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Analyse des cliniques de PMA en Roumanie : autonomie, inégalités et revendications de justice reproductive

Dans une perspective historique et sociologique, cet article propose d'analyser la politique pronataliste du régime communiste roumain, instiguée par Ceaușescu de 1966 à 1989, et son lien avec le développement des nouvelles techniques de reproduction (NTR). L'objectif est d'explorer une dimension des conséquences de cette politique, autre que celle des pratiques et représentations de la contraception depuis 1989. L'analyse se base sur l'hypothèse que la révocation des décrets ayant trait à la procréation dès la chute du régime de Ceaușescu en décembre 1989 a permis un processus de réappropriation de leurs corps par les femmes.

Réappropriation du corps et autonomie

Comme certains auteurs l'ont souligné à partir d'une perspective féministe, les femmes roumaines se réapproprient leurs corps dans une démarche de régulation des naissances désormais légale. Ce que je souhaite traiter ici, c'est la manière dont cette réappropriation des corps se transforme en une autre figure de l'autonomie, voire de subjectivation, lorsque les femmes ont recours aux nouvelles techniques de reproduction. Celles-ci n'étaient pas disponibles immédiatement après la chute du régime de Ceausescu, mais se sont rapidement développées : le premier bébé issu d'une fécondation in vitro est né en 1996. On compte désormais 26 cliniques proposant un accès aux techniques de procréation médicalement assistée en Roumanie.

Cette autonomie corporalisée n'est possible que grâce au concours des médecins, eux aussi dégagés des contraintes du régime communiste, qui certes continuent à pratiquer des avortements, mais qui se sont investis dans ce domaine d'expertise, d'excellence, à la portée symbolique beaucoup plus noble que l'avortement. C'est donc l'imbrication de ces deux autonomies nouvelles - ou plus exactement rétablies - qui permet aussi de dépasser la mémoire d'un quotidien où la surveillance des corps était omniprésente. Ces autonomies patientes-médecins s'accordent dans un espace des subjectivités qui permet de se distancer des schèmes traditionnels de la maternité : des femmes peuvent avoir des enfants tardivement, voire après la ménopause.

Biologisation des différences et absence de législation

La biologisation des différences genrées de procréation est ainsi remise en cause de manière implicite, en ce sens qu'elle n'est pas forcément revendiquée en tant que telle. La validité du paradigme hétérosexuel n'est pas incluse dans cette remise en cause, ou alors de manière anecdotique, comme le démontre ce couple homosexuel franco-américain, parents de jumeaux nés de mère porteuse aux États-Unis, et qui est établi à Bucarest. Des polémiques traversent parfois l'espace public et les espaces médicaux professionnels, comme cela fut le cas en 2005, lors de la naissance du bébé d'Adriana Iliescu, mère à 66 ans.

Cependant, les paramètres officiels, légaux, ne sont pas mobilisés : il n'y a pas de législation concernant la reproduction assistée, il n'y a pas non plus de réglementation interne à la profession médicale concernant les pratiques liées aux NTR. Les pratiques s'accommodent d'un espace informel, dépourvu d'implication étatique. La contrepartie de cette informalité est le coût financier individuel que l'accès à ces techniques représente. Les femmes sont certes libres d'avoir recours à une fécondation in vitro, mais celle-ci n'est pas prise en charge par le système de santé national.

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Inégalités socio-économiques et mobilisation pour la justice reproductive

Cet effacement de l'État renforce donc des inégalités socioéconomiques, car une fécondation in vitro coûte entre 3000 et 4000 euros - le salaire moyen mensuel en Roumanie est de 476 euros (Moniteur du commerce international, 2011). C'est d'ailleurs cette dimension d'inégalité associée aux droits individuels à être pris en charge pour une maladie - l'infertilité - qui a inspiré la mobilisation d'un petit groupe de femmes depuis 2008 autour des problématiques d'infertilité et de la nécessaire implication de l'État.

