Introduction
L'article explore l'univers de la chanson "doudou" et, plus largement, le paysage musical français, en particulier le rap, en s'appuyant sur des analyses de textes, des interviews d'artistes et des réflexions sur l'évolution de ce genre musical.
L'Année 1999 dans le Rap Français: Une Période Foisonnante
Réaliser une sélection musicale pour explorer l’année 1997 ou 1998 du rap français est chose aisée grâce aux nombreux grands disques sortis. Pour 1999, la tâche est plus ardue, malgré quelques incontournables comme Les Princes de la Ville, KLR ou Le Code de l’honneur. Il faut revisiter en profondeur ces derniers mois du vingtième siècle pour constater que 1999 fut une année riche, loin d’être avare en grands moments. Fin de millénaire et de cycle obligent, le rap hexagonal a semblé se chercher, faisant feu de tout bois pour le meilleur et pour le pire. Des blockbusters diffusés par Skyrock aux maxis obscurs d’artistes jeunes et ambitieux, les bons morceaux étaient partout, souvent associés à des tentatives moins inspirées. Il en résulte une sélection moins convenue que pour les années précédentes.
Quelques titres emblématiques de cette période incluent :
- Lady Laistee - Les Keufs me matent ft. Zoxea
- Vengeance ft. D.Abuz System
- La Concurrence ft. Kamnouze
- La Légende du manoir ft. Mo’Vez Lang
- C’est ça gars ft. Freeman
- L’Palais de Justice ft. La Bande des 4
- Tout s’perd ici ft.
Rohff et Booba: Deux Poids Lourds du Rap Français
Tous les deux ans, c’est quasiment la même rengaine. Les deux poids lourds du rap français sortent leurs albums à quelques semaines d’intervalle (quelques mois à l’époque de Panthéon et La Fierté des nôtres) et c’est tout l’auditoire hexagonal qui retient son souffle. Rohff et Booba, Booba et Rohff, peu importe qui tire le premier, la bataille a des chances d’être corsée. En plus d’avoir en commun une jolie collection de disques d’or, ils font aujourd’hui figure d’anciens, ayant commencé à rapper il y a plus de quinze ans au sein de différents collectifs. S’ils prennent un certain plaisir à préciser qu’ils n’ont que faire des agissements de l’autre, il y a fort à parier que ces deux-là se regardent en chien de faïence, conscients de l’attente que chacun de leur nouveau titre suscitera. Quoi qu’on pense de leurs évolutions respectives, difficile de ne pas être respectueux devant une telle longévité.
Rohff explique : « On vient d’une autre époque et on a peut-être plus de bagage que d’autres. On a su imposer nos univers et nos personnalités. » Les places sont en effet assez chères dans un rap français étroit qui a toujours autant de difficultés à se renouveler en même temps qu’il ringardise rapidement ceux qui peinent à passer le cap du troisième album. Rohff, quant à lui, a su s’imposer comme une valeur sûre et, même si une partie du public regrette ses envolées meurtrières du début de carrière, force est de reconnaître qu’une impressionnante base de fans s’est construite autour du MC. « Comme je le dis dans l’album, “mon son rajeunit”. Pour moi, c’est un nouveau départ. Quand tu vois que Jay-Z a fait douze albums, tu te dis qu’il y a encore des choses à faire. On est des passionnés et je n’ai pas encore dit mon dernier mot. » Et lorsqu’on lui demande de résumer son dernier opus, il répond du tac au tac en citant deux des morceaux phares du disque « Rien à prouver et Next Level ».
Lire aussi: L'humour au service de l'éveil à la crèche "Rire et Chanson"
Rohff a sans cesse cherché à faire évoluer sa musique, en en profitant pour influencer bon nombre de ses compères au passage. Après un premier album underground qui lui a servi de parfaite carte de visite, son premier album en major, La vie avant la mort, a été un incroyable carton porté par le tubesque « Qui est l’exemple ? ». Depuis, Rohff n’a eu de cesse de gravir des échelons et, si son dernier opus est probablement le disque qui a le plus divisé son public, nous avions envie de tailler le bout de gras avec l’auteur de « Sensation brave ».
