Le deuil périnatal, en particulier suite à une fausse couche précoce, est une expérience douloureuse et souvent incomprise. Cet article vise à apporter un éclairage sur ce deuil spécifique, en offrant des perspectives, des conseils et des ressources pour aider les personnes et les familles touchées à traverser cette épreuve.
La réalité du deuil périnatal
Le deuil périnatal est un deuil particulier qui génère des souffrances spécifiques chez les familles touchées. En effet, il n’est souvent pas reconnu pour ce qu’il est réellement par l’entourage proche et moins proche. Les parents rapportent souvent des remarques maladroites, blessantes. « Tu en auras d’autres », « Il faut tourner la page », « Il faut que tu ailles de l’avant ». Des phrases qui restent longtemps gravées dans la mémoire.
L'expérience du vide
Vivre une fausse couche, c'est faire l'expérience du vide. La médecine n'a qu'une hâte, celle de vider l'utérus (on parle d'«expulsion», d'«aspiration», de «curetage»), dans des conditions au mieux spartiates, pour faire place nette. La fausse couche comprend l'expulsion de l'embryon (qui se matérialise par d'abondants saignements) et, si l'expulsion ne se fait pas d'elle-même, elle est complétée par le curetage ou l'aspiration, consistant à éliminer toute trace de l'embryon dans l'utérus: si la fausse couche est en cours et le col utérin ouvert, le processus va se poursuivre jusqu'à l'expulsion. «Un traitement par le misoprostol (Cytotec) permet d'accélérer l'expulsion. Ce médicament, très utilisé, induit des contractions utérines. Le choix du traitement doit être laissé à la femme, sauf en cas d'hémorragie importante et de fortes douleurs, où l'acte chirurgical s'impose.
Un manque de reconnaissance
Le deuil périnatal est souvent minimisé ou ignoré par l'entourage, qui peut avoir du mal à comprendre la profondeur de la perte. Les remarques maladroites et les conseils non sollicités ne font qu'ajouter à la douleur des parents. Il est essentiel de reconnaître que la perte d'un enfant, même en début de grossesse, est une expérience traumatisante qui mérite d'être reconnue et respectée.
L'importance de l'écoute et du soutien
Pour aider une proche, amie, compagne, fille… après une fausse couche, c’est important de lui montrer qu’on ne minimise pas sa douleur, que sa peine est réelle et qu’elle est en droit de ressentir de la tristesse, de pleurer, de se sentir en deuil. La fausse couche est bien la perte d’un être cher. Une femme qui vient de vivre une fausse couche a particulièrement besoin de marques d’affection et d’être écoutée sans recevoir de conseils. Si c’est votre femme qui a fait une fausse couche, sachez que ses émotions sont à fleur de peau, elle vit un immense chamboulement hormonal qui fait suite à celui du début de la grossesse et qui accentue par lui-même l’impression de vide et les idées noires. Son corps est encore dans l’attente d’un bébé. Les préparatifs commencés pour la naissance peuvent renforcer sa tristesse et le sentiment de perte. Elle a besoin de temps pour guérir, et le temps est un allié qui peu à peu apaise le chagrin et permet un jour d’être prête pour une nouvelle grossesse.
Lire aussi: Éducation selon Golda Meir
Exprimer et comprendre sa douleur
Il est crucial de s'autoriser à ressentir pleinement toutes les émotions qui accompagnent le deuil périnatal. Il n'y a pas de hiérarchie dans la douleur, et chaque personne vit son deuil à sa manière.
Accueillir et faciliter l’expression des émotions
Permettre de les comprendre : les émotions peuvent être intenses ou dissociées. Dans tous les cas, c’est dur. Avoir quelqu’un qui permet de verbaliser toutes les émotions, toutes les pensées et qui soit en capacité de mettre de la compréhension sur les mécanismes en jeu est précieux. La première étape va être d’offrir au parent un espace dans lequel il se sentira en sécurité. Dans ce temps, nous allons parler de la perte. D’autant plus dans le cas du deuil périnatal où il n’y a à la fois que peu de traces tangibles et peu de soutien. L’entourage est bien souvent sidéré et ne sait pas comment agir. Ensuite, toujours dans ce temps de tissage de relation, il est intéressant de situer la personne dans son contexte, son entourage. Ce qu’elle a fait, ce qu’elle vit au quotidien, les impacts de cette perte.
Transformer le lien avec le bébé
La perte, c’est le lien qui se coupe brutalement. L’un des aspects du travail sera de transformer ce lien. Transformer un lien qui était extérieur en un lien présent à l’intérieur.
L'impact sur les relations
L’impact social est très fort. En fonction du passé des parents, des blessures peuvent se rouvrir et devenir insupportables.
Se reconstruire
Bien souvent, les parents verbalisent qu’ils ne se sentent plus « comme avant » et pas encore devenu.es cette « nouvelle personne ». Réinvestir la vie, la joie sans avoir la sensation de trahir son bébé. Ce point est quelque chose de récurrent, trouver l’’équilibre entre avancer, se remettre en mouvement et la peur d’oublier ou de trahir son bébé.
