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Christophe Bentz et la Position du Rassemblement National sur l'Avortement : Entre Dédiabolisation et Convictions Profondes

L'arrivée massive de députés du Rassemblement National (RN) à l'Assemblée Nationale a mis en lumière les contradictions et les nuances au sein du parti concernant le droit à l'avortement. Alors que la direction du RN tente de projeter une image de respect de la loi Veil et de dédiabolisation, les déclarations passées et les affiliations de certains de ses membres révèlent une réalité plus complexe. Cet article explore la position de Christophe Bentz, député RN de la Haute-Marne, sur l'avortement, et la situe dans le contexte plus large des débats internes au RN et de ses tentatives de dédiabolisation.

Le RN face à la Constitutionnalisation de l'IVG : Une Position Ambiguë

Le gouvernement français, en déposant une proposition de loi constitutionnelle pour sanctuariser le droit à l'IVG, a forcé le RN à clarifier sa position sur un sujet potentiellement dommageable pour son image. La direction du parti, à l'instar de Sébastien Chenu, a insisté sur le fait que le RN n'a "jamais souhaité revenir sur l'avortement". Cependant, la présence de figures anti-avortement parmi les députés RN nuance ce discours.

Christophe Bentz : Un Opposant Ferme à l'Avortement

Christophe Bentz, député RN de la Haute-Marne, s'est clairement positionné contre l'avortement. En 2011, lors d'une "Marche pour la vie", il a déclaré au média Nouvelles de France que "l'avortement est un génocide de masse". Cette déclaration, particulièrement forte, illustre une conviction profonde et une vision radicale sur la question de l'IVG. Son affiliation passée en tant que délégué général du Parti chrétien-démocrate, une petite formation de droite extrême et catholique intégriste, renforce cette image d'opposant ferme à l'avortement.

Les Députés RN et leurs Positions Contrastées sur l'IVG

Christophe Bentz n'est pas un cas isolé au sein du RN. D'autres députés ont également exprimé des opinions similaires, parfois de manière virulente.

  • Caroline Parmentier, députée du Pas-de-Calais, a qualifié l'IVG de "génocide des enfants français". Cette déclaration, prononcée en 2018 dans le journal Présent, un quotidien catholique traditionaliste, a suscité une vive controverse.
  • Hervé de Lépinau, député du Vaucluse, a comparé l'IVG à 14 semaines "aux génocides arméniens et rwandais, à la Shoah, aux crimes de Daesh".
  • Laure Lavalette, députée du Var, est une soutien de Choisir la Vie, une association anti-choix à l'origine de la Marche pour la Vie. En 2014, elle a signé un texte s'engageant à "abroger, à terme, la loi sur l'avortement".

Ces exemples démontrent qu'une partie des élus RN affiche une volonté de remettre en cause le droit à l'IVG, malgré les affirmations de la direction du parti.

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Marine Le Pen : Une Ligne Ambiguë sur l'Avortement

La position de Marine Le Pen sur l'IVG est perçue comme ambiguë. En 2012, ses propos sur "les avortements de confort" avaient créé une polémique. Plus récemment, elle s'est élevée contre l'allongement du délai d'IVG, dénonçant une "dérive idéologique". Elle a également défendu la politique restrictive de son allié au Parlement européen, le PiS, qui a interdit l'avortement en Pologne, sauf en cas de viol ou de danger pour la vie de la femme.

Cette attitude ambiguë peut être interprétée comme une tentative de concilier les différentes sensibilités au sein de son électorat, tout en évitant de s'aliéner une partie de l'opinion publique favorable au droit à l'avortement.

Le Ralliement d'Alexandre Varaut : Un Signal Troublant

Le ralliement d'Alexandre Varaut, avocat ultra-conservateur opposé à l'IVG, à la liste du RN pour les élections européennes, a suscité des interrogations. Varaut, père d'un enfant porteur de trisomie 21, a écrit une tribune dans Le Figaro en 2017, affirmant qu'"il n'y a qu'un pas du diagnostic prénatal à l'eugénisme". Ce ralliement, intervenant entre la ratification de l'inscription de l'IVG dans la Constitution et la cérémonie de scellement de cet article, a été perçu comme un signal troublant quant aux intentions réelles du RN.

Les Votes du RN sur la Constitutionnalisation de l'IVG : Des Divisions Internes

Lors du vote sur l'inscription du droit à l'IVG dans la Constitution, les divisions internes au RN ont éclaté au grand jour. Sur l'ensemble du groupe parlementaire, 11 députés ont voté contre, 20 se sont abstenus, et 11 n'ont même pas pris la peine de se déplacer. Ce résultat démontre que le sujet de l'IVG est loin de faire l'unanimité au sein du parti, malgré les tentatives de la direction de présenter un front uni.

Le RN et la Dédiabolisation : Un Processus Inachevé

La position de Christophe Bentz et les prises de position d'autres membres du RN sur l'avortement mettent en évidence les limites du processus de dédiabolisation entrepris par le parti. Malgré les efforts de Marine Le Pen et de Jordan Bardella pour moderniser l'image du RN, les convictions profondes et les affiliations passées de certains de ses membres continuent de susciter des interrogations et de nourrir les critiques.

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