L'apprentissage de la propreté est une étape importante du développement de l'enfant. Il est essentiel de l'aborder avec patience et compréhension. Cette acquisition ne se limite pas à l'apprentissage de la propreté, mais plutôt à l'acquisition de la continence.
Comprendre la Propreté : Une Question de Développement
Pour un être humain, la propreté est conditionnée par la maîtrise de sa vessie et de ses sphincters. Avant que le système nerveux central de l'enfant ne soit suffisamment mature pour contrôler ces fonctions, il urine ou défèque sans y penser. Inutile de le gronder, il ne contrôle juste pas son corps. La continence est due à la maîtrise des sphincters de l’enfant.
Les Signes Avant-Coureurs : Quand Commencer ?
Identifier la sensation de faire pipi ou caca et l’assimiler à ce besoin d’aller aux toilettes se produit généralement aux alentours de deux ans. Néanmoins, il ne faut pas hésiter à le guider.
Le moment opportun pour commencer à le guider se manifeste par plusieurs signes :
- L'enfant est capable de se déplacer seul vers un endroit donné.
- Sa couche reste propre pendant plusieurs heures ou il se déshabille seul.
- Il peut exprimer ses besoins avec des mots simples.
- Surtout, l'enfant doit être curieux de cette nouvelle expérience.
Patience et Respect du Rythme de l'Enfant
Parce qu’elle est corrélée à sa croissance physiologique, l’acquisition de la propreté est un processus qui se fait dans le temps. Cela peut prendre de trois à six mois, voire plus. Pour cette raison, il convient de rester à l’écoute de votre enfant et de respecter son rythme d’apprentissage. Petit à petit, il se dirigera de lui-même vers l’objet et vous dira quand sa couche est sale ou quand il doit aller sur le pot. Il est important de ne pas brusquer l'enfant. L’apprentissage de la propreté est progressif et chaque enfant a son propre rythme.
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Propreté Diurne et Nocturne : Deux Étapes Distinctes
Il faut distinguer la propreté diurne et la propreté nocturne. La première s’acquiert entre la 2ème et la 4ème année. La seconde, se fait un peu plus tardivement, en général huit douze mois après. La continence nocturne est un processus différent de la continence diurne, et il ne se fait pas du jour au lendemain. Cela dépendra de la maturité physique et émotionnelle de votre enfant ainsi que de sa capacité à se réveiller la nuit pour aller aux toilettes.
Que Faire en Cas de Difficultés ?
S’il a plus de 4 ans et qu’il refuse d’aller sur le pot, qu’il semble incapable de se retenir ou qu'il paraît ne pas éprouver un quelconque intérêt pour l’apprentissage de la propreté, alors il est utile de demander conseil à votre pédiatre. Il pourra essayer de trouver les raisons de ce refus, comprendre les difficultés de votre enfant, qu’elles soient psychologiques ou physiologiques.
Mettre en Place des Rituels
Même si vous laissez le pot en évidence dans la salle de bain ou les toilettes pour que votre enfant puisse y aller de façon autonome dès qu’il en a envie, il peut être bénéfique d’instaurer des rituels. Par exemple, vous pouvez amener votre enfant sur le pot à des heures régulières, comme au réveil, après les repas et avant les siestes. Pour autant, il ne faut pas le laisser dessus plus de cinq minutes : s’il n’a pas envie, rester assis ne changera rien.
Gérer les Accidents
Dans le cas où votre enfant souillerait à nouveau sa culotte après avoir été propre, il ne faut pas le gronder au risque de le bloquer. À son âge, un accident peut encore arriver, surtout la nuit. Le fait de salir ses vêtements, d’être mouillé, de ne pas sentir bon lui fera peut-être aller plus facilement aux toilettes. Acceptez les « accidents ». Vous savez qu’ils arrivent ; préparez vos seaux et vos serpillières. Et surtout, rassurez votre enfant si cela arrive.
