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Berceuse de l'Île de Man : Histoire et Origines

La berceuse, une mélodie douce et apaisante, transcende les cultures et les époques, servant de lien intime entre le parent et l'enfant. Parmi les nombreuses berceuses à travers le monde, certaines se distinguent par leur histoire riche et leurs origines fascinantes. Cet article explore l'histoire et les origines de la berceuse de l'Île de Man, en s'appuyant sur des sources et des informations pertinentes.

Henri Salvador : Un Maître de la Chanson Française et des Berceuses

Henri Salvador, figure emblématique du XXe siècle, a marqué la chanson française de son empreinte indélébile. Né le 18 juillet 1917 à Cayenne, en Guyane, il grandit dans un environnement musical stimulant, influencé par son père violoniste amateur et sa mère dotée d'une belle voix. Salvador lui-même reconnaissait avoir hérité du timbre vocal de sa mère et avoir passé sa vie à tenter d'imiter sa perfection.

Arrivé à Paris à l'âge de 12 ans, le jeune Henri découvre une ville contrastée, à la fois grise et hostile, mais qui deviendra son terrain de jeu favori. Il restera fidèle à Paris, au jazz et à la chanson française tout au long de sa vie.

Avant de devenir un chanteur adulé, Henri Salvador était d'abord un guitariste et un jazzman passionné. Sa famille s'installe à Paris en 1929 pour offrir à ses enfants une éducation de qualité, notamment pour qu'Henri devienne pharmacien. Cependant, le jeune garçon préfère l'école buissonnière et découvre l'argot dans les rues de la capitale avec son ami Arsène.

À quinze ans, sa rencontre avec le jazz de Louis Armstrong et Duke Ellington est un véritable coup de foudre, le poussant à embrasser une carrière musicale. L'écoute de Django Reinhardt à la radio le convainc de choisir la guitare comme instrument. Avec son frère André, Henri s'entraîne sans relâche, jusqu'à intégrer un orchestre.

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Les frères Salvador se produisent à Boulogne-sur-Mer, Paris et Nice, où ils rencontrent Ray Ventura, qui sélectionne Henri pour une tournée au Brésil. C'est à son retour du Brésil, en 1947, qu'Henri Salvador se lance dans la chanson avec un one-man-show au théâtre Bobino. Le succès est immédiat, propulsant sa carrière sur une trajectoire ascendante.

Le Rire d'Henri Salvador : Une Signature Inoubliable

Le nom d'Henri Salvador est indissociable de chansons emblématiques, comme la berceuse "La biche et le chevalier", plus connue sous le titre "Une chanson douce". Mais Salvador est également célèbre pour son rire unique et contagieux.

Déjà adolescent, son rire particulier attire l'attention. Alors qu'il assiste chaque dimanche au spectacle du clown Rhum au cirque Médrano, il est convoqué en coulisses par le clown lui-même, qui le remercie pour son rire tonitruant et l'invite à revenir gratuitement tous les dimanches.

Près de 30 ans plus tard, au sommet de sa gloire, Henri Salvador transforme son rire en un sketch à part entière. Il explique à son public : "Imaginez-vous que l'autre jour j'ai ri, et après avoir ri, j'ai constaté que les gens m'ayant entendu rire, ont ri, de m'avoir entendu rire. Alors je me suis dit, c'est très simple ! Il est complètement ridicule que je perde mon temps à faire des sketchs pour faire rire : je n'ai qu'à rire".

Henri Salvador : Chanteur Humoriste

Henri Salvador ne se contente pas de rire, il cherche constamment à faire rire les autres. Avec son frère André, il forme un duo de guitaristes comiques, agrémentant leurs morceaux de sketchs et de grimaces.

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Lors de sa tournée au Brésil avec l'orchestre de Ray Ventura, il sauve la troupe d'un échec en imitant le personnage de dessin animé Popeye. Cette expérience révèle son potentiel comique et lui donne le goût du one-man-show.

Son penchant pour l'humour se reflète également dans ses chansons. Dans les années 60, Henri Salvador enchaîne les tubes "rigolos" (Zorro est arrivé, Le travail c'est la santé, Juanita Banana…), accompagnés de clips déjantés.