L'Évolution et les Réflexions de Rohff sur son Parcours
« J’avais encore une forme de nostalgie par rapport au groupe il y a cinq ans. Je repensais souvent à cette époque où tout le monde était là, y compris ceux qui ne sont plus de ce monde aujourd’hui. Ça appartient à une certaine période et de l’eau a coulé sous les ponts depuis. Chacun a fait sa route et on ne se fréquente plus vraiment. Tout le monde s’est trouvé à sa manière et c’est le destin qui a voulu ça. Chacun est resté égal à lui-même et fait la musique qui lui ressemble. Le terme K-sos sonne péjoratif alors que je ne le vois pas comme ça. Pour moi, c’est quelqu’un qui ne mène pas un chemin ordinaire. Combien de personnes dans la société sont hyper équilibrées et structurées dans leurs vies ? On les compte et ces personnes ne sont pas forcément des exemples. On n’a pas vraiment envie de leur ressembler. On assume notre vécu et on ne crache pas sur notre histoire. Je vis toujours dans le 9.4.
« C’est quelque chose que je n’ai pas voulu. Lorsque j’étais en cellule, j’étais remonté de voir ça à la une des journaux. C’est même passé dans 50 minutes inside. Je pensais à la famille, aux amis de la famille… C’est gênant et impudique. Je suis Comorien et on fait partie d’une communauté assez discrète. « Dans ma werrs » est un single risqué. C’est une manière de dire qu’on fait ce qu’on est et qu’on impose notre musique. C’est ça le pouvoir. Quand l’artiste a un pouvoir, il s’en sert jusqu’au bout et ne cherche pas à se restreindre pour un format particulier. Quand j’ai fini « Dans ma werrs », j’ai voulu le proposer aux radios et tout le monde m’a dit que c’était risqué. Je l’ai fait quand même. J’aurais pu commencé par des morceaux plus virulents pour la street mais ce sont les morceaux les plus simples à faire pour moi. J’ai fait plusieurs classiques comme ça mais je ne voulais pas rester dans ce que je connais déjà. J’ai préféré faire des titres qui étaient beaucoup plus difficiles à réaliser auparavant.
« C’est toujours inspiré de la réalité et, même quand il y a des phrases crues, c’est toujours subtil. « Thug Mariage » va parler à beaucoup de gens. C’est une chose à laquelle tout le monde pense. Entre ceux qui ont divorcé, ceux qui vont se marier… Quand tu regardes la société actuelle, tu as le sentiment que les relations amoureuses se ponctuent toujours par une déception. Je ne vois pas les gens rester dix piges ensemble. Les gens se goûtent et se dégoûtent. Je vois que les couples se font et se défont et que plusieurs personnes se demandent où elles vont. Avant, le rap français avait un complexe par rapport à ça. On ne parlait pas de meufs et on n’en mettait pas dans nos vidéos. Soit elles étaient en string, soit elles étaient absentes. On m’avait même reproché de mettre des meufs dans le clip de “La grande classe” ! Les gens voulaient voir R.O.H.2.F avec des pittbulls et des bécanes. Mais même les caille-ra envoient des SMS aux meufs, ont des copines etc.
« Je vais à Miami pour mixer mes albums. J’apprécie la ville, j’y ai des amis et je vais bientôt y avoir un pied à terre. Au niveau des collaborations avec des cainris, j’ai fait un feat avec Fat Joe mais le morceau n’a pas été terminé. Je devais aussi faire un feat avec Rick Ross mais il aurait fallu que j’attende cinq jours de plus parce qu’il était sur sa tournée de lancement. Ça faisait 1 mois que j’étais à Miami et, le ramadan étant sur le point de commencer, il fallait que je rentre au bled. Mon plus grand souvenir de studio restera probablement mon travail avec Pharrell Williams parce que je l’avais trouvé aussi fou et passionné que moi.
