Introduction
La danse a toujours été une forme d'expression culturelle importante dans le monde entier. Parmi les nombreuses formes de danse, la danse traditionnelle occupe une place particulière. Cet article explorera l'histoire et les origines de la danse traditionnelle, en mettant l'accent sur la manière dont elle est enseignée aux enfants, en particulier dans le contexte de la "cochinchine danse maternelle".
Les Racines Européennes de la Danse Traditionnelle
Les danses traditionnelles font partie d'un fonds commun européen qui prend sa source au Moyen Âge. La carole, la basse danse et surtout le branle sont à l'origine de la plupart de nos danses traditionnelles. Certaines danses portent le nom du village dont elles sont issues, d'autres celui de la région. D'autres enfin ont parcouru les siècles de manière invariable depuis leur apparition.
L'Évolution de la Danse Traditionnelle au Fil du Temps
Les danses ont évolué par emprunts, de façon lente jusqu'au milieu du XVIIIe siècle. Toutes les danses traditionnelles sont marquées par les apports des salons parisiens. La contredanse, très différente des danses en ronde ou en chaîne, a ainsi été adoptée par toutes les régions, même si l'on a continué à garder des pas qui se dansaient sur des bransles, par exemple. La polka ou la mazurka ont été adoptées telles quelles parce qu'au XIXe siècle la danse traditionnelle était déjà en plein déclin.
L'Interdisciplinarité et l'Approche Moderne de la Danse Traditionnelle
Ce n'est que vers le milieu du XXe siècle que sont posées les bases méthodologiques mettant en jeu une interdisciplinarité (histoire, ethnologie, musique) qui assure une meilleure approche de ces danses, notamment au travers de véritables enquêtes de terrain. Aujourd'hui, c'est l'ouverture de tous les répertoires dansés et la sensation liée à la musique qui prime.
La Danse Traditionnelle Aujourd'hui: Une Pratique Vivante
Divers éléments de danse traditionnelle se sont ainsi transmis jusqu'à nous et donnent lieu à des pratiques vivantes. C'est ce qui fait que l'on parle encore aujourd'hui de "danse traditionnelle", malgré la disparition de la société qui la portait. Les pratiques actuelles sont l'occasion de rassemblements festifs, le plus souvent sous la forme de bals autour d'une culture particulière ou rassemblant la pratique de diverses formes anciennes de danse (le "bal folk", reconstitutions de danses de bal du XVIe au XIXe siècle et répertoires étrangers se mêlant aux danses issues de la tradition paysanne). Ces nouvelles pratiques de la danse traditionnelle s'appuient sur une transmission, désormais constituée, d'un enseignement organisé dans des cours ou stages.
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La Danse Traditionnelle dans la Vie Quotidienne d'Autrefois
On dansait dans nos campagnes pour toutes sortes d'occasions, on dansait au travail, après le travail, aux Fêtes, à la St. Jean, aux vendanges, aux mariages, aux naissances, pour faire pousser les blés, aux récoltes, les garçons invitaient les filles, les hommes dansaient, chantaient, on dansait à la veillée, pour la Fête Dieu, les filles dansaient, les jeunes, les vieux, pour le plaisir, tout le monde dansait.
L'Importance de la Préservation de l'Identité Régionale
Chaque danse a un sens, une raison d'être, une vie, alors pourquoi vouloir changer, arranger, supprimer (solution de facilité) les pas, les figures, les musiques, parce que nous ne nous sentons pas concernés et nous n'en voyons pas l'intérêt (nous nous confortons dans ces idées). Nous ne sommes plus capables à notre époque d'apprendre et de prendre conscience que ces détails (vite éliminés) ont une importance primordiale pour garder l'identité de chaque région, pour faire vivre le passé : notre patrimoine.
La Danse Traditionnelle à l'École Primaire
Nous choisissons, dans le cadre de la démarche que nous retenons à l'école primaire, de parler de danse traditionnelle. Ce terme désigne des danses en groupe (souvent en cercle ou en farandole) d'origine populaire puisqu'elles se dansaient dans les villages, faisant partie d'un ensemble de savoirs venant du passé. Rappelons que le terme tradition vient du latin traditio, qui signifie action de livrer, de transmettre. Il est intéressant de constater que le sens étymologique du mot met l'accent sur la transmission des danses à travers les époques et induit ainsi une perspective dynamique et évolutive permettant aux danses de conserver leur côté vivant.
