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Fidel Castro : Biographie d'un révolutionnaire cubain

Fidel Alejandro Castro Ruz, figure emblématique du XXe siècle, a marqué l'histoire en tant que révolutionnaire et homme d'État cubain. Surnommé "El Comandante" ou "Líder Máximo", il a dirigé Cuba pendant près de cinquante ans, d'abord comme Premier ministre puis comme Président, défiant la politique américaine et instaurant un régime communiste. Sa vie est une mosaïque d'événements marquants, de controverses et d'engagements qui ont façonné Cuba et influencé les relations internationales.

Naissance et origines

Fidel Castro est né le 13 août 1926 à Birán, un village de la province de Holguín, à Cuba. Il est issu d'une famille de la bourgeoisie cubaine. Son père, Ángel Castro y Argiz, était un immigré espagnol qui a fait fortune dans la canne à sucre. Sa mère, Lina Ruz González, était la cuisinière d'Ángel. Enfant illégitime, Fidel n'a pris le nom de son père qu'en 1943, lorsque celui-ci l'a reconnu.

Éducation et éveil politique

Après des études chez les jésuites à Santiago de Cuba, Fidel Castro poursuit ses études à La Havane avant d'intégrer la faculté de droit. Il obtient un doctorat en droit, en sciences sociales et une licence en droit diplomatique en 1950. C'est au cours de son expérience universitaire que s'éveille sa conscience politique. Il devient délégué à la Fédération des étudiants d'université (FEU). En 1947, il adhère au Parti du peuple cubain et se porte volontaire pour une expédition armée contre le dictateur dominicain Rafael Trujillo, qui ne verra finalement pas le jour. C'est à cette époque qu'il commence à s'intéresser à la politique, influencé par les inégalités sociales et économiques de son pays. Ses lectures de Marx, Engels et Lénine, ainsi que sa fréquentation de membres des Jeunesses communistes (JC) et son activisme dans des groupes étudiants radicaux, contribuent à forger ses convictions.

Premières actions révolutionnaires

Le 26 juillet 1953, Fidel Castro, à la tête d'une centaine de conjurés, tente de s'emparer de la caserne de Moncada, à Santiago, dans le but de renverser l'ancien président Fulgencio Batista, devenu dictateur suite à son coup d'État de 1952. Cette attaque marque sa première participation à une action armée. L'opération échoue, entraînant la mort de 80 assaillants. Arrêté et condamné à 15 ans de prison, Fidel Castro profite de son incarcération pour rédiger "L'histoire m'acquittera", une plaidoirie passionnée défendant son action et exposant ses thèses politiques.

Deux ans plus tard, il est libéré et amnistié, puis s'exile avec son frère Raul au Mexique, où il rencontre Ernesto "Che" Guevara. Ensemble, ils préparent le retour à Cuba pour lancer la guérilla.

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La révolution cubaine

Le 2 décembre 1956, Fidel Castro et 81 autres exilés cubains rejoignent clandestinement Cuba à bord du navire de plaisance Granma. Dès leur débarquement, ils sont attaqués par les hommes de Batista. Les survivants, parmi lesquels Fidel et Raul Castro et Che Guevara, se réfugient dans les montagnes de la Sierra Maestra, d'où ils mènent une guérilla pendant 25 mois. Le peuple cubain voit désormais Fidel comme un chantre de la démocratie et lui accorde ses faveurs.

À l'automne 1958, les forces révolutionnaires de Castro lancent la contre-offensive et s'emparent de Santiago de Cuba et de Santa Clara. Le 31 décembre 1958, Batista fuit Cuba vers la République dominicaine, sous la protection d'un autre dictateur, Rafael Leonidas Trujillo, puis vers l'Espagne.

Le 8 janvier 1959, Fidel Castro, à la tête de son armée rebelle, entre triomphant à La Havane. Le 16 février, il est nommé Premier ministre du gouvernement temporaire mis en place sous la présidence de Manuel Urrutia.

Consolidation du pouvoir et virage communiste

Une fois au pouvoir, Fidel Castro entreprend une série de réformes nationalistes, notamment la nationalisation des banques et la réforme agraire. Il resserre ses relations avec le Parti communiste, dont son frère Raul est membre. Il procède à l'épuration des anciens soutiens de Batista, dirigée par Che Guevara, qui se solde par l'arrestation de plus de 70 000 prisonniers politiques et 631 condamnations à mort.

En réaction à ces réformes, les États-Unis rompent leurs relations avec le gouvernement cubain. En mars 1960, le président américain Eisenhower décide de renverser le nouveau gouvernement cubain. Il lance plusieurs embargos et constitue, en secret, une force paramilitaire destinée à envahir l'île et destituer son dirigeant. Castro signe de son côté un accord avec l'URSS.

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Le 17 avril 1961, le nouveau président américain John F. Kennedy, avec le soutien de la CIA, fait débarquer 1 400 anti-castristes exilés au sud de Cuba, dans la Baie des Cochons, à 150 kilomètres des côtes américaines. Il pense ainsi déclencher un soulèvement populaire, mais c'est une défaite cuisante. Le débarquement est violemment repoussé par les troupes cubaines.

En décembre 1961, Castro annonce que Cuba adopte le communisme. Khrouchtchev, à la tête de l'URSS, en profite pour installer des missiles nucléaires à Cuba. Le but est de dissuader les États-Unis d'agresser l'île ou l'Union soviétique. Grâce à des photos aériennes, Kennedy découvre la présence d'une base de lancement de missiles à Cuba. Il lance le blocus de l'île. Ainsi débute la "crise des missiles", moment charnière de la Guerre froide où le monde aurait pu basculer dans une Troisième Guerre mondiale. Finalement, Khrouchtchev accepte de retirer ses lance-missiles en échange de la promesse des Américains de ne pas envahir Cuba et de retirer leurs propres missiles de Turquie et d'Italie. Kennedy lève le blocus de Cuba le 20 novembre 1962.

