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Berceuse Petit Newton: Une Exploration des Chants, Comptines et Ritournelles pour l'Enfance

Cet article explore le monde des berceuses, des comptines et des ritournelles, en se penchant sur leur rôle dans le développement de l'enfant, en particulier en période de traumatisme. Nous analyserons comment ces formes d'expression, souvent caractérisées par la répétition et le rythme, peuvent créer un espace de sécurité et de réconfort.

Berceuses et Comptines: Définitions et Fonctions

Dans le Trésor de la langue française informatisée, la berceuse est définie non pas comme un type de musique ou de texte spécifique, mais par sa fonction : celle d'endormir et son lien intrinsèque avec l'enfance. Ainsi, tout texte peut potentiellement devenir une berceuse, car il s'agit moins d'un genre littéraire que d'une fonction. La formation du mot "berceuse" à partir du verbe "bercer" illustre bien cette idée.

La comptine, à l'instar de la berceuse, se définit également par sa fonction, celle de "compter", souvent dans le cadre d'un jeu. Berceuses et comptines partagent également un rythme particulier, basé sur la répétition.

"Chanson Aigre-Douce" de Gotlib: Une Étude de Cas

L'œuvre "Chanson aigre-douce", une bande dessinée de Gotlib, offre un éclairage intéressant sur l'utilisation de la comptine comme mécanisme de défense face à un traumatisme. L'histoire raconte celle d'un enfant juif, Marcel, caché dans une ferme pendant la Seconde Guerre mondiale, après la déportation de ses parents. Il est maltraité par les fermiers.

Dans cette œuvre, une comptine apparemment dépourvue de sens - "Leblésmouti labiscouti ouileblésmou labiscou" - joue un rôle central. Elle est à la fois un trompe-l'oreille que chante le personnage principal et la modalité selon laquelle textes et images sont organisés. Gotlib y évoque en effet son enfance, passée caché dans une ferme normande chez le « père Coudray », alors que ses parents avaient été déportés. Ces souvenirs sont même doublement traumatiques puisqu’au départ de ses parents et à la mort de son père - seule la mère de Gotlib reviendra des camps - s’ajoutent les maltraitances subies par les fermiers qui le cachent. Cette dimension autobiographique et traumatique est cependant cryptée dans la majeure partie des deux planches. La déportation, notamment, n’est évoquée qu’à travers le mot « orage » (« Papa et Maman sont restés sous l’orage, là-bas, au loin20 »). Lorsque, finalement, le cryptage est levé à la fin de la seconde planche, c’est tout à fait partiellement : « C’était en l’an de grâce 194221 ». Les camps de concentration et la mort du père restent couverts par l’orage. Juste après la révélation de la date de « 1942 », la métaphore est reprise, inchangée : « L’orage a duré longtemps22 ». Quant aux maltraitances subies par le petit Marcel, elles n’apparaissent que par comparaison avec d’autres évocations que Gotlib fera de son enfance par la suite (Sadoul 1974 : premier entretien ; Gottlieb 1993 : 78-80). Dans « Chanson aigre-douce », elles ne sont présentes que par contraste, à travers l’affection que l’enfant trouve auprès de la chèvre qu’il est chargé de garder (« Je lui caresse le museau. Et doucement, elle m’embrasse au creux de la main23 »), affection sur laquelle l’auteur revient dans la dernière case (« Pour qu’elle [la fille de Gotlib] puisse avoir, de son enfance, (…) autre chose qu’un museau de chèvre, tiède et humide, dans le creux d’une paume, au fond d’une étable obscure, comme soutien à se mettre sous la dent24 »).

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L’essentiel du texte est constitué d’un long récitatif. Si un tel procédé est fréquent dans la série15, celui-ci est ici particulièrement notable : le récitatif occupe souvent la case entière et notamment la dernière case de chaque bande (sauf la toute dernière).

La Comptine comme "Territoire"

Selon Gilles Deleuze et Félix Guattari, la berceuse ou la comptine peut être considérée comme une "ritournelle", un terme emprunté au vocabulaire du chant qui rappelle la répétition. La ritournelle crée un "territoire", un espace de sécurité où l'enfant peut se rassurer et trouver une stabilité émotionnelle.

