Gosselies, une localité riche d'histoire, est connue pour son patrimoine, ses traditions et son identité forte. De ses origines médiévales à son intégration dans Charleroi, Gosselies a su préserver son caractère unique, notamment à travers des figures emblématiques et des événements culturels majeurs.
Un passé seigneurial et une identité de "Ville"
L'histoire de Gosselies est intimement liée à ses seigneurs. La tour de l'ancien château, rue Dom Berlière, témoigne encore de cette époque, ayant appartenu à la famille de Bousies. Didier Cherdon, passionné d'histoire locale, souligne avec fierté que Gosselies était la seule commune à posséder le statut de "Ville" lors de sa fusion avec Charleroi en 1977.
Depuis 5 ans, Didier Cherdon coordonne le Cercle d'Histoire de Gosselies, dont les recherches généalogiques remontent à 1758. Il est également impliqué dans la vie associative et festive de la localité, notamment en tant que membre de la Fraternité Gosselienne et président du Comité du Tour Saint Jean.
Saint Jean-Baptiste et le Tour : une tradition ancestrale
La gloire de Gosselies réside en Saint-Jean-Baptiste, figure essentielle de la tradition chrétienne. Le Tour Saint Jean, dont l'origine remonte à 1560, est un événement majeur pour la ville. Il s'agit d'une procession avec escorte militaire, impliquant le clergé, les autorités communales et l'ensemble de la communauté locale.
Le Tour Saint Jean se déroule le dimanche le plus proche de la fête patronale de Saint Jean-Baptiste, le 24 juin. De nombreux pèlerins accompagnent en procession la statue de saint Jean-Baptiste et de sa châsse. Le Tour Saint Jean comprend également le grand feu du samedi soir, la garde de la Tour par les hommes d’armes, le défilé du 112° régiment d’Empire, la braderie, les nombreuses activités par différents petits groupes dont les « Goscitoyens », ainsi que le bouquet final avec le feu d’artifice du dimanche soir. Pour cause de Covid, le Tour avait été annulé les deux années précédentes.
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Le Tchot : symbole de l'enfance et de l'esprit de Gosselies
Le Tchot, terme wallon affectueux désignant un enfant sympathique et espiègle, est un symbole fort de l'identité de Gosselies. La statue du Tchot, installée place des Martyrs en 2000 grâce à des fonds européens, représente un enfant de 6 ans, Gauthier, le fils de Didier Cherdon, qui a servi de modèle. La technique utilisée pour la statue est celle de la cire perdue.
Il existe une statuette à la crèche communale des tchots derrière le home Theys, mais elle ne pouvait être exposée à l'extérieur. Aujourd'hui, le Tchot est vu de tous.
L'histoire du Tchot est intimement liée à Emile Henry, qui a mis en place un concours d'artistes pour sa création. Le père de Didier Cherdon, Jean-Joseph (88 ans), architecte, artiste-peintre et sculpteur, a remporté ce concours.
Origines et évolutions du nom de Gosselies
La forme la plus ancienne du nom de Gosselies est Gocilea(s), que l'on rencontre en 980. Le vocable en eias ou eas, généralement indéclinable, se présente à Gosselies, à partir du 12ème siècle, sous la forme de l'ablatif eis. Au cours de l'histoire, on observe différentes graphies : Gochillies (1276), Gochelie (1461), Gochelhies( 1533), Gochelis (1554), Gochelys ( 1612), Gochely (1747). Le nom wallon de Gosselies est Gochelies, mais de bonne heure apparaît la forme romane Gocelies avec toutes ses variantes.
L'histoire de Gosselies à travers les siècles
Gosselies entre dans l'histoire en 980, grâce à Notger, le premier prince-évêque de Liège, homme d'une stature extraordinaire. Grâce à Lobbes aussi, la puissante abbaye sambrienne et à son abbé Folcuin. Car les Gosseliens, avec les gens de 28 autres paroisses, sont rebelles à l'impôt des bancroix qu'ils doivent à Lobbes.
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C'est vers la fin du 11ème siècle que la seigneurie de Gosselies entre réellement dans l'Histoire avec la famille de Viesville, village voisin de Gosselies et qui deviendra un baillage du vieux comté de Namur. Il existait, à Gosselies, trois seigneuries :
- la seigneurie proprement dite : c'était la seigneurie principale. Il semble bien que Raoul de Viesville, premier seigneur connu de Gosselies, devait être au 12ème siècle, maître absolu de l'emplacement qui donna naissance au bourg, puisqu'il y installa des religieux avant l'établissement de ceux-ci à Sart-les-Moines.
- la seigneurie de Sart-les-Moines : elle doit son origine aux donations faites au 12ème siècle par Pétronille de Roucy, veuve de Raoul de Viesville, aux moines de Liessies.
- la seigneurie de Saint-Ursmer, dite du Moncil, appartenant au Chapitre de Binche.
La Tour de l'ancien château de Gosselies, qui subsiste encore aujourd'hui, est le seul vestige du château de la famille de Bousies, seigneurs de Gosselies de 1423 à 1534. La dernière intervention marquante émane en 1716 de Guillaume-François Le Fébure, dernier grand seigneur, comme ayant droit aux 9/16 de Gosselies. Ce dernier était contador, c'est-à-dire inspecteur général à la Cour des Comptes, première institution financière de nos Pays-Bas, ainsi que conseiller et Ministre de la Guerre de Charles VI d'Autriche, empereur éclairé - nous entrons dans le siècle des Lumières- père de Marie-Thérèse d'Autriche, qui régnera sur nos provinces.
Anecdotes et expressions wallonnes
Le texte fourni inclut également des extraits en wallon, témoignant de la richesse linguistique et culturelle de la région. Ces extraits évoquent des souvenirs d'enfance, des traditions locales et des expressions populaires.
Par exemple, l'expression "J’sus-t-in.ne balein.ne ! « Conme in.ne imache ! - L’est-ti bélot ! a n’muche point sz éstomacs" illustre la fierté et l'admiration pour la beauté et la générosité.
Un autre extrait raconte une anecdote à la foire, où un père emmène sa fiancée Suzan.ne voir un spectacle de serpentinette. Cette histoire met en lumière l'importance des traditions et des moments de partage dans la vie des habitants de Gosselies.
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