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Ce Monde Est Le Berceau Des Hommes : Origine et Évolution de l'Humanité

Introduction

L'origine de l'humanité est une question qui fascine et intrigue depuis des siècles. Les découvertes paléoanthropologiques ne cessent de remettre en question les théories établies, nous invitant à repenser l'histoire de nos ancêtres. Si l'Afrique est souvent considérée comme le berceau de l'humanité, de nouvelles découvertes suggèrent que l'Asie pourrait également avoir joué un rôle crucial dans notre évolution. Cet article explore les différentes théories sur l'origine de l'homme, en tenant compte des dernières découvertes scientifiques.

L'Afrique, Berceau de l'Humanité : Une Théorie Dominante

Si on interroge le grand public sur les origines de l’homme, la réponse sera probablement que celles-ci sont africaines, plus spécifiquement dans la vallée du Rift est-africain ou encore en Afrique équatoriale. L’Afrique est le berceau de l’humanité pour 2 raisons. La première est que les plus proches cousins actuels de l’homme sont les grands singes africains, ce qu’avait déjà énoncé Charles Darwin dès 1871.

L'émergence d'Homo Sapiens en Afrique

Il y a environ 7 millions d’années, la lignée de nos ancêtres s‘est séparée de celle des grands singes. Sur le continent africain, la poursuite de l’évolution a conduit à l’apparition d’Homo sapiens - l’homme moderne - il y a environ 300.000 ans. Le plus ancien représentant connu de notre espèce, Homo sapiens, vivait il y a environ 315 000 ans au Maroc. La découverte, due à une équipe internationale dirigée par Jean-Jacques Hublin (Institut Max-Planck d’anthropologie évolutionniste de Leipzig et Collège de France), est exceptionnelle. Elle déplace nos origines vers le nord-ouest du continent africain, alors que les fossiles les plus anciens trouvés jusqu’alors provenaient d’Afrique du Sud et de l’Est. Et elle les fait considérablement reculer dans le temps, puisque les premiers ossements humains jusqu’alors unanimement reconnus comme anatomiquement modernes, découverts en Ethiopie, avaient moins de 200 000 ans.

La théorie de l'East Side Story

Au début des années 1980, le paléontologue français Yves Coppens propose une théorie permettant d’expliquer l’apparition des hominidés (homme et ses parents fossiles). Sa théorie concerne exclusivement Homo Sapiens, donc oui elle tient toujours et n'est pas remise en cause à l'heure actuelle. Notre propre évolution était probablement panafricaine : un brassage de lignées provenant de différentes parties du continent. Cela a donné naissance à nos ancêtres directs, il y a environ 300 000 ans en Afrique de l'Est.

Les découvertes au Djebel Irhoud au Maroc

Le site marocain de Djebel Irhoud, où les fossiles ont été trouvés, marque un nouveau jalon dans l’histoire humaine la plus récente, à une époque où plusieurs espèces apparentées coexistent sur la planète - Néandertaliens en Europe, Dénisoviens et erectus en Asie, Florès en Indonésie… De ce buissonnement du genre Homo ne subsiste aujourd’hui qu’une seule espèce, la nôtre, Homo sapiens, et la découverte marocaine repose la question de son enracinement initial. « Notre idée est qu’en fait, l’émergence de l’homme moderne est plus ancienne encore, et qu’il s’agit d’un phénomène panafricain », indique M. Hublin. Même s’il dit se réjouir que le Maroc, et le Maghreb avec lui « se retrouvent au centre des débats sur l’origine de l’homme actuel ».

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L'importance de l'Afrique Australe

Une étude publiée lundi par la revue Nature relance une nouvelle fois le débat sur le berceau de l’humanité. Selon une équipe de chercheurs australiens, l'espèce humaine serait originaire d'une zone humide située au Botswana. Selon la chercheuse de l’Institut Garvan de l’Université de Sydney en Australie, tous les êtres humains seraient originaires d’une bande de terre humide située au sud du fleuve Zambèze, dont une grande partie recouvre le Botswana moderne. Les Homo Sapiens auraient vécu il y a 200.000 ans, pendant près de 70.000 ans, dans cette unique oasis sur un continent aride.

La dispersion d'Homo Sapiens hors d'Afrique

À son tour, Homo sapiens est sorti du continent africain. Les traces de sa présence au Moyen-Orient datent d’au moins 180.000 ans. Puis, il s’est dirigé vers l’est le long de la côte sud de l’Asie et a atteint l’Australie où sa présence est attestée il y a 60.000 ans environ. En même temps, des groupes de Sapiens ont gagné le centre puis le nord de l’Asie où ils se sont adaptés à un environnement très différent de celui de leurs ancêtres en Afrique. L’Europe occidentale, pourtant relativement proche de l’Afrique, est atteinte par Sapiens plus tardivement, il y a environ 40.000 ans. Le sol du continent américain n’a été foulé par aucune autre espèce humaine avant Sapiens. Selon nos connaissances actuelles, ce dernier est arrivé en plusieurs vagues par le nord depuis la Sibérie, lorsque le niveau de la mer était suffisamment bas. Aux environs de 10 000 ans avant notre ère, les Homo sapiens ont ainsi colonisé la plus grande partie de la planète, à l’exception principalement de certaines îles comme les îles océaniennes.

