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Bijouterie Hochet en Argent : Histoire et Fabrication

L'histoire de la bijouterie, notamment celle des hochets en argent, est intimement liée à l'évolution des sociétés, des techniques de fabrication et des goûts artistiques. Cet article explore l'histoire fascinante et les méthodes de fabrication de ces objets précieux, en s'appuyant sur des exemples historiques et des références documentaires.

Les Origines de l'Orfèvrerie et des Hochets

L'orfèvrerie, un art ancestral, consiste à travailler les métaux précieux pour créer des objets décoratifs et utilitaires. Remontant à l'Antiquité, elle était initialement réservée aux élites sociales. L'offrande d'une cuillère en argent par le parrain ou la marraine lors d'un baptême symbolisait l'appartenance du filleul à un milieu aisé. La timbale de baptême en argent, personnalisable avec le nom ou les initiales de l'enfant, est un autre exemple de cadeau traditionnel qui revient en force.

Le hochet, quant à lui, est un jouet d'enfant dont l'histoire remonte également à des temps reculés. Fabriqué dans divers matériaux, le hochet en argent combine la fonction ludique à la valeur matérielle et symbolique.

L'Aluminium : Un Métal Précieux au XIXe Siècle

Au XIXe siècle, l'aluminium a connu un essor fulgurant, devenant un métal prisé pour la bijouterie et l'orfèvrerie. En 1807, le physicien Humphry Davy nomme « aluminium » un métal dont il suppose l’existence. Ses secrets ne sont percés qu’en 1854, par le chimiste français Henri SAINTE-CLAIRE DEVILLE (1818-1881), qui modifie le procédé pour produire un aluminium quasi dépourvue d’imperfections par la réduction du chlorure d'aluminium par le sodium.

L’Empereur Napoléon III finance les travaux de l’usine pilote de Javel, qui parvient à produire 300 kilos d’aluminium faisant l’admiration de la foule lors de l’Exposition Universelle de Paris en 1855. Malléable, peu oxydable et très léger, l’aluminium est utilisé pour produire des bijoux et petits objets. Mais le coût de production de ce métal est alors si élevé qu’il concurrence la préciosité de l’or, lui valant le surnom d’or blanc de Napoléon III. L’Institut de l’Histoire de l’Aluminium conserve à Clichy dans la collection Jean PLATEAU de rares bijoux et petits objets créés à cette époque, de même que le Musée des Arts Décoratif avec une création d’Honoré-Séverin BOURDONCLE (1823-1893) de 1858.

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Un bracelet en or et aluminium ciselé décoré de rubis est alors offert par Napoléon III à la Reine Victoria, après sa visite de l’Exposition universelle (Londres, collection particulière).

L’orfèvre Charles CHRISTOFLE (1805-1863) manifeste très tôt de l’intérêt pour ce métal. En déposant des brevets, il imagine des fins commerciales et de multiples possibilités pour la production d’orfèvrerie. Cependant, ses produits restent élitistes. Il offre notamment en 1858 à Napoléon III, le Surtoutaux putti (fig. 13) en aluminium, dont un des quinze éléments a miraculeusement échappé à l’incendie des Tuileries et est conservé au château de Compiègne. Christofle est aussi l’auteur en aluminium de la Coupe Dolfuss (fig. 14), créée en 1858, et aujourd’hui conservée au musée d’Orsay.

Après l’Exposition universelle de 1855, l’aluminium est en effet fabriqué dans l’usine chimique des frères Émile et Jean-Jacques ROUSSEAU (1815 et 1804 - 1888 et 1864), sous la direction de Deville. L’usine déménagera en 1857 du quartier de Glacière dans Paris pour Nanterre. Ce sont donc les Frères Rousseau qui livrent directement en 1859 l’aluminium servant à la monture de notre aiguière à la Manufacture de Sèvres. D’autres usines verront le jour par la suite, notamment à Salindres dans le Gard en 1860.