L'Aspect Collectif et Convivial de la Danse Traditionnelle
Nous privilégions la dimension collective et conviviale de la danse traditionnelle qui est avant tout une expression du lien de personne à personne et de chaque personne avec le groupe. Elle permet de tisser des liens sociaux en proposant différentes façons de danser ensemble et donc, plus largement, d'être ensemble. Dès que l'on change de contexte (d'époque, de lieu géographique, de culture), la manière de danser ces danses traditionnelles change aussi. Ainsi, il peut être justifié, surtout dans un cadre scolaire et à des fins pédagogiques, d'adapter les danses aux besoins des élèves.
Les Avantages de la Danse Traditionnelle pour les Enfants
La danse traditionnelle est particulièrement formatrice pour l'enfant car on y retrouve l'aspect collectif, ludique, corporel et musical. De plus, c'est un style de danse qui se caractérise par son accessibilité et sa relative facilité à être mis en place.
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Le Débat sur le Diplôme en Danse Traditionnelle
Le projet d'un diplôme en danse traditionnelle refait surface. Qui demande ce diplôme ? Répond-il à une exigence de la danse traditionnelle elle-même ? On peut comprendre que des animateurs souhaitent avoir un statut assurant stabilité d'emploi et rémunération. Mais diplômer des instructeurs, c'est leur octroyer du même coup un label de compétence. Qu'entend-on par "les danses traditionnelles" ? Qu'en connaît-on exactement ? L'examen de ces deux questions conduit à nos yeux à renoncer à tout projet de diplôme.
Les Risques de la Standardisation
La danse traditionnelle, contrairement à d'autres types de danse, a toujours existé en l'absence de tout diplôme dans les milieux traditionnels. La compétence en danse traditionnelle est problématique. Les enquêtes sérieuses sont rares, leur exploitation hasardeuse. Que va donc cautionner un diplôme ? On va sélectionner des pratiques et en éliminer d'autres. Les choix effectués (savoir, savoir-faire) deviendront autant de modèles à reproduire et de leçons à transmettre. Reconnaître que nous n'avons pas les moyens d'un tel dogmatisme est une question d'honnêteté : il suffit de comparer la pratique actuelle (bals, festou-noz, enseignement d'associations, groupes folkloriques, cercles, etc.) avec le témoignage des documents ethnographiques pour en être convaincu et pour se rendre compte que notre revivalisme est fait de reconstructions, chorégraphies, fabrications et de codifications convenues.
Les Questions Essentielles à Aborder
Resterait encore à aborder certaines questions essentielles sur lesquelles la réflexion n'existe pas à l'heure actuelle : évaluer la qualité d'un danseur, inventer une pédagogie appropriée à la retransmission de répertoires qui se sont transmis sans enseignement dans leurs milieux d'origine. Sans parler des institutions qui emploieront les diplômés : les écoles de musique ? le Conservatoire ? Cela pose d'autres questions : quel besoin a le Conservatoire de la danse traditionnelle ? Quel besoin a la danse traditionnelle du Conservatoire ? N'est-il pas dommageable de donner des répertoires pour adultes à un public d'enfants et d'adolescents ? La danse traditionnelle en sortira-t-elle indemne ?
Les Alternatives au Diplôme
Si des danseurs actuels sont demandeurs de connaissance, il n'est pas besoin de diplôme pour leur apporter information et formation : mettons sur pied des cours d'histoire et d'ethnologie de la danse, des cours de méthodologie critique. Nous en avons tous besoin. Si l'on estime cette connaissance superflue, alors continuons de répandre ce qui s'enseigne actuellement. Mais dans ce cas, ne parlons plus de danse traditionnelle.
L'Origine du Terme "Danse Traditionnelle"
Expression née à l'entre-deux-guerres sur le modèle anglo-saxon de folk dance. C'est Arnold Van Gennep qui définit le premier, en 1924, le folklore dans la sphère culturelle francophone. Le folklore est littéralement la science du peuple : étymologiquement, folk vient du germanique peuple (provenant du latin vulgus) et lore du saxon connaissance.
