La question de la prise en charge financière d'un enfant majeur, notamment jusqu'à l'âge de 25 ans, est une préoccupation majeure pour de nombreux parents. Cette prise en charge peut avoir des implications fiscales significatives, notamment en ce qui concerne le rattachement au foyer fiscal et la déduction des pensions alimentaires. Cet article vise à explorer les différentes facettes de cette question, en abordant les aspects fiscaux, les coûts associés à l'éducation d'un enfant et les stratégies pour optimiser la gestion financière.
Rattachement au foyer fiscal ou déduction des frais : Comment choisir ?
Lorsqu'un enfant atteint l'âge de la majorité, les parents se trouvent face à un choix : rattacher l'enfant à leur foyer fiscal ou opter pour la déduction des frais d'hébergement, de nourriture et de scolarité. La campagne de la déclaration de revenus perçus en 2024, ouverte le 10 avril 2025, est l'occasion pour de nombreux parents de s'interroger sur la meilleure option.
En principe, dès sa majorité, toute personne constitue un foyer fiscal propre, imposable sur les revenus qu'elle perçoit. Cependant, dans certaines situations, les parents ont la possibilité de maintenir le rattachement de leur enfant à leur foyer fiscal.
Pour la déclaration 2025 des revenus perçus en 2024, la situation est examinée sur l'année 2024. Si l'enfant avait moins de 21 ans ou moins de 25 ans et qu'il poursuivait ses études le 1er janvier 2024, le rattachement est possible. Dans ce cas, les parents bénéficient d'une majoration de leur quotient familial. Toutefois, l'économie fiscale qui en résulte ne peut pas dépasser 1 791 euros pour chaque demi-part supplémentaire.
Il est important de noter que les indemnités de stages conventionnés et les rémunérations de contrat d'apprentissage perçues en 2024 sont exonérées jusqu'à 1 Smic annuel, soit 21 273 euros pour l'année 2024. Les salaires des personnes de moins de 26 ans au 1er janvier 2024 sont, quant à eux, exonérés jusqu'à 3 Smic mensuels, soit 5 291 euros. Il est donc essentiel de vérifier que le montant reporté sur la déclaration préremplie tient compte de ces exonérations.
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En cours d'année, il est possible de signaler le rattachement de l'enfant sur le site impots.gouv.fr, dans l'espace particulier, à la rubrique "Gérer mon prélèvement à la source". Cela permet d'actualiser le taux de prélèvement à la source pour tenir compte d'une hausse ou d'une baisse de revenus.
Détachement du foyer fiscal et déduction des frais
Si le rattachement au foyer fiscal n'est pas l'option la plus avantageuse, il est possible de détacher l'enfant de son foyer fiscal, même s'il habite toujours sous le même toit. Dans ce cas, la loi permet de déduire une partie des frais d'hébergement et de nourriture des revenus imposables. En effet, tant que l'enfant majeur n'est pas financièrement autonome, les parents sont liés par une obligation alimentaire et doivent pourvoir à ses dépenses quotidiennes.
Deux situations se présentent alors, selon que l'enfant majeur vivait chez ses parents en 2024 ou non.
Enfant vivant chez ses parents
Dans le premier cas, il est possible de déduire sans justificatif 4 039 euros par enfant majeur, représentant les frais d'hébergement et de nourriture. Ce montant peut être doublé si l'enfant est marié ou pacsé. Lorsque l'hébergement de l'enfant ne porte que sur une fraction de l'année, le montant est réduit au prorata du nombre de mois concernés.
Si les dépenses réellement supportées ont été plus élevées et peuvent être justifiées, il est possible de les déduire pour leur montant réel, dans la limite de 6 794 euros par enfant en 2025. Ce montant est doublé si l'enfant est marié, pacsé, divorcé, veuf ou chargé de famille et que les parents subviennent seuls à ses besoins.
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Enfant ne vivant pas chez ses parents
Dans le second cas, si l'enfant ne vivait pas chez ses parents en 2024, il est possible de déduire un forfait sans justificatif. Si les dépenses réelles sont déduites, il est important de connaître les frais déductibles. Ces derniers doivent répondre aux besoins courants de l'enfant, tels que le logement (loyers et charges locatives), l'alimentation, les soins médicaux, la scolarité, l'assurance, les abonnements, les abonnements aux transports publics, etc.
Il est essentiel de conserver les justificatifs de ces dépenses, qu'elles aient été supportées directement ou remboursées à l'enfant. Dans ce dernier cas, il est important de conserver la trace des remboursements, par exemple par virement ou par chèque. Le lieu de vie de l'enfant n'impacte pas ces règles. S'il vit à l'étranger, et sous réserve des autres conditions, il est également possible de déduire la pension alimentaire.
Spécificités en cas de parents séparés ou divorcés
Lorsque les parents constituent deux foyers fiscaux différents, les règles ne sont pas applicables exactement dans les mêmes termes. En cas de rattachement, l'enfant ne peut plus être rattaché au foyer fiscal respectif de ses deux parents séparés ou divorcés, même s'il vit de façon alternée chez l'un puis l'autre. L'enfant majeur ne peut être rattaché qu'à un seul foyer fiscal.
