Georges Clemenceau, figure marquante de la IIIe République, a été un homme politique et un journaliste d'une autorité et d'une énergie hors pair. Son parcours est jalonné de combats politiques, de prises de position fortes et d'un engagement indéfectible envers la France.
Naissance et jeunesse
Georges Clemenceau est né le 28 septembre 1841 à Mouilleron-en-Pareds, en Vendée. Il est issu d'une famille bourgeoise dont les membres sont avocats et médecins sur plusieurs générations. Son père, Benjamin Clemenceau, médecin républicain convaincu, lui transmet une éducation empreinte de libre pensée et de scepticisme envers l’ordre établi. Cette Vendée conservatrice et profondément catholique contraste avec l'éducation républicaine reçue par le jeune Georges.
Études et débuts
Après une enfance vendéenne, Georges Clemenceau suit les pas de son père en entreprenant des études de médecine à Nantes puis à Paris. Il obtient son doctorat en 1865. Durant ses études à Paris, il fréquente les milieux républicains et s'initie à l'art de l'éloquence. Il crée également son premier hebdomadaire, Le Travail. Son militantisme révolutionnaire lui vaut d'être emprisonné en février 1862.
Séjour aux États-Unis
Après avoir obtenu son doctorat, Clemenceau part pour les États-Unis afin d'étudier la Constitution américaine. Il y reste cinq ans, où il travaille comme correspondant pour le journal Le Temps et comme professeur de français et d'équitation dans un collège pour jeunes filles. Il y rencontre Mary Plummer, qu'il épouse en 1869. De retour en France, il participe à l'insurrection parisienne contre le régime impérial.
Carrière politique
Débuts et ascension
De retour en France, Georges Clemenceau est nommé maire de Montmartre en 1870, puis élu député républicain radical de la ville de Paris en 1870. Il devient rapidement la figure de proue des radicaux de l'extrême gauche. Il s'oppose à la politique coloniale de Jules Ferry, le contraignant à démissionner. Il gagne alors le surnom de "tombeur de ministères".
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L'affaire de Panama et le retour en politique
Clemenceau perd de peu les élections de 1893 suite au scandale de Panama, dans lequel il se trouve indirectement impliqué. Ecarté temporairement de la scène politique, il se tourne vers le journalisme. Responsable de la ligne éditoriale du journal L'Aurore, il s'illustre en 1898 en publiant le célèbre "J'accuse" d'Émile Zola. 1902 marque son retour en politique. Il est élu sénateur du Var.
Ministre et Président du Conseil
En 1906, Clemenceau devient ministre de l'Intérieur et Président du Conseil. L'Histoire retient la force avec laquelle il réprime les mouvements sociaux, mais il crée également à cette époque le ministère du Travail. Après son départ du gouvernement, Clemenceau passe dans l'opposition.
La Première Guerre mondiale et le "Père la Victoire"
La guerre s'installant, le Président de la République Raymond Poincaré l'appelle à la tête du gouvernement en 1917. Clemenceau commence par faire arrêter Caillaux et Malvy, partisans d'une paix négociée. Il s'emploie ensuite à faire la guerre, usant de sa poigne de fer pour que la République ne se détruise pas sous les bouleversements provoqués par cette guerre. Agé de 76 ans, il rend plusieurs fois visite aux Poilus sur le Front pour encourager les soldats. Surnommé le "Tigre" puis "Père la Victoire" à l'armistice du 11 novembre 1918, Clemenceau sort de la guerre avec une énorme popularité.
Après-guerre et fin de carrière
En février 1919, il échappe de justesse à un attentat commis par l'anarchiste Cottin. En 1920, alors qu'il vise la présidence de la République, les parlementaires lui préfèrent Paul Deschanel. Cette déception marque la fin de sa carrière politique. Il passe les dernières années de sa vie à écrire et à voyager.
Vie privée
Clemenceau s'éprend d'une de ses élèves, Mary Plummer (1848-1922), qu'il épouse civilement le 20 juin 1869, et avec qui il a trois enfants, Michel, Madeleine et Thérèse-Juliette. Ils se séparent dès 1876, puis divorcent en 1891.
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Héritage et postérité
Georges Clemenceau meurt le 24 novembre 1929, à l'âge de 88 ans, dans sa maison de la rue Franklin à Paris. Son parcours incarne les contradictions de la République française : l’idéal de liberté et de justice, mais aussi l’usage de la force et de l’autorité. Clemenceau reste dans l’histoire comme une figure de granit, âpre, passionnée, animée par une énergie que ni les défaites ni les épreuves n’avaient pu briser. Son nom est à jamais associé à cette France qui, dans la tourmente, sut trouver en lui une voix de résistance et de victoire.
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