Lire aussi: Avortement : l'héritage de Simone de Beauvoir
Citations et pensées réconfortantes
Voici quelques citations qui pourront apporter de l’apaisement à la famille, qu’ils pourront inscrire sur le livret de cérémonie ou qui peuvent être envoyés comme message de soutien aux parents, si vous craignez de ne pas trouver les bons mots.
Citations sur le deuil périnatal de Victor Hugo
- « Le souvenir, c’est la présence invisible. »
- « Tu n’es plus là où tu étais, mais tu es partout là où je suis. »
Citations pour retrouver de l’espoir
- « Je porte ton coeur dans mon coeur. Je ne suis jamais sans lui et partout où je vais, tu vas. Et c’est ça le miracle qui fait briller les étoiles de mon ciel. » E.E.Cummings
- « Nul ne peut atteindre l’aube sans passer par le chemin de la nuit. » Khalil Gibran
- « Rien n’est plus vivant qu’un souvenir. » Federico Garcia Lorca
- « Écoute mon pas dans ton cœur. Je ne suis pas parti mais je marche simplement en vous. » Nicolas Evans
- « Je t’aime dans le temps, je t’aimerai jusqu’au bout du temps. Et quand le temps sera écoulé, alors, je t’aurais aimé. Et rien de cet amour, comme rien de ce qui a été, ne pourra jamais être effacé. » Jean d’Ormesson
- « Le bonheur en partant m’a dit qu’il reviendrait » Jacques Prévert
Citations pour exprimer sa douleur suite à un deuil périnatal
- « Nous portons en nous des larmes trop lourdes. Celles là nous ne pourrons jamais les pleurer. » Erick Orsenna
- « Le deuil est comme l’océan ; il vient sur des vagues qui vont et viennent. Parfois l’eau est calme, et parfois elle est écrasante. Tout ce que nous pouvons faire, c’est apprendre à nager. » Vicki Harrison
- « Il y a une douleur unique qui vient de préparer une place dans votre cœur pour un enfant qui ne vient jamais. » David Platt
- « Quand on perd ses parents, on s’appelle orphelin, quand on perd son épouse, alors on s’appelle veuf. Quand on perd sa jeunesse, bien entendu, c’est vieux que l’on devient. Mais quand on perd son gamin, il n’y a pas de mot. » Lynda Lemay
- « Tu ne sais jamais à quel point tu es fort, jusqu’au jour où être fort reste la seule option. » Bob Marley
Ressources et accompagnement
Il est important de savoir qu'il existe de nombreuses ressources pour vous soutenir dans cette douleur.
Associations de soutien
Depuis 1994, l’association Agapa accompagne et soutient les personnes confrontées à un deuil périnatal ou une interruption de grossesse quelle qu’en soit la cause : IVG, IMG, fausse couche, mort in utero, décès juste après la naissance, grossesse extra-utérine, etc. Agapa est également un organisme de formation, certifié Qualiopi, qui propose une formation à destination des professionnels de santé pour apprendre à accueillir et écouter les personnes touchées par un deuil périnatal. La troisième mission de l’association concerne le volet sensibilisation du grand public. Agapa se tient aux côtés des pouvoirs publics pour porter la voix de celles et ceux qu’elle accompagne. Souvenange est une association qui se consacre à l’accompagnement dans le deuil périnatal.
Groupes de parole
Participer à un café rencontre avec des personnes ayant vécu le même drame peut être extrêmement libérateur. Cela permet de comprendre que ce que vous ressentez est normal et légitime. Les associations organisent des groupes de parole pour recevoir du soutien d’autres personnes avec expérience vécue.
Accompagnement individuel
Il n’y a pas d’obligation à se faire accompagner. Certaines personnes ont d’autres ressources. Pour ceux qui en éprouvent le besoin, l’accompagnant est un soutien, une personne qui est là pour elle, loin des projections et centré sur ses besoins. Un accompagnant peut aider chaque mère, chaque parent, à reconstruire ce qu’il y a à reconstruire sur des bases nouvelles, plus authentiques. Car c’est là, pour moi, la beauté du deuil malgré l’immense douleur : ça nous confronte aux questions importantes de la vie, à ce qui est vraiment important pour soi, à ce qui fait sens, à redéfinir ce qui est désormais prioritaire.
Lire aussi: Amour maternel : Sélection de citations
Podcasts et livres
Le podcast « au revoir podcast » se consacre au deuil périnatal. Des épisodes dans lesquels des questions sensibles et douloureuses sont abordées dans la bienveillance pour soutenir les parents endeuillés et les aider à se reconstruire. Vous pouvez retrouver en ligne de nombreux livres qui abordent le thème du deuil pendant la grossesse ou après la naissance. Parents orphelins est un coffret créé spécialement pour les parents endeuillés afin de les soutenir dans ce moment difficile.
tags: #citation #fausse #couche #précoce