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L'histoire fascinante des biberons en verre vintage

Le biberon en verre, un objet simple mais chargé d'histoire, a connu un essor considérable au cours des siècles. Des premiers modèles en terre cuite et en bois du Moyen-Âge aux biberons en verre soufflé de la fin du XIXe siècle, le biberon a évolué en fonction des besoins et des innovations de son époque. Les anciens biberons en verre, avec leur allure vintage et leurs formes souvent uniques, incarnent un charme nostalgique et une certaine élégance d'antan. Ils évoquent une époque où l'allaitement artificiel était encore une pratique relativement nouvelle et où les biberons étaient fabriqués avec soin et durabilité.

L'essor des biberons en verre : une révolution industrielle

C'est au cours de la révolution industrielle que les biberons en verre prennent leur essor. Dans les années 1860, une innovation va accentuer cette production : "le biberon à long tuyau souple en caoutchouc" ! Ces modèles se sont ensuite répandus dans les foyers, devenant progressivement des incontournables pour l'allaitement artificiel. Le verre, matériau durable et résistant, s'est imposé comme une solution fiable et pratique pour nourrir les bébés.

L'évolution constante et les améliorations

Le développement du biberon en verre a également été marqué par une quête constante d'amélioration. Les fabricants ont apporté des modifications et des innovations, en s'adaptant aux besoins spécifiques des nourrissons et aux recommandations des professionnels de santé. L'apparition du verre Pyrex au début du XXe siècle a révolutionné la fabrication des biberons, offrant une résistance accrue aux chocs thermiques et aux rayures. Le biberon en verre a ainsi su s'adapter aux évolutions de la société et aux progrès scientifiques, tout en conservant son charme et son élégance intemporels.

Les avantages indéniables du verre

Le verre, matériau noble et ancestral, a toujours été apprécié pour ses propriétés uniques, notamment dans le domaine de la nutrition infantile. Le biberon en verre, malgré l'essor des modèles en plastique, conserve un certain nombre d'avantages qui séduisent encore de nombreux parents.

  • Inertie chimique : Le verre est un matériau naturellement inerte, ce qui signifie qu'il ne libère pas de substances chimiques dans le lait ou les aliments. Contrairement au plastique, qui peut contenir des bisphénols A (BPA) ou d'autres composants potentiellement nocifs, le verre garantit une alimentation saine et pure pour le bébé.
  • Non-porosité : Le verre est un matériau non poreux, ce qui signifie qu'il ne retient pas les odeurs, les saveurs ni les bactéries, permettant un nettoyage efficace et une hygiène optimale.
  • Résistance thermique : Le biberon en verre présente également une excellente résistance à la chaleur et aux chocs thermiques. Il peut être stérilisé à la vapeur, bouilli ou placé au congélateur sans risque de déformation ou de dégradation.
  • Durabilité : Sa résistance aux rayures et à l'usure lui confère une longévité accrue, ce qui en fait un investissement durable pour les parents.
  • Recyclabilité : Enfin, le verre est un matériau recyclable, contribuant à réduire l'impact environnemental et à préserver les ressources naturelles.

Le verre : un matériau durable à travers le temps

Le verre, un matériau ancestral et intemporel, a toujours été reconnu pour sa durabilité exceptionnelle. Contrairement au plastique, qui peut se dégrader avec le temps, se rayer facilement et libérer des substances chimiques, le verre conserve ses propriétés intactes pendant de nombreuses années. Les vieux biberons en verre, souvent transmis de génération en génération, en sont la preuve tangible.

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La résistance du verre aux chocs thermiques est un atout majeur. Il peut être stérilisé à la vapeur, bouilli ou placé au congélateur sans risque de déformation ou de dégradation. Sa surface lisse et non poreuse le rend facile à nettoyer et à désinfecter, empêchant la prolifération des bactéries et des germes. De plus, le verre est un matériau recyclable, ce qui signifie qu'il peut être fondu et transformé en nouveaux produits, réduisant ainsi l'impact environnemental et contribuant à la préservation des ressources naturelles.

Les vieux biberons en verre témoignent de la longévité de ce matériau. Ils ont traversé les époques, résistant aux aléas du temps et aux usages répétés, offrant un témoignage tangible de la durabilité du verre.