Encouragements et Récompenses : Trouver le Juste Milieu
Entre les effusions et l’indifférence, il est important de trouver le juste milieu lorsque votre enfant réussit à aller au pot. Bien évidemment, pour l’encourager dans son apprentissage de la propreté et lui donner confiance en lui, il faut le féliciter à partir du moment où il s’assoit sur le pot, même sans rien y faire. Pour autant, votre enfant doit aussi comprendre que c’est un acte naturel qui fait partie de son développement. Soyez patients et présents à ses côtés pour lui proposer régulièrement de devenir propre peu à peu comme les grands. Certains enfants sont parfois sensibles à des félicitations ou à de petites récompenses. Pourquoi ne pas y avoir parfois recours si cela peut aider à débloquer une situation ?
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Faciliter l'Apprentissage par le Confort et l'Autonomie
D’abord, en lui mettant des vêtements faciles à enlever. Il faut ainsi éviter les pantalons trop serrés, les ceintures, les salopettes compliquées à déboutonner ou les collants trop difficiles à baisser. Durant cette période, les leggings et les pantalons seront plus pratiques. Ensuite, vous pouvez troquer la couche contre une culotte d’apprentissage. Encouragez l’autonomie au moment de la toilette : Il est important d’encourager l’enfant à utiliser la toilette pour se nettoyer (urines, selles), même si cela ne signifie pas toujours que l’enfant sera continent immédiatement.
Le Rôle du Pot et du Réducteur
Les enfants ont une préférence pour le pot qui leur permet d’être bien stables avec un appui ancré au sol. Le vôtre s’oriente vers un réducteur avec un marchepied ? Laissez-le suivre sa préférence. Pot ou réducteur ? La question se pose pour de nombreux parents. Chacun a ses avantages, et les deux se complètent d’ailleurs parfaitement. « Le pot est plus pratique pour commencer car il est à la hauteur de l’enfant, précise le docteur Pfersdorff.
Préparation et Implication : Les Clés du Succès
Facilitez votre quotidien de parents et privilégiez le printemps et l’été pour commencer. Votre enfant étant moins couvert, il aura moins de couches de vêtements à enlever. Prévoyez une escapade. Ce sera l’occasion de choisir LE pot, LES culottes ou slips ensemble. Il en sera d’autant plus impliqué.
L'Importance de la Communication
Lisez. Les histoires enfantines parlant de la continence, du pot, des toilettes…sont complémentaires pour faire passer les bons messages. Il existe sûrement une histoire sur la propreté dans sa collection de livres préférés : « T’choupi va sur le pot » « P’tit loup va sur le pot », « Ça y est ! Lorsque l’enfant grandit, on peut employer les bons mots pour communiquer avec lui. Remplacez « Je vois que tu veux faire caca » par « Tu as quelque chose à me dire ? », pour que l’enfant y pense seul.
Quand S'Inquiéter ?
Quels sont les signes qui montrent que mon enfant n’est pas encore prêt pour apprendre la propreté ?
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- Manque d’intérêt : Si votre enfant ne montre aucun intérêt pour les toilettes ou le pot.
- Fréquence des accidents : Si votre enfant a des accidents fréquents ou ne reste pas sec pendant de longues périodes (plusieurs heures) : il est alors important de proposer à votre enfant de remettre une couche s’il le souhaite.
- Difficulté à communiquer : Si votre enfant ne peut pas encore communiquer clairement quand il a besoin d’aller aux toilettes ou ne peut pas suivre les instructions pour utiliser les toilettes.
En tant que parents, si vous remarquez l’un de ces signes, il est peut-être préférable d’attendre un peu avant de commencer l’acquisition de la continence. Si vous constatez « un blocage » chez votre enfant, n’en parlez plus du tout pendant deux semaines et proposez de remettre une couche, votre enfant vous en parlera de nouveau lorsqu’il sera prêt ! Cette période peut être accompagnée de colères et de manifestations impulsives. On parle d’énurésie lorsqu’un enfant de plus de 5 ans mouille régulièrement son lit pendant son sommeil. Environ 1 enfant sur 10 est touché par cette problématique.
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