La France connaît un essor notable de ses entreprises dans le secteur de la défense, stimulé par des investissements stratégiques, des innovations technologiques et une volonté de renforcer la souveraineté nationale et européenne. Cet article examine l'état actuel de ces entreprises, leur rôle crucial dans l'économie française et les perspectives d'avenir.
Dynamique des entreprises de défense en France
Le secteur de la défense en France est un écosystème complexe et dynamique, composé de grands groupes industriels, de petites et moyennes entreprises (PME) innovantes et d'institutions de recherche. Ces acteurs collaborent pour développer des technologies de pointe et des équipements militaires de haute performance.
Inscriptions et Référencements
Toutes les structures référencées sont inscrites à un ou plusieurs référentiels publics (base Sirene, RNE, RNA). L'inscription à la base Sirene tenue par l’Insee est effective depuis le 08/03/2008, avec une mise à jour le 06/12/2025. Ces structures sont également inscrites au Répertoire National des Associations (RNA).
Chaque entreprise possède un numéro SIREN, un SIRET pour son siège social, un numéro de TVA Intracommunautaire et un numéro EORI (Economic Operator Registration and Identification), qui est un identifiant unique pour les relations avec les autorités douanières.
Activité principale et informations économiques
L'activité principale est définie par un code NAF/APE. Le code NAF 2025, issu de la nouvelle nomenclature de l’Insee, sera applicable à partir du 1er janvier 2027 et coexistera avec la NAF actuelle jusqu’en fin 2026. L'effectif salarié est une variable basée sur les données de l’Insee, incluant la tranche d’effectifs salariés et le caractère employeur des établissements. Certaines unités sont non employeuses, n'ayant pas de salariés durant l'année de référence. La catégorie d'entreprise est calculée par l'Insee, tenant compte de l'appartenance à un groupe.
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Qualités, labels et certificats
Plusieurs structures appartiennent à l’Économie Sociale et Solidaire (ESS). Les informations proviennent de sources telles que l’INSEE, VIES, les Douanes et la DILA. Les données sont mises à jour régulièrement, avec des sources incluant le Ministère de l’Intérieur (MI) et la direction de la jeunesse de l'éducation populaire et de la vie associative (DJEPVA).
Rôle clé de la Bourgogne-Franche-Comté
La région Bourgogne-Franche-Comté joue un rôle crucial dans l'industrie nucléaire française, malgré l'absence de centrale nucléaire sur son territoire. Son excellence scientifique et son histoire industrielle en font un pilier de la filière.
Expertise métallurgique et nucléaire
Selon David Marti, Maire du Creusot, la région est fortement impliquée dans l'énergie nucléaire, notamment dans la fabrication de composants importants pour le nucléaire civil et militaire. La région est un territoire d’excellence pour la métallurgie, une expertise indispensable à la sûreté nucléaire en raison des conditions de fonctionnement extrêmes dans ce domaine.
Projet CALHIPSO
Le projet CALHIPSO est une plateforme de recherche mutualisée qui fédère des acteurs publics et privés (Université de Bourgogne, CEA, Framatome, CNRS). Il vise à donner aux industriels français de la métallurgie l’accès à la Compression Isostatique à Chaud (CIC), une technologie d’avenir pour des applications dans le nucléaire, l’aéronautique et la défense. Une enceinte de compression pour prototypes sera installée au Creusot, avec une mise en service prévue au premier trimestre 2023. Cette plateforme permettra de produire des matériaux et des composants à haute performance, inatteignables par les moyens de production classiques.
Développement de l'hydrogène
La région s’investit également dans le développement d’autres énergies, comme l’hydrogène. Jean-Louis Vignolo, directeur technique du cluster industriel Vallée de l’énergie, souligne que l’hydrogène est un sujet de longue date sur le territoire, notamment à travers le FCLAB (fuel cell lab). Le nucléaire, aux côtés des énergies renouvelables, est considéré comme un allié indispensable pour produire un hydrogène bas carbone.
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Emploi et formation
Yves Chevillon, délégué régional du groupe EDF, rappelle que l’industrie nucléaire est un important pourvoyeur d’emplois dans la région, avec une implantation de plus de 50 ans. La construction de deux réacteurs nucléaires EPR sur le site d’Hinkley Point, au Royaume-Uni, profite également à l’emploi en Bourgogne-Franche-Comté. Framatome, un acteur incontournable de l’industrie nucléaire locale, emploie 2 500 personnes dans la région et recrute environ 1 000 salariés par an en France.
