La vallée du Rhône, un corridor naturel essentiel entre la Méditerranée et les terres du nord, a toujours été un lieu de passage privilégié. Avant l'arrivée des Romains, le Rhône accueillait déjà d'intenses échanges commerciaux entre Étrusques, Grecs et Celtes. La vigne y aurait même existé à l'état sauvage. La conquête de la Narbonnaise en -121 avant J.-C. marque un tournant, ouvrant la voie à la romanisation du territoire et à une transformation profonde de l'agriculture locale.
L'Ère Romaine : Naissance d'un Vignoble Structuré
Autour de -125 à -121 av. J.-C., les Romains introduisent des cépages italiques, comme le vitis vinifera, qui s'acclimatent parfaitement sur les terrasses du Rhône. La topographie exigeante, particulièrement dans la région de l'actuelle Côte-Rôtie, pousse les vignerons à aménager des restanques, ces fameuses terrasses soutenues par des murets de pierres sèches.
La vallée du Rhône devient rapidement un centre de production et de négoce grâce à la synergie entre le fleuve, qui facilite l'exportation, et les grands axes romains, notamment la Via Agrippa vers Lyon et la Germanie. Vienne, en moins d'un siècle, obtient le droit rare de produire du vin pour Rome, ce qui lui permet d'exporter vers la capitale impériale.
Sénèque et Martial, dans leurs écrits du Ier siècle après J.-C., témoignent de la qualité et de la renommée des vins du secteur de Vienne et des Allobroges. Bien que l'on ignore leur goût exact, on sait que les vins produits étaient plutôt rouges ou bruns, parfois capiteux, et que les techniques de conservation impliquaient souvent l'ajout de résine ou d'herbes aromatiques. Des analyses récentes d'amphores de la région de Vienne ont révélé la présence de restes d'acides tartriques typiques du vin, attestant des exportations de l'époque. Pline l'Ancien mentionne également les vins du Rhône dans le Livre 14 de son Histoire Naturelle.
Cependant, la vigne romaine ne survit pas à toutes les invasions. En 280, Probus annule l'édit de Domitien.
Lire aussi: Les traditions autour du Berceau de Naissance
Du Moyen Âge à la Renaissance : Tradition et Innovation
Au Moyen Âge, les vins de « Saint-Joseph » sont connus sous la dénomination « vins de Mauves ». Au fil du temps, ce vin s’est retrouvé sur les plus grandes tables royales de la Russie à la France. Il est même cité par Victor Hugo dans les Misérables !
Au IXe siècle, Charlemagne découvre et apprécie ce vin, qui continuera d’être servi sur les tables royales par la suite.
Durant cette période, on ne met surtout pas d'eau dans son vin ! Vectrice de maladie et de microbes, on se méfie en effet de l’eau, à qui on préfère un bon verre de rouge. Pour des raisons de santé publique, le vin devient donc un élément central de la vie à cette époque. Par ailleurs, les procédés de vinification sont théorisés par les moines et se démocratisent avec l’invention de l’imprimerie en 1454. Parce que le poison était monnaie courante pour éliminer un rival un peu trop encombrant, les buveurs ont adopté une astuce bien maligne : pour s’assurer que leur vin n’était pas dangereusement mortel, ils échangeaient un peu de leur breuvage avec celui du voisin.
Après le Moyen- ge, la colonisation a participé à exporter le vin à travers le monde. On trouve ainsi des traces de vignes en Amérique du Sud au milieu du XVIème siècle, ainsi qu’en Afrique du Sud et aux États-Unis au XVIIème siècle.
La renommée des vins de la rive droite gardoise du Rhône, la Coste du Rhône, berceau multiséculaire de l’appellation Laudun, transcende les époques. En 1600, Olivier de Serres, le père de l’agronomie française, cite les vins de Laudun parmi les meilleurs vins blancs de France.
Lire aussi: Choisir les bons jouets pour bébé dans le berceau
L'Époque Moderne et Contemporaine : Défis et Reconnaissance
Le XIXe siècle représente une période de vulnérabilité pour le vignoble rhodanien. La crise du phylloxéra, un insecte venu d'Amérique, ravage les ceps dès 1875 et met à mal l'économie locale. La résistance s'organise grâce au greffage sur porte-greffes américains et une replantation massive.
L’instauration en 1936 de l'Appellation d’Origine Contrôlée (AOC) pour Châteauneuf-du-Pape, pionnière en France, marque l’entrée de la Vallée du Rhône dans la modernité viticole. En 1937, le vignoble de Laudun intègre naturellement l’aire des Côtes du Rhône, l’une des toutes premières appellations créées en France après la publication du décret-loi du 30 juin 1935 instituant le principe de l’appellation d’origine contrôlée.
