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Caroline de Haas, Marlène Schiappa et les Polémiques Autour de la Maternité : Analyse d'une Tension Féministe

L'actualité politique et sociale française est régulièrement le théâtre de débats passionnés, notamment en ce qui concerne les droits des femmes et les politiques d'égalité. Deux figures émergent souvent au cœur de ces discussions : Marlène Schiappa, Secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, et Caroline de Haas, militante féministe engagée. Leurs divergences, parfois vives, mettent en lumière des tensions au sein même du mouvement féministe et soulèvent des questions cruciales sur la manière de faire progresser les droits des femmes en France. Cet article se propose d'analyser les récentes polémiques impliquant Caroline de Haas et Marlène Schiappa, en particulier celles liées à la maternité et aux politiques publiques associées.

Le Harcèlement de Rue : Un Terrain d'Inégalités Persistantes

La rue, espace public par excellence, est souvent perçue comme un lieu d'attraction et de répulsion, particulièrement pour les femmes. Comme le souligne Malou Estenne, « La rue nous attire et nous repousse ». Elle est aussi le théâtre des inégalités qui rappellent quotidiennement aux femmes qu’elles ne peuvent y être que de passage, un passage semé d’embûches. Malgré l'adoption de la loi du 3 août 2018 sur l’outrage sexiste, les comportements révélateurs du sexisme ambiant persistent.

Le harcèlement de rue, tel que recensé sur le tumblr Paye Ta Shnek, est un rappel constant de la condition des femmes comme objets, dont l'apparence peut être librement commentée. Pour Manon Carbonnel, présidente de Stop harcèlement de rue Rennes, le harcèlement de rue est pluri-forme, incluant les LGBTIphobies, le racisme, l'handiphobie et la grossophobie. Les femmes sont méfiantes dans la rue à cause des harceleurs et mettent en place des stratégies d'évitement.

Cette réalité est d'autant plus préoccupante que, comme le souligne Virginie Despentes, « Les hommes n’ont pas de corps », occupant une position dominante qui leur permet de faire des femmes des objets absolus. Le corps devient un enjeu de pouvoir, et le harcèlement de rue vient rappeler qui le détient. Gaëlle Marinthe, doctorante au LP3C à l’université Rennes 2, souligne qu’il existe différents types de harcèlement et que la question du genre revient à chaque fois.

Les Violences Obstétricales : Un Combat Récent

Marlène Schiappa s'est retrouvée au centre d'une controverse après avoir évoqué des chiffres alarmants concernant les épisiotomies en France. Lors d'une audition au Sénat, elle a déclaré qu'il y avait "75% d'épisiotomies" en France, alors que l'OMS préconise d'être autour de 20-25%. Elle a également dénoncé des "pratiques obstétricales non consenties avec des violences particulièrement sur les femmes étrangères, les femmes très jeunes et les femmes handicapées".

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Ces déclarations ont suscité une vive réaction du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF), qui a contesté les chiffres avancés par la secrétaire d'État. Le CNGOF a affirmé que la dernière évaluation officielle et publique réalisée en 2010 rapportait 27%, avec une réduction de moitié depuis le décompte précédent qui était de 55% en 1998.

Marlène Schiappa s'est défendue en précisant qu’elle avait cité une étude réalisée en 2013 par l’association Maman Travaille, qu’elle a fondée. Sur 983 mères interrogées, "75% d’entre elles disaient avoir subi une épisiotomie". Bien que les chiffres exacts soient sujets à débat, cette polémique a mis en lumière la question des violences obstétricales, un combat récent qui prend de l'ampleur. Les personnes qui alertent sur ces sujets se plaignent régulièrement d'un grand flou sur ces chiffres.

Le CAP Petite Enfance : Une Proposition Controversée

Une autre polémique a éclaté suite à la proposition de Marlène Schiappa de créer une certification d'expérience, de type CAP, pour les mères non diplômées et sans emploi qui ont élevé leurs enfants. Cette idée a suscité de vives réactions de la part des professionnels du secteur de la petite enfance, qui craignent une dévalorisation de leur formation. Ils ont souligné qu'être un professionnel de l'enfance, c'est tellement plus que garder un enfant.

Face à ces craintes, Marlène Schiappa a voulu éteindre la polémique, estimant que sa proposition avait été caricaturée. Elle a affirmé qu'elle n'avait jamais proposé de distribuer des CAP petite enfance aux mères et a déploré que l'on transforme une mesure qui n'est pas aboutie en un sujet-verbe-complément de 140 signes pour qu'il rentre dans un tweet.

Les associations féministes ont également critiqué cette proposition, soulignant que la formation coûte de l'argent. Elles ont estimé que lancer cette idée très floue est une forme de contre-feu pour éviter de parler du problème des moyens alloués au budget des droits des femmes et aux politiques d'égalité.

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La Baisse du Budget du Secrétariat d'État : Le Point d'Orgue de la Discorde

Le véritable point de discorde entre Marlène Schiappa et les féministes réside dans la baisse du budget du secrétariat d'État chargé de l'Égalité entre les femmes et les hommes. En juillet, le JDD a relayé les inquiétudes des associations envers une baisse de 25% du budget de son secrétariat. Marlène Schiappa avait alors dénoncé une "fake news", en affirmant que tous les chiffres étaient faux et provenaient de notes internes non validées.

Pourtant, parmi les coupes budgétaires annoncées au Journal Officiel, le secrétariat d'État s'est retrouvé amputé de 7,5 millions d'euros, soit environ 25% de son budget. Cette baisse a déclenché de vives réactions. Caroline de Haas a estimé que soit elle ment, soit elle n'est au courant de rien, et que dans les deux cas, c'est un gros problème pour les droits des femmes.

Marlène Schiappa a pris acte de cette baisse, mais a assuré que les associations qui luttent contre les violences sexistes et sexuelles ne verront pas de baisse de leur subvention. Cette justification n'a pas suffi à apaiser les critiques, qui dénoncent un manque de moyens pour mener à bien les politiques d'égalité.

La Suppression du Numéro 3919 : Une Décision Contestée

La ligne téléphonique 3919, dédiée aux femmes victimes de violences, est également au cœur d'une polémique. Caroline de Haas a affirmé que ce numéro ne sera plus sous l’égide de la Fédération nationale Solidarités femmes (FNSF) et sera soumis à un nouveau cadre juridique. L’objectif serait de lancer une procédure de marché public pour le 3919, dans le but de renforcer l’accompagnement en élargissant notamment les plages horaires de service.

Selon Caroline de Haas, cette évolution se ferait sans le maintien du numéro emblématique. Elle déplore que le 3919 est un numéro qui commence à être connu et reconnu partout en France et que des femmes victimes de violence continueront d’appeler le 3919 et n’auront plus personne au bout du fil. La présidente de la FNSF a également décrié l’ouverture d’un marché public au 3919, expliquant que ce n’est pas simplement un numéro, mais un savoir-faire issu de 40 ans d’expérience.

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L’entourage d’Élisabeth Moreno s’est défendu en expliquant vouloir améliorer la qualité du service et ouvrir ce marché aux acteurs de l’économie sociale et solidaire. Malgré ces justifications, la suppression du numéro 3919 suscite de vives inquiétudes quant à la continuité de l'aide apportée aux femmes victimes de violences.

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