Un cycle menstruel est considéré comme « normal » lorsqu'il dure environ 28 jours. Cependant, cette durée est arbitraire et il est important de définir sa propre normalité. Si vous avez des cycles d'environ 35 jours depuis des années et que cela ne vous cause pas de problèmes, il n'y a pas lieu de s'inquiéter. Néanmoins, il est essentiel de comprendre les causes d'un cycle menstruel exceptionnellement long et de savoir quand consulter un professionnel de la santé.
Qu'est-ce qu'un cycle menstruel long ?
En règle générale, le cycle d’une femme dure de 23 à 35 jours. On considère qu'un cycle menstruel est long lorsqu'il dépasse 35 jours. Si vos cycles menstruels sont très longs, il peut s’écouler plusieurs jours avant le jour de l’ovulation. Il existe également des cycles dans lesquels il n’y a pas d’ovulation avant la prochaine période menstruelle. Dans ce cas, il n’y a pas d’augmentation de température due au manque de progestérone. S’il n’y a pas d’ovulation au cours d’un cycle mensuel, la durée du cycle est supérieure à 90 jours et les règles sont inexistantes, on parle alors d’aménorrhée.
Causes possibles d'un cycle menstruel exceptionnellement long
Plusieurs facteurs peuvent être à l'origine d'un cycle menstruel exceptionnellement long. Il est important de les connaître pour mieux comprendre votre situation et savoir quand consulter un médecin.
Facteurs hormonaux
- Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) : Cette pathologie endocrinienne se traduit notamment par un taux de testostérone élevé, des cycles menstruels irréguliers et des difficultés à ovuler à chaque cycle. De fait, certains cycles peuvent se prolonger, ou même être anovulatoires, c'est-à-dire sans aucune ovulation. A ces symptômes peuvent s'ajouter de l'hirsutisme (apparition de poils visibles à des endroits habituellement masculins), une perte de cheveux, de l'acné voire une prise de poids.
- Problèmes de thyroïde : Des problèmes de thyroïde (notamment hypothyroïdie et hyperthyroïdie) ont des conséquences sur la production des hormones sexuelles régissant le cycle ovarien. Hypothyroïdie et hyperthyroïdie peuvent ainsi engendrer des cycles courts, ou au contraire être synonymes de cycles longs et irréguliers, et de problèmes d'ovulation.
- Préménopause : L’arrivée de la ménopause peut se traduire par un allongement du cycle féminin. « C'est un peu comme un moteur qui aurait des 'ratés' avant de s'arrêter pour de bon », illustre le Pr Deruelle.
- Dérèglements hormonaux : Un trouble du cycle menstruel peut aussi découler de dérèglements hormonaux, liés à des pathologies gynécologiques plus importantes (kyste ovarien, cancer de l'utérus…).
Facteurs liés à l'âge et aux étapes de la vie
- Puberté : Pour les jeunes filles pubères qui ont déjà eu leurs premières règles, un cycle irrégulier est tout à fait normal. Au fil du temps, le cycle se stabilise.
- Post-partum, allaitement et fausse couche : Les fluctuations sont plus fréquentes après un accouchement, un allaitement ou une fausse-couche. C’est tout à fait normal, car l’équilibre hormonal doit être réajusté.
- Arrêt de la pilule contraceptive : L'arrêt de la pilule contraceptive peut occasionner des cycles longs et irréguliers, le temps que le corps se réhabitue, que tout le système hormonal régissant le cycle se remette en place.
Facteurs liés au mode de vie
- Stress : Qu’elles soient professionnelles ou personnelles, les situations stressantes peuvent perturber votre rythme menstruel habituel et l’arrêt des saignements.
- Poids : Les menstruations irrégulières se produisent souvent chez les femmes qui sont en sous-poids ou anorexiques. Ici, le corps reconnaît qu’il n’y a pas assez de réserves pour la grossesse. Elle ne produit plus assez d’hormones pour stimuler l’ovulation. Le surpoids peut également être l’une des causes d’un cycle irrégulier. Si vous êtes en surpoids, un taux d’insuline élevé peut perturber la production de l’hormone lutéinisante (LH) et entraîner un trouble de la maturation des follicules.
- Conditions médicales : Des chercheurs norvégiens ont découvert que les patientes souffrant d’asthme et de rhume des foins étaient nettement plus susceptibles d’avoir des cycles menstruels irréguliers que les autres patients.
Autres causes
- Règles hémorragiques (ménorragies) : Les règles hémorragiques ou ménorragies sont des règles extrêmement abondantes et/ou qui durent trop longtemps. Vous pouvez considérer que vous souffrez de règles hémorragiques si vous avez une perte de sang excessive (plus de 90 ml), du mal à maîtriser le flux avec des protections hygiéniques classiques (tampons, serviettes), et/ou si la durée de vos règles excèdent 7 jours.
- Dispositif intra-utérin (DIU) en cuivre : Le DIU (dispositif intra-utérin) en cuivre, anciennement appelé stérilet en cuivre, est sans hormone et ne bouleverse donc pas le taux d’œstrogène ou de progestérone. En revanche, la présence de cuivre peut engendrer une inflammation de l’utérus et donc de l’endomètre qui croit excessivement. Le stérilet en cuivre peut provoquer des règles hémorragiques surtout dans les premiers mois qui suivent la pose.
