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Berceau de Sagesse: Exploration des Sources et Influences

L'expression "berceau de sagesse" évoque l'origine et le développement de la pensée philosophique et de la connaissance. Cet article explore les différentes facettes de cette notion, en s'appuyant sur des exemples littéraires et historiques, et en considérant l'influence des cultures orientales et occidentales.

L'Exotisme Littéraire comme Source de Sagesse

On affirme souvent que l’exotisme est lié au thème fondamental du voyage. Sans départ, au moins imaginaire, pas de découverte ni de rêve concernant les horizons lointains. Il semble cependant que cette assertion ne concerne que les œuvres originales de la littérature occidentale, dans lesquelles la présence de l’exotisme doit être motivée. Or, le vrai goût de l’exotique littéraire, qui se développe dès le début du XVIIIe siècle, prend naissance essentiellement dans les traductions d’Antoine Galland. Autrement dit, du point de vue de l’histoire littéraire, la source de la mode de l’exotisme se trouve dans les traductions et dans les imitations des textes orientaux. L'exotique, au départ, est une chose, ou plutôt une liste de choses, un catalogue d’objets précieux - le butin des merveilles ramenées d’une campagne militaire, ou d’un négoce sur les docks d’un grand port.

La sagesse qui provenait de l’Orient était souvent considérée comme plus ancienne, donc plus « authentique », plus profonde, supérieure à la pensée occidentale, donc vraiment « précieuse ». Ce qui mériterait d’être étudié, c’est la figure du Sage oriental, par opposition à la figure du Savant occidental. Au Moyen Age, ce n’étaient pas les négociants occidentaux de retour de voyage, mais plutôt les Européens originaires de l’Orient qui mettaient à jour de pareilles perles de sagesse : il suffit de nommer Pierre d’Alphonse, créateur de la Disciplina clericalis (source de plusieurs fabliaux et nouvelles européens) et Jean de Capoue, traducteur de Kalilah et Dimnah (source de plusieurs fables européennes), deux juifs convertis dont les ancêtres avaient apporté en Europe leur bagage littéraire.

Il faut avouer que vers les XVIe-XVIIe siècles, la situation s’inverse : ce sont maintenant les Européens qui « rapportent le butin » intellectuel de leurs voyages en Orient. Vers la deuxième moitié du XVIIIe siècle le goût oriental à la française pénètre dans la littérature russe ; son influence est encore perceptible au début du XIXe siècle.

Viazemski et les Fables Orientales

Parmi les poètes du cercle pouchkinien, c’est Piotr Viazemski qui a laissé les exemples les plus caractéristiques de la fable orientale. Les sources de ses apologues se trouvent dans la poésie française, à l’exception d’une pièce, due au fabuliste polonais Ignacy Krasicki (qui, à son tour, s’appuyait sur une version française de l’apologue persan).

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Viazemski a plusieurs fois trouvé de nouvelles applications aux épigrammes françaises, en les adressant heureusement à ses contemporains russes. On pourrait citer ses attaques contre S. Bobrov (d’après Voltaire), contre D. Khvostov (d’après Rulhière), et autres.

L'Apologue de la Goutte

La fable remonte à l’apologue qui se trouve dans le Boustan de Saadi. Cette œuvre était beaucoup moins connue en France que Gulistan : la première imitation, libre et fragmentaire, n’a paru qu’en 1762, et la première traduction véritable qu’en 1869. Cependant, l’apologue de la goutte n’était pas inconnu du public. Au début du XVIIIe siècle déjà, il était exposé dans la traduction du Spectateur anglais. En 1766 le même apologue était traduit de la version anonyme allemande qui venait d’être publiée.

Une Goutte d’Eau tomba des nuages et fut couverte de confusion en contemplant la vaste étendue des mers. « Où suis-je, dit-elle ? Qu’est-ce que la mer ? Et que suis-je moi-même ? Si tout cela existe, est-il bien vrai que j’existe aussi ? » Tandis qu’elle s’examinait avec dédain, une coquille à perle la prit et la conserva. Le destin voulut que cette faible goute d’Eau devint le plus précieux joyau des Rois.

