Définir un bol peut sembler simple, mais cet accessoire de cuisine, à mi-chemin entre ustensile de cuisine et service de table, recèle une histoire riche et une diversité surprenante. Apparu au tout début du XVIIIe siècle, le bol remplace alors l'objet typique qu'est à l'époque l'écuelle. Il s'agit sans nul doute de l'un des ustensiles de cuisine le plus utilisé. Avec le temps et l'évolution des usages et des modes, il a su également s'imposer pour toutes sortes d'occasions : que ce soit lors du petit déjeuner, lors d'un apéritif, d'un repas ou d'un dîner ou même dans le cadre d'une recette, il est forcément de sorti.
La Définition et la Fonction du Bol
Un bol, c'est avant tout une fonction et une forme qui définissent l'objet : une pièce de cuisine de forme généralement hémisphérique servant à contenir certaines boissons. Accessoire de cuisine commun et fonctionnel, il peut aussi se muer en véritable objet design selon la matière dans laquelle il est fabriqué, sa forme ou les motifs le mettant en valeur. Il peut également devenir un objet personnalisable si l'on se réfère au célèbre bol breton (bol à prénom) portant généralement le prénom de leur propriétaire.
Les Matières et les Formes des Bols
Les bols peuvent être fabriqués à partir de divers matériaux : bols en céramique (bol en porcelaine, bol en grès ou bol en faïence), bol en plastique, bol en métal et même bol en bois. Lorsqu'il est fabriqué par un artisan passionné, façonné des mains de son créateur, le bol devient une pièce unique chargée d'histoire et de tradition. Un petit objet utilitaire ou décoratif (ou bien les deux) qui recèle bien des richesses et qui fait rentrer l'artisanat dans le quotidien. Lorsque le bol est fabriqué artisanalement en céramique, il n'en sera que plus éco-responsable et durable.
Le bol est également caractérisé par sa forme : une forme presque parfaite de demi-sphère inversée à la fois pratique, fonctionnelle et usuelle. Si la forme varie peu, on notera tout de même l'apparition au XVIIIe siècle du bol à oreilles qui permet une meilleure préhension de l'objet sans crainte de se brûler !
Techniques de Fabrication Artisanale
Dans le cadre d'une fabrication artisanale, les bols sont traditionnellement tournés à la main : une technique ancestrale qui passe par plusieurs étapes : préparation de la terre (centrage de la terre sur le tour), tournage et assemblage, finition et décoration, cuisson, séchage puis cuisson finale. Le savoir-faire humain accompagne les bols à chaque étape de ce fascinant processus. Plein de petits gestes qui ont toute leur importance !
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L'Émergence du Bol Breton Personnalisé
Il existe aujourd’hui une multitude d’articles de vaisselles dont le bol breton. Le bol breton personnalisé est un objet de vaisselle incontournable fabriqué dans notre Faïencerie et crée en 1936 par les 2 frères Boutain. A cette époque, et jusque dans les années 50, les bols sont fabriqués avec une terre rouge qui provient d’une carrière proche de Saint Gilles Croix de Vie et appartenant à la famille. Les premiers bols n’ont pas d’oreilles mais cet élément caractéristique apparaît bientôt. Les oreilles étaient faites à la main puis collées aux bords du bol. Il n’y avait pas de décor interne mais juste quelques petites fleurs sur le bord extérieur du bol. Les pertes étaient à cette époque assez importantes (cuisson relativement irrégulières, zone de collage des oreilles fragiles, …). La production est stoppée pendant la guerre.
Ce récipient créé au XVIIIe siècle qui fleure bon le chocolat chaud et les souvenirs de vacances bretonnes est remis au goût du jour par de jeunes designers. C’est définitivement une histoire qui se passe à l’ouest de la France. Le bol à oreilles, plus connu sous le nom de « bol breton », est une invention qui date. Elle voit le jour dès le XVIIIe siècle, sur les rives de l’Odet, à la faïencerie Henriot de Quimper. Inspiré par les écuelles des paysans destinées à avaler la soupe du matin, ce bol en céramique n’adoptera que plus tard sa forme à deux oreilles qui lui donne ce côté si pratique. Son essor date des premiers congés payés français, en 1936, et du développement du tourisme en Bretagne. Sa forme finale est toutefois fixée en 1950 seulement par Raymond Cordier, chef d’atelier de la Faïencerie de Pornic, en Loire-Atlantique. Il réunit dans le produit ses traits désormais caractéristiques : couleur blanche et liseré bleu, motif folklorique « Petit Breton » au fond du bol et prénom calligraphié personnalisé. Dès lors, le bol à oreilles commence à remplir les placards des cuisines bretonnes et françaises.