- Fibromes : Les parois de l’utérus sont composées de cellules musculaires qui peuvent proliférer. On appelle cela des fibromes. Ils peuvent être de tailles variées et passent parfois inaperçus, mais ils peuvent aussi entraîner des saignements, ainsi que des douleurs ou des envies fréquentes d’uriner. Les fibromes sont une cause fréquente de ménorragies.
Quand s'inquiéter et consulter un médecin ?
Si le fait d'avoir un cycle menstruel long ne vous dérange pas outre mesure et que vous vous en accommodez très bien, il n'y a pas de raison d'essayer de le « normaliser ». En revanche, il est important de consulter un médecin dans les cas suivants :
- Si les cycles longs sont associés à d'autres symptômes gênants, voire révélateurs d'une pathologie (hirsutisme, troubles de l'ovulation, infertilité, grande fatigue, douleurs…).
- Si ces cycles « à rallonge » s'accompagnent d'une infertilité.
- Si vous avez présenté au moins deux fois des règles excessivement abondantes ou hémorragiques.
- Si vous avez des saignements importants survenant en dehors des menstruations (métrorragies).
Examens et traitements possibles
Face à une patiente présentant des cycles longs gênants et/ou associés à d'autres symptômes, le médecin prescrit généralement des examens complémentaires (échographie pelvienne, bilan sanguin) avant de proposer un éventuel traitement.
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Examens
- Échographie pelvienne : Cet examen permet de visualiser les organes reproducteurs (utérus, ovaires) et de détecter d'éventuelles anomalies (kystes, fibromes…).
- Bilan sanguin : Le bilan sanguin permet de doser les hormones impliquées dans le cycle menstruel (œstrogènes, progestérone, FSH, LH, prolactine, hormones thyroïdiennes, androgènes) et de détecter d'éventuels déséquilibres hormonaux.
Traitements
Les traitements proposés dépendent de la cause du cycle menstruel long et des symptômes associés.
- Traitements hormonaux : Dans certains cas, un traitement hormonal (pilule contraceptive, progestatifs) peut être prescrit pour réguler le cycle menstruel.
- Traitements pour le SOPK : Des traitements spécifiques peuvent être prescrits pour gérer les symptômes du SOPK (contraceptifs oraux, anti-androgènes, médicaments pour stimuler l'ovulation).
- Traitements pour les problèmes de thyroïde : Un traitement hormonal substitutif peut être prescrit pour corriger les problèmes de thyroïde.
- Traitements pour les règles hémorragiques : En premier recours, vous pouvez prendre des anti-inflammatoires non-stéroïdiens (sur avis médical favorable). Ils permettent de réduire le flux des menstruations ainsi que les douleurs au bas ventre. Si vous avez un DIU en cuivre, il peut être remplacé par un SIU (système intra-utérin) aux hormones qui diffuse un progestatif. Ce type de contraceptif est assez efficace contre les règles hémorragiques tout en évitant la plupart des effets secondaires liés à la pilule. D’autres traitements, type Danazol° ou Cyclomen°, peuvent être administrés si les autres solutions proposées ne fonctionnent pas.
- Chirurgie : Lorsque les traitements médicamenteux ne suffisent pas ou si la cause de vos règles hémorragiques n’est pas trouvée, des solutions chirurgicales peuvent être recommandées. Néanmoins, cela ne concerne qu’un faible nombre de cas. Ces traitements peuvent avoir deux visées, la première est exploratoire, trouver la cause du problème, la seconde est thérapeutique.
Conseils pour réguler le cycle menstruel
Si vous avez un cycle irrégulier et que vous souhaitez le stabiliser, voici quelques conseils qui peuvent vous aider :
- Adoptez une alimentation saine et équilibrée : Pour assurer une production suffisante d’hormones, vous devez avoir une alimentation saine et équilibrée. Les hormones sexuelles féminines sont produites par l’apport de graisses et de cholestérol, les prostaglandines (hormones tissulaires) provenant à leur tour des acides gras insaturés, et les hormones de l’hypophyse ont besoin d’acides aminés essentiels. Si vous voulez stabiliser votre cycle menstruel, vous devez vous assurer que les aliments à forte teneur en acides gras insaturés figurent sur votre liste de courses.
- Maintenez un poids santé : Les menstruations irrégulières se produisent souvent chez les femmes qui sont en sous-poids ou anorexiques. Le surpoids peut également être l’une des causes d’un cycle irrégulier.
- Gérez votre stress : Essayez de trouver des moyens de gérer votre stress, comme la méditation, le yoga ou la pratique d'une activité physique régulière.
- Surveillez votre cycle : Surtout si vous avez des cycles irréguliers, il peut être utile de surveiller votre cycle en mesurant votre température basale et en notant les autres signes d'ovulation (consistance de la glaire cervicale). L’application cyclotest mySense peut évaluer de manière fiable les fluctuations des cycles.
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