A la fin du XVIIIe siècle parut encore une traduction du persan. Mentionnons une version plus ample (25 vers) de Mancini-Nivernois, dont « La Goutte d’eau » s’éloigne significativement du prototype. Il est très probable que la plupart des auteurs mentionnés ont pris connaissance de ce sujet grâce au père François-Joseph Terrasse Desbillons (ou Des Billons, 1711-1789), dont les fables latines jouissaient d’une certaine popularité ; en 1779 et en 1809, elles ont été éditées avec la traduction française en regard.

Autres Fables et Leurs Sources

Un Roi vertueux, dans un moment de colère, alloit faire périr un innocent. O Roi, lui dit-il, mon supplice va finir avec ma vie ; mais le tient va commencer. Une version modifiée et beaucoup plus prolixe (en sept alexandrins) a été proposée par A.-E.-X. Poisson de La Chabeaussière. L’histoire est tirée du premier chapitre du Boustan de Saadi.

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C’est une traduction de la fable « Derwisz i Uczeń » d’Ignacy Krasicki. Tout comme la fable précédente, ce dixain a deux parallèles français : un apologue prosaïque de Sauvigny et une pièce versifiée de Creuzé de Lesser. Un Sultan reprochoit à un de ses Visirs de n’être pas d’un caractere assez ferme : Sire, lui répond le Visir ; c’est à ce même caractere que j’ai l’obligation de la place que j’occupe auprès de Ta Hautesse ; & c’est par lui que je m’y maintiens. Deux micromotifs communs à Viazemski et Sauvigny, manquent chez Creuzé : 1) le sultan adresse un reproche à son vizir, 2) le vizir explique, comment il a su s’élever et garder son statut. La fable de Creuzé enseigne que la flexibilité est parfois plus utile dans la vie que la fermeté (cf. « Le Chêne et le Roseau » et ses nombreuses versions). Il y a au moins encore une version de la même histoire : « Le Vieux Vizir. Apologue » de l’abbé de Schosne, publié dans L’Almanach des Muses en 1792.

« Le Calife et Le Derviche : Apologue oriental » fut publié par Viazemski dans la Revue des Dames (Damskij Žurnal) en 1823. Cette œuvre se situe entre la fable et le conte en vers ; voici son sujet : un calife hautain, entouré de sa suite, rencontre près de ruines un vieillard qui tient un crâne dans ses mains. A une question du calife, le derviche répond qu’il essaie de deviner si le crâne appartenait à un roi ou à un mendiant - tâche qui se révèle impossible. Il est assez probable que Viazemski ait été inspiré par la fable de Mancini-Nivernois « Le Visir et le Manant » ; avec cela, il a emprunté le titre d’une autre fable de Mancini (« Le Derviche et le Calife »). La même histoire fut remaniée par Creuzé de Lesser. Si certains détails (comme la description de la suite du calife) rapprochent Viazemski de Mancini, la morale de sa fable est plus proche de celle de Creuzé.

Le Thème du Despote et l'Influence Orientale

Il est intéressant de noter que quatre des six poèmes « orientaux » cités sont liés au thème du despote. L’un d’eux (l’inscription pour un portrait de Barmécide resp. de Menchikov) est tiré d’une véritable histoire orientale (« le sort », qui a fait chuter les Barmécides, c’était la volonté du despote : le calife Harun ar-Rachid). Evidemment, une telle proportion n’est pas due au hasard : dans la description par Hérodote des guerres gréco-persanes, l’Orient est déjà associé au règne de l’arbitraire, à l’idée d’un gouvernement tyrannique (au sens moderne du mot). L’histoire du terme « despotisme » (et « despotisme oriental » en particulier) est méticuleusement étudiée par Koebner et Venturi. Au XVIIIe siècle, l’usage de ce terme était assez courant ; chez certains représentants de la philosophie politique des Lumières, il jouait un rôle important, comme chez Montesquieu ou comme dans les fameuses Recherches sur l’origine du despotisme oriental de Nicolas-Antoine Boulanger (1761, nombreuses rééditions).