La pension déduite est imposable au nom du parent qui la perçoit si l'enfant majeur est rattaché à son foyer fiscal. Cependant, le juge ou les parents peuvent avoir décidé que la contribution serait versée directement à l'enfant majeur. Il n'est pas possible de bénéficier à la fois du rattachement et de la déduction de la pension alimentaire. Il est donc nécessaire de choisir l'option la plus avantageuse.
Coût global d'un enfant jusqu'à 25 ans
Avoir un ou plusieurs enfants représente un coût significatif. L'assureur belge AG a estimé ce coût à environ 264 310 euros jusqu'aux 25 ans de l'enfant, en se basant sur les chiffres de la Gezinsbond, une organisation spécialisée dans le budget des ménages. Cette estimation prend en compte l'alimentation, les vêtements, les activités scolaires, l'achat de téléphone portable et de vélo. Si l'on ajoute les frais de garde et les études, la facture grimpe à 264 310 euros précisément pour un premier enfant.
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Ce coût peut varier d'une famille à l'autre, en fonction de son revenu et de son mode de vie. Il est important de noter que le coût moyen diminue avec le nombre d'enfants, car certaines dépenses peuvent être réparties sur plusieurs enfants.
La banque en ligne Fortuneo, en se basant sur les données du ministère de la Santé, estime ce coût à 750 euros par mois, soit 180 000 euros pour un enfant, de sa naissance à ses 20 ans.
En France, la baisse de la natalité pourrait être en partie expliquée par le coût certain d'un enfant. Une étude a estimé qu'un enfant coûte en moyenne 680 € par mois à ses parents en 2024, soit près de 147 000 € de sa naissance jusqu'à ses 18 ans. Ce chiffre ne prend pas en compte les dépenses non monétarisées, comme les tâches parentales et domestiques, ainsi que les coûts indirects, tels que la perte de revenus et de salaires pour s'occuper des enfants.
Donations et abattements fiscaux
Outre la prise en charge des frais courants, il est possible de soutenir financièrement un enfant majeur par le biais de donations. Le présent d'usage est une solution simple, mais limitée à des sommes modestes au regard du patrimoine et des revenus.
Il est également possible de réaliser un don familial d'un montant maximal de 31 865 € par parent, exclusivement sous forme d'argent, pour chaque enfant majeur (ou émancipé) et à condition que chaque parent soit âgé de moins de 80 ans. Ce don familial peut être renouvelé tous les 15 ans.
La donation sous forme de don manuel est réservée à des sommes plus importantes que le présent d'usage. Il n'y a pas d'âge minimum ou maximum, mais le montant exonéré varie selon le degré de parenté. Chaque grand-parent peut donner jusqu'à 31 865 € par petit-enfant, quel que soit l'âge du petit-enfant.
Ainsi, chaque parent peut donner 100 000 € à chacun de ses enfants tous les 15 ans. Si les plafonds de donations ou de dons familiaux ne sont pas totalement utilisés, il est possible de les compléter dans la limite du plafond.
Si le don ou la donation dépasse le montant exonéré ou si un autre don ou une autre donation intervient entre les mêmes personnes dans les 15 ans qui suivent le précédent don ou la précédente donation, les abattements épuisés, les nouvelles donations deviennent taxables.
Une donation peut porter sur des biens immobiliers, une maison ou un appartement, par exemple, auquel cas il faut recourir au notaire pour la faire. Mais une donation peut aussi porter sur une somme d'argent. Lorsque cette somme d'argent est remise de la main à la main, que ce soit par chèque, virement ou en espèces, on dit alors qu'il s'agit d'une donation sous forme de "don manuel". Un tel don n'est pas obligatoirement fait par notaire. Il suffit de remplir l'imprimé fiscal n°2735 et de le remettre au fisc en double exemplaire dans un délai maximal d'un mois après la remise du chèque, du virement ou des espèces.
Il est possible d'utiliser l'imprimé n°2735 pour un don manuel et pour un don familial provenant de la même personne. Les dons de sommes d'argent doivent être déclarés ou enregistrés par le donataire au service des impôts du lieu de son domicile dans le délai d'un mois qui suit la date du don.
Autre exemple : un petit-enfant mineur non émancipé peut recevoir au total de ses grands-parents deux fois la somme de 31 865 € sous la forme d'un don manuel de la part de chaque grand-parent et 100 000 € de la part de chacun de ses parents.
Égalité entre héritiers et donations
Lorsque l'on fait un don familial ou un don manuel d'argent, il est important de penser à l'égalité entre héritiers. En présence d'autres enfants qui sont des héritiers réservataires, il n'est pas possible de donner une part qui dépasse la réserve héréditaire. Si vous la dépassez, vos héritiers réservataires peuvent remettre en cause vos donations.
La question principale qui peut se poser est de préciser si la somme donnée à un enfant sera ou non rapportable à la succession de celui qui a donné. S'il y a au moins deux enfants, il est important de déterminer si la même somme sera donnée au frère cadet ou à la sœur cadette, ou si la somme donnée sera rapportable à la succession.
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