Dans "Chanson aigre-douce", Marcel ne peut partager sa comptine qu'avec la chèvre dont il s'occupe. L'animal et la comptine forment un espace où l'enfant peut trouver stabilité, douceur et bienveillance. L'étable, chaude et obscure, devient également un élément de ce territoire rassurant, opposé à l'"orage" qui gronde au loin.

Le Non-Sens et la "Lalangue"

Le fait que Marcel ne comprenne pas le sens de sa comptine contribue à son efficacité. Elle est pour lui une simple suite de sons, représentée par Gotlib par des notes de musique ou par une transcription phonétique.

La comptine appartient ainsi à la zone transitionnelle telle que la conçoit Donald W. Au sein de l’histoire, cette opacité de la comptine n’empêche donc pas qu’elle joue son rôle de « territoire » au sens deleuzien-guattarien du terme ni qu’elle aide ainsi à supporter le double traumatisme des maltraitances que subit le petit Marcel et de la déportation de ses parents. C’est en effet en tant que suite d’onomatopées que la comptine permet un dialogue avec la chèvre : planche 2, bande 3, case 2, à la double croche symbolisant la comptine dans le phylactère de l’enfant répond le « Bêêêêêê » dans le phylactère de la chèvre - un son d’ailleurs présent dans plusieurs comptines. Qu’il s’agisse là d’une communication est explicité dans le récitatif associé à cette case : « Je lui chante ma comptine. Elle semble assez l’aimer. Elle a un long bêlement discret et admiratif ». Le même dialogue est repris d’une manière légèrement différente dans la dernière bande de l’histoire : l’enfant chante sa comptine à la chèvre, cette fois avec la transcription complète des paroles46 et la chèvre lui répond à nouveau par un « Bêêêêêêê47 ». Les deux dialogues s’inscrivent d’ailleurs tous les deux dans une même séquence de gestes qui participe de la création et de l’expérience d’un territoire d’intimité et de sécurité. L’enfant s’assied dans l’étable, à côté de l’animal48 ; il chante sa comptine49 ; la chèvre répond par un bêlement50 ; l’enfant « lui caresse le museau51 ». Ainsi la comptine permet le rapprochement entre Marcel et le ruminant, qui peut en outre apparaître comme une figure maternelle52. Plus qu’une proximité, la comptine participe d’une assimilation de l’enfant aux animaux : lorsque Marcel découvre la comptine, le fait qu’il n’en comprenne pas les paroles est représenté par un point d’interrogation placé à côté de lui57, point d’interrogation que l’on retrouve dans un phylactère au-dessus de la chèvre lorsque l’enfant lui chante la comptine pour la première fois58. La constitution d’un « territoire » rassurant, s’apparente ainsi à une animalisation de l’enfant : « l’étable » est le lieu où il se sent bien59 ; il y est comme un oiseau « douillement niché60 ».

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Ce concept est similaire à la "lalangue" de Jacques Lacan, un état originel de langue où le son prime sur le sens. La lalangue crée un sentiment de permanence et de sécurité, rappelant le ventre maternel.

La Perte du Sens et la Réapparition du Traumatisme

Lorsque la comptine est décryptée, lorsqu'elle cesse d'être lalangue, le traumatisme réapparaît. Les sons forment désormais des mots, et la réalité de la situation de Marcel devient plus palpable.

Exemples de Chants, Comptines et Formulettes

La culture populaire regorge de chants, de comptines et de formulettes, souvent transmis oralement de génération en génération. Voici quelques exemples :

