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Laurent Jalabert : Parcours d'un Champion Cycliste Français

Introduction

Laurent Jalabert, surnommé "Jaja" ou "le Panda", est une figure emblématique du cyclisme français. Né le 30 novembre 1968 à Mazamet, dans le Tarn, son parcours est celui d'un homme passionné, passé du statut de sprinteur à celui de coureur complet avant de devenir un consultant respecté. Cet article retrace son histoire, de ses débuts modestes à ses succès les plus retentissants, en passant par les controverses qui ont jalonné sa carrière.

Une Enfance Modeste et une Passion Naissante

Fils de Georges et Arlette Jalabert, Laurent grandit dans une famille modeste. Son père est métallurgiste et sa mère fabrique des colliers pour chien. Malgré des moyens limités, ses parents lui offrent un vélo haut de gamme à l'âge de quatorze ans, un geste qui témoigne de leur soutien à sa passion naissante.

Laurent découvre le vélo un peu par hasard à l'âge de 11 ans. Il s'inscrit à l'UV Mazamet pour occuper ses temps libres et tombe immédiatement sous le charme de la petite reine. Son premier vélo est un Gitane, comme celui de son idole, Bernard Hinault. Sa première course a lieu à Albi en avril 1982, où il se classe troisième. Sa première victoire intervient chez lui, à Mazamet, lors du GP du Buffet de la Gare, qu'il remporte en solitaire.

À 19 ans, il rejoint le Bataillon de Joinville où il côtoie Jacky Durand, Pascal Chanteur et le Toulousain Frédéric Moncassin, qui deviendra son ami. Bien qu'il espère participer aux Jeux Olympiques de Séoul, il n'est pas sélectionné. Qu'à cela ne tienne, Laurent remporte le Championnat de France Militaire en 1988.

Début de Carrière Professionnelle et Premiers Succès

En 1989, Laurent Jalabert entame sa carrière professionnelle avec l'équipe de France Toshiba et remporte le Tour d'Armorique. Ses bons résultats intéressent Cyrille Guimard (Système U), mais Jalabert préfère opter pour Toshiba, émanation de la Vie Claire, la dernière équipe de Bernard Hinault. Il n'a alors que 20 ans.

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Ses débuts de néo-pro ne passent pas inaperçus et il est rapidement catalogué comme un sprinteur. Laurent confirme ses talents de vélocité en terminant second du Classement par Points sur le Tour d'Espagne 1990. Au mois d'août, il est tout proche de remporter sa première épreuve de Coupe du Monde, mais il termine 2e de la Clasica San Sebastian derrière Miguel Indurain. Il se console en remportant Paris-Bourges et se prépare pour les Championnats du Monde qui se déroulent au Japon.

En 1991, il rejoint Manolo Saiz dans l'équipe espagnole Once, où le Dr Eufemiano Fuentes est le médecin. Cette année-là, il finit second à la coupe du monde.

L'Éclosion d'un Coureur Complet

Le transfert de Jalabert à l'équipe ONCE en 1992 marque un tournant décisif dans sa carrière. Il évolue vers un profil de coureur complet, capable de viser les classements généraux. En 1994, il gagne 7 étapes sur le Tour d'Espagne, remportant ainsi le classement aux points. Lors du Tour de France 1994, il chute gravement dans l'étape d'Armentières.

L'année 1995 est celle de la consécration. Laurent Jalabert remporte Milan-San Remo, la Flèche Wallonne, Paris-Nice et le Tour d'Espagne. Il termine l'année numéro un mondial et est élu « Vélo d'Or mondial » par la presse internationale. Au cours de cette saison, le sprinteur se mue en routier complet et fait montre de talents de grimpeur jusqu'alors inexploités. Sean Kelly déclare : "Jalabert est devenu un autre coureur". Symbole de ses nouvelles qualités de grimpeur, il s'impose dans l'étape dont l'arrivée est située à Saint Mende, au terme d'une ascension de 4,5 km. Au Tour d'Espagne, son équipe, la Once, est victime d'une intoxication alimentaire. En décembre, il se fracture le scaphoïde.

En 1996, il remporte Paris-Nice et le Midi Libre, mais abandonne dans le Dauphiné Libéré. Le docteur Patrick Nédélec affirmera au cours de l'instruction de l'affaire Festina que cet abandon faisait suite à un contrôle positif. Pendant le Tour d'Espagne, son équipe est victime d'une mystérieuse épidémie de gastro-entérites. Le journaliste Jean-Michel Rouet, dans l'Equipe, fait le rapprochement avec les gastros de l'équipe PDM sur le Tour 1991. Laurent Jalabert ne lui adressera plus la parole jusqu'à la fin du Tour.

