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Le Putsch des Généraux en Algérie : Une Tentative Avortée de Coup d'État

Le putsch des généraux, ou coup d'État d'Alger, est une tentative de coup d'État militaire qui s'est déroulée en Algérie française du 21 au 26 avril 1961. Il fut organisé par quatre généraux français : Maurice Challe, Edmond Jouhaud, André Zeller et Raoul Salan, tous opposés à la politique d'autodétermination de l'Algérie menée par le président Charles de Gaulle.

Contexte Historique

L'histoire est en marche : le 16 septembre 1959, de Gaulle a admis le droit des Algériens à l'autodétermination et, le 8 janvier 1961, les Français ont voté à 75 % en sa faveur lors d'un référendum ouvrant la voie à l'indépendance du pays colonisé par la France. Dans la région, à Bordeaux et en Gironde, le « oui » à l'autodétermination pour l'Algérie réunit plus de 77 % des bulletins de vote.

Pour une partie des cadres de l’armée française, déjà humiliés par la défaite en Indochine, c’est une trahison insupportable du pouvoir, incarnée par le général de Gaulle devenu président de la République. L’OAS est créée le 11 février 1961 à Madrid, dans l’Espagne franquiste. Ses initiateurs sont des activistes anti-indépendantistes proches de l’extrême droite, Pierre Lagaillarde et Jean-Jacques Susini, exilés à Madrid et rapidement rejoints par le général Raoul Salan.

Le putsch trouve son origine dans le désarroi et la colère qu'inspire, au sein d'une partie de l'armée, l'évolution de la politique algérienne du général de Gaulle. Revenu au pouvoir dans l'ambiguïté du 13 mai 1958, de Gaulle se prononce rapidement pour l'autodétermination de l'Algérie, qui est massivement approuvée lors du référendum du 8 janvier 1961. Prévu à l'occasion du déplacement du chef de l'État en Algérie au mois de décembre 1960, un premier putsch est finalement abandonné. Mais, après que de Gaulle a invoqué le coût financier de l'Algérie - en vue de justifier sa décolonisation (conférence de presse du 11 avril 1961) -, les ultras de l'armée décident de passer à l'offensive. Sollicité par des colonels en révolte, le général Challe, qui avait porté des coups sévères aux réseaux armés du FLN en 1959, dirige l'opération aux côtés des généraux Zeller et Jouhaud, rejoints ensuite par Salan, ancien commandant en chef des forces françaises en Algérie. Après des hésitations, Challe décide de ne rien entreprendre en métropole : les généraux s'emparent du pouvoir à Alger dans la nuit du 21 au 22 avril 1961, et proclament un « Conseil supérieur de l'Algérie ». Ils affirment leur volonté de « gagner la guerre d'Algérie dans un délai de trois mois ».

Déroulement du Putsch

Dans la nuit du 21 au 22 avril, le 1er régiment de parachutistes du commandant de Saint-Marc, cantonné à Zeralda, fait route sur Alger et investit le Palais d'été où siègent la Délégation Générale, les bâtiments officiels, la radio et les centraux téléphoniques et télégraphiques. Le centre d'Alger est quadrillé de chicanes. Le délégué Général du gouvernement, Jean Morin, et le ministre des Travaux publics, Robert Buron sont arrêtés ainsi que le Général Fernand Gambiez, commandant en chef des troupes en Algérie, qui tentait de regagner son PC.

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Le 22 au matin, l'AFP, dont les journalistes à Alger ont au petit jour été empêchés de travailler par les putschistes, annonce l'état de siège, puis, d'après un communiqué diffusé sur Radio Alger, que "l'armée a pris le pouvoir en Algérie et au Sahara". L'Agence relaie une déclaration du ministère de l'Information : "L'indiscipline de certains chefs et de certaines troupes a abouti ce matin à Alger à placer les pouvoirs civils et militaires dans l'impossibilité d'exercer leur commandement. La situation dans le reste de l'Algérie est calme. Le gouvernement a pris cette nuit les mesures nécessaires, qui seront publiées dans le courant de la journée".

A Alger, le général Challe lance un appel : "L'armée s'est assurée le contrôle du territoire saharo-algérien. L'opération s'est déroulée conformément au plan prévu. Je suis à Alger avec les généraux Zeller et Jouhaud, en liaison avec le général Salan, pour tenir notre serment : garder l'Algérie." Le général Zeller décrète l'état de siège "sur l'étendue des 13 départements français d'Afrique" tandis que le général Pierre-Marie Bigot, commandant la 5e région, se place sous les ordres du général Challe. Dans l'après-midi, Radio-Alger annonce qu'Oran est aux mains des insurgés.

Réaction du Gouvernement et Échec du Putsch

À Paris, un conseil des ministres exceptionnel proclame l'état d'urgence. Mais déjà en Algérie les premières défections apparaissent du côté de l'armée. À Mers-el-Kébir, la Marine refuse de suivre la sédition. Les généraux de Pouilly et Gouraud, commandants militaires d'Oranie et du Constantinois, repoussent l'ultimatum des putschistes. Gouraud se ralliera finalement le lendemain.

Le 23 avril à 20H00, Charles de Gaulle, en uniforme, lance sur les ondes sa célèbre condamnation du "pronunciamiento" et moque un "quarteron des généraux en retraite", "groupe d'officiers partisans, ambitieux et fanatiques". "J'interdis à tout Français, et d'abord à tout soldat, d'exécuter aucun de leurs ordres", dit-il, déplorant d'un trois fois Hélas ! que le coup de force émane d'hommes "dont c'était le devoir, l'honneur, la raison d'être, de servir et d'obéir". Il annonce la mise en œuvre de l'article 16 de la Constitution qui lui donne les pleins pouvoirs. Michel Debré, Premier ministre, intervient ensuite : "Des avions sont prêts à lancer ou à déposer des parachutistes sur divers aérodromes afin de préparer une prise de pouvoir […] Dès que les sirènes retentiront, allez-y à pied ou en voiture, convaincre des soldats trompés de leur lourde erreur", demande-t-il.

Le lendemain, Challe, Salan, Jouhaud, Zeller, les colonels Godard, Argoud, Broizat et Gardes sont destitués par Paris. En Algérie, dans le bled, les appelés multiplient les actes de résistance à la sédition : brouillage des communications, sabotage des véhicules et dépôts d'essence. Les gendarmes reprennent Alger.

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Le 25 avril, les légionnaires du 1er REP se réfugient au camp de Zeralda qu'ils quitteront le 27, leur unité étant dissoute. Le gouvernement reprend la radio d'Alger. L'insurrection est terminée.

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