Introduction
Le tambour est un instrument de percussion dont l'origine se perd dans la nuit des temps. Parmi les nombreux types de tambours existants, le tambour de bois occupe une place particulière. Cet article se propose d'explorer en détail le berceau pour tambour de bois, en abordant sa définition, son histoire, ses techniques instrumentales et son utilisation dans différentes cultures.
Historique du tambour
La préhistoire
Les parallèles ethnographiques établis entre les instruments respectifs des peuples Nord-Africains et jusqu'à l'Océanie, laissent penser que les tambours préhistoriques se développèrent, comme chez ces peuples, à partir de prototypes en bois. L'époque énéolithique (âge du cuivre) nous a laissé sur le territoire Européen des tambours caliciformes en terre et dans le Sud de l'URSS des tambours en céramiques spiralée en forme de Binoculaire. Les reconstitutions modernes de ces tambours se caractérisent par d'exceptionnelles qualités sonores et sont comparables à des instruments actuels de forme semblable, utilisé par des joueurs de tambour du Haut-Nil et tournés sur un tour de potier.
L'antiquité
L'éventail instrumental ou les souverains de la XVIIIème dynastie soumirent l'Asie antérieure: Les femmes avec leurs instruments de musique furent envoyées comme esclaves à la cour d'Egypte. Les danseuses battaient le rythme sur un tambourin sur cadre rappelant le tambour de basque actuellement en usage dans toute l'Afrique du Nord et au Proche Orient, mais dépourvu de cymbalettes. Les reliefs de l'époque de la XIIème dynastie montrent des tambours en forme de barillet à deux membranes sur lesquelles on frappait à deux mains. L'instrument TOF est le DUFF des Arabes, l'ancien tambour sur cadre égyptien, dépourvu, au contraire du tambour de basque, de toute pendeloque, grelot ou cymbalette. En Judée, comme dans tous les autres pays du Proche Orient, c'était un instrument typiquement féminin. Sur les représentations médiévales, on voit beaucoup plus souvent un musicien jouer d'une main de la flûte et de l'autre du tambour. Le poème Frauendienst d'Ulrich Von Lichtenstein (1255) nous apprend que cette association indissoluble était d'origine française, puis répandue dans toute l'Europe.
Le Moyen Âge
Dans son traité de l'année 600, Isidore de Séville appelle le tambour SYMPHONIA et le décrit comme une caisse de bois creuse, couverte de peau sur les deux faces. Dans le manuscrit enluminé Liber VIATICUS de Jean de STREDA (milieu du XIVème Siècle) on peut voir un joueur qui porte suspendu à son cou un tambour de la taille de la caisse claire actuelle. L'instrumentiste frappe le tambour avec deux baguettes dont l'angle d'attaque sur la peau est d'environ de 75°, tandis que le coude de la main droite est levée, ce qui est la position juste des batteurs modernes. Dans les représentations médiévales, les tambours apparaissent assez souvent par deux : Les musiciens les fixes à l'aide de courroies au-dessus des ses genoux ou à sa taille et les frappes de deux baguettes. Les timbales pénétrèrent en Europe seulement après les croisades vers la fin du XIIIème Siècle. Dans son poème sur la prise d'Alexandrie, Guillaume de MACHAUT leur donne le nom de NACAIRES. Le tambour à deux membranes et la caisse allongée en forme de tonneau est représentée dans un manuscrit de début du XIIème Siècle de l'université de Cambridge, et un tambour en forme de sablier apparait dans les manuscrit enluminés d'origine Italienne. Ce que le Moyen Age appelait MARGARETUM était un tambour de basque grelots frappé avec une baguette. Cet instrument se répandit depuis l'Asie dans tout le bassin méditérrannéen et surtout en Italie et en Espagne. C'est l'un des instruments les plus représentés dans les oeuvres des peintres italiens des XIV et XVème Siècle. Au XVIème Siècle, il passa subitement dans la sphère de la musique populaire puis finit par disparaitre. Le Moyen Age connaissait donc tous les types de tambours utilisés par l'orchestre actuel. Cependant, comme les tambours médiévaux étaient essentiellement des instruments militaires, on se préoccupait surtout de leurs puissances : Il existait donc aussi des tambours de grandes dimensions nommés BEDON.
Les pays arabes
La musique Arabo-Islamique connait les trois sortes de tambours: les tambours sur cadre, les tambours coniques et les timbales. Le petit tambour sur cadre TAR à cymbalettes métalliques est tenu dans la main gauche de telle manière que la peau soit présentée aux coups de la main droite. Celle ci frappe tantôt le bord, tantôt le milieu de la peau. Tandis que sonnent les cymbalettes. La main gauche frappe le rythme secondaire tandis que la droite bat le rythme principal. Le berceau de la musique turque se trouve en Asie Centrale ou certaines tribus mongoles continuent d'utiliser dans leurs cérémonies le même type de tambour, nommé BAR, que les Turcs d'Erzeroum ou d'Asie Mineure.