Politique intérieure et sociale

Sous la direction de Fidel Castro, Cuba a entrepris d'importantes réformes sociales et économiques, nationalisant l'industrie et la terre, et développant les systèmes de santé et d'éducation. Le gouvernement a mis en place des politiques sociales, telles que la "libreta", un carnet d'approvisionnement donné à tous les foyers cubains, permettant d'obtenir des produits de première nécessité à bas prix.

Castro s'est engagé à ce qu'il n'y ait plus d'illettrés dans son pays, et le système de santé est devenu de très bonne qualité, au point que Fidel Castro a reçu la médaille de la Santé pour tous par l'OMS.

Interventions à l'étranger

En 1975, Fidel Castro se lance dans une aventure africaine qui va durer 15 ans. En tant que soldat de l'URSS, il souhaite exporter l'idéologie communiste et la révolution marxiste. Il envoie des soldats en Angola soutenir le gouvernement du MPLA (Mouvement populaire de libération de l'Angola) face aux rebelles que soutient l'Afrique du Sud, puis en Ethiopie. Jusqu'en 1991, près de 400 000 militaires cubains iront se battre en Afrique. Cuba a également soutenu la lutte contre l'apartheid de Nelson Mandela.

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La "période spéciale"

L'effondrement de l'Union soviétique en 1991 plonge Cuba dans une profonde crise économique. Pénuries en tous genres, disette, malnutrition… l'effondrement économique du pays, aggravé par la chute de l'URSS, incite Castro à légaliser le dollar et à ouvrir son île au tourisme. Le régime peut ainsi survivre, mais pour combien de temps ?

Passation de pouvoir et décès

Une lourde opération chirurgicale force Fidel Castro à abandonner le pouvoir à son frère cadet Raul, ministre de la Défense depuis 1959, le 31 juillet 2006. Raul devient président du Conseil d'État de la République de Cuba et apaise quelque peu les tensions avec les États-Unis. Il ouvre l'île un peu plus au monde.

Le 19 février 2008, Fidel Castro annonce son retrait officiel de la présidence de l'État de Cuba. Il se contente désormais de publier ses idées et réflexions dans la presse cubaine et de recevoir quelques personnalités. Le 19 avril 2011, il abandonne à son frère Raul sa dernière charge officielle, celle de premier secrétaire du PCC.

Après une dernière apparition publique le 19 avril 2016 à La Havane, Fidel Castro voit sa santé décliner. Il décède le 25 novembre 2016 à l'âge de 90 ans. Ses obsèques nationales en grande pompe témoignent de l'attachement des Cubains au Comandante, malgré une politique discutable. Son corps a été incinéré et ses cendres reposent au cimetière de Santa Ifigenia à Santiago de Cuba, aux côtés d'autres héros de la Révolution cubaine et de figures historiques de Cuba, dont José Martí.

Relations internationales

Fidel Castro a joué un rôle important sur la scène internationale, notamment au sein du mouvement des non-alignés. Il a entretenu des relations étroites avec de nombreux dirigeants du tiers-monde et a soutenu des mouvements révolutionnaires et de libération en Amérique latine et en Afrique.

Il a également entretenu des relations complexes avec le Canada. Un lien amical s'est créé entre Fidel Castro et la famille Trudeau, à commencer par Pierre Elliott Trudeau, qui a rendu visite à Castro à Cuba en 1976. Cette relation s'est poursuivie après la fin du mandat de Trudeau, celui-ci rendant souvent visite à Castro dans les années 1980 et 1990. Lorsque le Lider Maximo est décédé en 2016, c'est le fils de Pierre Elliott, Justin Trudeau, alors Premier ministre canadien, qui a rendu hommage à Castro.

Controverse et héritage

Fidel Castro est un personnage controversé. Il a ses détracteurs qui voient en lui un dictateur et il a ses partisans qui le considèrent comme un bon homme politique. Son règne fut marqué par de nombreuses controverses, souvent liées à la nature autoritaire de son régime et à ses violations présumées des droits de l'homme. Un fait précis fut l'exécution d'opposants politiques après la révolution de 1959, ainsi que l'emprisonnement de dissidents, de journalistes et d'activistes des droits de l'homme.

Malgré les critiques, Fidel Castro laisse un héritage complexe et durable. Il a transformé Cuba, en mettant fin à la dictature de Batista et en améliorant l'accès à l'éducation et à la santé pour de nombreux Cubains. Il a également défié la politique américaine et est devenu un symbole de résistance pour de nombreux mouvements révolutionnaires dans le monde.

Anecdotes

  • Fidel Castro est célèbre pour ses très longs discours ; le plus long a duré 7h30, prononcé en 1998 devant l’Assemblée nationale cubaine.
  • Il a survécu à un nombre considérable de tentatives d'assassinat, plus de 600 selon les services de renseignement cubains, souvent orchestrées par la CIA.
  • Il était un grand amateur de cigares cubains, une image emblématique qui lui était souvent associée, bien qu'il ait arrêté de fumer par la suite.
  • Castro a rencontré de nombreuses personnalités mondiales, de Che Guevara à Nelson Mandela, marquant son rôle central sur la scène internationale.
  • Son amour du baseball était bien connu ; il pratiquait ce sport dans sa jeunesse et le considérait comme le sport national cubain.
  • Il a volontairement renoncé à son pouvoir en 2008, transmettant la direction du pays à son frère Raúl, une décision rare pour un dirigeant ayant régné si longtemps.

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