Avant de recourir à une interruption volontaire de grossesse (IVG), on se trouve souvent submergé par un état émotionnel intense, marqué par la détresse, le mal-être et la culpabilité. Est-il possible de traverser cette période de manière plus sereine, consciente et avec bienveillance envers soi-même ? La réponse est affirmative.
Le Temps Compté et la Décision Urgente
La période précédant une IVG est souvent caractérisée par un sentiment d'urgence. L'IVG chirurgicale peut être pratiquée en France jusqu'à la fin de la 14e semaine de grossesse. Cette contrainte de temps place les femmes face à une décision existentielle à prendre rapidement, ce qui peut être paradoxal et difficile à vivre. Comme le souligne Coralie, qui disposait de seulement quatre jours pour se décider, cette pression peut être très difficile à gérer. Il est donc crucial de s'accorder un temps de pause, loin des influences extérieures.
Le Poids de la Culpabilité et des Émotions Négatives
La culpabilité est une émotion fréquemment ressentie par les femmes confrontées à la nécessité d'avorter. Dans certains cas, elle peut être étouffante. D'autres émotions peuvent s'y ajouter, telles que la colère, la tristesse ou la peur. Noémie, par exemple, était assaillie par le doute : "Et si je faisais le mauvais choix ?". Ainsi, avant l'IVG, les femmes peuvent faire l'expérience d'un cocktail émotionnel explosif, exacerbé par les bouleversements hormonaux liés au début de la grossesse.
De plus, l'expérience vécue peut varier considérablement en fonction des personnes rencontrées. Certaines paroles sont empreintes de bienveillance, tandis que d'autres peuvent être terriblement jugeantes. Au-delà de la peur du jugement, une autre crainte peut surgir une fois la décision d'interrompre la grossesse prise : l'anticipation de la douleur. Selon les chercheurs Lauzon et collaborateurs, cette anticipation serait un élément majeur de l'anxiété des femmes avant un avortement. Les jours précédant l'IVG peuvent donc être particulièrement angoissants.
Se Préparer Sereinement à l'IVG
Il est possible de se préparer à vivre cette période le plus sereinement possible et de manière alignée avec ses valeurs. L'ambivalence des sentiments est fréquente : une part de soi peut souhaiter poursuivre la grossesse pour des raisons spécifiques, tandis qu'une autre part s'y oppose en raison des circonstances actuelles. C'est le cas de Katia, qui exprime clairement cette ambivalence : elle aimerait garder le bébé pour maintenir une relation de couple qui se termine, tout en étant consciente qu'elle ne souhaite pas accueillir un enfant dans le contexte actuel.
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Accueillir cette ambivalence est essentiel pour entamer un processus de libération de la culpabilité. Reconnaître les différentes parts de soi qui s'expriment de manière apparemment contradictoire permet d'accepter la complexité de son être et la variété des émotions qui nous traversent.
L'Importance de Libérer la Parole et les Émotions
Le ressenti émotionnel peut être si intense qu'il devient difficile de vivre son quotidien "normalement". Les pensées sont constamment tournées vers cette grossesse. Le besoin de se confier se fait sentir, mais la peur d'être influencée ou jugée peut conduire à l'isolement.
Libérer la parole et exprimer ses émotions négatives auprès d'une personne qui accueille inconditionnellement cet état est un acte puissant. Cela permet de prendre du recul et de retrouver une forme d'apaisement. Il est recommandé de choisir une personne qui accueille les émotions avec générosité, qui possède de l'amour à revendre pour l'être humain que l'on est. Cette personne est touchée par ce qui arrive, mais n'est pas affectée, et possède une posture solide et bienveillante. Dans son regard et ses mots empreints de douceur, on se sent digne d'être aimée, estimée et honorée dans cette épreuve.
Cette "personne-ressource" peut être une personne de l'entourage ou une personne extérieure. Il est important de se sentir en sécurité émotionnelle auprès de la personne choisie. Si la communication est difficile au sein du couple pendant cette période, il peut être utile de consulter un professionnel de l'accompagnement conjugal.
Communiquer avec l'Être en Devenir
Lorsqu'une femme découvre qu'elle est enceinte et décide de ne pas poursuivre cette grossesse, elle peut être tentée de ne pas humaniser le fœtus, en l'imaginant comme un simple amas de cellules. Cependant, il est possible, même dans ce contexte, d'établir une connexion et une communication avec l'être en devenir.
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Cette connexion est même recommandée, car elle permet de vivre l'IVG avec amour. Il s'agit de reconnaître l'Être qui est là, de lui dire ce qu'il se passe, qu'en d'autres circonstances, on aurait aimé l'accueillir, mais que dans le contexte actuel, ce n'est pas possible et cela engendrerait trop de souffrance. Il est important de tout lui dire avec le cœur : ses ressentis, ses sentiments ambivalents, ses peurs, ses raisons et ce qui va se passer.
Une manière d'établir cette communication est de rédiger une lettre à cet être, en s'exprimant sincèrement et avec amour. Une autre manière est de se connecter à lui en posant les mains sur le ventre et en disant à voix haute ce qui motive ce choix, dans un moment de calme et de solitude. Cette connexion peut apporter un sentiment de plénitude et d'amour.
Un Rituel de Préparation Spirituelle (Optionnel)
Loan Miège, médium et énergéticienne, propose un rituel de préparation spirituelle pour accompagner l'âme du bébé avant l'IVG. Ce rituel, à réaliser 48 heures avant l'intervention, consiste à créer une atmosphère sacrée en allumant une bougie et en exprimant à voix haute, avec son conjoint, sa décision à l'âme du bébé, en lui souhaitant de trouver une autre famille qui soit en mesure de l'accueillir.
Ensuite, il s'agit d'accompagner l'âme du bébé pour sortir du corps, en approchant les mains de son ventre et en sentant le moment où ça picote ou si c'est chaud. Puis, rassembler cette forme ressentie en une sorte de boule devant le ventre, puis petit à petit, la faire remonter le long de la poitrine, devant la gorge, pour enfin la faire sortir par le haut du crâne et la renvoyer vers l'univers, vers la lumière avec tout son amour.
Ce rituel peut apporter une grande paix intérieure et permettre de vivre l'IVG avec amour et en honorant l'Être que l'on n'accueille pas.
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La Douceur et le Soin de Soi Post-IVG
Après l'IVG, il est naturel de vouloir reprendre sa vie normale et passer à autre chose. Cependant, il est important de s'accorder de la douceur et de prendre soin de soi.
Prendre soin de soi, c'est se faire plaisir, s'accorder du temps pour des activités que l'on aime, se reposer et se ressourcer. C'est aussi être attentive à ses émotions et ne pas hésiter à demander de l'aide si nécessaire. Après une IVG, il est essentiel de se poser régulièrement la question : "Est-ce que je continue de prendre soin de moi en ce moment ?".
Témoignages et Expériences Partagées
De nombreuses femmes partagent leurs expériences d'IVG médicamenteuse sur les forums et les blogs. Ces témoignages peuvent être précieux pour celles qui s'apprêtent à vivre cette épreuve.
Certaines femmes décrivent la douleur physique comme similaire à celle des règles, tandis que d'autres ont vécu des expériences plus douloureuses. Il est important de noter que chaque expérience est unique.
Le soutien du partenaire, de la famille ou d'amis est essentiel. Il est également important de se méfier des messages négatifs et culpabilisants que l'on peut trouver sur certains forums.
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