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Europe centrale
Le grand tambour TOUPAN est identique au tambour du même nom utilisé en Albanie, en Macédoine et en Serbie Méridionale.
Europe occidentale
La richesse du folklore musicale Français atteint par contre un niveau comparable à celle des pays Balkaniques. Dans le Midi, il existe deux types de tambours à deux membranes dont on joue en même temps que d'une flûte à lumière et à trois trous. Le musicien tient d'une main la flûte et tambourine de l'autre main. En Provence, il existe deux types de tambours à frictions: un vase en terre tendu d'une membrane et montée d'une baguette, qui se nomme PIGNATE, et un tambour rotatif nommé CIGALE.
L'Afrique noire
Aucun instrument de musique n'a sans doute joué un rôle plus important dans l'histoire de l'humanité que le tambour, dont l'existence peut être retracée jusqu'à l'âge de pierre. De nos jours, le monde connait plusieurs centaines de noms de tambours différents et il en existe à peu prés autant de types et de variantes. Dans la musique africaine, les tambours idiophones commes les tambours à membranes atteignent un niveau d'expréssion mélodique, traduisent toute une échelle de nuances sonores, susceptibles d'exprimer finement l'état d'âme de l'intrumentiste. En effet, la hauteur de certains tambours nègres peut être modulée dans l'étendue d'une octave, selon la manière de les frapper et l'endroit ou tombe le coup. Un ensemble composé de tels tambours dispose d'une série sonore voisine de plus de deux octaves. En d'autres termes, les tambours africains"Chantent" effectivement. Mais ils savent également "parler", ce qui implique que le terme d'instrument de musique est insuffisant pour les décrires. L'aptitude des tambours à "parler" repose sur le fait que le son a une valeur sémantique dans la langue de certains peuples et tribus africains. Les langues à tonalités sémantiques utilisent plusieurs tons, parmi lesquels se distinguent fondamentalement un ton haut, un ton moyen et un ton grave. D'ou les rapports réciproques entre la musique et le langage. Les peuples du Ghana, du Nigeria, du Cameroun s'entretiennent par la langue des tambours qui abolit pratiquement les distances. Selon leur conception, les tambours parleurs se repartissent en tambour à fente, tambours à membranes et tambours à frictions. La fabrication de tambours est, en Afrique, un secret qui se passe de générations en générations. On distingue des tambours masculins à sons graves et des tambours féminins, accordés une tierce ou une quarte plus haut. La "langue des tambours" comprend certaines formules fixes qui s'appliquent à des circonstances courantes dans la vie d'un peuple, naissances, mariages, morts…… Les chefs et les dignitaires ont leur propre "nom de tambour" qui est héréditaire. Parmi les nombreux tambours de l'Ouganda, citons OMBUTU et ONGALABI, tambours_parleurs qui servent à transmettre les invitations, à appeler à la récolte, à saluer les chefs ou les invités. Les YOROUBAS nigériens perpétuent un culte religieux archaîque consistant dans l'adoration d'ancêtres mythiques; il en existe environ quatre cents et chacun est évoqué par son propre motif de tambour. Les tambours parleurs tiennent une place importantes dans les ensembles populaires de musique de danse. La danse des membres de la famille royale s'accompagnée en Ouganda du tambour MIAGARO, celle des chefs de tribu du Ghana est accompagnée du BOMBAA et MPINTSIN; en Afrique Occidentale on joue du OMPE, BOADZE, OSEVENSI et MOSES. Chaque ensemble doit absolument comporter un tambour"propriétaire" ou"maitre" qui donne le ton aux autres instruments.
L'Amérique
Les tambours d'une importance primordiale à Cuba, sont en nombre incalculable: il éxiste même des ensembles exclusivemant composés de tambours. Les danses populaires sont accompagnées de la JOCA, tambour monoxyde à une membrane, d'origine Congolaise. A Pernambouco, on utilise les grands tambours INGOME, les tambours à peaux BATA et CARIMBA apparaissent sous de nombreuses formes, le tambour sur cadre se nomme PANDEIRO.