Face à ces autonomies femmes-médecins, il est important d'analyser l'émergence d'un registre des droits, de justice reproductive, revendiqués par des actrices sociales qui se mobilisent pour obtenir de l'État un accès équitable aux NTR dans la Roumanie contemporaine. La question des inégalités socioéconomiques apparaît alors au grand jour, invitant l'État à réinvestir le champ de la procréation pour garantir des droits effectifs à ses citoyennes, et non plus pour contrôler les paramètres de la reproduction humaine.

La politique pronataliste de l'État roumain

À l'époque communiste, l'avortement fut autorisé - comme dans la majorité des pays du bloc de l'Est -, puis brusquement interdit par Ceaușescu en 1966 au moyen du Décret 770/1966 (ci-après, le Décret). Parallèlement, la contraception ne devint pas illégale, mais les différents moyens de contraception étaient produits à l'étranger et n'étaient plus importés depuis le début des années 1960. De fait, du jour au lendemain, le contrôle de la procréation échappa totalement aux femmes, car l'avortement était le moyen de régulation de la procréation le plus utilisé en Roumanie.

La visée de ce transfert de contrôle de la reproduction était clairement nationaliste et pronataliste - il s'agissait de mobiliser les femmes dans la maternité pour augmenter le taux de fécondité et renforcer la nation roumaine, ses forces vitales et productives. La courbe de fécondité grimpa de manière spectaculaire à la fin des années 1960. Le fœtus devint propriété de la société socialiste roumaine, donner vie à des enfants, un devoir patriotique. La femme, dans sa subjectivité d'individu, disparut et fut remplacée par deux catégories : la femme-travailleuse et la femme-mère/corps reproducteur.

Stratégies de contournement et surveillance des femmes

Malgré l'absence de moyens de contraception et l'interdiction de l'avortement, le taux de fécondité ne grimpa que quelques années, et au milieu des années 1970, il commença à chuter. Les femmes avaient développé des stratégies de contournement, dont l'avortement clandestin était une pierre angulaire. Le régime de Ceaușescu renforça ses mesures, mobilisant de manière croissante les médecins dans la surveillance des femmes. Ainsi, les ouvrières devaient se soumettre à des examens gynécologiques réguliers sur leur lieu de travail, les villageoises subissaient des examens similaires sur un mode ambulatoire afin que le personnel médical puisse déceler, et donc prendre en charge les grossesses le plus tôt possible.

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La raison politique de ce contrôle n'était pas énoncée : la justification officielle était celle du dépistage de cancers. En outre, des agents non médicaux de l'État manifestèrent une présence accrue dans les hôpitaux, jusque dans les salles d'opération, où leur fonction était de surveiller les gestes médicaux des professionnels de santé. Lors de chaque avortement, en dehors d'exceptions listées par les autorités, les médecins devaient se référer au procureur. Le biopouvoir fut poussé à son paroxysme, le pouvoir politique ne déléguant pas le contrôle des corps aux médecins, mais assumant en grande partie ce pouvoir directement par des mesures coercitives vis-à-vis des femmes et des médecins même si certains adhéraient à cette politique, ou utilisaient ce mécanisme de pouvoir pour assoir leur position politique au sein du régime.

Responsabilité de la femme et division patriarcale des tâches

Bien que les hommes furent également concernés par cette politique nataliste forcenée qui eut un impact considérable, quotidien, sur la sexualité de chaque couple, la responsabilité attachée à la procréation - ou plutôt son évitement - restait celle de la femme. Ainsi, c'est la femme roumaine - presque seule, en définitive - qui devait porter les enfants, symboles de prospérité pour la Roumanie future. Parallèlement, l'éducation de ces enfants était du ressort de la famille conjugale, au sein de laquelle les rôles étaient définis selon la tradition rurale roumaine, plus ou moins mythifiée, en tout état de cause mise en exergue comme étant traditionnelle et au cœur de l'identité roumaine : la mère s'occupait des enfants, le père était chef de famille.