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Le Mouvement Folkloriste et la Préservation de la Culture Traditionnelle
C'est le mouvement folkloriste qui se développe un peu partout parallèlement à la disparition de la société traditionnelle qui va constituer le principal lien entre celle-ci et le XXe siècle. À partir de la fin du XVIIIe siècle, la culture traditionnelle devient l'objet de savantes études qui nourrissent, dès le XIXe siècle, diverses pratiques organisées contribuant à maintenir la transmission des modes d'expression en train de disparaître.
Les Motivations du Mouvement Folkloriste
Les motivations du mouvement folkloriste sont principalement liées à un refus romantique de l'industrialisation et de l'urbanisation, et à la quête d'un mode de vie proche de la nature idéalisée. Elles se chargent, au XIXe siècle, d'une dimension nationaliste, en cherchant à retrouver les racines populaires de l'âme d'un peuple, face à la culture internationale des élites. Aux Etats-Unis, le mouvement folkloriste est instrumentalisé comme outils de socialisation permettant d'offrir aux nouveaux immigrants une pratique commune organisée. Enfin, au XXe siècle, il se dévoye dans les régimes totalitaires fascistes et communistes.
La Spectacularisation de la Danse Folklorique
L'importance des groupes folkloriques vient de cette prise de conscience dans les années 60 de la disparition d'un patrimoine et la volonté de conserver la mémoire culturelle du milieu rural. Cependant, les groupes de danse folklorique, tout en assurant le maintien de certains répertoires, vont dans le même temps en transformer les formes et surtout les fonctions. Le moteur principal de cette transformation est surtout la spectacularisation qui apparaît dès la fin du XIXe siècle.
Les Danses Folkloriques et la Mise en Scène
Intervention de Fabrice David lors du colloque "Le patrimoine immatériel en Danse" des 18 - 19 mai 2012 organisé par les étudiants de Master Anthropologie de la danse du laboratoire des pratiques corporelles de l'UFR STAPS Clermont Ferrand : Les danses folkloriques sont rattachées au passé, issues de sociétés rurales. La scène implique pour ces danses une mise en scène. La problématique part du constat que les danses folkloriques sont le résultat d'une création chorégraphique et donc d'une écriture, qui est elle-même le résultat d'une négociation.
L'Enseignement de la Danse Traditionnelle: Approches et Défis
L'enseignement de la danse traditionnelle, en particulier aux enfants, présente des défis uniques. Un instructeur de danse traditionnelle doit faire entendre la mélodie à ses élèves avant de leur proposer les mouvements à accomplir. Il donnera de meilleures chances au résultat final. Quant au mouvement proprement dit, une minorité d'élèves seulement se révèle capable de se l'approprier par imitation. D'abord parce qu'un public d'aujourd'hui y est mal préparé; ensuite parce qu'il faudrait beaucoup de temps pour que l'imitation porte ses fruits.
Deux Approches Pédagogiques
Il existe deux façons principales d'enseigner la danse traditionnelle. La première consiste à donner à l'élève ce qu'il attend : disséquer le geste en composants successifs, apportés un à un et mis ensuite bout à bout. Certains vous sauront gré de compter les temps de la musique. D'autres, d'énoncer quel pied fait quoi. Ou les deux simultanément : on dira par exemple un, deux, trois, gauche, saute sur le droit, sept, huit. Cela aidera certains d'entendre quantifier les choses : grand, petit, petit ou long, court, court.
Le danger de tout cela, si efficace que cela puisse se révéler à court terme, c'est que l'élève alors ne rencontre jamais la danse proprement dite : il rencontre sa traduction projetée dans une logique non musculaire, amputée de sa dimension sociale. En espérant que le musculaire prendra tôt ou tard le relais du cérébral ; que l'élève finira par ne plus compter; que la sensation remplacera le repérage; que, joignant son geste solitaire à celui de partenaires, il rencontrera la dimension sociale de la danse. Mais la danse ainsi acquise risque de rester marquée par ce péché originel. Un peu comme un musicien de conservatoire qui a tellement travaillé sa partition, qu'il la sait par coeur et peut s'en passer : son oralité ne sera jamais celle du musicien analphabète. Elle sera toujours souvenir d'écriture.