L'Amérique du Nord
La danse est accompagnée au son des hochets faits d'un sachet de cuir rempli de graines ou de cailloux. Plus rarement apparaît un fifre dépourvu de trous, tel qu'on peut le voir représenté dans les anciennes chroniques des Mayas et dont un porte vent spécial conduit le flux d'air jusqu'au bord de l'ouverture. Le chant est souvent accompagné sur un tambour à une peau rappelant le tambour sur cadre : On le tient de la main gauche et on le frappe avec une baguette tenue de la main droite. Un autre tambour est fait d'un tronc creux tendu de peau à une extrémité.
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Instruments nationaux et populaires
Aucune culture évoluée n'a sans doute développé dans la musique en système rythmique aussi parfait que la civilisation Indienne. Les tambours, avec leur technique raffinée, apportent une bonne contre partie rythmique au caractère moralisateur de la musique Indienne. La technique du jeu de tambour a toujours été, et demeure, un domaine ardu, dans lequel les musiciens indiens atteignent une perfection pour la moins merveilleuse. Sur le relief du temple de BOROBUDUR, on voit apparaître plusieurs type de tambours cylindriques datant de la période pré islamique. L'Islam a introduit en Inde les Timbales. Parmi les tambours sur cadre, on rencontre ici deux types: Le type pré islamique, comme le type persano arabe. L'Inde médiévale s'éfforça de composer un ensemble de tambours différemment accordés; c'est en Birmanie que ces ensembles ont atteint leur plus haute perfection. Parmi les tambours à deux peaux et à fut conique en bois, citons le MRIDAGAN, inventé, selon la légende, par Brahmâ lui-même. En Inde septentrionale, la prédilection se porte sur une paire de tambours, d'accord et de taille inégale, nommés TABLA. Le plus grans, dont le fût se rétrécit en cône à sa partie supérieure, est frappé de la main droite, tandis que la main gauche tambourine sur le petit tambour en forme de tonnelet. La TABLA présente une caisse monoxyle, et la peau est tendue en trois couches sur son ouverture. La membrane inférieure recouvre toute l'ouverture. La couche médiane, collée, par-dessus, présente une échancrure en son centre, et est recouverte à son tour d'une troisième couche encore plus ouverte, si bien que seule la périphérie du tambour porte un large anneau de peau. Au centre de la membrane, se trouve une mince couche lissée de pâle noire, composée de poudre de manganèse, de riz bouilli et de jus de tamarin, qui donne au tambour sa fine sonorité un peu étouffée. Les ensembles populaires utilisent le tambour DHOLA, dont les membranes sont renforcées par des anneaux de chanvres, tendues à l'aide de courroies. Le DHOLA est frappé soit à la main, soit à la baguette. Dans les cérémonies officielles, lors des processions ou dans les temples, on utilise la Timbale NAGARA au bassin en fer ou en cuivre riveté. Le GAVAL est un tambour à deux membranes, le TOP, est un tambour sur cadre à grelots. Les TIPLIPITOM du Daghestan sont la réplique des timbales en céramique Géorgiennes DIPLIPITO ; on leur adjoint une clochette que l'instrumentiste frappe de temps en temps avec sa baguette. Parmi le riche éventail de membraphones chinois, la littérature de l'époque Yin mentionne l'existence du tambour KOU. Le tambour PO-FOU se porte suspendu au cou et on frappe des deux mains. Les tambours étaient également utilisés par l'armée. Les scènes représentées sur les fresques de TOEN-HOANG nous apprennent que les tambours devaient à la fois servir d'instrument d'intimidation par la puissance de leur jeu er, surtout, régler le déroulement de la bataille. Les tambours jouaient également un rôle important dans le théatre chinois qui faisait appel à une sorte de "language des tambours", comparable uniquement au language des tambours Africains. L'ensemble des instruments à percussions du théatre chinois se compose du tambour TAN-P'I-KOU, des cymbalettes PO, complétées par le grand tambour TA-T'ANG-KOU et le petit tambour SIAO-T'ANG-KOU, les clochettes et d'autres instruments. Les tambours chinois se caractérisent par leurs peaux tendues à l'aide de clous, système qui exclut tout accord de L'instrument, au contraire des tambours Indiens, aux membranes tendues surtout à l'aide de courroies. C'est dans la croyance au pouvoir magique des tambours, pouvoir encore renforcé par le présence des clous, qu'il faut chercher l'explication de ce mode de fixation des membranes, comme celle de nombreux autres phénomènes, apparemment mystérieux, de la musique orientale. Dans les ensembles populaires et professionnels, on utilise le tambour T'ANG-KOU au fût en tonnelet bas, dont on joue avec deux baguettes. Le tambour YAO-KOU, voisin du précédent, est un peu plus haut, deux anneaux métalliques fixés à la caisse permettent de le suspendre à l'épaule de l'instrumentiste. Un petit tambour a fût bas, mais massif, porte le nom de TIEN-KOU sa membrane est caractéristiquement clouée sur le dessus du cadre. Le petit tambour PAN-KOU est également très répandu : son épais fût en bois à la forme d'une coupe retornée et présente un petit orifice sonore percé dans le fond. On le pose sur un trépied et c'est le chef de l'ensemble qui en joue avec deux baguettes. Le théatre KAKNBI possède des instruments typiques. Il s'agit surtout de différents types de cloches, de gongs, de grelots, de xylophones et de tambours, dont l'association permet d'obtenir un riche kaléidoscope de sonorité.