L'Aiguière de l'Impératrice Eugénie et l'Aluminium Doré

Avide de progrès et promoteur de l’industrie française, le couple impérial croit en la production d’objets de ce nouveau matériau. Si le cadeau diplomatique du bracelet d’aluminium à la Reine Victoria renforce les liens solides qui unissent les deux nations, il a également pour ambition de montrer le monopole français dans la production de l’aluminium. Tout comme les 217 aigles de drapeau en aluminium doré de Marion commandés par l’Empereur en 1860 à Salindres , afin de décharger le poids des hampes des drapeaux des soldats. Un exemplaire est conservé au musée de l’armée à Paris. L’emploi de ce métal dans l’industrie d’art converge essentiellement autour des figures de Napoléon III et d’Eugénie, à l’instar des pièces qui leurs sont destinées au couple impérial, comme le hochet du Prince Impérial en aluminium livré par Bourdoncle en 1856.

Entrée au magasin le 30 juillet 1859 sous le numéro 29 pour la somme de 6.975 francs, notre aiguière est livrée à l’Impératrice au palais des Tuileries huit mois plus tard, le 26 mars 1860 pour le même prix. Le coût considérable de cette pièce - elle est l’objet le plus cher enregistré en 1859 - s’explique singulièrement par l’utilisation de l’aluminium pour la monture, qui représente plus de la moitié du son coût de fabrication, soit 3.009,3 francs. Pour la première fois à notre connaissance, l’aluminium est doré. À l’origine pourtant, l’aiguière ne devait recevoir qu’une monture en bronze, ce qui aurait représenté un prix de vente trois fois inférieur de 2.600 francs.

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Cette somme a été biffée en rouge pour l’augmenter du prix de l’aluminium et de son montage. À l’évidence la manufacture de Sèvres cherche à s’illustrer dans la course au progrès technique liée aux beaux-arts, telle que l’a défini son directeur d’Alexandre BROGNIART(1770-1847) et ses successeurs, Jacques-Joseph EBELMEN (1814-1852) et Henri Victor REGNAULT (1810-1878). Le résultat est là, puisque sur cette pièce la Manufacture réalise un confortable bénéfice entre le prix de fabrication de 5.230,30 francs (dont 1.046 francs de faux frais) et le prix de vente qui est de 1.744,70 francs plus élevé.

Notre aiguière ne figure pas sur l’État des objets susceptibles d’être offert en présent par l’Impératrice au 1er juin 1859 et n’apparait curieusement pas dans le Journal du Garde meuble ni dans les Inventaires du Palais des Tuileries conservés au Archives nationales. Ne connaissant son parcours depuis sa livraison à l’Impératrice jusqu’à sa réapparition aux enchères en 2016, il faut noter sa remarquable fécondité. Elle donne immédiatement idée à l’Empereur d’aigles en aluminium doré. Sept ans plus tard,en 1866, les mêmes artistes de Sèvres sont réunis pour créer une nouvelle aiguière de même forme Dieterle avec la même monture en aluminium (Annexe 6). Non localisée à ce jour, cette aiguière est reproduite dans Les Merveilles de l’industrie publiée en 1873 par Louis Figuier.

Fabrication et Style des Bijoux Art Déco

Le XXe siècle a vu l'émergence de l'Art Déco, un mouvement artistique qui a influencé la bijouterie. L'Exposition Internationale des Arts Décoratifs de 1925 à Paris a marqué le début de cette ère. Les bijoux de cette époque étaient audacieux, éblouissants et souvent ludiques.

Les matériaux innovants comme l’argent, l’acier, l’aluminium, la bakélite, l’ébène, l’écaille et même le plastique étaient utilisés. Le style géométrique laissait parfois apparaître des éléments réalistes comme des fleurs suggérées. Les coiffures dégageant les oreilles permettaient la création de longs pendants et de boucles d’oreilles clips.

Le Bola de Grossesse : Un Hochet Moderne

Le bola de grossesse, un collier de maternité indonésien, est un exemple moderne de hochet. Composé d'un pendentif en argent contenant des billes qui produisent un son de clochette, il est porté par les femmes enceintes à partir du 4ème mois. Le son doux et mélodieux est censé apaiser le bébé in utéro et peut continuer à le bercer après la naissance.

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Les Joyaux de la Couronne de France et le Vol de 1792

L'histoire des joyaux de la Couronne de France est riche en événements. En 1792, un vol retentissant a eu lieu au Garde-Meuble de la Couronne. Des brigands armés ont dérobé la plupart des bijoux, dont le riche hochet du dauphin. Bien que les deux tiers des objets aient été retrouvés et les coupables exécutés, cet événement témoigne de la valeur et de la convoitise que suscitaient ces objets précieux.

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