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La Crèche de la Prison de Fleury-Mérogis : Un Espoir derrière les Barreaux

Dans l'univers carcéral souvent sombre et austère, une lueur d'espoir et de normalité a été allumée à la maison d'arrêt des femmes de Fleury-Mérogis. Il s'agit d'une micro-crèche, un espace coloré et chaleureux où les bébés peuvent grandir et s'épanouir aux côtés de leurs mères détenues. Cette initiative unique en France offre un environnement stimulant et sécurisé pour les jeunes enfants, tout en soutenant les mères dans leur rôle parental et en facilitant leur réinsertion sociale.

Un havre de paix pour les enfants

La micro-crèche « Les Globe Trotteurs » à Fleury-Mérogis contraste fortement avec l'image typique d'une prison. Des jouets d'éveil, des meubles colorés, des pochoirs joyeux et une courette avec toboggan et tricycles créent un environnement propice à l'éveil et au bien-être des bébés. Bien sûr, les barbelés et les barreaux rappellent la réalité carcérale, mais l'atmosphère à l'intérieur de la crèche est résolument axée sur l'enfance et la normalité.

Inaugurée il y a quelques années, cette micro-crèche dispose de 10 places et accueille les enfants de 0 à 18 mois, âge limite pour rester auprès de leur mère en détention. Elle est ouverte du lundi au vendredi, de 7h30 à 17h, offrant ainsi aux mères la possibilité de travailler, de suivre des formations ou d'effectuer des démarches administratives.

Un partenariat inédit

La création de cette micro-crèche est le fruit d'un partenariat entre plusieurs organismes et collectivités. Le conseil départemental de l'Essonne, la caisse d'allocations familiales (CAF), la ville de Fleury-Mérogis, le Secours catholique, l'administration pénitentiaire et l'association d'accompagnement Acepp91 ont uni leurs forces pour mener à bien ce projet.

La ville de Fleury-Mérogis joue un rôle essentiel, car les trois auxiliaires de puériculture et l'éducatrice de jeunes enfants sont des employées du centre communal d'action sociale (CCAS) de la ville, volontaires pour travailler en milieu carcéral.

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Un soutien précieux pour les mères

La micro-crèche offre un soutien essentiel aux mères détenues, qui peuvent ainsi concilier leur rôle parental avec les exigences de la détention. Comme le témoigne Chance*, une jeune maman, « S'il n'y avait pas la crèche, je ne pourrais pas le faire et il resterait avec moi toute la journée en cellule. C'est moi qui ai fait une bêtise, pas lui. »

La crèche permet également aux mères de se consacrer à leur réinsertion sociale. Claire-Amélie Bertrand, directrice des politiques partenariales de la maison d'arrêt de Fleury, souligne que la crèche « dégage du temps pour les détenues qui peuvent préparer leur réinsertion, suivre une formation ou travailler. »

De plus, la micro-crèche offre un espace de soutien et de conseils pour les mères, en particulier celles qui sont jeunes ou isolées. Les professionnelles de la petite enfance sont à l'écoute de leurs besoins et les aident à développer leurs compétences parentales.

Normaliser l'enfance en milieu carcéral

L'un des objectifs principaux de la micro-crèche est de normaliser autant que possible l'enfance en milieu carcéral. Les enfants accueillis à la crèche ont les mêmes droits que ceux qui grandissent à l'extérieur. Des sorties à l'extérieur sont organisées pour familiariser les bébés avec le bruit de la rue, la lumière extérieure et les promenades en poussette. Des rencontres avec d'autres enfants des crèches environnantes sont également organisées pour favoriser la socialisation.

Laura, une auxiliaire de puériculture, explique : « La crèche a été créée pour que les enfants aient accès aux mêmes choses qu'à l'extérieur. » Anne, la responsable de la crèche, ajoute : « On est un peu protégées dans cette crèche : c'est coloré, il n'y a pas de barreaux, de la lumière. »

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Un coût modique pour les familles

Les mères détenues paient ce service, 0,36 centime par heure, le barème le plus bas. Pour celles qui n'ont pas les moyens, le Secours catholique fournit une aide.

Des défis à relever

Malgré ses nombreux avantages, la micro-crèche de Fleury-Mérogis est confrontée à des défis spécifiques. L'environnement carcéral peut être stressant et anxiogène pour les enfants, et il est important de veiller à leur bien-être émotionnel. De plus, la crèche doit composer avec les contraintes de sécurité et les règles de la prison.

Une initiative à généraliser ?

La micro-crèche de Fleury-Mérogis est une expérience unique en France, et elle suscite l'intérêt d'autres établissements pénitentiaires. Cependant, sa généralisation se heurte à des obstacles financiers et logistiques.

Jean-Marie Delarue, ancien contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL), souligne que « Fleury-Mérogis est la plus grande maison d'arrêt d'Europe, donc on a fait l'effort d'aménager un espace pour les mères, mais en France, les quartiers mère-enfant se résument souvent à de simples cellules agrandies. »

Caroline Abadie, députée Renaissance, regrette que « les femmes ne représentent que 3 % de la population pénale. Et les mères de très jeunes enfants n'en sont qu'une infime partie. Il est donc difficile de systématiser leurs conditions d'accueil. »

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tags: #crèche #prison #Fleury-Mérogis #fonctionnement

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