Définition du tambour de bois et de son berceau
Le tambour de bois
Traditionnellement creusé dans un tronc d'arbre, le tambour de bois est désormais constitué d'un parallélépipède rectangle en bois. Sur le dessus du tambour sont découpées des lamelles de bois, de forme et d'épaisseur variables, parfois accordées précisément, qui serviront de zones de frappe. Souvent appelé tambour à fente, on en trouve dans de nombreux pays. Il est formé d'un tronc d'arbre évidé, la fente ainsi créée transforme les parois en zones de frappe beaucoup plus sonores. Une caisse en bois rectangulaire dont la face supérieure comporte des découpes formant des lamelles de bois, qui serviront de zones de frappes. Il peut y avoir d'une à plus de dix lamelles de bois, leur longueur, largeur et l'épaisseur du bois déterminant la hauteur du son.
Le berceau
On fixe généralement le tambour de bois sur un support spécifique appelé berceau. Cette armature métallique se fixe des deux côtés du tambour ce qui permet de le maintenir en suspension avec un minimum d'attaches, et donc de conserver au maximum le sustain naturel de l'instrument. On fixera le berceau sur un pied et on pourra ainsi l'intégrer dans un set-up. Le tambour de bois traditionnel sera quant à lui posé sur une trap table dans le cas d'un set-up, ou directement sur le sol dans le cas d'un jeu traditionnel en position assise.
Zones de frappe
Le percussionniste joue sur les lamelles du tambour de bois sur lesquelles on distinguera deux zones de frappe.
- In between - I : zone standard, intermédiaire entre l'extrémité et la base de la lamelle, attaque moyennement définie, privilégie le grave du spectre, sustain important. Sur un tambour traditionnel cette zone correspond à la partie la plus proche de l'ouverture de la fente.
- Edge - E : zone très près de la base de la lamelle, plus l'on se rapproche de la base plus l'attaque est définie, on privilégie l'aigu du spectre, et le sustain se réduit. Attaque très définie, spectre équilibré, sustain moyen.
Baguettes et techniques instrumentales
Baguettes
Ces baguettes ne sont utilisables que sur les tambours de bois africains, car ils endommageraient grandement les autres types de tambour de bois.
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- Baguettes de multi-percussion : Attaque très définie, son puissant, spectre assez équilibré mais plutôt aigu, sustain moyen. On évitera les baguettes trop dures sur les instruments neufs car elles risquent d'abîmer les fibres du bois.
- Baguettes de timbale : Attaque moyennement définie, spectre riche plutôt grave, sustain important. Ce type de baguettes est relativement fragile et risque de s'endommager rapidement si l'on en abuse, notamment dans des nuances fortes. A utiliser uniquement sur les plus grand modèles de tambours de bois nécessitant une baguette plus large et plus lourde pour faire sonner pleinement les lames. Elles ne sont pas appropriées sur des tambours de bois de taille conventionnelle.
- Sticks : Composés d’une série de brins en bois, son boisé et léger, attaque définie, palette de nuances réduite (pianissimo à forte).
- Balais : Baguettes aux nombreuses possibilités de son en fonction du réglage de l'écartement entre les fibres du balai. Attaque définie mais micro impacts multiples, son aigu et très léger, palette de nuances réduite (de pianissimo à mezzoforte).
- Mains : On peut utiliser les mains sur toutes les zones de frappe. Palette de nuances réduite (de pianissimo à mezzoforte).
Modes de jeu
- Frappe simple : la baguette frappe le tambour et remonte tout de suite. Il n’y a qu’un seul impact.
- Dead Stroke : la tête de la baguette reste collée au bois, étouffant directement le son, il ne reste alors plus aucune résonance.
- Effets glissés et frottés : L'utilisation de balais est particulièrement adaptée aux effets glissés et frottés.
- Alterné : pas de rebonds, les mains alternent à chaque note. Ce type de roulement n'est pas très rapide, ne faisant appel qu’à l’articulation des poignets et non aux rebonds des baguettes.
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