Introduction
La Protection Maternelle et Infantile (PMI) est un service essentiel de proximité, garant de la santé et du bien-être des jeunes enfants et de leurs familles. Face aux défis actuels et futurs, il est impératif de repenser et de renforcer ce dispositif. Cet article explore les enjeux et les perspectives d'avenir de la PMI, en s'appuyant sur les réflexions et les travaux menés par les acteurs de terrain et les décideurs politiques. Fin juillet, un décret du Premier ministre chargeait Michèle Peyron, députée LREM de Seine-et-Marne, d’une mission temporaire « ayant pour objet l’évaluation de politique de protection maternelle et infantile ». Copie à rendre en janvier.
Un Diagnostic Nécessaire : Constats et Défis Actuels
La PMI est confrontée à de multiples défis qui entravent son efficacité et son équité sur le territoire.
- Disparités territoriales : L'organisation et les pratiques de la PMI varient considérablement d'un département à l'autre, voire au sein d'un même service. Ces inégalités d'accès et de qualité de service sont inacceptables et nécessitent une harmonisation. En allant sur le terrain notre idée était de retenir les meilleures et bonnes pratiques car il y en a. Surtout quand il y a une volonté politique du département. Mais les disparités sont énormes reconnait-elle.
- Manque de moyens : Les services de PMI sont souvent sous-dotés en ressources financières et humaines, ce qui limite leur capacité à mener à bien leurs missions. La PMI croule sous le travail avec des effectifs loin d’être pléthoriques … et c’est un euphémisme !
- Surcharge de travail : Les professionnels de la PMI sont accaparés par des tâches administratives et des missions qui ne relèvent pas de leur cœur de métier, ce qui les empêche de se concentrer sur la prévention et l'accompagnement des familles.
- Difficultés de coordination : Les liens entre la PMI et les autres acteurs de la petite enfance (CAF, EAJE, etc.) sont parfois flous et complexes, ce qui nuit à la fluidité du parcours des familles.
Les Orientations Clés pour l'Avenir de la PMI
Pour répondre aux besoins de la population et garantir l'efficacité de la PMI, plusieurs orientations clés se dégagent.
Renforcer le pilotage national
Un pilotage national est nécessaire pour assurer une cohérence et une équité de l'action de la PMI sur l'ensemble du territoire, tout en respectant les compétences des départements. "Il manque un pilotage national", déclare Michèle Peyron. La quadrature du cercle en quelque sorte… Donner de l’oxygène aux services de PMI Au fil des auditions et des rencontres, la mission s’est forgée des convictions et envisage déjà déjà quelques préconisations.
Recentrer les missions sur la prévention et l'accompagnement
Il est essentiel de recentrer les missions de la PMI sur la prévention et l'accompagnement des enfants de 0 à 18 ans, en lui retirant certaines tâches chronophages et en lui octroyant plus de moyens. Il est clair rappelle la responsable de la mission qu’il faut donner « de l’oxygène aux PMI tout en renforçant leurs missions premières de prévention et d’accompagnement de l’enfant de 0 à 18 ans ».
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Améliorer le financement
Le financement de la PMI doit être revu pour mieux prendre en compte les spécificités de ses missions et les besoins des territoires. Nos premières réflexions portent sur le financement de la PMI, admet Michèle Peyron. Il faut mieux les doter. Et pour cela nous pensons à la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam). En effet constatant que de nombreux actes effectués dans les PMI le sont par des puéricultrices (ce qui est légitime et compréhensible puisque la prévention et la santé des jeunes enfants sont au coeur de son activité), la mission souhaiterait que ces actes soient reconnus par la Sécurité Sociale et donc remboursés. Ce qui constituerait un appel d’air pour les départements.
Clarifier les rôles et les responsabilités
Une meilleure articulation des rôles respectifs de la PMI et des autres acteurs de la petite enfance est indispensable pour garantir la cohérence et la qualité du service rendu aux familles. Et de préciser « vous vous attacherez à formuler des préconisations permettant d’avancer dans la voie d’une clarification et d’une meilleure articulation des rôles respectifs de la PMI et de la Caf en matière d’accueil du jeune enfant ».
Développer l'approche "aller vers"
La PMI doit renforcer ses démarches "d'aller vers" les familles les plus vulnérables, afin de réduire les inégalités d'accès à la prévention et à l'accompagnement. Accroître les démarches d’aller vers les familles.
Des Pistes de Réflexion Concrètes
Plusieurs pistes de réflexion concrètes sont actuellement explorées pour améliorer le fonctionnement de la PMI.
Financement par la Caisse Nationale d'Assurance Maladie (CNAM)
La possibilité de faire financer certains actes de la PMI par la CNAM est envisagée, ce qui permettrait de dégager des ressources pour les départements. En effet constatant que de nombreux actes effectués dans les PMI le sont par des puéricultrices (ce qui est légitime et compréhensible puisque la prévention et la santé des jeunes enfants sont au coeur de son activité), la mission souhaiterait que ces actes soient reconnus par la Sécurité Sociale et donc remboursés. Ce qui constituerait un appel d’air pour les départements.
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Transfert de compétences aux CAF pour les EAJE
Le transfert de la compétence de l'agrément des Établissements d'Accueil du Jeune Enfant (EAJE) aux CAF est une autre piste de réflexion, qui permettrait de désengorger les services de PMI. Pour les Etablissements d’accueil du jeune enfant, précise Michèle Peyron, on s’achemine vers un système hors PMI. L’agrément d’ouverture serait donné par une autre structure qui pourrait être la Caf. A qui bien sûr on donnerait les moyens d’avoir les compétences nécessaires.
Référentiel national pour les assistantes maternelles
La mise en place d'un référentiel national pour l'agrément et le suivi des assistantes maternelles est également envisagée, afin de garantir une qualité de service homogène sur l'ensemble du territoire. Mais il est certain que pour l’agrément et la visite bâtimentaire (aménagement du domicile de l’assistant maternel) il faut un référentiel national qui soit appliqué par tous les services de PMI. Il y a trop de disparités ! ».
Santé environnementale et PMI
Un autre enjeu majeur pour la PMI de demain est la prise en compte de la santé environnementale. Il est primordial de sensibiliser les professionnels de la petite enfance et les familles aux risques liés à la pollution de l'air intérieur, aux perturbateurs endocriniens et aux pratiques alimentaires. Les enfants sont particulièrement sensibles à ces expositions. La période des « 1000 premiers jours » qui s’étend du développement prénatal à la petite enfance est particulièrement critique et doit faire l’objet d’une attention particulière.
La Mutualité Française Pays de la Loire (MFPL) est particulièrement active sur ce sujet, en proposant des actions de sensibilisation et de formation aux professionnels de la petite enfance et de la périnatalité. Créer de nouveaux comportements relatifs à l’environnement intérieur auprès des professionnels de la petite enfance et de la périnatalité limitant l’exposition aux pollutions intérieures dans les établissements d’accueil des publics et une prise de conscience des jeunes et futurs parents ; réduire les expositions aux polluants intérieurs dans les établissements et services accueillant de jeunes enfants ; assurer un air intérieur de meilleure qualité dans les établissements et services accueillants de jeunes enfants mutualistes ; mobiliser, informer et former les professionnels de la petite enfance et de la périnatalité aux enjeux de santé environnementale en créant avec le concours de l’ARS une dynamique régionale avec ces acteurs.
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