Depuis, l’objet souvenir ne s’est pas vraiment démodé et il s’en écoulerait encore plusieurs centaines de milliers tous les ans. L’usine de Pornic produit environ 300 000 exemplaires par an et Henriot, de son côté, en fabrique seulement 10 000. La nuance est importante, car si la faïencerie quimpéroise modèle et peint à la main sa production, à Pornic, le bol en biscuit arrive brut du Portugal et est ensuite décoré de motifs apposés en décalcomanie (« chromo »), le prénom restant calligraphié à la main. Résultat, le prix tourne autour de 9 euros pour la version de Loire-Atlantique et de 35 à 40 euros pour la version finistérienne. Mais, sur ce marché, la plus grande concurrence des faïenceries traditionnelles reste celle des productions chinoises, vendues à très bas prix.
De jeunes designers, souvent venus de l’Ouest, sont restés très attachés à cet objet iconique : à Nantes, Charlotte Engrand, fondatrice de Maison Roussot, a eu envie de remettre le bol breton au goût du jour. « C’est le symbole de nos souvenirs de vacances en Bretagne, des séjours chez notre grand-mère, avec les chocolats chauds versés dans ce récipient aux proportions idéales. Tout semble avoir meilleur goût dans le bol breton ! », raconte en souriant la styliste à l’origine de cette création aux lignes épurées, blanche avec un liseré noir ; à l’intérieur, les dessins d’animaux, de fleurs, d’oiseaux changent du traditionnel couple de petits Bretons. Des bols fabriqués artisanalement eux aussi en France, dans la faïencerie familiale Nistar, installée à Saint-Gilles-Croix-de-Vie, en Vendée, et qui nourrit elle aussi une longue histoire avec le bol breton, puisqu’elle en fabrique depuis 1937.
La Personnalisation du Bol Breton
Ce bol est disponible en version personnalisé. En effet, la personnalisation consiste à y inscrire vos prénoms, un surnom ou même une phrase. Vous pouvez également choisir le dessin du fond, ou encore opter pour une version plus épurée et plus moderne avec une couleur personnalisée, des pois. Le bol est confectionné dans une vraie faïencerie, la dernière en France à le fabriquer et à le peindre. Il est important de rappeler que la fabrication du bol breton personnalisé se fait dans notre atelier à Saint Gilles Croix de Vie, en Vendée et que nous sommes les derniers à avoir ce savoir-faire. Votre bol à prénom épongé ou filet avec 6 messages au choix pour se lever du bon pied ! Votre bol à prénom Parasol est fabriqué et décoré artisanalement, à la commande, dans notre atelier, à St Gilles Croix de Vie, en Vendée.
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Visite de l’atelier de la faïencerie Nistar
Les étapes de la création du mythique bol à prénom :
1 - Le moulage : La terre arrive d’Italie par pain de 8 cm, adapté à la taille des bols. 24 tonnes de terre sont commandées tous les 6/7 mois environ. Pour couper le pain en galettes, ils utilisent une mandoline également appelée « fil à couper le beurre ». Une galette correspond à 1 bol.
2 - Le séchage : La galette est placée dans un moule en plâtre fabriqué ici à partir d’un moule mère. Les moules sont posés sur une calibreuse qui vient écraser la galette pour qu’elle prenne la forme du bol de série. Un couteau sur le côté vient racler le surplus et former en même temps les oreilles. Les moules sont ensuite posés sur une plateforme nommée « le séchoir » qui tourne pendant 30 minutes et projette de l’air chaud pour sécher l’argile et faciliter le démoulage.
3 - Le polissage : Les bols sont empilés en quinconce sur un chariot pour la dernière partie du séchage. Durant la belle saison, les bols mettent 15 jours pour sécher complétement contre un peu plus d’un mois en hiver. Sans cette étape les bols seraient rêches au toucher et coupants ! Pour arrondir les oreilles et les rebords des bols, une fois sec, les bols démoulés sont posés sur une machine tournante que l’on nomme « l’ébarbeuse ». Les parois du bol viennent se frotter à une bande de mousse humidifiée avec de l’eau pour être lissées.
4 - Première cuisson : Les bols sont empilés sur la charge qui peut contenir jusqu’à 1400 exemplaires puis transposés dans un four pour leur première cuisson à plus de 1000 degrés pendant 7 heures et autant de temps de repos avant la décoration.
