Bob Brault, né en 1945 à Tours, est un bassiste français dont la carrière musicale est intimement liée à l'histoire du rock français, notamment en tant que membre fondateur du groupe Martin Circus. Musicien autodidacte passionné par le jazz, il a marqué la scène musicale par son talent et son parcours diversifié. Son histoire est celle d'un artiste qui a su traverser les époques, du rock'n'roll des débuts à des projets plus personnels, tout en restant fidèle à sa passion.
Des débuts prometteurs dans le jazz et le rock
Dès l'âge de 15 ans, Bob Brault monte à Paris et se produit dans des discothèques jazz et rock, notamment au mythique Golf Drouot. Cette expérience lui permet de se forger un style et de côtoyer les figures montantes de la scène musicale. En fin des années 60, le paysage musical français est dominé par la variété et par le déferlement de musiques venues d’Angleterre et des États-Unis : rock, blues, et rythm’n’blues. Les groupes français du début des années 60 ne font que reproduire la musique des grands groupes anglo-saxons à la renommée internationale.
La fondation de Martin Circus et l'ascension vers le succès
En 1968, Bob Brault fonde avec Gérard Pisani, saxophoniste ayant accompagné Johnny Hallyday, le groupe Martin Circus. Le groupe se forme avec Michel Pasquet, Patrick Dietsch, Jean-François Leroi et Paul-Jean Borowsky. Martin Circus est fondé avec l’ambition de créer, de composer des musiques et des textes originaux inscrits dans leur époque, ce sont tous d’excellents musiciens avec pour chacun d’eux une réelle expérience professionnelle au moment où ils intègrent le groupe. Ils sont dès les débuts « habités » par le désir de se mesurer aux plus grands et poussent à fond leurs indéniables qualités musicales, leur intensité rythmique et une vision satirique de la société. La même année, le groupe joue et enregistre en live son premier disque En direct du rock’n' roll circus. Le groupe connaît immédiatement un succès d’estime auprès des milieux branchés de la capitale. Le 1er single « Tout tremblant de fièvre » passe en radio, et le groupe se produit dans de nombreux festivals, et fait même un 1er Olympia.
Le groupe se distingue par des compositions originales rock progressif et se produit dans de multiples concerts, lors de festivals, et dans des salles de plus en plus importantes, jusqu'à l’Olympia. Après la sortie de leur album en public, En direct du Rock 'n' roll Circus, lors du MIDEM de janvier 1970 le métier et la presse Pop les désignent comme le Premier Groupe Français au music-hall de l'Olympia.
Les années de gloire et les transformations du groupe
Après le départ de Pasquet, le groupe se fait connaître par un premier hit, Tout tremblant de fièvre. À la fin de l'année 1970 Jean-François Leroi et Patrick Dietsch quittent le groupe. Pour honorer les contrats déjà signés, une tournée a lieu en 1970 réunissant Pisani, Brault, Borowsky, accompagnés de Michel Libretti à la guitare et Donald Rieubon à la batterie. Paul-Jean Borowsky quitte le groupe en 1971.
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De nouveaux membres rejoignent le Martin Circus en 1971 : le guitariste Alain Pewzner et le batteur René Guérin. La formation enregistre, courant 1971, un double album, Acte II, qui contient notamment le titre Je m'éclate au Sénégal, lequel révèle Martin Circus au grand public, et assure la notoriété du groupe grâce à 800 000 exemplaires vendus. Ce gros travail de studio est récompensé par un trophée Triumph Group Musical, remis au groupe lors de la Nuit du cinéma organisée au théâtre Marigny le 25 novembre 1971. En plus des concerts et des nombreux festivals où ils se produisent, les Martin Circus assurent pendant quelques années les premières parties de vedettes telles Jacques Dutronc, Claude Nougaro, Claude François, ou encore Johnny Hallyday. En 1971, le groupe participe au film Les Bidasses en folie réalisé par Claude Zidi.
En 1974, les membres de Martin Circus sont à l'affiche du premier opéra-rock français La Révolution française, sorti l'année précédente sous forme de double album et qui se joue pendant deux mois au Palais des sports de Paris, aux côtés notamment d'Antoine, Alain Bashung et d'autres artistes de la scène rock. Ils reviennent au rock l'année suivante avec un album de reprises de titres des années 1960, N°1 USA - Hits des 60s. Ils enregistrent à cette occasion Ma-ry-lène (ou Marylène), adaptation d'une chanson popularisée par les Beach Boys, Barbara Ann, qui est sans doute leur plus grand tube (plus de 600 000 exemplaires écoulés en France).