  • Chants sacrés: Adoramus te Criste, Ave verum, Dio vi salve, Regina, Dios te salve, Maria, Jesu Rex admirabilis
  • Chants de Noël: Pausem nostra gauleta, Noël blanc, El Noï de la Mare
  • Chansons françaises: Barbarians, La Barcarolle, La Marche des Rois, Le Roi Boiteux, L’Âme des poètes, Nuit et Brouillard, L Aphabet de Mozart, L’autre jour en voulant danser, La la la je ne l’ose dire, La complainte du Corsaire, Amstrong, Les Corons, Les Trois Cloches, Le Tourdion, Trois belles choses, Je n’aurai pas le temps, La Quête, Height Ho, L Amour de Moy, Je veux voir Nérac, Le Temps du Muguet, La belle si Nous etions, Emmenez moi, Belle qui tiens ma vie, Choral des Adieux, La Romance de Paris, La chanson de Prevert
  • Chants régionaux et traditionnels: Boga, boga, De cap tà l’immourtèle, Hegoak
  • Chants étrangers: Amazing grace, Bénia calastoria, Din di rin din, Bella De Vos, Ay linda miga, Hallelujah, La Bamba, Monte Pasubio, Sweet Kate, Vino griego, Wade in the water, We shall overcome
  • Chants patriotiques et commémoratifs: La Marseillaise, Le Chant des Partisans, La Madelon, Le temps des cerises, La Chanson de Craonne
  • Comptines et formulettes: De multiples formulettes pour se moquer de quelqu'un ou des formules de politesses (quand on éternue, pour enlever le hoquet, …) : "Ai un fraire escaro-moungeto", "Sant Jan te crèisse", "Pisso au lié", "Chouquet", "Iéu sabe un ase", … "Ai davala dins moun jardin / Je suis descendu dans mon jardin", "Ai de bon tabac / J'ai du bon tabac", "Alauseto, ma gènto alauseto / Alouette, gentille alouette", "Ansin fan fan fan / Ainsi font font font", "En passant pèr la Prouvènço / En passant par la Lorraine", "Fai som-som / Fais dodo Colas mon p'tit frère", "Fraire Jaume / Frère Jacques", "La maire Miquèu / La mère Michel", "La ratugno verdo / Une souris verte", "Lou grand bon rèi Reinié / Le bon roi Dagobert", "Lou rat-liroun / Il court il court le furet", "Mama li bèu batèu / Maman les p'tits bateaux", "Mountagneto poulideto / Pirouette, cacahuète", "Souto de la luno / Au clair de la luno", "Sus lou pont d'Avignoun / Sur le pont d'Avignon", "Tres tambourin / Trois jeunes tambours", "Vènt fres / Vent frais", "Virouleto, petouseto / Pirouette, cacahuète", "Zoun zoun moun drouloun / Dodo l'enfant do", …

Ces exemples illustrent la diversité des formes et des fonctions des chants et comptines. Ils peuvent servir à divertir, à éduquer, à apaiser, ou encore à transmettre des valeurs culturelles.

Musiques de Films pour Endormir Bébé

Certaines musiques de films, par leur mélodie douce et apaisante, se prêtent particulièrement bien à l'endormissement des bébés. Voici quelques suggestions :

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  • Les films de Tim Burton (composées par Danny Elfman): Leur univers féerique et leurs mélodies douces sont parfaites pour bercer les enfants.
  • Le Monde de Narnia (composée par Harry Gregson-Williams): Les chants de la forêt magique sont idéaux pour une sieste paisible.
  • Harry Potter (composée par Alexandre Desplat): La douce tonalité de la musique de fond, notamment Lily's Theme, est parfaite pour endormir les bébés.
  • Le Seigneur des anneaux (composée par Howard Shore): Les mélodies douces et sauvages, comme la chanson Days of the Rings, sont très apaisantes.
  • Le Monde de Nemo (composée par Thomas Newman): Les mélodies aquatiques sont propices à l'endormissement.
  • Hunger Games (composée par James Newton Howard): La chanson de Rue, malgré le contexte du film, est très calme et mélodieuse.
  • Le Fantôme de l’Opéra: Plusieurs des chansons du Fantôme de l’Opéra méritent d’être applaudies. Le problème avec la bande-son est que la plupart des compositions ont un rythme accéléré.
  • The Greatest Showman: Cette comédie musicale propose une grande variété de chansons, à la fois rythmées et plus romantiques. Un bon exemple est “Never Enough”, interprétée par Loren Allred. Avec le faible volume de l’ordinateur et un léger fredonnement, un bébé s’endormira presque instantanément.

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