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5- La décoration : L’ambiance est plus silencieuse dans la pièce d’à côté. Une autre forme de magie opère. Les petites mains studieuses (6 pour être précis) décorent les bols. Depuis 1936, rien ne semble avoir réellement changé, les dessins sont toujours peints à la main et les contours des bols épongés avec des éponges naturelles. Les employés en charge de la décoration sont formés en interne sur le dessin et la peinture. Pour maîtriser l’art de la décoration sur un bol, une année de formation est nécessaire. En effet, comme le plâtre, la faïence est un produit poreux (qui absorbe l’humidité). L’eau va être aspirée par le bol, il ne restera que la poudre et cette même poudre à 600/700 degrés va fondre et donner le côté vitrification à la pièce. Voilà pourquoi les bols sont si lumineux ! 6 heures de refroidissement seront nécessaires avant l’étape finale, la mise en carton. Dans ce petit atelier, entre 70 et 80 000 bols sont produits chaque année !
La Faïencerie Nistar : Un Héritage Vendéen
L’emblématique bol breton, autrement appelé « bol à prénoms » ou « bol à oreilles » a également des origines vendéennes ! Qui sait, vous avez peut-être un beau souvenir made in Saint Gilles Croix de Vie dans votre cuisine. C’est dans la commune de Croix de Vie et plus particulièrement dans la 1ère boutique de souvenirs de la cité “Le Grand Bazar de la tentation” que les bols à prénoms trouvent leur l’origine.
LA FAÏENCERIE NISTAR en quelques dates :
- Le Grand Bazar de la Tentation était tenu par Adeline Boutain, figure historique locale, reconnue pour ses talents de photographe et éditrice de cartes postales.
- En 1936, les petits-enfants d’Adeline Boutain, Yves et Marcel, reprennent les locaux du Grand Bazar de la Tentation pour en faire une faïencerie. Au départ, les bols sont créés sans oreilles, avec de l’argile rouge, provenant d’une carrière qui appartient à la famille.
- En 1950, la faïencerie sera à l’origine du premier bol à oreilles. Ces dernières sont faites à la main puis collées au bol.
- La faïencerie est restée dans la famille Boutain jusqu’en 2001 puis il y a eu un passage de flambeau avec la famille Cado.
- A cette occasion, la faïencerie est rebaptisée la Faïencerie « Nistar » par Nelly et Claude Cado pour reprendre les initiales des 3 enfants de la famille : « Ni », pour Nicolas (le fils aîné), « St » pour Stéphanie (communication et vente) et « Ar » pour Arnaud (production).
Les Faïenceries de Cornouaille et l'Avenir du Bol Breton
Les Faïenceries de Cornouaille fabriqueront le fameux bol à Saint-Evarzec d'ici à quelques semaines. Avec leurs deux oreilles et leurs myriades de prénoms, les bols bretons figurent en bonne place dans tous les magasins de souvenirs de la région. Leur production représente un marché d'environ un million de bols vendus chaque année à travers la France. Parmi les acteurs du marché, l'entreprise de Quimper Les Céramiques de Cornouaille en produit quelque 350.000. C'est le deuxième acteur du marché derrière La Faïencerie de Pornic et devant la Faïencerie Henriot à Quimper.
Fondée en 1998, l'entreprise est passée par plusieurs modèles. "À l'origine, on a travaillé avec une faïencerie française qui nous fournissait ce qu'on appelle 'le biscuit', c'est-à-dire la pièce de terre qui est façonnée et cuite une première fois. "J'ai prévenu mes fournisseurs que c'était fini, ils m'ont dit 'ouah, tu vas refabriquer en France', il y en a un qui m'a dit 'tu es fou !', peut-être, mais voilà". Les Faïenceries de Cornouailles sont nées.
L'investissement est conséquent : un peu plus de trois millions d'euros pour acheter des machines ultra-modernes (fours, séchoirs, machine de modelage), disposer d'un nouveau local à Saint-Evarzec et embaucher un ingénieur céramique industrielle chargé de calibrer les machines et contrôler la production. Car le bol breton a beau paraître simple, le fabriquer n'est pas une mince affaire.
L'équipe d'une douzaine de personnes devrait passer à 17 ou 20 salariés selon les saisons. Le contrôle de la qualité sera aussi beaucoup plus facile : "Aujourd'hui, on ne peut pas être sûr de la qualité de tel ou tel produit, certains arrivent cassés à cause du transport", témoigne Baptiste Noailhac, l'ingénieur céramique.
Désormais, l'entreprise recevra des boudins d'argile venus de Limoges. Un contrôle quasi-total de la chaîne de production qui va permettre beaucoup plus de liberté aux créateurs : "Tout est ouvert, si on veut faire des bols tout bleus, demain, on pourra le faire. On va pouvoir réfléchir aussi à d'autres produits". Et quand on lui demande s'il prévoit "des dingueries" comme disent les jeunes pour qualifier des essais insolites, la réponse fuse dans un sourire : "Il y aura des dingueries". Les premiers bols 100% bretons sont attendus dans les toutes prochaines semaines.
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