L'Asie, une Pouponnière de l'Humanité ?

Si l'Afrique est le berceau de l'humanité, l'Asie peut-elle avoir été sa pouponnière ? La découverte d'une nouvelle espèce d'hominiens sur l'île de Luçon, au nord des Philippines, vient apporter un nouveau crédit à cette thèse. « Tous les continents ont potentiellement joué ce rôle à un moment ou un autre au cours de notre évolution, mais cette partie du monde a longtemps été sous-estimée. Avec ce nouvel Homo luzonensis, nous sommes amenés à revoir la vision de l'évolution de notre lignée », explique le paléoanthropologue Clément Zanolli, qui a contribué à cette découverte publiée dans « Nature ».

La Découverte d'Homo Luzonensis

Le premier fossile de cet individu a été trouvé dans une couche datée d'environ 70.000 ans d'une grotte fouillée en 2007. « Ce métatarse [un ensemble d'os longs du pied, NDLR] avait été identifié comme humain mais il ne ressemblait pas complètement à celui d'Homo sapiens », poursuit le chercheur. Pendant des années, la petite communauté de préhistoriens s'est demandé s'il s'agissait d'une difformité, jusqu'à la découverte d'autres restes il y a quatre ans : 7 dents, des phalanges et un bout de fémur.

Les Caractéristiques d'Homo Luzonensis

A part que la combinaison de ces traits fait de cet individu une nouvelle espèce, on sait peu de chose d'elle. La taille des dents et de la phalange suggère un être de petite taille (1,20 m) qui pourrait être arrivé sur cette île du Pacifique de façon accidentelle, par exemple à cause d'un tsunami qui aurait emporté avec lui un bout de terre comme les chercheurs l'ont observé à propos de la migration de macaques à des centaines de kilomètres de leur aire de répartition.

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L'environnement d'Homo Luzonensis

L'environnement tropical n'a malheureusement pas permis de préserver l'ADN et aucun élément culturel ne permet d'imaginer leur organisation. Dans l'attente des études biomécaniques qui devraient dire comment ils se déplaçaient, les chercheurs en sont donc réduits à des hypothèses : vivant dans les grottes, ils maîtrisaient sans doute le feu ; ils ont évolué à l'écart en s'adaptant à leur insularité dans un environnement sans prédateurs riche en nourriture, et ils descendaient sans doute de Homo erectus, une espèce humaine dominante de cette partie du monde, présente depuis 1,5 million d'années de la Chine actuelle à la Malaisie, et aux Philippines depuis 700.000 ans.

La Cohabitation de Différentes Espèces d'Homo en Asie

Homo luzonensis aurait vécu entre - 100.000 et - 70.000 ans, et c'est là le plus intéressant : à la même époque, plusieurs autres représentants du genre Homo peuplent la région. « C'était un buisson-ardent », résume Clément Zanolli. On découvre, en effet, que l'album de famille de ces bipèdes agiles maîtrisant la taille d'outils était particulièrement fourni en Asie. Ce coin de paradis accueillait déjà Homo sapiens - notre ancêtre - débarqué du berceau africain il y a 100.000 ans, mais aussi Homo erectus, Homo fiorensiensis (mis au jour en 2003 et 2016 en Indonésie), Néandertal et une espèce cousine déconcertante dont on apprend de plus en plus, les Dénisoviens.

Les Dénisoviens : Une Espèce Humaine Méconnue

Une étude publiée dans la revue « Cell » le 10 avril dernier a fourni de nouveaux éléments de connaissance de cette espèce dont les premiers restes ont été découverts dans une grotte de l'Altaï en Sibérie. Selon ces travaux, ce groupe aurait vécu aux côtés d'Homo sapiens pendant des millénaires et se serait mêlé à l'homme moderne, notamment en Nouvelle-Guinée, jusqu'à disparaître il y a peut-être seulement 15.000 ans. Ce qui signifierait qu'ils auraient été les derniers concurrents de notre humanité. « Tout à coup, il apparaît comme évident que le centre de la diversité des espèces anciennes se trouve dans les îles d'Asie du Sud-Est », déclarait l'un des coauteurs de l'étude, Murray Cox de l'université Massey en Nouvelle-Zélande, lors de la présentation de ces travaux.

L'Adaptation des Dénisoviens aux Hautes Altitudes

Rendue publique dans la revue « Nature » la semaine passée , la découverte d'une mandibule très loin de la grotte sibérienne de Denisova, qui avait livré jusqu'alors les seuls fossiles connus de ce groupe humain, confirme qu'il s'est largement répandu en Asie, jusqu'à gagner les hauts plateaux tibétains, à une altitude de 3.280 mètres. « On a la preuve que l'espèce s'est adaptée à un environnement pauvre en oxygène, et qu'elle s'est brassée avec Homo sapiens : c'est grâce à cette part dans leur génome que certaines populations d'Asie, dont les Sherpas et les Tibétains, peuvent vivre en haute altitude », explique le paléoanthropologue au Collège de France, Jean-Jacques Hublin.