Son talent pour la mise en scène et la comédie s'accorde parfaitement avec l'essor de la télévision. Le personnage de Salvador, à la fois comique et attachant, devient un visage familier pour les familles françaises.

La Parenthèse Henry Cording

En 1956, Michel Legrand, alors jeune chef d'orchestre engagé par Henri Salvador, revient de New York avec un nouveau genre musical : le rock'n'roll. Pour Salvador et son ami Boris Vian, le rock'n'roll n'est qu'une pâle imitation du jazz, qui ne mérite d'être introduit en France que sous forme de parodie.

C'est ainsi que, sous les pseudonymes de Henry Cording (un jeu de mots subtil), Vernon Sinclair (pour Boris Vian) et Mig Bike (pour Michel Legrand), les trois amis enregistrent un disque parodique intitulé "Henry Cording and his Original Rock and Roll Boys".

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Contre toute attente, le canular se transforme en succès. Salvador, Vian et Legrand, qui ne croyaient pas à l'avenir du rock français, se retrouvent malgré eux à l'avant-garde du genre. Des titres comme "Va t'faire cuire un œuf, man" et "Rock hoquet" sont pris au sérieux, du moins musicalement.

Jacqueline : L'Épouse et l'Impresario

En 1949, Henri Salvador se produit à l'ABC, un célèbre music-hall parisien. Soir après soir, une jeune femme brune est assise au premier rang, l'observant dans l'ombre. Séduit, Henri la décrit au portier de l'ABC, François, et lui demande d'inviter la jeune femme en coulisses.

Quelques jours plus tard, François reconnaît la belle brune et lui transmet le message. Lorsque Jacqueline Garabédian entre dans la loge du chanteur, elle est intimidée et émue. Elle lui dit : "Je vous admire beaucoup". Ce à quoi il répond : "Comme je vous comprends. Ça fait 32 ans que je vous attend".

Deux ans plus tard, François, le portier de l'ABC, est le témoin de leur mariage. Henri et Jacqueline Salvador partagent 27 années de vie commune, durant lesquelles la jeune femme timide se transforme en une véritable businesswoman.

Devenue l'imprésario de son mari, elle crée avec lui le label Salvador et participe à la production de ses plus grands succès. Jacqueline accompagne Henri partout, tout le temps. Sa disparition brutale en 1976 laisse un vide immense dans la vie du chanteur.

La Passion Pétanque

Henri Salvador est un homme passionné : la chanson, le jazz, les femmes… et la pétanque. Lorsqu'il n'est pas sur scène, il joue aux boules à Paris, Cannes, Avignon… Il participe à toutes les parties. "Je préfère jouer aux boules que travailler. Mais ce que les gens ne savent pas, c'est que pendant que je joue aux boules, je compose", explique-t-il au magazine Paroles et musique en octobre 1985.

À Paris, on le retrouve tous les dimanches sur l'esplanade des Invalides, parmi les passionnés. C'est là qu'il a l'idée de créer un nouveau type de boules, colorées, plus facilement identifiables par les joueurs.

Henri Salvador est un joueur de pétanque sérieux et passionné. Pour lui, la pétanque est un art et un sport, dans lequel il sera sacré champion à plusieurs reprises.

Derrière Chaque Chanson, un Duo

Le nom d'Henri Salvador est si connu qu'on oublie parfois les grands artistes qui ont composé et écrit pour lui. Il y a d'abord le duo formé par le compositeur Bernard Michel et le parolier Maurice Pon, auteurs de ses premières grandes chansons.

Puis, c'est l'écrivain-musicien Boris Vian, qui fréquente les clubs parisiens et les cafés de Saint-Germain-des-Prés avec les jazzmen du Hot Club de France. De la fin des années 50 jusqu'au décès de l'auteur de "J'irai cracher sur vos tombes", Salvador et Vian sont des amis complices et inséparables.

Chaque succès d'Henri Salvador est le fruit d'une alchimie particulière, d'un travail collectif : avec sa femme Jacqueline, ses amis ou de jeunes artistes comme Keren Ann et Benjamin Biolay, qui composent pour lui "Jardin d'hiver" en 2000, signant ainsi le tube de son grand retour et l'un des disques dont Salvador est le plus fier.

