Denis Sassou Nguesso, figure politique congolaise de premier plan, a marqué l'histoire de la République du Congo par son long règne et son influence considérable. Sa date de naissance, le 23 novembre 1943, à Edou, dans le nord du pays, est un point de repère essentiel pour comprendre son parcours. Cet article explore en profondeur la vie de Sassou Nguesso, de ses débuts modestes à son ascension au pouvoir, en passant par les controverses qui ont jalonné sa carrière, et les débats autour de son âge.
Formation et ascension militaire
Avant de se lancer dans une carrière militaire, Denis Sassou Nguesso a reçu une formation d'instituteur. Cependant, son destin bascule lorsqu'il rejoint l'armée, où il gravit rapidement les échelons. Sa participation, aux côtés du capitaine Marien Ngouabi, au coup d'État de 1968 marque un tournant décisif dans sa carrière. Ce coup d'État infléchit le régime révolutionnaire de Brazzaville vers une forme militaro-marxiste, ouvrant ainsi la voie à l'ascension politique de Sassou Nguesso.
En 1969, il entre au comité central du parti unique, puis, en 1970, au bureau politique, consolidant ainsi son influence au sein du régime. Des tentatives de putsch menées par des officiers originaires du Sud renforcent le caractère « nordiste » du groupe de militaires au pouvoir, favorisant l'ascension de Sassou Nguesso. En 1975, il devient ministre délégué à la Défense, un poste clé qui lui permet de renforcer son emprise sur l'appareil militaire.
Accès à la présidence et alliances stratégiques
À la suite de l'assassinat du chef de l'État, Marien Ngouabi, en 1977, la succession est assurée par un « Comité militaire du parti » présidé par Jacques Yhombi Opango. Sassou Nguesso en est le numéro deux, une position stratégique qui lui permet de manœuvrer pour accéder à la présidence.
En février 1979, il s'empare de la présidence du comité, marquant ainsi le début de son long règne à la tête du Congo. Il opère alors un rapprochement avec Paris, obtenant un soutien financier que l'URSS ne peut pas fournir. De cette époque datent ses bonnes relations avec Elf-Aquitaine, l'opérateur principal du pétrole congolais, une alliance qui aura des implications majeures pour l'économie du pays.
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En 1984, il est réélu à l'unanimité par le comité central, consolidant ainsi son pouvoir. Cependant, à partir de 1985, le fléchissement des revenus pétroliers entraîne le blocage des capacités de redistribution de l'État, fragilisant son régime.
Crise et transition démocratique
Fragilisé par la crise économique, Sassou Nguesso parvient à maintenir son influence grâce à sa présence sur la scène internationale. Il assure la présidence de l'Organisation de l’unité africaine en 1986-1987, renforçant ainsi sa stature de chef d'État.
Lors du IVe Congrès du Parti congolais du travail, en juillet 1989, encore candidat unique, Sassou Nguesso, désormais général, est reconduit pour un troisième mandat. Cependant, la fin du monopole de l'État sur l'économie est officiellement annoncée en novembre 1989, marquant un tournant vers une libéralisation économique.
En février 1990, le général effectue sa première visite officielle à Washington, signalant un rapprochement avec les États-Unis. Cependant, des manifestations et des grèves se succèdent à Pointe-Noire, puis à Brazzaville, d'abord à motivation économique, puis tournant à la contestation directe du président.
En décembre 1990, sous la pression de la rue, celui-ci consent à annoncer la tenue d'une « conférence nationale ». Ouverte en février 1991, celle-ci tourne au procès du régime et les attaques se concentrent sur lui. Il évite de peu l'arrestation, signe de la fragilité de son pouvoir.
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Le 27 avril 1991, il prononce une allocution radiotélévisée dans laquelle il fait son autocritique et demande l'indulgence. Son célèbre « j'assume » marque l'adoption d'une nouvelle attitude, signe d'une volonté de s'adapter aux exigences de la transition démocratique.