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En 1997, une prescription médicale l'autorise à utiliser la ventoline, produit destiné à lutter contre l'asthme. Ces ennuis de santé ne l'empêchent pas de terminer la saison au premier rang mondial pour la troisième année consécutive, après avoir remporté Paris-Nice et le titre de champion du monde du contre-la-montre. Il remporte également le Tour de Lombardie.

L'Affaire Festina et la Fin d'une Époque

En 1998, pendant le Tour de France, il suit un traitement contre l'asthme, à base de Salbutamol et de Pulmicort. Il abandonne le Tour de France, furieux du traitement judiciaire et médiatique de l'affaire Festina. Il qualifie les commissaires de l'UCI de "vampires" et de "néo-nazis". L'UCI exige des excuses.

Après son retrait du Tour de France 1998, il déclare : "La colère est générale mais on vient toujours vers moi pour savoir ce qu'il faut faire. Je suis le leader pour certaines choses mais pas pour toutes. Là en ce moment, je suis seul à être dans une voiture. Où sont les autres ? En course ! "Je n'arrive pas à comprendre qu'on arrive à tricher quand on peut se faire attraper".

En 1999, il est privé de Championnats de France puis de Championnats du Monde, pour cause de refus du suivi médical longitudinal. Il boycotte d'ailleurs les courses en France, renonçant par exemple à participer au Tour de France. Son équipe Once accueille Pedro Celaya, l'ancien médecin de l'équipe US Postal de Lance Armstrong. Celaya sera poursuivi en 2012 par l'USADA dans le cadre de la vaste affaire de dopage de l'US Postal. Cette année-là, Laurent Jalabert remporte successivement le Tour d'Italie, le Tour de Romandie, la Semaine Catalane et le Tour du Pays Basque et regagne sa position de leader.

2000 marque sa dernière saison avec la Once de Manolo Saiz. Lors des championnats du monde de contre-la-montre à Plouay, il est victime d'une malencontreuse intoxication aux fruits de mer, cinq ans après son intoxication du Tour d'Espagne.

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En 2001, il rejoint le danois Bjarne Riis au CSC. L'environnement à la CSC semble lui convenir à merveille.

En 2002, Laurent Jalabert met fin à sa carrière de cycliste professionnel à l'âge de trente-quatre ans, après 138 victoires.

Reconversion et Nouvelles Passions

Après sa carrière de cycliste professionnel, Laurent Jalabert ne peut s'empêcher de pédaler et participe en tant que cycliste amateur à plusieurs marathons, notamment le Marathon de Barcelone 2007 ou l'Ironman de Zurich. Il devient champion du monde de catégorie d’âge à Nice.

En 2003, il devient consultant pour France Télévisions et RTL. Ses commentaires avisés sont appréciés des spectateurs et auditeurs mais il reste évasif quand il s'agit d'aborder le sujet du dopage. En 2009, il est nommé sélectionneur de l'équipe de France.

En 2011, après le décès de Laurent Fignon, il devient, aux côtés de Thierry Adam, le nouveau commentateur du Tour de France. En 2013, il est victime d'un sérieux accident de la route alors qu'il circulait en vélo dans les environs de Montauban.

En 2014, la FFC l'invite à l'inauguration du vélodrome de Saint Quentin. Jalabert fait son retour comme consultant sur France Télévision et RTL.

Controverses et Affaires de Dopage

Le passé de Laurent Jalabert est marqué par des controverses et des affaires de dopage.

En 1996, le docteur Patrick Nédélec affirmera au cours de l'instruction de l'affaire Festina que son abandon dans le Dauphiné Libéré faisait suite à un contrôle positif.

En 2013, en marge du procès Puerto, il est directement mis en cause par son ancien coéquipier Jörg Jaksche. Dans "Tous dopés ? La preuve par 21", est révélée la présence de Laurent Jalabert dans des documents saisis chez le Dr Ferrari ainsi que ses variations suspectes d'hématocrite en 1997. La veille, des photos prouvent l'usage d'EPO à la Once sur la Vuelta 1995, remportée par Laurent Jalabert.

En juin 2013, Laurent Jalabert est accusé d'avoir été contrôlé positif à l'EPO lors du Tour de France 1998, une accusation qu'il n'a ni confirmé, ni infirmé. Suite à la réanalyse d’un échantillon du Tour de France 1998 en 2013, révélant la présence d’EPO, il a affirmé être « tombé de l’armoire », expliquant avoir toujours suivi les prescriptions du staff médical sans reconnaître formellement un dopage volontaire, et a renoncé provisoirement à ses fonctions de consultant à la radio et à la télévision. Depuis, sa légitimité comme figure du service public est régulièrement discutée.

