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Jack Nicholson : Une Légende du Cinéma Américain

Jack Nicholson, né le 22 avril 1937 à Neptune (New Jersey), est bien plus qu'un simple acteur ; il est une icône, un symbole de l'anticonformisme et du talent brut. Son parcours, semé d'embûches et de choix audacieux, l'a propulsé au rang des plus grands noms du cinéma américain.

Une Enfance et des Débuts Difficiles

Son enfance n'a pas été des plus roses. Son père, alcoolique, a abandonné le foyer familial peu après sa naissance. Il a été élevé par ses grands-parents, pensant qu'ils étaient ses parents, et n'a appris la vérité qu'en 1974. Après des études secondaires peu passionnantes, le jeune homme débarque à Hollywood à la fin des années 50, rêvant de devenir le nouveau James Dean. Il trouve un emploi au département d'animation de la MGM et s'inscrit aux cours d'art dramatique de Jeff Corey.

Les dix années qui suivent sont chaotiques mais riches en expériences, tant sur le plan professionnel que personnel. Il épouse l'actrice Sandra Knight, le temps d'avoir une fille, puis divorce. Il flirte avec la drogue et les motos, acceptant avec philosophie les petits rôles et apparaissant régulièrement dans les films à petit budget de Roger Corman.

L'Ascension vers la Gloire

C'est presque par hasard que Jack Nicholson est devenu un acteur international. En 1969, Bruce Dern refuse le rôle que Dennis Hopper lui propose dans "Easy Rider". Nicholson reprend le rôle de l'avocat sudiste imbibé d'alcool. À une époque où les grands studios hollywoodiens sont menacés de faillite, le film à petit budget de Hopper rapporte 35 millions de dollars. Nicholson devient une star, car il connaît la vie et en porte la marque sur son visage expressif. Il se retrouve à cheval sur deux générations d'acteurs, possédant la ténacité d'un James Cagney, la virilité d'un John Garfield et le charme diabolique d'un Clark Gable.

Il se lie d'amitié avec un groupe de cinéastes et d'artistes, dont Peter Fonda, Bob Rafelson, Monte Hellman et Dennis Hopper, dont l'influence sera décisive pour ses futurs choix d'acteur. Il commence à écrire des scénarios, comme "Epitaph", un sujet audacieux sur l'avortement. Corman, le jugeant trop intellectuel, leur suggère de tourner plutôt deux westerns. Cette conversation a lieu le 24 décembre 1964 et, le 1er janvier 1965, Nicholson loue un bureau pour écrire le scénario de "L'Ouragan de la vengeance" (Ride in the Whirwind,1966).

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Deux autres rôles témoignent du tempérament anticonformiste de Nicholson : "Le Retour des anges de l'enfer" (Hell's Angels on Wheels,1967) et "Psych-Out" (1968), deux films de Richard Rush. Le réalisateur avec lequel Nicholson se sent le plus d'affinités est sans doute Bob Rafelson. Leur collaboration débute avec "Head" (1968) et se poursuit avec "Cinq pièces faciles" (Five Easy Pieces,1970) et "The King of Marvin Gardens" (1972). Dans le premier film, Nicholson incarne Bobby Dupea, transfuge d'une famille d'esthètes. Ces deux films marquent un tournant dans sa carrière, sa performance dans "Cinq pièces faciles" lui valant une nomination aux Oscars.

Sa participation a d'ailleurs représenté un atout commercial non négligeable pour Bob Rafelson, car, depuis "Head", l'acteur a bénéficié de l'extraordinaire tremplin qu'a été "Easy Rider" (1969). C'est alors que Peter Fonda et Dennis Hopper firent appel à leur ami et complice Nicholson pour incarner George Hanson, l'avocat raté et alcoolique qui se joint aux deux modernes chevaliers errants et motorisés avant de succomber sous les coups haineux des bourgeois bien-pensants.

Désormais, Nicholson est devenu une valeur sûre au box-office, mais il entend ne pas laisser étouffer l'authenticité humaine derrière l'auréole de la star et il va donc choisir avec soin ses rôles, sans pour autant hésiter à prendre des risques lorsqu'une entreprise l'intéresse. Son film le plus "commercial" est sans doute "Ce plaisir qu'on dit charnel" (Carnal Knowledge,1971). Nicholson souhaitait travailler avec le réalisateur Mike Nichols et l'énorme succès remporté par cette œuvre faussement audacieuse ne contribuera pas à établir son statut de vedette.

La Consécration des Années 70

Cette consécration va définitivement être confirmée dans les années 70 avec deux autres films qui vont faire des scores retentissants : "Chinatown" (1974) de Roman Polanski et surtout "Vol au-dessus d'un nid de coucou" (One Flew Over the Cuckoo's Nest,1975) de Milos Forman. En s'imposant avec aisance, humour et décontraction dans le rôle très classique du "privé" de "Chinatown", Nicholson prouve ainsi qu'il peut être considéré comme l'héritier valable de Humphrey Bogart et des John Garfield. Mais c'est sa performance dans "Vol au-dessus d'un nid de coucou", qui va enfin lui valoir un premier Oscar amplement mérité.

