Introduction
Le gluten, une protéine présente dans certaines céréales, est devenu un sujet de préoccupation croissant pour de nombreuses personnes, en particulier les femmes. Si la maladie cœliaque, ou intolérance au gluten, est bien définie, la sensibilité au gluten non cœliaque suscite également un intérêt grandissant. Cet article explore en profondeur le lien entre le cycle menstruel, les troubles féminins comme l'endométriose, et la consommation de gluten, en s'appuyant sur des études scientifiques et des avis d'experts.
Qu'est-ce que le Gluten ?
Le gluten est une substance constituée de protéines issues de certaines céréales comme le blé, le seigle, l'orge et dans une moindre mesure l'avoine. Principalement constitué de prolamines et de gluténines, il est exploité dans l’industrie agroalimentaire pour ses propriétés liantes et épaississantes. Le gluten est devenu un incontournable des préparations culinaires, ce qui augmente les chances de développer des sensibilités alimentaires, surtout lorsque le gluten est introduit trop tôt dans l’alimentation de l’enfant.
La Maladie Cœliaque et ses Effets sur la Fertilité
La maladie cœliaque, ou intolérance au gluten, est une pathologie digestive fréquente dans les pays développés. Elle correspond à une intolérance permanente à un ou plusieurs fragments protéiques du gluten, s’accompagnant d’une destruction des villosités de l’intestin grêle. Cette maladie auto-immune provoque une réaction anormale du système immunitaire qui entraîne la destruction des villosités de l’intestin grêle.
Symptômes de la maladie cœliaque
Les symptômes de la maladie cœliaque peuvent varier considérablement d'une personne à l'autre. Ils peuvent inclure des maux de ventre (ballonnements, diarrhées, constipation, douleurs, nausées), de la fatigue, une perte de poids, des crampes, des douleurs articulaires et des phases dépressives. Chez les enfants, un retard de croissance et de puberté, ainsi qu'une fragilité des dents ou un manque d'appétit peuvent être observés.
Impact sur la fertilité féminine
La maladie cœliaque peut avoir des répercussions importantes sur la fertilité féminine. Des chercheurs espagnols ont publié un travail d’analyse stupéfiant sur des dizaines d’études consacrées aux liens entre maladie cœliaque et infertilité féminine. En effet, la malabsorption des nutriments au niveau de l’intestin grêle favorise la survenue de carences qui pourraient perturber la fonction reproductrice. Une déficience en zinc ou en sélénium altère par exemple la production de l’hormone lutéinisante (LH) et de l’hormone folliculo-stimulante (FSH) indispensables au bon fonctionnement des ovaires. La vitamine B9 (folates) intervient dans le métabolisme de l’ADN et sa déficience affecte les tissus à prolifération rapide de l’embryon, notamment le tissu nerveux.
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Plus précisément, chez les femmes atteintes de la maladie cœliaque, la malabsorption des nutriments peut entraîner :
- Des troubles du cycle menstruel : aménorrhées (absence de règles), règles douloureuses, rares ou peu abondantes, ou des saignements vaginaux entre deux périodes de règles.
- Un risque 4 fois plus élevé de complication durant la grossesse (fausse couche, hypertension gestationnelle, décollement du placenta, anémie grave, hyperkinésie utérine, retard de croissance intra-utérine…).
- Une durée de fertilité plus courte, avec des règles plus tardives et une ménopause précoce.
- Une grossesse en général plus courte et un poids de naissance plus faible que la moyenne.
La maladie cœliaque et l’infertilité seraient liés à la présence des auto-anticorps caractéristiques de la maladie. Ces anticorps attaqueraient les transglutaminases, enzymes présentent dans les tissus de l’organisme, sur les cellules du placenta, ce qui pourraient expliquer la survenue de fausses couches, de retard de croissance du foetus, et perturbent la formation de nouveaux vaisseaux au niveau de l’utérus.
Des études ont montré que la mise en place d'un régime alimentaire sans gluten peut améliorer la fertilité chez les femmes atteintes de la maladie cœliaque.
Impact sur la fertilité masculine
Chez les hommes atteints de la maladie cœliaque, la malabsorption des nutriments peut affecter la qualité du sperme. Des études ont montré que les hommes atteints de la maladie cœliaque ont une concentration de spermatozoïdes plus faible et une mobilité réduite par rapport aux hommes qui ne souffrent pas de cette maladie. Une fois encore, la mise en place d'un régime alimentaire sans gluten peut améliorer la qualité du sperme chez les hommes atteints de la maladie cœliaque.
Diagnostic et traitement
Le diagnostic de la maladie cœliaque repose sur des analyses sanguines (recherche d'anticorps anti-transglutaminase) et une biopsie de l'intestin grêle. Le seul traitement possible est l'adoption à vie d'un régime sans gluten strict.
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Sensibilité au Gluten Non Cœliaque et Cycle Menstruel
En dehors de la maladie cœliaque, certaines personnes souffrent de symptômes digestifs soulagés par l’exclusion du gluten. Les liens entre sensibilité au gluten et problèmes de fertilité sont moins bien connus. Il n’existe encore aucune possibilité de diagnostic en ce cas-là.
