Teddy Riner, figure emblématique du judo français et mondial, est né le 7 avril 1989 à Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe. Son parcours exceptionnel, pavé de records et de titres, en fait l'un des plus grands sportifs de l'histoire, tous sports confondus. Cet article explore les différentes facettes de sa vie, de ses débuts à ses ambitions futures, en passant par ses moments de gloire et ses rares défaites.
Une vocation précoce
Dès l'âge de 5 ans, Teddy Riner découvre le sport dans un club multisports à l’Aquaboulevard (Paris 15ème), où ses parents l’inscrivent. Il s'initie alors au judo, mais aussi au football. Rapidement, il démontre des aptitudes dans les deux disciplines. « Il était très doué dans les deux, se souvient Moïse, son père. Au foot, notamment, il jouait défenseur mais terminait la saison meilleur marqueur de son équipe. ». Cependant, il opte finalement pour le judo, discipline dans laquelle il obtient rapidement d'excellents résultats.
À 13 ans, il fait du judo son domaine de prédilection et le pratique au sein du Judo Club Bolivar des Buttes Chaumont (Paris). À 14 ans, il intègre le pôle espoirs de Rouen où il s'entraîne avec Dominique Paolozzi pendant une année. L'année suivante, il revient dans la capitale pour rejoindre l'équipe de France à l'Insep.
Révélation et premiers titres
Révélé dès 2006 par un titre européen et mondial junior, il confirme dès l'année suivante en devenant le plus jeune champion d'Europe en poids lourds et le plus jeune champion du monde masculin. Ce premier titre mondial, obtenu à Rio de Janeiro en 2007, marque le début d'une carrière exceptionnelle.
Domination mondiale
Droitier et doté d'un physique imposant (2,04 m et 139 kg), Teddy Riner domine la catégorie des plus de 100 kg (poids lourds). Il enchaîne les titres mondiaux à Rio de Janeiro en 2007, à Rotterdam en 2009, à Tokyo en 2010, à Paris en 2011, à Rio de Janeiro en 2013, à Tcheliabinsk en 2014, à Astana en 2015, à Budapest en 2017, ainsi qu'en toutes catégories à Levallois-Perret en 2008 et à Marrakech en 2017. Il détient un record de onze titres de champion du monde.
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Sacres olympiques
Le palmarès de Teddy Riner est également marqué par ses succès olympiques. Après une médaille de bronze à Pékin en 2008, il décroche l'or à Londres en 2012 et à Rio de Janeiro en 2016. Il est le porte-drapeau de l'équipe de France aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro en 2016, où il remporte sa deuxième médaille d'or olympique face au Japonais Hisayoshi Harasawa, devenant alors le judoka le plus titré de l'histoire et renouvelle ainsi sa suprématie dans le domaine du judo. Aux Jeux olympiques de Tokyo en 2021, il remporte une médaille d'or par équipe mixte et une médaille de bronze en individuel.
Une invincibilité presque parfaite
Entre son deuxième titre olympique à Rio 2016 et sa neuvième victoire mondiale en Hongrie un an plus tard, Teddy Riner ne dispute pas un seul combat en compétition. Teddy Riner a enregistré une série impressionnante de 154 victoires consécutives, qui a duré près de dix ans. Cette série prend fin le 9 février 2020, lors du Grand Chelem de Paris, où il est battu par le Japonais Kokoro Kageura.
Teddy Riner n'enregistre durant sa carrière que trois défaites en championnat international élite : les deux premières sont concédées au 3e tour de la compétition poids lourds des Jeux olympiques de 2008 face à Abdullo Tangriev avant d'obtenir la médaille de bronze, et le 13 septembre 2010 pour le titre « toutes catégories » des mondiaux de Tokyo face à Daiki Kamikawa avant une période d'invincibilité qui dure près de dix ans. Il n'a plus été envoyé au tapis depuis le Tournoi de Paris en 2006. Alors junior, il avait été battu par le Russe Jury Rybak.
Forces et faiblesses
Teddy Riner est doté de qualités physiques exceptionnelles. « À l’école, je faisais déjà une tête de plus que les autres », raconte-t-il. Son père, Moïse, avoue 1,89 m sous la toise. Teddy mesure 2,03 m. Il n’a pourtant débuté la musculation lourde que vers 18/19 ans.« Avant, je me contentais de renforcement et de gainage », explique-t-il. Ses records actuels (été 2011) : 160 kg en tirage comme en développé couché.
Bien qu’il soit un des athlètes français de référence, toutes olympiades confondues, le judoka a comme tous les autres grands champions des faiblesses. Une de ses grandes failles reste les gauchers. Droitier, il éprouve des difficultés face aux gauchers, comme l’attestent quatre des cinq défaites qu’il enregistre entre décembre 2007 et février 2008, face à des gauchers, au terme de combats disputés et marqués, notamment, par de fortes luttes pour attraper la garde (ou le kimono) de son adversaire. Nouvel exemple lors des JO 2008 à Pékin où Teddy Riner s’incline en quarts contre l’Ouzbek Tangriev, lui aussi gaucher. Mais sa défaite la plus marquante face à un gaucher reste en 2020, face au Japonais Kokoro Kageura. En effet, c’est à l’occasion de ce combat que le colosse de Pointe-à-Pitre s’incline pour la première fois après l’incroyable série de 154 victoires consécutives.