Tout en menant magistralement sa carrière, Jack Nicholson a cependant gardé de ses débuts un peu bohème le goût des expériences les plus risquées. Il est aussi fidèle dans ses amitiés, sachant que sa seule présence au générique peut permettre le financement d'un film, comme ce sera le cas pour "Un Coin tranquille" (A Safe Place,1971) de Henry Jaglom. Ce constant souci de renouvellement va pousser Nicholson à travailler avec l'un des cinéastes réputés les plus "difficiles" et les plus ésotériques, Michelangelo Antonioni, qui va lui offrir le rôle très pirandellien de "Profession : reporter" (Profession : reporter,1975). Par son jeu très intériorisé, sobre et concentré Nicholson montre ici qu'il est un très grand acteur. Il le prouvera encore en ne se laissant pas éclipser par Marlon Brando dans "Missouri Breaks" (The Missouri Breaks,1976) d'Arthur Penn. Il s'en souviendra sans en réalisant son second film, "En route vers le Sud" (Goi' South,1978), un petit western picaresque où il se parodie lui-même avec humour.

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Ces années là, il tient ses meilleurs rôles dans des films comme "Reds" (1981) de et avec Warren Beatty où il incarne avec brio l'écrivain Eugene O'Neill et "Tendres passions" (Terms of Endearment,1984) de James L. Brooks, qui lui vaut son deuxième Oscar, mais celui du Meilleur Second Rôle Masculin. Cette aisance dans la démesure, magistralement utilisée par Stanley Kubrick dans "Shining" (The Shining,1980), représente l'une des facettes du talent d'un acteur capable d'aborder tous les registres, restituant la densité tragique du film noir dans "Le Facteur sonne toujours deux fois" (The Postman Always Rings Twice,1981) de Bob Rafelson.

Les Années 80 et 90 : Une Star Incontournable

Les années 80 sont une période particulièrement faste. Son nom à l'affiche, sans être forcément un gage de succès, représente un atout inestimable. À défaut d'un rôle principal, les producteurs sont prêts à le payer des fortunes pour une simple apparition : le taciturne et charismatique propriétaire d'une chaîne de télévision dans "Broadcast News" (1987) de James L. Brooks, un colonel fanatique dans "Des Hommes d'honneur" (A few Good Men,1992) de Rob Reiner dont la rémunération est de 5 millions de dollars pour deux semaines de tournage, plus que ne touchera le réalisateur lui-même. Jusqu'au record absolu : 11 millions de dollars pour incarner l'extravagant Joker dans "Batman" (1989) de Tim Burton. Il y eût également "La Brûlure" (Heatburn,1986) de Mike Nichols. Le sombre et misérabiliste "Ironweed/La Force d'un destin" (Ironweed,1988) du Brésilien Hector Babenco, où Meryl Streep est de nouveau sa partenaire, après "La Brûlure" est un échec commercial, mais lui vaut une nomination à l'Oscar.

À partir de 1985, il s'attelle à un projet qui lui tient particulièrement à cœur : "The Two Jakes" (Piège pour un privé,1990) qu'il réalise lui-même. Après quatre ans de péripéties et de contretemps, il réussit enfin à le porter à l'écran, mais cette troisième incursion dans la mise en scène n'obtient pas le succès escompté. Tim Burton réalise "Mars Attacks !" (1996) et dirige Nicholson dans le rôle du Président des Etats-Unis. En 1997, c'est la troisième collaboration de Jack Nicholson avec James L. Brooks avec "Pour le pire et pour le meilleur" (As Good as It Gets), ce qui lui valut un troisième Oscar d'interprétation.

Les Dernières Années et l'Héritage

Sean Penn en réalisateur retrouvait Nicholson dans "The Pledge" (2001). L'année suivante ce fut Alexander Payne qui réalisa "Monsieur Schmidt", lequel fut présenté, en première mondiale et en compétition, au Festival de Cannes 2002. Le film fut récompensé par deux Golden Globes, ceux du meilleur acteur et du meilleur scénario. En 2003, on retiendra deux autres films "Self control" (Anger Management) de Peter Segal et "Tout peut arriver" (Something's Gotta Give) de Nancy Meyers aux côtés de Jack Nicholson : Diane Keaton et Keanu Reeves.

La carrière cinématographique de cet immense acteur anticonformiste s'est pour l'instant achevée en 2010, après tourné sous la direction de Martin Scorsese dans "Les Infiltrés" (The Departed,2006) et de Rob Reiner dans "Sans plus attendre" (The Bucket List,2007). Son ultime film "Comment savoir" (How do You Know) de James L. Brooks.

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Avec plus de 70 films à son actif, 12 nominations aux Oscars, et trois statuettes, Jack Nicholson est considéré comme l'un des plus grands acteurs du cinéma américain.

Vie Privée et Anecdotes

Sa vie privée a été tout aussi mouvementée que sa carrière. Abandonné par son père, Jack Nicholson fut élevé par sa grand-mère dans le New Jersey. À 17 ans, il part pour Los Angeles et travaille comme employé de bureau à la Metro-Goldwyn-Mayer (MGM). Il a eu cinq enfants avec trois femmes différentes et revendique plus de cent liaisons. En 1979, la princesse Margaret a eu l’occasion de rencontrer Jack Nicholson en soirée. Récemment, son petit-fils aîné, Sean Norfleet, a été arrêté à Los Angeles pour violences conjugales présumées.

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