Lors de son audition par le Sénat, il déclare : "On s'est fait soigner à l'époque, mais aujourd'hui, je ne pourrais pas dire si c'était complètement illégal … ou légal (…) Je ne peux pas dire avec fermeté que je n'ai jamais rien pris d'illicite. (…) Chez Once, le soir des étapes, le médecin nous faisait un soin, une récupération, mais on ne savait pas vraiment ce que c'était. Une relation de confiance s'installait avec les docteurs, et on ne posait plus de questions. On était soigné, je n'ai jamais dit le contraire. Mais était-on dopé ? Moi je crois que non … (…) A aucun moment, je n'ai cherché à rencontrer de quelque manière que ce soit des médecins pour améliorer mes performances". Il ajoute : « Notre docteur était surnommé docteur Citroën.

Après la révélation par L'Equipe de son contrôle positif à l'EPO sur le Tour de France 1998, il déclare : "Dopé peut-être, à l'insu de mon plein gré, non. Je n'ai jamais participé à une quelconque organisation de dopage. Ça, c'est une certitude. J'ai toujours fait confiance aux gens qui m'entouraient, que ce soit les mécaniciens pour la partie mécanique, les médecins pour la partie médicale ou le staff technique pour tout le reste. Je n'avais aucune raison de penser qu'il fallait être méfiant, que je pouvais être trompé. C'est comme ça que ça fonctionnait, nous étions soignés, c'est vrai. « Il y a des accusations. Mais vous savez, ça a été un procès médiatique. Il n'y a pas d'affaire Jalabert, il n'y en a jamais eu. On m'a accusé avant même que j'ai connaissance de ce qui se passe, et avant même d'avoir pu me défendre. Le mal est fait, c'est fini, les soupçons seront toujours là quoi qu'il arrive. Et aujourd'hui, après avoir tenté de me défendre, je n'ai pas réussi à obtenir la moindre preuve de ce qui a été dit. « Je n'ai pas à me défendre. Pour porter un jugement et des appréciations, il faut connaître le dossier. Or il n'y en a pas, il n'y en a jamais eu et il n'y en aura probablement jamais puisqu'on refuse de me donner les éléments. Pour moi, ça s'arrête là. Cela n'aurait jamais dû commencer. C'était un procès médiatique. Point à la ligne. « Le vélo n'est pas un sport où on cherche à faire des entourloupes.

Malgré ces controverses, Laurent Jalabert reste une figure populaire du cyclisme français.

Vie Privée et Engagements

Laurent Jalabert a longtemps été marié à Sylvie Chabaud, avec qui il a eu quatre enfants prénommés Pauline, Charlotte, Louis et Jules, dont il préserve strictement la vie privée. Divorcé, il partage aujourd’hui sa vie avec Marion Limouzy, ancienne reine de beauté, souvent présente à ses côtés lors des événements sportifs et défis d’endurance.

Ses engagements publics se structurent avant tout autour de la promotion du cyclisme et du sport d’endurance. Ancien sélectionneur de l’équipe de France sur route, il a participé à l’encadrement de coureurs dans les grandes compétitions internationales, tout en valorisant le sens de l’effort et de la combativité. En tant que consultant pour France Télévisions et RTL, il vulgarise la tactique de course, les enjeux de la préparation et l’évolution du matériel, en mettant en perspective sa propre expérience. Il soutient aussi des cyclosportives et événements locaux, notamment autour de Mazamet.

Anecdotes

  • Interrogé après la révélation tardive d’un test positif à l’EPO sur le Tour 1998, il a expliqué être « tombé de l’armoire », disant avoir simplement fait confiance aux médecins de son équipe et se sentir jugé avant d’avoir pu se défendre.
  • Invité à rejoindre le jury du Prix de la combativité du Tour, il raconte avoir pris ce rôle très au sérieux, se souvenant avoir défendu avec vigueur Thomas Voeckler pour le titre de super-combatif, signe de l’importance qu’il accorde aux attaquants.
  • En septembre 2024, il publie une vidéo dénonçant un inconnu cagoulé venu filmer sa maison à vélo électrique, affirmant disposer des images de surveillance et rappelant sur Instagram que la passion pour le sport ne justifie jamais l’irrespect de la vie privée.

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