La seconde façon, c'est de refuser à l'élève ce qu'il attend - en gros des mots et de l'arithmétique - et de lui proposer un mouvement en musique, un mouvement entier, ayant un sens par lui-même, et dont la logique lui soit accessible : on ne va pas analyser, on va dépouiller; mettre à nu une structure simple : de la gaillarde au rock en passant par le fandango, il n'est guère de danse récréative qui ne puisse se construire à partir du double et du simple de la danse en chaîne. À ce mouvement nu, mais logique et satisfaisant en soi, on apportera ensuite progressivement chacun des éléments dont la somme constitue la danse à transmettre.
Les Défis de l'Instructeur
Un instructeur de danse qui n'ait jamais connu l'échec, cela n'existe pas. L'échec revêt des visages multiples. Il y a l'élève qui comprend vite, mais qui ne va guère au-delà de cette réussite initiale; il y a celui qui connaît de grandes difficultés de départ, mais dont la progression ultérieure semble illimitée, de sorte qu'on a l'impression que c'est à lui-même, non à l'instructeur, qu'il doit finalement de rencontrer vraiment la danse; et puis il y a des élèves qui, année après année, désespéreront toujours l'instructeur (ce sont souvent les plus pressés de réenseigner). Le problème de l'instructeur, c'est de comprendre à quoi tient l'échec de l'élève et d'inventer les chemins qui l'aideront à en sortir, sans sortir en même temps de la danse. Cela dit, il n'y a pas de recette qu'il suffirait d'appliquer.
L'Importance de la Logique et du Plaisir
Une telle façon de procéder revient à dire qu'on part des exigences de la danse elle-même. Tenir compte des possibilités de l'élève, cela veut dire seulement qu'on cultive en lui celles qui sont conformes aux exigences de la danse. Bref, il faut que l'élève éprouve d'emblée la logique de la danse et que l'éprouver lui donne immédiatement du plaisir. Or la première chose à éprouver là -dedans, c'est la mélodie. C'est elle qui doit donner envie de bouger, envie de l'habiter avec le corps. Construire ainsi la danse, c'est aussi construire le danseur.
La Construction du Danseur: Un Processus de Longue Durée
La construction d'un danseur est une entreprise de longue durée. Elle suppose un étalement de l'apprentissage au fil de répertoires choisis. Malheureusement une telle offre répond mal à la demande de notre temps : tout danseur débutant veut tout de suite danser la bourrée, le fandango, la polska.
La Danse et la Musique: Une Relation Intime
Que la danse traditionnelle soit de la musique éprouvée par le corps, cela ouvre des perspectives passionnantes - et peu exploitées - à l'éducation musicale elle-même : utiliser la danse pour comprendre la musique. Au lieu d'expliquer à l'élève qu'un 6/8 est une mesure binaire à partition ternaire du temps, qui s'appelle 6/8 parce que chaque mesure équivaut à six huitième d'une ronde, laissons-le d'abord ressentir dans son corps ce qu'est un jig, ce qui distingue un sautillé d'un galop et ce qui les oppose à un cloche-pied. Qu'il éprouve la mesure à travers des parcours et des gestes. Et qu'il découvre tout cela dans le cadre de relations à d'autres personnes. Il ne s'agit pas de proposer une alternative au solfège et à la connaissance intellectuelle. Il s'agit de savoir parler avant d'apprendre la grammaire. Celle-ci viendra éventuellement plus tard et sera alors d'autant plus assimilable, qu'elle ne fera qu'expliciter du déjà assimilé. C'est ce plaisir, je crois, qui doit avoir le dernier mot.
Exemple d'Application: La Danse des Canards à l'École
La danse des canards est un exemple de danse simple et populaire qui peut être enseignée aux enfants à l'école. On peut l'apprendre lorsqu'on travaille sur les générations et spécialement "au temps des parents" car une petite fille avait emmené le fameux mange-disques ORANGE et une autre le disque… que de souvenirs! Les enfants peuvent évoluer sur le rythme de la musique en tenant un "fusil" et en se baissant style "chasseur aux aguets"; lors du mouvement plus long de musique, on pivote lentement sur soi-même et on repart du côté opposé.
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