Fréquente le Gratin, Mais Pas Mondain

En près de cinquante ans de carrière, Henri Salvador a côtoyé les plus grands noms du XXe siècle : l'écrivain-musicien Boris Vian, le producteur Eddie Barclay, le chanteur-guitariste Georges Brassens, le trompettiste-compositeur américain Quincy Jones…

Cependant, le chanteur n'est pas mondain. À Cannes, il préfère les terrains de pétanque au tapis rouge de la Croisette. À Paris, bien qu'il aime faire le show à la télévision, il dîne entre amis, en petit comité, et n'apprécie pas les soirées mondaines.

Malgré sa propre célébrité, Henri Salvador développe une aversion pour le monde du show-business. Lorsque sa carrière traverse une période de creux dans les années 80, il dénonce un monde de la chanson en déclin, recouvert de paillettes, avec un franc-parler et une dureté qu'on ne lui connaissait pas.

Un Papa de la Bossa Nova

Le premier voyage d'Henri Salvador au Brésil remonte aux années 1940, avec l'orchestre de Ray Ventura. Vingt ans plus tard, sa chanson "Dans mon île" connaît un immense succès au Brésil, au point d'inspirer les premières compositions de bossa nova, un mélange de jazz et de samba.

Lorsqu'il revient au Brésil en 2006, Henri Salvador est accueilli comme un roi. Il laisse l'empreinte de ses mains sur le trottoir mythique de la Toca do Vinicius. Il chante en duo avec Gilberto Gil, alors ministre de la Culture, qui le décore de l'Ordre du Mérite et pleure sa disparition deux ans plus tard, le qualifiant de "l'un des principaux chantres de la bossa nova".

Le Livre du Rire et de l'Oubli

"Les gens qui rient ne vieillissent pas", déclare Henri Salvador à Paris-Match en octobre 1985. Et il semble que le chanteur rieur n'ait jamais vieilli, relançant sa carrière de manière inattendue, faisant la couverture des Inrockuptibles et participant aux plus grands festivals de musiques actuelles (Francofolies, Vieilles Charrues…) à plus de 80 ans.

Cependant, derrière le rire se cache le silence. Lorsqu'un sujet est pénible ou douloureux, il l'évite. Ainsi, les relations tendues s'enlisent et durent, comme celle avec son frère André ou son "fils caché", le photographe Jean-Marie Périer. Ces silences prolongés lui permettent d'oublier, ou du moins de faire croire à l'oubli.

Près de dix ans après sa disparition, Henri Salvador n'est pas près d'être oublié. Ses chansons sont toujours interprétées, ses numéros continuent de faire rire et son nom est entré dans le prestigieux Dictionnaire du jazz des éditions Robert Laffont.

Berceuses et Identité Culturelle : L'Exemple du "P'tit Quinquin"

La berceuse "Le p'tit quinquin", écrite en ch'ti par le poète lillois Alexandre Desrousseaux en 1853, illustre l'importance des berceuses dans la préservation de l'identité culturelle. Initialement intitulée "L'canchon Dormoire" (La chanson pour dormir), elle raconte la vie des petites gens à Lille, notamment à travers le personnage de la dentellière, une ouvrière misérable obligée d'endormir son enfant pour pouvoir travailler.

"Le p'tit quinquin" est devenu un symbole fort de la culture ch'ti, repris par les cliques et les fanfares, et utilisé à des fins publicitaires. Pendant la guerre de 1870, l'armée française s'empare de la chanson, témoignant de son impact sur la société.

Le terme "quinquin" vient du flamand "kind-kind", qui signifie "petit-petit". La mélodie du "P'tit quinquin" est diffusée toutes les heures par le carillon du beffroi de la Chambre de commerce de Lille.

Une statue réalisée par Eugène Déplechin représente "Le P’tit Quinquin" au pied du monument à Alexandre Desrousseaux, inauguré en 1902. L'original de cette statue se trouve à l'hôtel de ville de Lille, tandis qu'une réplique est visible au centre-ville, square Foch.

En octobre 1953, le Président Auriol reçoit la chorale lilloise "Les sans soucis" à l'Élysée, soulignant l'importance de cette chanson dans le patrimoine français. En 1892, lors des funérailles d'Alexandre Desrousseaux, la foule entonne "Le P'tit Quinquin" en guise de marche funèbre, témoignant de l'attachement de la population à cette berceuse emblématique.

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