Pouchkine et les Maximes Orientales

Le « Monument » de Pouchkine (1836, Je me suis érigé un monument…, libre imitation de « Exegi monumentum… » horacien) fut l’objet de nombreux commentaires et d’une monographie écrite par un des meilleurs spécialistes soviétiques. En particulier, on a discuté à plusieurs reprises le vers final du poème pouchkinien, qui n’a pas d’équivalent dans l’ode 3.30 d’Horace : « Et ne conteste pas avec le sot ». Wilhelm Busch a remarqué qu’une pensée semblable se trouvait dans une autre ode horacienne : la 2.16, mais un parallèle plus proche existe chez Pouchkine lui-même. Des cinq préceptes du quatrain français, seul le dernier trouve son équivalent dans « l’Album d’Onéguine » et dans le « Monument ».

Nous ne savons pas s’il existe un lien direct entre ces deux quatrains, mais de toute façon, ils remontent au recueil Les Paroles remarquables, les Bons mots et les Maximes des Orientaux composé par Antoine Galland et paru en 1694. Galland ne cite pas ses sources, mais on voit facilement que la majorité des histoires, des apologues et des aphorismes est tirée du Gulistan de Saadi. Aiés le cœur pur & net devant Dieu. Soyes generalement civil envers tout le monde. Maistrisés vos passions, soyes soumis à vos superieurs, & supportés leurs defauts. Prenés conseil des sages. Le conseil final de ce passage remonte, semble-t-il, à Saadi.

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Une contestation s’engagea entre un savant considéré et un ismaëlien. Le premier ne l’emporta pas sur le second par ses arguments. Alors il renonça à la dispute et s’en retourna […]Vers. Du Ryer a traduit le dernier vers ainsi : « […] la respõse qu’il faut faire à telle gens, c’est qu’il ne leur faut point faire de response ». De plus, le dernier chapitre du Gulistan (VIII, « Touchant les bienséances de la société ») contient une maxime, que Du Ryer a compris de la façon suivante : « Sois muet avec les ignorants, que si l’ignorant cognoissoit son ignorance, il ne seroit plus ignorant ». C’est probablement à partir de cette traduction que le précepte en question a pénétré dans la « section orientale » de la tradition aphoristique française.

Il semble que ces recommandations de Saadi aient également influencé le troisième poème du cycle pouchkinien « Imitations du Coran ». N. O. Lerner a déjà remarqué le caractère peu fidèle de l’interprétation pouchkinienne.

Un aveugle se présenta devant Mahomet dans un moment où il travaillait à la conversion d’un Coréishite riche et puissant ; il fut mal reçu. L’aveugle revint, et il fut traité avec bonté. Ainsi, les paroles par lesquelles Allah s’adresse au prophète signifient : « tu te justifies en avançant que pour l’aveugle ton sermon serait inutile, mais en réalité, tu ne veux pas dépenser ton temps avec un pauvre, car tu t’es occupé avec un riche ». Cependant, Pouchkine a compris ce texte dans l’esprit des conseils de Saadi, qui incitent à ne pas discuter avec les ignorants et les sots.

Le Prophete a froncé le front, a eu le visage refrogné, & s’est retiré lors que l’Aveugle est venu vers lui. Il ne te dira pas s’il croira en Dieu ; & s’il profitera de tes prédications ; éloigne-toi de celui qui s’éloignera de la loi de Dieu, tu n’es obligé qu’à le prêcher, & non pas à le faire croire […] Ajoutons qu’un motif récurrent dans les lettres de Pouchkine est le conseil de ne pas se disputer avec les sots.

Sagesse et Jeux de Mots: Les Mots Fléchés

Dans le contexte des mots fléchés, l'expression "berceau de sagesse" peut renvoyer à :

  • Patrie des Sagiens: La recherche de la patrie des Sagiens, avec des réponses variant de 2 à 13 lettres, témoigne de la diversité des interprétations et des connaissances associées à cette notion.
  • Vieille Sagesse: Les solutions proposées, allant de 3 à 14 lettres, suggèrent différentes manières d'exprimer l'idée de sagesse ancienne et éprouvée.
  • Berceau d'une École de Philosophie: Les réponses possibles, de 3 à 11 lettres, illustrent la multiplicité des lieux et des courants de pensée qui ont vu naître la philosophie.

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