Le Nord-Pas-de-Calais vibrerait-il avec la même intensité sans la présence de Simon Colliez ? Cet artiste, figure emblématique de la région, a marqué de son empreinte le paysage culturel local. Son parcours, débuté dans les années 80 avec l'essor des radios FM et locales, est une véritable ode à la langue picarde, à l'humour ch'ti et à la vie dans le Nord.
Les débuts d'une carrière fulgurante
C'est en 1982, à l'aube de l'ère des radios libres, que la carrière de Simon Colliez prend son envol. Son premier titre, abordant avec humour le thème des belles-mères, rencontre un succès retentissant sur les ondes du Nord-Pas-de-Calais. Ce succès initial pose les jalons d'une carrière dédiée à la célébration de l'identité régionale.
Un artiste au service de sa région
Simon Colliez se distingue par sa capacité à composer et écrire des chansons sur commande, des histoires populaires qui font la richesse du Nord-Pas-de-Calais. Avec simplicité et authenticité, il travaille et "cante" dans son studio à Cauchy-à-la-Tour, accompagné de son fidèle accordéon. Il collabore également avec des écrivains patoisants de renom tels que Guy Dubois et Bertrand Cocq, enrichissant ainsi son œuvre d'une dimension collective.
Dans ses chansons, chacun peut retrouver un fragment de son vécu, une scène familière ou un souvenir partagé. Simon Colliez a le don de capturer l'essence de la vie dans le Nord et de la restituer avec une sensibilité et un humour qui touchent au cœur.
L'accordéon : compagnon de toujours
Simon Colliez entretient une relation passionnée avec l'accordéon depuis son plus jeune âge. Il débute l'apprentissage de cet instrument à l'âge de 7 ans et, à seulement 13 ans, il est couronné champion de France d'accordéon. Cette maîtrise de l'instrument lui ouvre les portes de l'orchestre Guy Briche, avec lequel il sillonne les bals populaires.
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L'accordéon devient ainsi un élément indissociable de son identité musicale, un symbole de son attachement aux traditions et à la culture de sa région.
Collaborations marquantes : Guy Dubois et Bertrand Cocq
Le parcours de Simon Colliez est jalonné de rencontres fructueuses, notamment avec les écrivains patoisants Guy Dubois et Bertrand Cocq. Ces collaborations ont enrichi son œuvre et contribué à la promotion de la langue picarde.
Guy Dubois, passionné par les mots, la région et son histoire, a écrit pour Simon Colliez des textes qui sont devenus des classiques de son répertoire. Ensemble, ils ont partagé une volonté commune de sauvegarder le "parler picard" et de le transmettre aux générations futures.
Bertrand Cocq, ami de longue date de Guy Dubois, a également collaboré avec Simon Colliez. Il se souvient avec émotion des émissions de radio en langue locale qu'ils ont animées ensemble dans les années 80, contribuant ainsi à la renaissance de la langue picarde.
Défenseur du patois picard et du ch'ti mi
Toute sa vie, Simon Colliez a œuvré pour la défense du patois picard et du ch'ti mi, une langue populaire de moins en moins présente dans les conversations. Son engagement se traduit par ses chansons, ses collaborations avec des écrivains patoisants et sa participation à des événements culturels promouvant la langue régionale.
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Il s'inscrit ainsi dans la lignée de figures emblématiques telles que Guy Dubois, qui a consacré sa vie à la sauvegarde et à la promotion de la langue picarde. Ensemble, ils ont contribué à sensibiliser le public à la richesse de ce patrimoine linguistique et à encourager sa transmission aux jeunes générations.
L'héritage de Guy Dubois : un hommage
Il est impossible d'évoquer Simon Colliez sans rendre hommage à Guy Dubois, son ami et collaborateur de longue date. Guy Dubois était un véritable passionné de la langue picarde, un défenseur acharné de sa culture et de son histoire.