Les biberons Robert : une innovation marquante

Si l'on parle encore de "roberts" à propos d'une partie de l'anatomie féminine, on le doit à Edouard ROBERT, inventeur dijonnais du biberon éponyme ! En 1873, le "biberon Robert à soupape" reçoit une médaille d'honneur à l'Exposition universelle de Paris et, l'année suivante, une autre à Marseille par la Société protectrice de l'enfance.

Le déclin des biberons à long tuyau

A partir des années 1890, et notamment avec les recommandations de l'Académie de médecine, le biberon à long tuyau est de plus en plus décrié. En 1897, le Docteur Dufour écrit même à son propos : "Le tolérer, c'est favoriser l'infanticide" ! En 1910, les biberons à long tuyau sont prohibés et leur vente interdite. C'est un coup dur pour Robert.

L'adaptation et la disparition de la marque Robert

La maison Robert n'a alors d'autre choix que de faire évoluer sa production vers les "biberons à tétine". Cette adaptation n'est pas suffisante pour que Robert reprenne sa place dominante. Une marque se fait alors connaître par une abondante publicité et un système plus pratique à nettoyer : tétine large sur goulot et bouchon valve à l'arrière, c'est "Le Parfait Nourricier" ! Son succès est très rapide ! Afin de remédier à son déclin, l'entreprise se lance dans une campagne de communication sans précédent pour l'époque. Malgré tous ses efforts, la marque Robert disparaît, comme ses concurrents d'ailleurs, avec l'arrivée que le marché de nouveaux protagonistes dont la seule préoccupation est l'hygiène et la simplicité !

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L'arrivée de nouveaux acteurs et l'importance de l'hygiène

La marque Robert disparaît, comme ses concurrents d'ailleurs, avec l'arrivée que le marché de nouveaux protagonistes dont la seule préoccupation est l'hygiène et la simplicité ! Parmi eux, on peut citer des marques telles que Nestlé (qui a racheté Gallia/Gervais en 1947).

Remond : une marque française emblématique

Révolutionnaire lorsqu’il a été inventé, en 1946, le biberon Remond fut le premier modèle moderne et hygiénique. Et a fait la réputation de la marque un peu partout dans le monde. Au début du siècle dernier, les biberons étaient en verre, forcément. Peu pratiques, parfois dotés d’un long tuyau faisant office de tétine (un modèle depuis interdit), ils étaient surtout très peu hygiéniques. Car il fallait enfiler les tétines directement sur le flacon, avec les mains.

En 1946, Raymond Lemoine, un grossiste en articles en verre pour les laboratoires et les hôpitaux, cherche à protéger ses deux enfants des bactéries. Sa solution: inventer un biberon au goulot plus large (plus facile à nettoyer) et muni d’un pas de vis, afin de fixer la tétine sans la toucher avec les doigts. Perfectionniste, il imagine également un capuchon pour protéger les tétines durant le transport et pense à sérigraphier, directement sur les flacons, les graduations utiles à la préparation des repas des tout-petits.

Vendu sous le nom Remond -probablement du fait du prénom de son inventeur, mais aussi parce que son rival de l’époque s’appelait Robert-, l’avant-gardiste appareil est, à l’origine, commercialisé uniquement à destination des hôpitaux. Dans les années 1950, Raymond Lemoine travaille avec des professionnels de santé pour développer des produits adaptés notamment aux prématurés et aux enfants atteints de bec-de-lièvre. Devenue fournisseur des hôpitaux de l’Assistance publique de Paris et de nombreux autres en régions, la marque Remond conquiert ensuite le grand public. Après un vif succès en France, sa gamme de biberons franchit la Méditerranée dans les années 1960. Là encore, le public plébiscite ces nouveaux biberons si hygiéniques. Mais aussi une autre invention maison: le biberon anti-aérophagique, évitant à bébé d’avaler trop d’air (source des coliques du nourrisson). Célèbre dans l’Hexagone (en Une des magazines, Sheila donnait le biberon à son fils Ludovic en 1975 avec un produit Remond), la société réalise également une bonne part de son chiffre d’affaires à l’international durant les années 1970 à 1990. C’est ainsi que beaucoup, aux Etats-Unis, au Japon, et même en Amérique du Sud, connaissent la marque.

