Jean-Paul Belmondo, affectueusement surnommé « Bébel », est une figure emblématique du cinéma français. Né le 9 avril 1933 à Neuilly-sur-Seine et décédé le 6 septembre 2021 à Paris, il a marqué des générations par son charisme, son talent et sa personnalité audacieuse. Fils du sculpteur Paul Belmondo et de l’artiste peintre Madeleine Rainaud-Richard, il a évolué dans un environnement artistique stimulant.
Une Jeunesse Entre Art et Sport
Issu d'une famille d'artistes, Jean-Paul Belmondo passe son adolescence dans le 14ᵉ arrondissement de Paris. Peu intéressé par les études, il se passionne rapidement pour le sport, notamment la boxe, qu'il pratique en amateur, mais aussi brièvement en professionnel. Il connaît quelques succès modestes en tant que boxeur amateur, mais une infection tuberculeuse à l’âge de 16 ans l’oblige à suspendre ses activités sportives. C'est en rentrant d'un voyage en Auvergne en 1950 qu'il se décide à devenir acteur.
Formation et Débuts Professionnels
Contre l’avis de son entourage, Jean-Paul entre au Conservatoire national supérieur d’art dramatique en 1952 après plusieurs tentatives infructueuses. Au sein de cette institution, il rejoint la célèbre « bande du Conservatoire », avec des compagnons qui deviendront eux aussi des figures incontournables du cinéma français, tels que Jean Rochefort, Jean-Pierre Marielle et Bruno Cremer.
Les débuts professionnels de Belmondo dans le théâtre et le cinéma sont marqués par son style nonchalant et sa gouaille typiquement parisienne. Il entame ensuite sa carrière sur les planches, Médée (1953), Le malade imaginaire (1954), Fantasio (1955), Oscar (1958)…En 1958, il décroche un petit rôle au cinéma dans Sois belle et tais-toi de Marc Allégret.
Révélation et Consécration Cinématographique
Après quelques apparitions dans des films mineurs, il est révélé au grand public en 1960 grâce à son rôle dans À bout de souffle de Jean-Luc Godard, un film emblématique de la Nouvelle Vague. Ce long métrage marque un tournant dans la carrière de Belmondo, qui devient rapidement une vedette incontournable du cinéma français. A son retour, Jean-Paul Belmondo obtient son premier rôle important dans A double tour de Claude Chabrol. Séduit par son côté désinvolte, Jean-Luc Godard lui confie le rôle principal d’À bout de souffle en 1960. Le film rencontre un succès immense et révèle l’acteur au grand public.
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Dans les années 1960 et 1970, Jean-Paul Belmondo est au sommet de sa carrière, enchaînant les succès au box-office. Il incarne tour à tour des héros d’aventures, des gangsters sympathiques ou des agents secrets, souvent dans des comédies d’action qui mettent en valeur son sens de l’humour et son physique athlétique. Parmi ses films les plus emblématiques de cette période figurent Le Magnifique (1973), L’As des as (1982), et Le Professionnel (1981), où son charisme et son sens inné de l’action éclatent à l’écran. Belmondo devient l’une des plus grandes stars du cinéma populaire français, avec des films qui attirent des millions de spectateurs. Acteur autant prisé par le cinéma d'auteur que par le public, il aura attiré dans les salles près de 160 millions de spectateurs en cinquante ans de carrière.
Dès le début des années 70, son agent, Gérard Lebovici, l’encourage à fonder sa société de production, Cerito Films voit le jour en 1971. Jean-Paul Belmondo continue de tourner à un rythme soutenu, et chaque sortie de film reçoit le même accueil public; La Scoumoune (1972), Le magnifique (1973), Peur sur la ville (1975), Le professionnel (1981), L’as des as (1982)…
Retour au Théâtre et Reconnaissance Tardive
Vers le milieu des années 1980, Jean-Paul Belmondo se tourne davantage vers le théâtre, un retour aux sources pour cet acteur formé aux planches. Il joue dans des pièces classiques et contemporaines avec un grand succès critique. En 1989, il remporte le César du meilleur acteur pour son rôle dans Itinéraire d’un enfant gâté de Claude Lelouch, bien qu’il ait refusé d’assister à la cérémonie. Après la gloire et le succès, Jean-Paul Belmondo rencontre un passage à vide à partir des années 1980, les critiques n'étant plus amusées ou séduites par ses partitions, ses films lassant les spectateurs qui se déplacent moins pour voir ses dernières cascades de cinéma. Il remportera malgré tout le César du meilleur acteur pour son rôle dans "Itinéraire d'un enfant gâté" en 1988, récompense qu'il refuse.