Élection de 1992 et retour au pouvoir
Lors du premier tour de l'élection présidentielle (2 août 1992), Sassou recueille moins de 17 % des suffrages exprimés, derrière Pascal Lissouba et Bernard Kolelas. Entre les deux tours, il se rallie à Lissouba et signe avec celui-ci un accord de gouvernement, une alliance stratégique pour tenter de peser sur le cours des événements.
Après la victoire de Lissouba, le général et ses amis s'estiment lésés dans la distribution des postes ministériels. La pratique chaotique des nouvelles institutions politiques débouche sur une militarisation des rapports de forces, les plus grands partis se confondant avec leurs milices.
Lors des affrontements de 1993-1994, les forces de Sassou Nguesso demeurent en retrait. D'abord retiré à Oyo, dans le nord du pays, Sassou s'installe ensuite à l'étranger, principalement à Paris. Son retour au Congo, au début de 1997, se déroule dans un style de reconquête. Il compte sur la déception créée par Lissouba pour remporter l'élection présidentielle.
Le 5 juin 1997, la tentative d'arrestation de membres de son entourage déclenche l'offensive de ses milices, marquant le début d'une guerre civile qui aboutira à son retour au pouvoir.
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Famille et vie privée
Denis Sassou Nguesso est marié à Antoinette Sassou Nguesso (née Tchibota), née le 7 mai 1945 à Brazzaville. Elle est la première dame de la République du Congo depuis le 31 août 1997, ayant déjà rempli cette fonction lors de la première période présidentielle de son époux, entre le 5 février 1979 et le 31 août 1992.
Antoinette Sassou Nguesso est une ancienne institutrice qui continue à garder le lien avec ses anciennes condisciples en assurant la présidence d'honneur de la « Mouyondzienne », l'amicale des anciennes de l'école normale d'institutrices de Mouyondzi. En 2022, elle a participé à la réhabilitation de cette école, où elle a décroché son premier diplôme.
Elle a également été présidente de l'Organisation des Premières dames d'Afrique pour le développement (OPDAD), œuvrant en faveur des couches les plus vulnérables du continent, améliorant le soutien aux personnes atteintes de VIH/Sida et promouvant l'émancipation de la femme et des jeunes.
Controverses et affaires
La famille de Denis Sassou Nguesso a été associée à des affaires de biens mal acquis. En juillet 1983, il achète la « Villa Suzette » dans les Yvelines, en France, pour 3 millions de francs. Après sa défaite à l'élection de 1992, il s'y serait un temps retiré pour préparer son retour et reprendre le pouvoir en 1997 après quatre mois de guerre civile.
Selon l'association Sherpa et d'autres ONG, cette villa a été acquise grâce à l'argent détourné de la rente pétrolière congolaise. En 2007, ces organisations ont déposé plainte auprès de la justice française pour détournements de fonds publics. Dans ce dossier dit des « biens mal acquis », des proches du président congolais ont été mis en examen.
Débats autour de sa date de naissance
L'âge exact du président Denis Sassou Nguesso a fait l'objet de débats et de controverses. Certains ont avancé que sa date de naissance réelle pourrait être différente de celle officiellement reconnue.
En 2013, Pierre Ngolo, secrétaire du PCT, affirmait que le président congolais était âgé de 60 ans, suggérant qu'il serait né en 1953. Cette affirmation a suscité des réactions sceptiques, notamment en raison de l'âge de sa fille aînée, Édith Bongo, née en 1964.
Ces débats autour de sa date de naissance illustrent la complexité et les enjeux politiques liés à la figure de Denis Sassou Nguesso.
Un règne prolongé et contesté
Surnommé « l’Empereur » par certains de ses homologues ouest-africains, Denis Sassou Nguesso a participé à plusieurs scrutins présidentiels, après ceux de 1992, 2002, 2009 et 2016. Son long règne, marqué par des périodes de pouvoir autoritaire et des accusations de corruption, a suscité des critiques et des contestations.
L'épiscopat s'est dit récemment « inquiet » de la transparence des élections présidentielles. Le chef de l'État sortant a eu pour adversaires son ancien ministre des finances, Mathias Dzon, ainsi que Guy-Brice Parfait Kolélas, arrivé deuxième à la présidentielle de 2016.
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