Dans l'ère postcommuniste, la procréation coercitive a cessé, mais la division des tâches selon un mode patriarcal perdure. Au sein de la famille roumaine contemporaine, l'éducation et les responsabilités liées aux enfants restent du ressort de la mère. Les femmes gèrent tout dans l'espace familial, et la représentation sociale de cette responsabilité est dominante. Dans le monde du travail, les femmes sont très présentes, mais des modalités spécifiques - totalement illégales - règlent cette sphère. Il existe ainsi des contrats de travail avec une clause qui indique que la femme s'engage à ne pas prendre de congé maternité, en d'autres termes, à ne pas avoir d'enfants.

Isolement de la communauté médicale et justice reproductive

En ce qui concerne la communauté médicale, la fermeture du pays à l'époque communiste avait isolé les médecins du monde de la recherche scientifique. Dans le champ de la médecine reproductive, les professionnels de santé ne devaient être que les garants du bon fonctionnement des corps procréateurs ; ils devaient également respecter les quotas.

En conclusion, l'analyse de la situation en Roumanie révèle une complexité dans l'accès aux cliniques de PMA. Si la chute du régime communiste a permis une réappropriation du corps par les femmes et le développement de nouvelles techniques de reproduction, des inégalités socioéconomiques persistent, limitant l'accès à ces techniques. L'absence de législation et l'implication limitée de l'État renforcent ces inégalités, conduisant à des revendications de justice reproductive pour un accès équitable aux services de PMA.

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PMA à l'étranger : aperçu des meilleures destinations

Ces dernières années, la recherche d'un traitement FIV à l'étranger est devenue de plus en plus populaire parmi les couples confrontés à des défis de fertilité. Ce guide complet révélera les 10 pays de destination principaux pour le traitement FIV, fournissant des informations précieuses à ceux qui envisagent cette option.

Espagne

L'Espagne s'est imposée comme une destination de premier plan pour les couples cherchant un traitement de la fertilité. Avec ses installations médicales avancées, son expertise en médecine de la reproduction et son cadre légal soutenant, l'Espagne offre une gamme d'options pour ceux qui poursuivent un traitement FIV. La loi espagnole autorise la FIV pour les couples mariés et non mariés, ainsi que pour les femmes célibataires. Bien que la limite d'âge pour le traitement FIV puisse varier légèrement d'une clinique à l'autre, l'Espagne permet généralement aux femmes jusqu'à l'âge de 50 ans de subir une FIV, garantissant ainsi que les patientes plus âgées ont également l'opportunité de réaliser leurs rêves de parentalité. L'Espagne a constamment montré des taux de réussite élevés dans le traitement FIV, attirant des patients du monde entier. Les cliniques de fertilité du pays sont équipées de technologies de pointe et emploient des professionnels hautement qualifiés, y compris des spécialistes médicaux renommés dans le domaine de la médecine reproductive.

République Tchèque

La République Tchèque s'est imposée comme l'une des principales destinations pour le traitement FIV, offrant des installations modernes et un environnement favorable pour les couples en quête de solutions à leur infertilité. Le traitement FIV est disponible uniquement pour les couples hétérosexuels en République Tchèque. De plus, la limite d'âge pour le traitement FIV en République Tchèque est parmi les plus souples en Europe. La République Tchèque dispose de cliniques de fertilité à la pointe de la technologie et d'installations médicales avancées équipées des dernières technologies. Ces installations sont dotées de spécialistes de la reproduction hautement qualifiés et expérimentés, assurant que les patients reçoivent des soins de premier ordre tout au long de leur parcours FIV. L'engagement du pays en faveur de l'excellence en médecine reproductive est évident dans ses taux de réussite constamment élevés.

Grèce

La Grèce s'est imposée comme une destination de choix pour les individus recherchant un traitement FIV de haute qualité. Réputée pour ses installations médicales exceptionnelles, ses médecins expérimentés et ses options de traitement abordables, la Grèce offre un environnement accueillant pour les couples et les individus du monde entier. En Grèce, le traitement FIV est strictement réglementé par l'Autorité Nationale Grecque de la Reproduction Assistée, assurant que les patients reçoivent des soins sûrs et éthiques. En Grèce, les femmes jusqu'à 54 ans sont éligibles pour les traitements FIV. Cependant, les femmes de plus de 50 ans doivent fournir une documentation médicale supplémentaire et une preuve de leurs médecins qu'elles répondent aux exigences d'éligibilité. La combinaison de beaux environnements, d'une hospitalité chaleureuse et d'une expertise médicale exceptionnelle fait de la Grèce un choix attrayant pour ceux qui cherchent un traitement FIV à l'étranger.