Lire aussi: Apprendre avec les chansons d'animaux
Réhabilitation Critique de Rohff
Dans le rap français, on aime critiquer Rohff. Des fois c’est à raison pour « Animal » ou « Dans Ma Werss », des fois, c’est pour chercher la petite bête (vous vous rappelez des critiques sur la pochette du Code de L’Honneur ?). Ça n’empêche sûrement pas Rohff de dormir ni de manger (après tout, « c’est pas les jaloux qui font [ses] courses« ). Mais s’il y a un rappeur qui mérite une vraie réhabilitation critique en France, c’est bien lui. Son disque le plus intéressant est également celui que beaucoup considèrent comme le moins abouti. Après tout, ça tient à une foule de petits riens, la réussite d’un album. Au-delà de mes limites est un moins bon album que La Fierté des Nôtres, pourtant Rohff y rappe bien mieux. En plus, c’est un disque plus honnête : Rohff ne s’offre même plus de respectabilité avec des conseils de vie sur fond de refrain latino. Non, le propos se limite à un sujet : Rohff lui-même, puisque même les morceaux à thèmes sont prétextes à des égotrips à n’en plus finir ou à des morceaux d’introspection. Long, répétitif, parfois fastidieux, Au-delà de mes limites offre néanmoins Rohff à son meilleur niveau de rappeur depuis longtemps.
Longue montée d’adrénaline, entre sentiment d’invincibilité et parano insubmersible, Au-delà de mes limites, c’est comme la chronique d’un bref moment au sommet du rap français. Pour aller dans le sens de Rohff, ça fait penser à Tony Montana dans sa résidence avant que les Colombiens viennent le finir : un mec arrivé à un niveau fragile de succès et qui sait que la chute le guette. Heureusement, il est aussi capable de caser une confession dans un morceau à gimmick (« se remarier en mode divorcé, c’est corsé/mes parents m’ont eu en mode mariage forcé » dans « En Mode »), de transformer une ode aux disparus en autoportrait en creux (« Regretté »), de s’en prendre à son crew originel jusqu’au malaise (« Seul contre tous », « Relation de merde »), de pondre un cousin européen à « Moment Of Clarity » (« J’ai pleuré la mer en retrouvant le paternel« ), Rohff reste seul tout au long de l’album : le feat de Jam s’oublie vite, les apparitions d’Ikbal sonnent comme un écho de sa propre conscience et quand il invite les deux plus gros vendeurs de l’époque (Diam’s et Kool Shen) c’est pour leur faire rapper un refrain à sa gloire (« Roh2f, tu nous bombardes à la tête/Dis-nous comment tu aif/qu’on arrête de se prendre la tête« ).
Exigu et oppressant, Au-delà de mes limites n’a pas la force fédératrice de La Fierté des Nôtres, c’est sûr. Les singles programmés visent à côté (« Bonne Journée », « Mon nom », « Bol d’Air » …), comme si Rohff faisait exprès de rater le format radio (c’est quoi cette idée de mettre deux chanteuses différentes sur un même morceau ?), comme si, l’espace d’un instant, il avait cessé de vouloir faire le grand écart permanent entre « Qui Est L’Exemple » et « Ce Son C’est La Guerre », « Le Mot d’Ordre » et « Zone Internationale ». Du coup, on comprend mieux la volonté de Hostile d’avoir voulu cette réédition, sortie quelques jours après le retour de Rohff dans la Mafia K’1 Fry (il est reparti depuis) et quelques mois avant ses problèmes judiciaires et familiaux (vous devez être au courant). Dans ce disque, Rohff a ajouté un inédit « Dirty Hous », mais c’est surtout le texte des dédicaces qui a de l’intérêt si vous voulez mon avis. Entre égotrip, introspection, ébauche de remise en question et création du futur refrain de « Frais », il fait presque office de bonus track fantôme. C’est long mais ça vaut le coup alors c’est parti pour la retranscription in extenso : « Je remercie le Tout-Puissant pour les bienfaits et les épreuves, à chaque mal un bien, que Dieu nous guide. Ma famille pour le soutien moral et affectueux, la rue pour sa fidélité et mes fans parce que quelque part, c’est grâce à eux que je n’ai plus à faire de conneries pour manger. Je reste vrai jusqu’à la dernière note de mon son, la dernière goutte de mon sang. Ma perception du rap n’est certainement pas celle d’un programmateur de grande radio, ni celle d’un D.A. Je les entends rapper, ils n’ont pas fait mieux. Je chante avec mes tripes, sans artifices sans me prostituer dans les émissions de Olé Olé, c’est mon combat, je ne suis pas prêt à tout pour vendre des disques ou à être célèbre. Je reste digne de mon histoire, partagé entre les Comores et la France, la rue et le Showbiz, ce qui explique peut-être ce sentiment de trouble caractériel provoquant parfois de la contradiction dans mes écrits, mais continuons à travailler sur nous-mêmes« .