Épreuves et Hommages
Dans les années 2000, Belmondo est victime d’un AVC qui le contraint à ralentir son activité professionnelle. Le 8 août 2001, l’acteur est victime d’un accident vasculaire cérébral alors qu’il séjourne en Corse. Il séjournait dans la maison de son ami Guy Bedos à Lumio, non loin de Calvi. Alors que l'humoriste souhaite le faire transférer par hélicoptère à Marseille pour être pris en charge le plus rapidement possible, son entourage s'y oppose et exige une hospitalisation à Paris. Le monstre sacré du cinéma français ne se remettra jamais réellement de cet AVC, qui le laissera "un peu hésitant dans la parole" expliquait-il à RTL. Jean-Paul Belmondo a également perdu l'usage de son bras droit.
Il effectue un bref retour au cinéma en 2009 avec le film Un homme et son chien, mais sa santé l’empêche de poursuivre pleinement sa carrière. Malgré cela, il reste une figure adorée du public français et reçoit de nombreux hommages pour l’ensemble de son œuvre. En 2011, Jean-Paul Belmondo reçoit une Palme d’honneur lors du Festival de Cannes. En 2015, son fils, Paul Belmondo réalise un documentaire sur son parcours, Belmondo par Belmondo. En 2016, c’est la Mostra de Venise qui lui offre un Lion d’or pour l’ensemble de sa carrière.
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Vie Privée et Héritage Familial
Jean-Paul Belmondo a connu plusieurs histoires d’amour médiatisées. En 1959, il épouse la danseuse Elodie Constantin (dont le vrai nom est Renée Constant), qui était sa compagne depuis plusieurs années. Ils ont eu trois enfants ensemble : Patricia, née en 1953, Florence, née en 1960 et Paul, né en 1963. Mais leur mariage prend fin en 1966, après l'aventure sulfureuse d'un an entre l'acteur et la comédienne Ursula Andress, rencontrée sur le plateau du film Les Tribulations d'un Chinois en Chine de Philippe de Broca. Jean-Paul Belmondo apparaît ensuite au bras de l'actrice italienne Laura Antonelli, avant leur rupture en 1980.
En 1989, Belmondo rencontre Natty Tardivel, sa seconde et dernière épouse. Le couple s'unit à Paris en 2002. De leur union, naîtra le dernier enfant de l'acteur et sa troisième fille, Stella, née en 2003. Dernière relation publique très médiatisée pour Jean-Paul Belmondo : avec Barbara Gondolfi, une jeune ex-mannequin et participante à la version flamande de L'île de la tentation. Le couple se sépare en 2012.
La famille de Jean-Paul Belmondo était une véritable dynastie. L'acteur a eu quatre enfants de deux mariages différents. Patricia, Florence et Paul sont respectivement nés en 1954, 1960 et 1963 de son union avec Elodie Constantin. Patricia, script-girl pour le cinéma, est décédée à 40 ans dans l'incendie de son appartement Parisien. De son côté, Florence habite depuis longtemps aux Etats-Unis avec son compagnon. Son seul fils, Paul Belmondo, a fait carrière en tant que pilote automobile. Jean-Paul Belmondo a également de nombreux petits enfants. Sa fille aînée, Florence, a eu trois enfants : Annabelle, née en 1988, Christopher né en 1993 et Nicolas, né en 1997.
Disparition et Hommage National
Jean-Paul Belmondo décède le 6 septembre 2021, à l’âge de 88 ans, suscitant une vague d’émotion en France et à travers le monde. Jean-Paul Belmondo est mort le 6 septembre 2021. L’acteur adulé du public et apprécié de la critique était âgé de 88 ans. Depuis son AVC en 2001, qui l’avait laissé très diminué, l’acteur ne souffrait pas de problèmes de santé. A l’annonce de son décès, son avocat, maître Michel Godest, a confié que Bébel était “très fatigué depuis quelque temps.
Un hommage national à Jean-Paul Belmondo a eu lieu le 9 septembre aux Invalides. Près de 700 invités du monde de la politique, de la culture et du sport étaient conviés, ainsi que 1000 anonymes, pour rendre un ultime hommage à Bébel. Un éloge funèbre a été prononcé par Emmanuel Macron à cette occasion, qualifiant Belmondo en ces termes : "Nous aimions Jean-Paul Belmondo parce qu'il nous ressemblait. Géant parmi les géants, il était surtout homme parmi les hommes […] On l'admire, il nous fait rire. Belmondo, c'est un peu nous en mieux", avant que le cercueil ne s'éloigne sur la musique du Professionnel. Les obsèques de Jean-Paul Belmondo se sont déroulées le 10 septembre 2021 en l’église de Saint-Germain-des-Près. Seule la famille et les intimes étaient conviés à cet ultime adieu. Victor Belmondo, son petit-fils, mais également Claude Lelouch, le réalisateur et ami de l’acteur, ont prévu de lire un discours lors de la cérémonie, qui est suivie d’une crémation dans la plus stricte intimité. Ami et rival à l'écran de Bébel, Alain Delon était présent pour cet ultime hommage.
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