- A comme Auchy-les-Mines : C'est dans cette commune du Pas-de-Calais, au cœur du Bassin minier, que Guy Dubois a vécu et puisé son inspiration.
- B comme Bertrand Cocq : Son ami de toujours, avec qui il a partagé une passion commune pour la langue picarde et l'animation d'émissions de radio en patois.
- C comme Chansons : Guy Dubois a écrit de nombreuses chansons évoquant le dur labeur, la vie et les souffrances des "gueules noires", notamment pour Simon Colliez et Patrick Collon.
- D comme Défenseur : Guy Dubois était un homme engagé dans la défense du patois picard et de la culture régionale.
- E comme École : Il a créé une école à Haisnes-lès-la-Bassée pour enseigner le patois picard aux enfants et aux adultes.
- F comme la Fosse 6 de Haisnes : La sauvegarde de ce patrimoine industriel était l'un de ses combats.
- G comme Grind vinteu, p'tit féseu ! : Une expression ch'ti qui ne s'appliquait pas à Guy Dubois, toujours actif pour défendre sa langue et sa culture.
- H comme Haisnes : La commune où il a créé son école de patois, un lieu de partage et d'apprentissage.
- I comme "i va quer eud din" : Une expression ch'ti parmi les plus connues, que l'on peut traduire par "Ferme ta bouche, ton nez va tomber dedans".
- J comme José Ambre : Un ami conteur patoisant, qui témoigne de l'engagement de Guy Dubois pour la défense de la langue picarde.
- L comme Livres : Guy Dubois a publié une vingtaine d'ouvrages, témoignant de sa passion pour l'écriture et la transmission du savoir.
- M comme Mineur : Fils, petit-fils et arrière-petit-fils de mineurs, Guy Dubois était profondément attaché au Bassin minier.
- N comme Nuls.
- O comme Outils : Les outils des mineurs, agriculteurs et travailleurs ont enrichi le vocabulaire du patois. Guy Dubois a également créé des outils de transmission du savoir, comme "Le BaBa du patois de chez nous".
- P comme Passion pour le Patois Picard : Une passion qui l'a animé toute sa vie, et qui a contribué à la reconnaissance de la langue picarde comme langue régionale.
- Q comme Quaind in ravîsse quécun, in' in voit qu'eul mitan ! : Une expression qui signifie qu'il ne faut pas se fier aux apparences.
- R comme Renaud, cante el' Nord : Le chanteur a découvert les chansons du Bassin Minier lors du tournage de Germinal et leur a rendu hommage dans un album.
- S comme Simon Colliez : Un ami et collaborateur, avec qui il a partagé une volonté commune de sauvegarder le "parler picard".
- T comme Télé Gohelle : La chaîne de télévision locale où Guy Dubois animait des émissions en patois.
- U comme D'ù qui sont.
- V comme vivante : Pour Guy Dubois, le ch'ti est une langue bien vivante, qu'il faut transmettre aux générations futures.
- W comme Wassingue : Un mot d'origine flamande, qui illustre l'influence des langues voisines sur le patois picard.
- Z comme Zyeuter.
L'œuvre de Guy Dubois, riche et variée, témoigne de son amour pour sa région et de son engagement pour la défense de sa culture. Son héritage continue d'inspirer les artistes et les acteurs culturels du Nord-Pas-de-Calais, dont Simon Colliez.
Simon Colliez aujourd'hui
Aujourd'hui, Simon Colliez continue de se produire sur scène et de partager sa passion pour la musique et la langue picarde. Du haut de ses 74 ans, il peut contempler avec fierté le chemin parcouru et savourer les souvenirs d'une carrière riche en rencontres et en succès.
Il reste une figure emblématique de la culture ch'ti, un artiste authentique et attachant qui a su toucher le cœur de son public. Son œuvre, ancrée dans le terroir et empreinte d'humour et de sensibilité, continuera de résonner longtemps dans le Nord-Pas-de-Calais.
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