L'Influence de la Musique Française des "30 Glorieuses" sur le Rap
« Nique la musique de France » clamait la FF comme un cri de guerre. Un credo souvent partagé par le microcosme du rap français, pressé de tuer les figures consacrées de la variété hexagonale pour prendre leur place au panthéon de la musique française. Et pourtant, on l’oublie souvent, mais les rappeurs (enfin surtout les beatmakers) français ont souvent invoqué l’esprit des « légendes » (appellation certifiée par Nostalgie) de la musique française des 30 glorieuses pour créer la bande son des 20 et plus piteuses.
Exemples de Samples
- MC Solaar samplant Gainsbourg : Inévitable. Parce que sample archi-grillé, reprenant la pesanteur noire du « Bonnie & Clyde » de Gainsbourg et Bardot. Mais aussi parce que Solaar, en pleine force créative, a la bonne idée de retourner dans la chute finale le mythe de la violence américanisée et hollywoodisée, sur laquelle jouait allègrement l’homme à la tête de chou dans l’originale.
- Première Classe samplant Ferré : Djimi Finger n’a jamais rien laissé au hasard. Sampler les premières notes d’une chanson au doux nom de « Les Étrangers » n’a rien d’anodin. Surtout quand se combinent deux congolais, un cap-verdien, un comorien et un camerounais. Sauf que la mélancolie caressée d’embruns de la chanson de Ferré est assez loin de la nonchalance arrogante du morceau d’ouverture du premier volume de Première Classe, qui ne volait pas son nom.
- IAM samplant Joe Dassin : Kheops feat. Joe Dassin était sans nul doute le plus ricain des crooners hexagonaux (et pas seulement parce qu’il est natif de la grosse pomme et qu’il a loué « L’Amérique »). Quoi de plus normal que le DJ d’IAM l’aie samplé pour un beat sur lequel viendrait poser… Ol’Kainry.
- Casey samplant Mike Brant : « I don’t love me, how the fuck I’mma love you ? ». Cette apostrophe de Scarface aurait très bien pu jaillir de la plume de Casey, et encore davantage sur ce morceau tendu comme un claustrophobe dans un ascenseur. Casey rumine ses douleurs d’adolescence pour expliquer pourquoi elle hait tant le monde qui l’entoure, et peut-être surtout elle même. Une magnifique ironie quand on pense à l’intitulé du sample de Mike Brant : « Parce que je t’aime plus que moi ». Koma feat. Ol’Kainry feat.
- Flynt samplant Souchon : La force des orchestrations de certains morceaux de Brel est un bonheur pour beatmakers, appréciée même outre-atlantique. Prenez « Les Marquises ». Tableau impressionniste de ces iles du Pacifique, les quelques cordes graves jouées en pizzicato en ouverture suffise de base mélodique à la suite du morceau. Flynt feat. La connerie humaine, du macro au micro. La filiation entre « Qu’Est-Ce Qu’Ils Ont Les Hommes ? » et « La Gueule de l’Emploi » est évidente. D’autant que les Soulchildren ont su bien mettre en avant la gravité psychédélique des premières mesures de la chanson de Souchon pour souligner l’absurdité de la situation dénoncée par les deux rappeurs de Paris Nord.
Écran Total: Un Projet "Doudou Auditif"
Écran Total, c’est un projet cocon, porté par une voix nappante et douce, empreinte de sensualité… On a voulu creuser en allant à la rencontre du duo à l’origine de ce doudou auditif qui remporte les faveurs unanimes des auditeurs et de la presse, qui a notamment consacré l’EP « Schaerbeek Love » Coup de cœur de l’émission Coté Club d’Inter !
Lire aussi: La Naissance de Jésus
Genèse du Projet
La Face B : À la croisée des chemins, de Lyon à Schaerbeek, il y a Paris. Camille (auteur, compositeur, interprète) : Alors, à l’origine, on s’est rencontrés à Lyon dans un bar ! Margaux m’a invité à passer un week-end à Bruxelles, et là on a composé deux morceaux : Schaerbeek Love et Finie la fête. Moi je suis reparti à Lyon, mais avec un peu d’amertume parce que je me disais, quand même, c’est cool ce qu’on a fait !