La Remise en Question de la Théorie "Out of Africa"

Aux yeux de plus en plus de chercheurs, la thèse monocentrée dite « Out of Africa », encore majoritaire et qui veut que tous les humains modernes descendent des mêmes ancêtres communs africains, nécessite d'être révisée, et avec elle l'arbre phylogénique du genre Homo. « Les dernières découvertes montrent très clairement que l'évolution de l'espèce humaine n'est pas linéaire et est bien plus complexe qu'on ne le pensait jusqu'alors », indiquait récemment le principal auteur de l'étude des restes d'Homo luzonensis, Florent Détroit, paléoanthropologue au musée de l'Homme à Paris.

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Une Évolution en Puzzle

En juillet dernier, dans la revue « Trends in Ecology and Evolution » , un consortium composé de spécialistes de l'évolution humaine, de la génétique et des climats du passé suggérait que nos ancêtres auraient été présents assez tôt sur tous les continents, évoluant dans des environnements très différents, et qu'au cours des 300.000 dernières années, « c'est une dynamique complexe de connexions, de séparations et de métissages entre les différentes lignées et cultures qui aurait engendré, à la manière d'un puzzle, la diversité de notre espèce ». En comptant Homo luzonensis, six représentants différents du genre Homo ont pu croiser la route de sapiens.

Les Théories Alternatives sur l'Origine de l'Homme

S’il existe plusieurs théories de l’expansion des Homo vers l’homme moderne, la plupart des scientifiques se rejoignent sur quelques points de repère. Tout d’abord, l’Homo habilis, notre plus vieil ancêtre identifié (3 millions d’années), est situé dans le berceau africain. Il est suivi de l’Homo erectus qui a émigré une première fois de l’Afrique vers l’Asie il y a 2 millions d’années… puis une deuxième fois fois vers l’Europe 1 million d’années plus tard. Entre - 500 000 et -200 000 ans on constate que les fossiles retrouvés en Afrique sont tous en voie de disparition. Dans le monde plusieurs espèces se développent comme Homo luzonensis, Homo floresiensis… qui présentent certains caractères d’Homo erectus. Il y a 300 000 ans les premiers Homo sapiens sont trouvés au Maroc au Djebel Irhoud. Puis c’est en Asie et au Moyen-Orient que l’on trouve ce type d’évolution vers l’Homo sapiens.

La Théorie Multi-régionale

Proposée en 1947 par Franz Weidenreich, cette théorie bénéficie également d’un nombre impressionnant de dénominations ! De manière identique à la première, la théorie multi-régionale reprend l’hypothèse d’une migration importante il y a 2 millions d’années. Les Homo erectus migrent donc à partir de l’Afrique vers l’Europe et l’Asie une première fois.

La Théorie Intermédiaire

Devant l’antinomisme et quelques incohérences des deux précédentes théories, quelques anthropologues ont cherché une voie intermédiaire.

Les Défis de la Recherche sur les Origines de l'Homme

La recherche sur les origines de l'homme est un domaine complexe et en constante évolution. Les découvertes de nouveaux fossiles, les avancées technologiques en matière d'analyse génétique et les études climatiques du passé contribuent à affiner notre compréhension de l'histoire de nos ancêtres. Cependant, de nombreux défis persistent.

Les Lacunes dans les Données Paléoanthropologiques

Deux cartes projetées au Collège de France résument à elles seules les incertitudes qui subsistent sur cette question. La première montre une Afrique quasiment vierge de découvertes paléoanthropologiques : des pans entiers du continent n’ont pas été explorés, et il serait présomptueux de penser qu’aucun autre fossile d’Homo sapiens ancien ne pourrait s’y trouver.

Les Difficultés de Datation

Tout le monde n’est cependant pas convaincu, comme Jean-Jacques Jaeger, professeur émérite à l’université de Poitiers, qui a travaillé sur des fossiles animaux du Djebel Irhoud pour sa thèse, soutenue en 1975. « La faune de rongeurs d’Irhoud que j’ai pu étudier correspond à une date plus récente que 125 000 ans. Je réfute donc la datation obtenue par les techniques utilisées », dit le chercheur, qui n’est pas non plus convaincu par l’hypothèse panafricaine. Jean-Jacques Hublin invoque des études sur les rongeurs plus récentes, qui avaient déjà vieilli le site.

La Complexité de l'Évolution Humaine

Chris Stringer et Julia Galway-Witham, du Muséum national d’histoire naturelle de Londres, sont eux d’accord avec l’équipe de Jean-Jacques Hublin : « Ces spécimens constituent probablement des représentants précoces de la lignée Homo sapiens », écrivent-ils. Mais ils se demandent si l’aspect moderne de leur visage, partagé avec le fossile de Florisbad, ne pourrait pas être hérité d’un ancêtre « non sapiens » de notre arbre de famille - plutôt que dû à une parentèle traversant l’Afrique entière.

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