par Colbert, durant les dix premières années du règne, n'était, aux yeux du roi, que le moyen de réaliser son rêve de gloire militaire. Ce fut lui seul qui décida vraiment de sa politique extérieure, dont le seul facteur d'unité sera la direction royale orientée vers la grandeur. Louvois lui avait forgé une excellente armée, Colbert une bonne marine, Vauban avait entouré la France d'une admirable ceinture de fortifications.
L'agrandissement du territoire français est cependant incontestable : la France gagne la Franche-Comté, les Flandres et l'Alsace, ses frontières sont raffermies, Vauban ayant entouré la France d'une ceinture de fortifications. Son petit-fils, Philippe V est installé sut le trône d'Espagne. En ce qui concerne l'agrandissement territorial, le succès de la politique de Louis XIV est incontestable. La frontière du Nord est définitivement constituée avec la conquête de l'Artois, du Cambrésis, du pays de Maubeuge et de Givet. Celle de l'Est, avec la conquête de l'Alsace, s'avance désormais jusqu'au Rhin, et l'enclave lorraine, entourée de trois côtés, n'est pas dangereuse. La Franche-Comté complète bien cette frontière. Dans le Sud, le Roussillon a été acquis définitivement à la France en 1659. À l'intérieur, des principautés étrangères anachroniques, comme Orange et le Charolais, ont été réunies.
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Fin de règne difficile et succession
La fin du règne de Louis XIV est assombri par les difficultés économiques, malgré l'essor du commerce maritime et des manufactures, par les famines dues aux catastrophes climatiques de 1693 et 1709. Au point de vue économique, il en va tout autrement. Le poids de la guerre a obligé l'État à renoncer aux meilleurs résultats acquis par Colbert. Après 1674, il n'y aura plus jamais de tout le règne d'équilibre financier et, dès 1676, le déficit est de 24 millions de livres. Il faut revenir aux « affaires extraordinaires » : vente d'exemption de tailles, vente d'offices, vente du Domaine, augmentation des impôts, emprunts. Les causes économiques des guerres sont d'ailleurs prépondérantes. Colbert lui-même pousse à la campagne contre la Hollande, qui gêne notre commerce. Après les traités de Nimègue, néanmoins, et avant la guerre contre l'Europe en 1689 (guerre de la ligue d'Augsbourg), la France est encore prospère et reste très puissante. On n'expliquerait pas autrement qu'elle ait pu résister à vingt-deux années de guerre. Le commerce, notamment, avec la richesse grandissante de Marseille et de Saint-Malo, est florissant, et la guerre contre notre commerce explique la lutte de la Hollande et de l'Angleterre contre la France en 1689. La guerre de la ligue d'Augsbourg, conjuguée avec la crise de 1693-1694, épuise l'économie du pays. De 1697 à 1701, on assiste pourtant à un redressement dû au soulagement fiscal, à l'abondance du travail liée à la paix et à la reprise du grand commerce. Les négociants français envahissent l'Amérique espagnole, le Pacifique et la Chine, si bien qu'on voit éclore, en quelques années, six compagnies de commerce créées par des capitaux malouins, rochelais, parisiens et nantais.
Louis XIV est malade de la gangrène, lors de son agonie en septembre 1715, il prépare à sa succession son héritier à 5 ans. Le roi assiste à la mort de ses enfants dont son héritier le Grand dauphin en 1711, puis de son petit-fils le duc de Bourgogne en 1712.
Après une semaine de lente agonie, Louis XIV s’éteint à Versailles, le 1er septembre 1715, vers 8h15 du matin, quatre jours avant son soixante-dix-septième anniversaire. Louis XIV mourut le 1er septembre 1715 comme il avait vécu : avec le souci de paraître. Alors qu’une gangrène de la jambe avait été diagnostiquée 8 jours plus tôt, il mit sa fin en scène, associant les actes publics de piété et les décisions politiques, avec un courage qui fit l’admiration. Un règne de soixante-douze ans s’achève, le plus long de l’Histoire de France.
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