Parallèlement, l’entreprise a développé son offre. Devenue leader sur le marché français, elle a développé toute une offre de produits destinés à prendre soin des tout-petits et de leurs affaires: stérilisateurs, produits isothermes Conservcho et Termocho, ou encore le Remondphone, ancêtre du baby-phone. Mais aussi les couches Remondouce et les assiettes chauffantes Tou-o-cho… Hormis son imagination débridée pour baptiser ses produits, l’innovation est un point fort de la société. Souvent en pointe, elle est néanmoins soumise à rude concurrence sur un marché très concurrentiel. Avec l’apparition de Bébé Confort, Natalys et Aubert, pour ne citer qu’eux, le marché des produits pour nouveau-nés a explosé ces dernières années. Pour rester dans le coup, Remond a choisi de moderniser son nom. Rebaptisée dBb (phonétiquement "des bébés") -tout en conservant la mention Remond- en 2009, elle en profite pour revoir ses packagings, son logo et le look de ses produits. Désormais plus modernes et colorés (même si une gamme vintage existe), les grands classiques de la marque côtoient de nouveaux produits comme une tétine qui se referme automatiquement quand bébé la lâche…

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La décoration des biberons : un aspect esthétique

Afin de remédier à son déclin, l'entreprise se lance dans une campagne de communication sans précédent pour l'époque. Sous cet écran, on pose le support destiné à recevoir l'impression. L'on déplace en appuyant sur la surface de l'écran. L'inscription marque AMOUR est reproduite à la page 210 du catalogue Dufour. Le biberon (1299) est daté du début du XXème siècle (fin XIXème ? inscriptions sérigraphiées en couleur. Il ne s'agit pas, au sens moderne, de biberon sérigraphié. Les inscriptions sont "peintes au pochoir", mais de manière artisanale. On trouve des prospectus vantant les mérites d'un procédé ou les récompenses obtenues… Les graduations deviennent de plus en plus précises et laissent place aux inscriptions pratiques. L'entreprise utilise une technique pour décorer ses "tristes" bouteilles et ajouter, pour la première fois, un décor. L'aspect du biberon est donc tout autant utilitaire que décoratif.

Le système à bague vissée : une innovation majeure

Aujourd'hui, le système à bague vissée est la norme. Au départ, l'obturateur était en verre, l'ensemble n'avait pas encore de bouchon. La matière de l'obturateur sera vite remplacée par le plastique. Le verre, lui, reste plus ou moins le même depuis le milieu du siècle, du moins ses propriétés. C'est une accroche commerciale que l'on n'avait pas vu depuis le début du siècle. La marque a su changer la forme du biberon.

Le charme intemporel des biberons vintage

Aujourd'hui, les collectionneurs de bibelots et de souvenirs d'enfance recherchent activement ces vieux biberons en verre, reconnaissant leur valeur historique et esthétique. Ils les exposent fièrement dans leurs collections, les utilisant parfois comme des vases ou des objets décoratifs. Le charme du vieux biberon en verre réside dans son histoire, sa simplicité et son authenticité, un témoignage du passé qui continue de captiver les générations futures.

En effet, les biberons de verre ont été développés pour la vente à partir du XIXe siècle. Différents professionnels s’adonnent à leur commercialisation : les médecins, les sage-femmes etc. La difficulté de l’époque : trouver une tétine qui n’empoisonne pas les bébés. Ces biberons sont en verre épais et gradués, selon leur taille.

Les biberons antiques et médiévaux : des ancêtres méconnus

Les plus humbles objets ont un pouvoir évocateur de la vie d’hier et d’aujourd’hui assez puissant pour que, aux côtés des œuvres d’art et des textes écrits, ils prennent place dans la liste des témoins de l’histoire et deviennent des sujets d’analyse passionnants. Récemment, divers travaux ont exhumé de l’oubli une série de ces modestes objets, les biberons. En quelques années, le biberon, cette petite bouteille surmontée d’une tétine dont on se sert pour nourrir les enfants à la place du sein maternel, est devenu un objet digne, non seulement de la curiosité des archéologues, des ethnographes et des collectionneurs, mais aussi des médecins, des historiens et des anthropologues.

En regardant les collections, en feuilletant les thèses et les livres, on se convainc aisément que le biberon d’enfant est bien un objet identifiable dont la variété des formes est étonnante. Même dans ce petit objet banal, les hommes ont vraiment exercé leur imagination, leurs talents d’artisans et d’artistes, bref leur art. Il y a quelque chose d’émouvant à évoquer ces objets minuscules inventés au fil des siècles par les adultes pour sustenter tant bien que mal les tout-petits. En examinant ces objets en détail, on se rend compte qu’une histoire du biberon se dessine, laquelle suit l’évolution de plusieurs autres histoires : celles de l’art, des savoirs populaires et savants, des progrès techniques, des attitudes parentales, des rapports entre époux, etc.