Le groupe continue à enchaîner les concerts, partageant la scène avec Michel Sardou, Joe Dassin (1976) et Gérard Lenorman puis se produit trois semaines à l’Olympia en première partie de Dave en 1978. Ses membres tournent la même année dans Les Bidasses en vadrouille, film inspiré par les comédies des Charlots, et dont ils signent la musique. Le morceau Disco Circus, devient la bande originale du film. Il se classe dans les palmarès américains, et est félicité par la presse spécialisée.
En 1980, l'album De sang froid voit le groupe adopter un style musical new wave et le retour éphémère de Gérard Pisani comme parolier et saxophoniste. De succès en déception, le groupe connaît des dissensions qui poussent Sylvain Pauchard et Alain Pewzner à s'en éloigner en 1985 pour rejoindre Daniel Balavoine en concert puis en studio. Pour l'enregistrement du single Trop sentimental le bassiste de Balavoine, Christian Padovan est intégré au groupe en tant que musicien et compositeur.
Les projets personnels et la continuité musicale
Entretemps Bob Brault devient le bassiste d'Hervé Cristiani en 1982. Par la suite, Brault accompagne Richard Bohringer et Borowsky compose pour France Gall, Serge Koolenn et Jean-Noël Dupré. Leur dernier enregistrement en trio avec Gérard Blanc sort en 2001 pour une reprise d'Antisocial sur un album en hommage à Trust. La même année sort l'album Origines, enregistré par la formation originale (Dietsch, Borowsky, Pisani, Brault) à l'exception de J.F. Leroi qui, ayant abandonné la musique, est remplacé par René Guérin.
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Après leur séparation, les membres de Martin Circus continuent leurs carrières musicales : Gérard Blanc sort plusieurs albums solo, Alain Pewzner accompagne plusieurs artistes comme Jean-Jacques Goldman et produit Mano Solo et Dany Brillant. Sylvain Pauchard produit des titres pour d'autres groupes, notamment Les Avions et Alliage. En 1995, A. Pewzner met en musique L'Homme qui plantait des arbres de Jean Giono. En 2012, il signe la bande originale du film Dix jours en or de Nicolas Brossette, avec Franck Dubosc et Claude Rich. Brault, Borowsky, Dietsch, Pisani et Leroi se retrouvent au fil des années pour jouer sur leurs projets respectifs en solo, sur disque et sur scène.
L'héritage de Bob Brault et de Martin Circus
À travers sa société Blanc Musiques, Gérard Blanc sort, en 2004 et 2008, des compilations du groupe, après avoir récupéré et restauré les bandes d'origine. À travers sa carrière solo, il a continué toute sa vie à promouvoir le groupe en participant à des émissions de télévision et de radio. À présent, Alain Pewzner et Sylvain Pauchard continuent de « s'occuper », de temps en temps, du groupe : création de compilations, participation à des émissions pour les promouvoir.
Installé dans le Gard depuis une quinzaine d’années, Bob Brault continue de se produire sur scène, notamment avec son groupe Happy People, reprenant des standards du rock et parfois sa propre composition, Je m’éclate au Sénégal. Il participe également à d’autres formations comme View Master. Il continue aussi à produire des disques avec des artistes gardois.
Bob Brault incarne une figure emblématique du rock français, ayant contribué à l'essor de Martin Circus et à son succès populaire. Son parcours témoigne d'une passion inébranlable pour la musique et d'une capacité à se renouveler tout au long de sa carrière. Son héritage musical perdure à travers les nombreux albums et concerts de Martin Circus, ainsi que par ses projets personnels et ses collaborations avec d'autres artistes.
Discographie sélective de Martin Circus
- 1968 : En direct du rock’n' roll circus
- 1972 : Acte II
- 1975 : N°1 USA - Hits des 60s
- 1980 : De sang froid
- 2001 : Origines
- Anthologie du MARTIN CIRCUS
Martin Circus a enregistré plus de 200 titres durant plus de quinze ans sans interruption. Cette anthologie balaie absolument toutes les différentes périodes musicales traversées par ces artistes aux « goûts éclectiques », « ces gourmands de Musiques », à travers leurs « hits » bien sûr, mais aussi à travers des œuvres moins connues qui surprennent par leur charme souvent décalé et qui sont en fait une formidable « photographie » de ces Années 70, années d'Espoir et parfois aussi… Années d'Utopies !
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