Chypre du Nord

Chypre du Nord s'est imposée comme une destination populaire pour les couples recherchant un traitement de Fertilisation In Vitro (FIV). Le pays n'offre pas seulement des paysages magnifiques et un climat chaleureux, mais il se vante également de taux de réussite élevés dans les procédures FIV. À Chypre du Nord, le cadre légal pour le traitement FIV est favorable et accueille les patients tant nationaux qu'internationaux. Le pays adopte une approche progressiste permettant aux patients jusqu'à 58 ans, aux couples mariés, ainsi qu'aux femmes célibataires et aux couples de femmes homosexuelles de bénéficier d'un traitement FIV. L'un des facteurs clés qui distingue Chypre du Nord est ses taux de réussite élevés dans les traitements FIV. Le pays a investi dans une technologie médicale avancée et des spécialistes de la fertilité hautement qualifiés, résultant en des taux de réussite impressionnants pour les patients. En conclusion, Chypre du Nord offre une combinaison convaincante de lois FIV favorables, de taux de réussite élevés et d'un soutien complet pour les patients recherchant un traitement de fertilité.

Portugal

Le Portugal émerge comme une destination populaire pour les couples recherchant des options de traitement FIV abordables. Au Portugal, la législation entourant les traitements FIV est progressive et favorable aux patients. Le pays autorise les traitements FIV pour les couples hétérosexuels et homosexuels, assurant l'inclusivité et un accès égal aux services de fertilité. Le traitement FIV est largement disponible au Portugal, avec de nombreuses cliniques offrant des services de fertilité complets. Le pays possède une infrastructure de soins de santé robuste, garantissant que les patients reçoivent des soins médicaux de premier ordre tout au long de leur parcours de traitement. Les femmes sont éligibles pour le traitement FIV jusqu'à l'âge de 50 ans. Le Portugal offre des options de traitement FIV abordables avec des lois et réglementations progressives. Le pays fournit un accès égal aux services de fertilité pour les couples hétérosexuels et homosexuels, sans limites d'âge ou restrictions de statut marital.

Lettonie

En matière de traitement de la fertilité, la Lettonie se distingue comme une destination attrayante en raison de sa technologie de pointe et de ses installations médicales avancées. La Lettonie dispose de lois progressives concernant le traitement FIV, le rendant accessible tant aux individus mariés que non mariés. Aucune limite d'âge spécifique n'est imposée pour subir un traitement FIV, garantissant que les individus de divers groupes d'âge ont l'opportunité de poursuivre leur rêve de parentalité. L'une des raisons clés pour lesquelles la Lettonie est considérée comme une destination de premier plan pour le traitement de la fertilité est son utilisation des dernières avancées technologiques. En choisissant la Lettonie comme destination pour votre traitement de la fertilité, vous pouvez bénéficier de sa technologie avancée, de ses lois progressives, de ses professionnels expérimentés et de ses taux de réussite remarquables.

Danemark

Le Danemark est largement reconnu comme une destination de premier plan pour le traitement FIV, offrant aux patients des soins de haute qualité et des taux de réussite exceptionnels. Au Danemark, les droits reproductifs des individus sont respectés et protégés. Le pays propose des lois inclusives qui permettent l'accès au traitement FIV pour tous les patients, indépendamment de leur statut marital ou de leur orientation sexuelle. Selon la législation danoise, le traitement de fertilité n'est pas autorisé pour les femmes de plus de 46 ans. Le Danemark affiche constamment des taux de réussite élevés dans le traitement FIV, ce qui est l'une des principales raisons pour lesquelles il a acquis une reconnaissance internationale dans le domaine de la médecine reproductive.

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