Symptômes de la sensibilité au gluten non cœliaque
Les symptômes de la sensibilité au gluten non cœliaque peuvent être similaires à ceux de la maladie cœliaque, mais sans les dommages intestinaux caractéristiques. Ils peuvent inclure des ballonnements, des douleurs abdominales, de la fatigue, des maux de tête, des douleurs articulaires et des problèmes de peau.
Impact potentiel sur la fertilité
Bien qu'il n'y ait pas de preuve directe que cette sensibilité au gluten affecte la fertilité, il est possible que les symptômes associés à la sensibilité au gluten puissent causer des niveaux de stress et de fatigue qui pourraient nuire à la fertilité.
Gluten et Endométriose
L’endométriose se manifeste par la migration de l’endomètre en dehors de sa localisation normale, c’est-à-dire l’utérus. L’endométriose peut toucher toutes les femmes réglées, même les très jeunes. On estime qu’elle touche 10 à 20 % des femmes. Mais, sa prévalence pourrait être bien plus grande en raison du tabou autour de la maladie et des difficultés à poser un diagnostic (5 à 10 ans en moyenne). Si elle reste parfois asymptomatique, l’endométriose se caractérise le plus souvent par des douleurs pelviennes récurrentes avec des pics d’intensité pendant les règles. D’ailleurs, l’endométriose est diagnostiquée chez 40 % des femmes qui souffrent de douleurs aigues durant leurs règles.
L'inflammation et l'endométriose
L’inflammation est un facteur aggravant de l’endométriose. C’est pourquoi il est conseillé d’éviter les aliments connus pour stimuler un processus inflammatoire ou irriter les intestins, tels que le gluten. Une récente étude italienne a montré qu’un régime sans gluten au long cours diminue les douleurs de l’endométriose chez 75% des femmes. Même si elle ne guérit pas la maladie, l’alimentation sans gluten apporte un soulagement quotidien. Contrairement à la chirurgie ou aux médicaments, cette piste ne présente ni danger ni effets secondaires, reste simple à mettre en place et relativement peu coûteuse.
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L’étude menée en 2012 par une équipe de chercheurs italiens portait sur 207 femmes touchées par une forme sévère d’endométriose (douleurs très importantes). Aucune d’entre elles n’a perçu une augmentation de la douleur.
Aliments à éviter en cas d'endométriose
En plus du gluten, il est conseillé aux femmes souffrant d'endométriose d'éviter ou de limiter leur consommation d'alcool, de caféine, de produits laitiers, de sucreries et de viande rouge.
Alimentation et Cycle Menstruel Équilibré
Pour avoir un cycle menstruel en bonne santé, ton corps a besoin de vitalité grâce à des apports nutritionnels qui lui permettent de bien fonctionner et de se nettoyer. L’alimentation a aussi son rôle à jouer dans la préservation de l’équilibre hormonal.
Les clés d’une alimentation pour un cycle en santé
- Une alimentation nutritive et équilibrée : Notre corps a besoin de nutriments pour fonctionner harmonieusement : macronutriments (glucides, protéines, lipides) et micronutriments (vitamines, minéraux, oligo-éléments). Des carences micro-nutritionnelles peuvent avoir des effets sur notre cycle.
- Une alimentation anti-inflammatoire : Souvent proposée aux femmes souffrant de troubles menstruels et/ou d’endométriose par exemple, l’alimentation anti-inflammatoire devrait être recherchée par toutes.
- Une alimentation qui préserve une glycémie stable : Une hausse du taux de sucre dans le sang déclenche une décharge d’insuline par le pancréas afin de gérer cette hausse. Des sécrétions répétées d’insuline ont un impact au niveau de nos ovaires et représentent un stress pour le corps.
- Une alimentation qui permet une bonne gestion des déchets : L’alimentation est aussi importante parce qu’elle permet au corps d’éliminer. On recherche donc des aliments respectueux du foie, de la flore intestinale et du système digestif.
Quoi manger pour un cycle menstruel équilibré ?
- À fond sur les fruits et les légumes ! Les fruits et les légumes sont la source la plus diversifiée et facile d’accès pour les micronutriments.
- Rechercher des glucides régulateurs de glycémie : Tu peux consommer des céréales, mais choisis-les judicieusement : complètes ou au moins semi-complètes pour profiter de leur indice glycémique bas ou moyen, et de préférence d’origine biologique.
- Manger des protéines de qualité et diversifiées : Dans le cadre d’un cycle menstruel équilibré, on pourra recommander de choisir judicieusement ces protéines animales.
- Du « bon » gras : C’est particulièrement l’apport en oméga 3 qui sera la cible de notre alimentation spéciale cycle équilibré. Ils ont un rôle anti-inflammatoire important.
- Des super-aliments en renfort : Si tu veux booster tes apports nutritionnels et t’assurer un cycle menstruel en santé, certains super-aliments vont être tes alliés.
- Une hydratation au top : Notre corps est composé principalement d’eau et un apport régulier, généralement autour d’1.5 litre par jour, est recommandé.
Aliments à réduire
Tout ce qui va à l’encontre d’un fonctionnement harmonieux de notre corps et de notre cycle est à réduire quand c’est possible : les graisses saturées, les sucres rapides, les aliments ultra-transformés.
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