Isabelle Laugerette, secrétaire générale de l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) Saône-et-Loire, met en avant une initiative originale pour former les jeunes aux métiers de l’industrie, avec la cofondation d’une école de production sur Chalon, spécialisée dans l’usinage, un métier en forte tension dans le secteur nucléaire.
Résilience et souveraineté
Jean-François Debost, directeur général du pôle de compétitivité Nuclear Valley, souligne la résilience de la filière industrielle face aux crises sanitaires et économiques, ainsi que son rôle dans la souveraineté nationale. Plus de 90 % des entreprises intervenant dans cette filière sont françaises et ont des établissements en région, avec environ 500 établissements en Bourgogne-Franche-Comté impliqués directement dans cette filière.
Nexter et le programme Scorpion
Nexter, le fabricant tricolore des chars Leclerc et du système d'artillerie mobile Caesar, bénéficie pleinement de la loi de programmation militaire. Les salariés de l'usine de Roanne, berceau centenaire des blindés de l'armée française, sont mobilisés pour usiner les Griffon, les Serval, les Jaguar et les Leclerc. Ce renouvellement des capacités de l'armée de terre, porté par le programme « Scorpion », représente une véritable renaissance pour le leader hexagonal de la défense terrestre, désormais filiale du holding franco-allemand KNDS.
Naval Group et la modernisation du chantier naval de Lorient
Naval Group, grâce à des investissements industriels significatifs sur son site de Lorient, est en mesure de mettre à flot jusqu’à deux navires par an pour répondre aux besoins de la Marine nationale et des marines étrangères. Le hall d’assemblage impressionne par son gigantisme, avec une cale sèche de 15 000 m2, la seule couverte en Europe, haute comme un immeuble de dix étages et longue de 300 m.
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Production et modernisation
Depuis la construction du bâtiment durant la Première Guerre mondiale, l’industriel assemble frégates et corvettes. Naval Group construira également les trois frégates de défense et d’intervention (FDI) commandées par la Marine grecque. Le groupe a lancé une modernisation de l’ensemble de son chantier naval lorientais, où travaillent environ 2 300 salariés, auxquels s’ajoutent 1 200 sous-traitants.
François Demoulin, directeur du site de Lorient, précise que le projet C20F30 vise à fabriquer des corvettes en vingt mois et des frégates en trente, doublant ainsi la capacité de fabrication par rapport au milieu des années 2000.
Gains de productivité
Pour doper sa productivité, le site de Lorient a investi 40 millions d’euros entre 2018 et 2022. Naval Group mise sur une nouvelle méthode de production cadencée, le « takt time », où chaque navire passe par quatre étapes différentes, chacune durant six mois. La digitalisation accélère également la production, avec les nouveaux navires entièrement conçus numériquement. Olivier de Smirnoff, directeur des opérations du programme FDI, explique que la frégate FDI sera construite sans plan papier.
Essor militaro-industriel dans le Sud-Ouest
Dans le sillage de l’aéronautique et du spatial, les entreprises de l’Occitanie et de la Nouvelle-Aquitaine s’engouffrent dans une économie de réarmement, soutenues par l’État et les collectivités. La présidente de la région Occitanie, Carole Delga, a annoncé le déblocage de 200 millions d’euros en faveur de l’industrie de la défense et de l’armement, affirmant que l’Occitanie sera un acteur clé du réarmement et de la souveraineté européenne.
Soutien régional et compétences
Ces aides concerneront les acteurs existants dans leurs projets de développement et de recherche, ainsi que ceux de l’intelligence artificielle (IA) ou de la cybersécurité sur le volet défense. La région Occitanie compte 25 000 salariés, répartis au sein d’environ 400 entreprises, incluant de grands groupes comme Airbus Defence and Space, Cegelec Défense, Thales et Safran, ainsi que des PME comme les Forges de Tarbes, Delair et Lacroix Défense.
Rôle du département du Cher
Le département du Cher possède une histoire particulière avec les industries de défense, d’armement et d’aéronautique. La fabrication d’armements fait appel à un large éventail de compétences et métiers. Le Centre d'Ingénierie de la Défense (CID), porté par la Communauté d’Agglomération de Bourges (Bourges Plus), est un centre de ressources et de promotion des savoir-faire technologiques régionaux dans le domaine de la défense et de l’armement terrestre. Son rôle est de soutenir les différents acteurs du territoire, en misant particulièrement sur l’activité du maintien en condition opérationnelle (MCO) des matériels militaires.
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