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Préparation et rituels
Sa réussite, il la doit à sa rigueur sans faille. Dans un entretien au JDD, le Guadeloupéen détaille son rituel d’avant combat : « En premier, le kimono blanc, lavé sans adoucissant et séché à l’air libre, sinon ça le ramollit. J’ai besoin qu’il soit bien rêche, car c’est mon arme de guerre, je veux me sentir dedans comme dans un tank », explique-t-il notamment.
Sur un tatami, Teddy avoue ne « jamais sous-estimer un adversaire, même le plus modeste. » Un état d’esprit qu’il entretient avec soin depuis l’enfance, depuis ce jour où, opposé à son frère Moïse Dimitri, plus âgé que lui de 2 ans, il a perdu le combat en moins de 20 secondes. « Je lui étais supérieur, se souvient Teddy. J’avais l’occasion, en le battant, de montrer aux parents qui était le plus fort. Mais j’étais trop sûr de moi. Je suis arrivé la fleur au fusil. Il m’a balayé.
Une année, l’entraîneur offre pendant une séance sa propre ceinture noire à son jeune judoka, qui avait oublié la sienne. « Je l’ai ensuite utilisée pour un combat, se souvient Teddy. Elle m’a porté chance. J’ai trouvé qu’elle m’allait mieux qu’à lui. Depuis, je ne l’ai plus abandonnée. Je la porte à toutes mes compétitions. C’est ma ceinture fétiche.
Engagement et image publique
Teddy Riner est nommé Ambassadeur de bonne volonté de l'UNICEF en 2018. Il est également présent au musée Grévin depuis 2010.
Aux Jeux Olympiques de Pékin, Teddy s’est présenté au moment du podium (il avait décroché la médaille de bronze) avec une photo de son meilleur ami, un judoka formé à Aubagne. A l’époque, ce dernier se battait contre une leucémie et Teddy voulait lui envoyer « un signe fort pour lui donner du courage ». Depuis, le jeune homme a vaincu la maladie.
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Vie privée
Côté cœur, Teddy Riner partage la vie de Luthna Plocus, avec laquelle il a un fils, Eden, né le 1er avril 2014.
Objectif Paris 2024
Avec comme objectif un troisième titre olympique en 2020, il se déclare prêt à continuer sa carrière sportive jusqu'aux Jeux olympiques de Paris en 2024. Teddy Riner voulait réaliser un triplé historique, à savoir remporter la médaille d’or sur trois olympiades différentes, ce qui n’avait jamais été fait dans son sport. Il n’en sera rien puisque le Guadeloupéen, qui a perdu de sa superbe et son invincibilité durant cette olympiade, s’est incliné en quart de finale des Jeux olympiques de Tokyo, brisant quelque peu la légende de ce monstre sacré du judo.
En février dernier, il a remporté le Paris Grand Slam, son huitième du nom, établissant ainsi le record de victoires dans la compétition. À Paris, il sera forcément revanchard. Premièrement pour laver la mini déception de n’avoir remporté « que » le bronze à Tokyo, et puis pour tirer la révérence d’une carrière dorée par un troisième titre olympique, chez lui, devant ses supporters, ses amis et sa famille. Devant des millions de Français admiratifs, aussi. Pour sa dernière olympiade, Riner ne pourra pas être porte-drapeau de la délégation tricolore puisqu’il l’a déjà été lors des Jeux de Rio en 2016. L’une des conditions sine qua non pour porter l’étendard français était de ne pas l’avoir déjà été sur une précédente édition.
2024, la révérence dorée ? C’est officiel, les Jeux olympiques de Paris 2024 seront la dernière grande échéance de sa carrière. Comme Nikola Karabatic ou Samir Ait Said, entre autres, il a l’occasion de dire adieu aux tatamis de la plus belle des manières.
Vendredi 2 août, Teddy Riner a remporté la médaille d’or lors la finale de Judo +100kg homme aux Jeux Olympiques de Paris 2024. Après avoir décroché sa troisième médaille d'or en individuel et sa deuxième par équipes mixtes aux Jeux Olympiques de Paris, Teddy Riner était l'invité de Léa Salamé et Laurent Luyat dans Quels Jeux, sur France 2.
Au-delà du judo
Teddy Riner s’engage avec Netflix. Ce mercredi 13 novembre au soir, une ribambelle de célébrités se sont retrouvées pour la soirée privée d’ouverture de Chichi Paris, un restaurant signé Kev Adams, Benjamin Perez et Claude Charbit. Disneyland Paris compte des adeptes chez les petits, les grands… et même les célébrités ! Avec ses deux enfants et sa femme, Teddy Riner apprécie déambuler dans les allées du parc.
Un héritage durable
L’héritage que laissera Teddy Riner dépasse largement son impressionnante collection de médailles. Sur le plan technique, il a démontré qu’un athlète de très grand gabarit pouvait allier puissance et finesse technique, changeant ainsi les standards de la catégorie des poids lourds. Mais son héritage le plus précieux reste peut-être les valeurs qu’il a incarnées tout au long de sa carrière : excellence, respect, persévérance et humilité.
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