Charlotte Rampling, actrice britannique d'expressions française et anglaise, est une figure emblématique du cinéma international. Née le 5 février 1946 à Sturmer, dans l'Essex, au Royaume-Uni, elle a su captiver le public par son regard intense, sa voix rauque et son talent exceptionnel. Sa carrière, riche et diversifiée, témoigne d'une artiste audacieuse, prête à explorer des rôles complexes et souvent troubles.
Une Enfance Cosmopolite
Fille d’un colonel de l’armée britannique champion olympique d’athlétisme, Godfrey Rampling, et d’une peintre, Isabel Anne, Charlotte Rampling a une enfance marquée par les voyages. Elle passe une partie de son enfance à Fontainebleau, en France, où elle apprend le français à l'école communale. Ces déménagements constants, au rythme des affectations de son père, forgent son ouverture d'esprit et sa capacité d'adaptation. "Mon père étant dans l’armée, nous n’avons vécu que deux ans partout. Enfant de l’armée, enfant du cinéma, c’est le même style de vie", confiait-elle.
Des Débuts Prometteurs
De retour en Angleterre, Charlotte Rampling travaille d’abord comme mannequin et fait ses débuts au cinéma en tant que skieuse nautique dans la comédie The Knack… and How to Get It en 1965. L’année suivante, elle se fait remarquer pour son rôle dans le film britannique Georgy Girl. C’est à cette époque que l’actrice, âgée de 20 ans, est confrontée au suicide de sa sœur aînée, Sarah. Le drame influe sur ses choix de carrière. "J’aurais pu continuer dans la comédie. Mais ma vie était sombre. Il fallait que je fasse quelque chose qui ait un peu de substance et de valeur, pour que je puisse au moins me dire que je servais ma sœur décédée d’une certaine manière", a-t-elle déclaré au Telegraph.
L'Ascension d'une Star
Charlotte Rampling s’installe alors sur les plateaux de tournage et porte des rôles forts, notamment dans The Damned (1965), où elle incarne une épouse envoyée dans un camp de concentration nazi, ou The Night Porter (1974), son plus grand succès, qui porte également sur l’Holocauste. En 1974, Charlotte Rampling obtient son premier succès personnel, face à Sean Connery, dans Zardoz de John Boorman. La même année, sa composition d'une rescapée des camps nazis entretenant une relation sado-masochiste avec un de ses anciens tortionnaires dans Il Portiere di notte (Portier de nuit) de Liliana Cavani, fait d'elle une vedette. Dès lors, elle interprète souvent des personnages troubles, ambigus, énigmatiques, manipulateurs, aux motivations obscures, auxquels sa singulière beauté, sa sensualité, son magnétisme, confèrent une inquiétante étrangeté.
Une Carrière Internationale
Dans les années 1980, l’actrice apparaît dans de nombreux films comme Stardust Memories (1982) de Woody Allen ou The Verdict, la même année. Les films français ont également été un pilier dans sa carrière. Charlotte Rampling a en effet rejoint le casting d’On ne meurt que deux fois (1985), Sous le sable (2000) et Lemming (2005), rôles pour lesquels elle a été nommée aux Césars dans la catégorie de la meilleure actrice.
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Malgré une longue carrière, Charlotte Rampling n’a été reconnue par Hollywood qu’à l’occasion de la sortie du film 45 Years (2015), qui a lui permis d’obtenir de nombreuses nominations. Depuis, l’actrice est apparue dans le film d’action Assassin’s Creed (2016) avec Michael Fassbender, Red Sparrow (2018) avec Jennifer Lawrence et les films Dune de Denis Villeneuve. En 2023, elle signait une tribune en soutien à Gérard Depardieu, accusé de viol et d’agressions sexuelles par plusieurs femmes.
Installée en France depuis la fin des années 1970, Charlotte Rampling continue d'exercer sa carrière entre l'Europe et les États-Unis, notamment dans Stardust Memories (1980) de Woody Allen, Angel Heart (1987) d'Alan Parker, Hammers over the Anvil (1993) d'Ann Turner, The Cherry Orchard (1999) de Michael Cacoyannis, Spy Game (Jeux d'espions, 2001) de Tony Scott, Immortel (2004) de Enki Bilal, Vers le sud (2006) de Laurent Cantet et Melancholia(2011) de Lars von Trier. En 2001, elle reçoit un césar d'honneur et en 2003 le prix européen pour la meilleure actrice pour son interprétation dans Swimming Pool de François Ozon.
Vie Privée
En parallèle de sa vie d’actrice, Charlotte Rampling a partagé sa vie avec l’acteur Bryan Southcombe qu’elle a épousé en 1976 et avec lequel elle a eu un fils, Barnaby. Deux ans plus tard, elle a dit oui à Jean-Michel Jarre, avant que le mariage ne soit dissous en raison des infidélités du compositeur, avec lequel elle a aussi eu un fils, David. Elle a ensuite été en couple avec le directeur de Radio Monte-Carlo, Jean-Noël Tassez, de 1998 jusqu’à sa mort en 2015.
Une Artiste Pluridisciplinaire
Depuis les années 1990, l’actrice a aussi nourri une passion pour la peinture. Elle réalise des reliefs en manipulant la matière, presque comme une sculpture. Jamais ses œuvres n’avaient été publiquement exposées jusqu’en 2023, où elle a présenté une série de 19 tableaux au Musée d’art moderne de Paris.
Un Style Inimitable
Star immense du grand écran, Charlotte Rampling se hisse également au rang d'icône de style depuis ses débuts au cinéma. Charlotte Rampling a toujours été l’une de ces beautés froides qui ne laissent personne indifférent.
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Hommages et Distinctions
En 2001, elle reçoit un César d'honneur pour l'ensemble de sa carrière. D’abord dédiée à la mémoire de Sidney Pollack, le festival international du film de Stockholm récompensera l’œuvre de Charlotte Rampling et Wong Kar-wai.
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