Il est à peu près certain que l’allaitement au sein maternel a été très généralement pratiqué dans les sociétés antiques, et plus près de nous dans les sociétés paysannes, avec tous ses avantages : disponibilité, commodité, gratuité. Mais il arrivait cependant que le bébé perde sa mère, ou qu’il soit abandonné, ou que sa mère manque de lait. Par ailleurs, des mères, pour des raisons sociales, mondaines et esthétiques, n’allaitaient pas. Quelles solutions adopter dans ce cas ? On pouvait d’abord faire téter par l’enfant le sein d’une nourrice qui pouvait être une voisine, une parente, une amie, une esclave, avec rémunération ou non. La seconde solution consistait à faire téter la mamelle d’un animal, surtout celle d’une chèvre. Restait enfin la solution du biberon. Parmi les exemplaires les plus anciens de biberons, certains ont une forme étrange ; ce sont des animaux en miniature : vache ? chèvre ?

Pour l’Antiquité, on ne dispose pas d’une grande quantité d’objets que l’on peut qualifier de biberons sans doute en raison de la difficulté à les identifier parmi les déchets domestiques découverts en contexte d’habitat. En revanche, les sépultures d’enfants présentent l’avantage de pouvoir livrer des pièces généralement complètes plus aisées à reconnaître comme biberons. Ce sont des poteries ou des flacons de verre munis d’une ouverture sur la partie haute et d’un petit goulot ou téterelle dans la partie ventrue.

Ces petites cruches à bec tubulaire, qu’elles soient en céramique ou en verre, sont régulièrement mises au jour sur des sites archéologiques, aussi bien en contexte domestique que funéraire. Cependant, leur découverte dans des tombes d’enfant reste rare, ce qui a souvent faussé l’interprétation qu’on en faisait. Ainsi, la littérature archéologique leur attribue de nombreuses fonctions. Les exemplaires en céramique sont qualifiés tour à tour de vases votifs, de pipette, de barolet à barbotine, de lampe à huile ou de tirelire.

Pour avoir une idée plus juste de la place qu’occupent ces cruches dans le quotidien des vivants, il convient de comprendre la place qu’elles tiennent dans le monde des morts. Les rites funéraires antiques sont basés sur la notion d’accompagnement du défunt vers l’au-delà ; la mise en terre est célébrée par un banquet au cours duquel le défunt partage un repas avec les vivants, par le biais d’éléments de vaisselle déposés à ses côtés. Au Bas-Empire, ce lot de vaisselle, défini comme assemblage de sustentation du défunt, comprend deux objets, souvent un récipient destiné à contenir les denrées solides et un récipient lié au service des boissons.

Trois sépultures à inhumation provenant de trois sites champenois différents ont été sélectionnées pour illustrer la présence de cruche à bec verseur tubulaire, parfois interprétée comme biberon, dans les tombes d’enfants. Toutes ces fosses, de dimensions trop réduites pour accueillir un adulte (leur longueur ne dépasse pas 1,20 m), ne contenaient que les restes très lacunaires de sujets supposés immatures. Le mobilier déposé se compose d’un ou deux objets, sauf dans la sépulture d’Arcis-sur-Aube, dans laquelle cinq éléments d’un service à liquides ont été retrouvés. Malheureusement, la mauvaise conservation du squelette dans ces trois exemples ne permet pas d’appréhender l’emplacement des objets déposés par rapport au défunt. La découverte en archéologie de ce genre de récipient en verre est rare. Ce sont, en l’état actuel des découvertes, les seuls exemples régionaux pour l’Antiquité. Dans la tombe d’Arcis-sur-Aube, l’assemblage de sustentation du défunt est composé d’un plat à denrées solides représenté par le bol cylindrique en verre et d’un verseur à boisson représenté par la cruche à bec tubulaire, également en verre. Quel type de boisson pouvait-elle contenir ? Le défunt étant un enfant, l’attribution de la cruche à un biberon contenant du lait est tentante. Pour le confirmer, des analyses ont été faites sur les résidus organiques déposés à l’intérieur des cruches de Bezannes et de Compertrix. Ces exemples ont montré que les petites cruches à bec étaient bien liées à la sustentation des enfants, qui plus est, à base de boisson lactée. Cependant, les cruches en verre sont fragiles et le doute persiste quant à leur utilisation pour l’allaitement artificiel. Les anses, petites et fines sont mal adaptées à une main d’adulte et le bec tubulaire brut et coupant, ne peut être placé dans la bouche d’un enfant.