La Face B : D’accord… Et du coup sur le plan de la composition vous parlez d’une journée un morceau : c’est hyper rapide ! Margaux : Oui c’est assez ping-pong, comme organisation… Le commencement était vraiment fou sur le plan créatif pour ce qui est de la rapidité, par contre les maquettes n’étaient pas du tout abouties. Camille : En fait, on a pas été super satisfaits des collaborations engagées et on a finalement tout mixé et masterisé nous-même ! À la fin du premier confinement, on a sorti un titre qu’on a envoyé à La Souterraine, qu’ils ont partagé. Un jour, le copain de ma mère m’appelle pour me dire qu’il nous avait entendu sur Fip, et qu’ils étaient hyper élogieux ! Dans la foulée, on a sorti un deuxième morceau et tout de suite - à l’époque j’avoue on savait pas que c’était trop cool - on est playlistés dans le « New Music Friday » de Spotify. C’est vraiment Margaux qui m’a amené vers la pop. En termes d’influences, en ce moment j’écoute beaucoup un groupe qui s’appelle Quinzequinze, des français qui chantent en anglais ! Margaux : Moi en ce moment, j’écoute beaucoup Malik Djoudi, qui a quelque chose d’assez sensible et d’assez surprenant sur scène, avec une voix relativement aigue à laquelle on ne s’attend pas ! Concernant mon parcours, j’ai eu plusieurs groupes où je chantais et faisais les paroles mais pas forcément les instrus. La Vis cachée, avec qui on avait repris Et maintenant, que je recommande (rires) ! Et Chatou, c’était mon projet solo, j’avais fait notamment une reprise de L’amour exactement des Lignes droites. J’avais déjà envoyé des morceaux à La Souterraine qui avait relayé, donc c’était chouette !
Collaboration et Esthétique Visuelle
Margaux : Oui, mais on a aussi imaginé l’un de nos clips, La snooze, avec une illustratrice super chouette, Marine Buffard, alias Becoming a morning person, qui dessine d’ailleurs pour le New-York Times ! Son univers est vraiment hyper inspirant et on était de fait tellement fiers qu’elle veuille collaborer avec nous ! C’était son premier clip, et le réaliser en illustration, ça représente un boulot monstre. C’est carrément hybride, parce que Sketch-up c’est pas du tout fait pour ça, ce qui rend le projet très particulier, très arty !
Il faut savoir qu’aux Beaux-arts, Margaux a travaillé sur un mémoire, « Qui contrôle qui ? De part et d’autre de l’écran« . Écran Total, le projet en lui-même, c’est un peu parti de ça. La Face B : Sur la pervasivité ? Camille : Et le truc qui est marrant, c’est que Feu, Chatterton ! Écran Total, ça peut être un filtre comme une exposition, c’est un peu les deux ! Dans ma recherche artistique, c’est quelque chose qui était tout le temps-là. Margaux : En revanche, c’est vrai que c’est organique. Camille : Alors moi en revanche, étant contrebassiste à l’origine, ça me change ! J’ai vraiment l’impression d’un saut dans le vide en entrant sur scène, avec Écran Total ! En fait tu peux pas tricher, tu dois être sincère et ça, d’entrée de jeu.
Thèmes et Déconstruction des Genres
La Face B : On ressent beaucoup de tendresse vis-à-vis de ce public qui vous suit. Dans vos textes également, il y a beaucoup d’amour, et puis une dimension de désir, de ce que l’autre représente - je pense à Tu allais venir. Camille : On aime bien ce texte, plein de métaphores érotiques ! Camille : C’est vrai ! On essaye un peu d’abolir les barrières entre les genres. Margaux : Exact ! Et le fait d’être à deux à composer ça aide beaucoup dans cette démarche de déconstruction de l’auto-contrôle ou de l’auto-censure. Par exemple parfois Camille va venir avec un truc super chelou. Camille : C’est vraiment la chance qu’on a avec Margaux, c’est que pour le coup, n’étant pas musicienne de formation, elle arrive avec des choses qui ne sont pas conventionnelles, tandis que je peux parfois me sentir plus enclavé !
tags: #chanson #doudou #mate #paroles