Anecdote : lors de l’hiver 1956, une vague de froid mémorable gèle massivement les vignes du Sud rhodanien, poussant les vignerons à réévaluer les méthodes culturales.
Au sortir de la guerre, les vignerons laudunois entendent valoriser la réputation liée au nom de Laudun. Un rapport géologique et historique est établi, une délimitation proposée, un cahier des charges rédigé. En 1947, le tribunal d’Uzès reconnaît l’appellation contrôlée Laudun. Mais il faudra attendre plus de soixante-dix ans pour que Laudun soit reconnu en cru.
Le XXème siècle marque l’avènement de la science du vin, grâce à de nombreuses recherches et investissements. C’est également à cette époque que la lutte contre l’alcoolisme devient le centre du discours médical. Rappelons quand même que jusqu’en 1956, il est courant de servir un verre de vin aux enfants à la cantine ! Et pour cause, depuis des décennies, les médecins préconisent la consommation d’alcool pour favoriser la croissance et stimuler l’intellect.
Lire aussi: Avis sur les berceaux Calidoo, Zina et Amara
Reconnue par l’INAO (Institut National de l’Origine et de la Qualité) en tant qu’appellation communale fin 2024, Laudun entame désormais sa mue. Ce nouveau statut récompense l’effort collectif et qualitatif entrepris ces dernières années, tant sur les rouges que sur les fameux blancs de Laudun. Pour ce faire et pour matérialiser ce statut de cru, Laudun fait évoluer son positionnement et son identité graphique.
La Syrah : Un Cépage Emblématique de la Vallée du Rhône
La Vallée du Rhône, berceau de nombreux cépages emblématiques, est le lieu de naissance d'une variété de vigne remarquable : la Syrah. L'origine du cépage Syrah demeure entourée de mystère. De nombreuses légendes racontent que l’origine de ce cépage ainsi que son nom viendrait de ville de Shiraz, en Perse ou encore d’une petite île Grecque des Cyclades du nom de Syros … Cependant, il est désormais admis que la Vallée du Rhône est le véritable lieu de naissance de ce cépage.
Les vins produits à partir de ce cépage se caractérisent par leur couleur intense, allant du pourpre au rubis foncé, ainsi que par leur bouquet complexe et envoûtant. Les vins de Syrah se déclinent en différentes expressions le long de la Vallée du Rhône. Dans la partie septentrionale, notamment dans les appellations Saint Joseph , Crozes-Hermitage, Cornas, Côte-Rôtie et Hermitage.
Guigal : Une Maison Emblématique de la Vallée du Rhône
La maison Guigal fait figure d’excellence dans la vallée du Rhône depuis plus de 50 ans. Tenue par la même famille, elle produit des vins de grande qualité à partir de son domaine, mais également à partir d’achats (sélectifs) de raisins, en provenance de nombreuses appellations de la région.
Etienne Guigal est le grand-père de Philippe Guigal, qui tient aujourd’hui les rênes de la maison. Marcel est lui aussi, un autodidacte, qui n’a pas étudié le vin avant de s’y dédier. Dès son arrivée au domaine en 1961, du haut de ses 17 ans il s’occupe de tout, alors que 17.000 bouteilles sont produites tous les ans par la maison Guigal, vendues essentiellement localement.
Après 20 ans d’existence de la maison Guigal, en 1966, il en achète la première vigne, et pas n’importe laquelle puisqu’il s’agit de la Mouline. Les premières exportations aux Etats-Unis voient également le jour. Sa femme Bernadette le rejoint en 1973 pour l’épauler dans la maison.
En 1995, c’est un couronnement avec l’acquisition du Château d’Ampuis, un mythe historique et œnologique. C’est aujourd’hui Philippe Guigal, représentant de la troisième génération et œnologue de formation, qui en tient les rênes.
Aujourd’hui, le vignoble s’étend sur toutes les appellations prestigieuses de la vallée du Rhône avec quelque 75 hectares de vignes au sein de lieux comme Côte-Rôtie, Condrieu, Saint-Joseph, Hermitage ou Crozes-Hermitage au Nord et Gigondas, Tavel, Côtes-du-Rhône et Châteauneuf-du-Pape, au sud.
Pour suivre le rythme et assurer une qualité constante de cette cuvée, 80 à 100 échantillons sont dégustés tous les jours entre midi et 14h, à l’aveugle. Parallèlement à l’accroissement de ce patrimoine familial, la maison Guigal a choisi de posséder sa propre tonnellerie artisanale depuis 2003.
tags: #berceau #de #la #vigne #cotes #du