Récemment, une expérience bien intéressante s’est déroulée à Bourges. En plaçant le guttus verticalement devant le sein, la mère aspire plusieurs fois par le petit goulot pour créer le vide d’air nécessaire à l’extraction du lait. Aussitôt après, le lait sort du sein et se dépose au fond du vase. L’archéologue pense que ces tire-laits servaient à amorcer l’allaitement, ils ne permettaient pas d’alimenter un nouveau-né en continu. Il est possible que les « biberons gallo-romains » présentés en 1993 lors de l’exposition à Versailles, Trésors de terre.

À notre connaissance, il existe un seul témoignage écrit antique d’origine médicale concernant l’usage du biberon. C’est un texte de Soranos d’Éphèse qui, au iie siècle de notre ère, évoque une tétine pour sevrer un nourrisson. Pour le Moyen Âge, on a conservé également des biberons de terre cuite, souvent nommés chevrette sans doute parce qu’on y mettait surtout du lait de chèvre. Ces biberons ont par la suite évolué vers le type des faïences de Quimper : petit pot de 10 à 15 cm de haut avec pied, anse latérale, goulot pour téter et orifice de remplissage. En breton, ces biberons se sont appelés pod bronnek, en français pot mamelon ou craule.

Il existe aussi, à partir du ixe siècle - peut-être de tous temps dans certaines régions - un type particulier de biberons, appelé corne ou cornette faite à partir de la corne d’un ovin ou d’un caprin. Le bout était percé d’un ou de plusieurs petits trous, parfois recouvert d’un chiffon retenu par un fil, à moins qu’une mèche ait été arrangée à l’intérieur d’un orifice plus gros. Un conte du xiiie siècle nous rapporte l’usage de cette corne d’une façon amusante.

Les mères préparaient au coin du feu la bouillie, le papin de l’enfant sevré. Cette bouillie à base de farine était mitonnée dans un petit poêlon, dans une petite cassote dont les historiennes Danièle Alexandre-Bidon et Monique Closson nous donnent de jolis dessins à partir de miniatures médiévales dans leur livre L’enfant à l’ombre des cathédrales. Le père est donc aussi impliqué dans l’alimentation du jeune enfant, et ceci très tôt d’après les usages médiévaux dont certains ont perduré au moins symboliquement jusqu’à nos jours.

On ne saurait oublier à ce propos que les théories médicales et les traditions populaires attribuaient depuis l’antiquité des vertus très négatives au lait maternel des premiers jours, le colostrum. Il n’était pas question pour l’accouchée d’allaiter son enfant, elle l’empoisonnerait. En attendant le baptême et la montée du lait, l’enfant était mis à la diète ou bien confié à une voisine. C’est seulement au xviiie siècle que l’on découvrit les vertus du colostrum pour l’évacuation du méconium mais les traditions perdurèrent. Jusqu’à une époque toute récente, on recommandait aux mères d’attendre la montée du lait pour mettre l’enfant au sein. Pour faire patienter le bébé, on imposait une diète presque absolue, à l’eau sucrée.

Au cours des siècles, on voit naître d’autres formes de biberons, fabriqués à partir de matières diverses, bois tourné (surtout du buis), terre, peau, faïence, porcelaine, verre, argent et or pour les plus riches. On invente et on réinvente de nouvelles tétines et drapelets qui imitent plus ou moins adroitement le mamelon. Le but est d’éviter que le bébé ne s’étouffe en ingurgitant trop vite : chiffon - rapidement souillé -, embout en bois, en os, en ivoire - tous matériaux bien durs pour les gencives des nouveau nés, mamelle d’animal - qui s’abîme trop vite et dégage rapidement une odeur désagréable. Le biberon en étain se répand surtout aux xviie-xviiie siècles avec des risques notables pour le bébé car certains étains contenaient du plomb, substance provoquant le saturnisme.

La demande de biberons grandit à partir de la Renaissance du fait de l’existence des grandes institutions en faveur des Enfants Trouvés. Du temps de François Ier, à l’Hôtel-Dieu de Paris, les religieuses et les servantes durent recourir aux biberons et cornets, faute de mères et de nourrices. Elles utilisaient des biberons d’étain et de verre « encornettés ou enveloppés de quelque petit drapeau ».

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