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Saint-Sauveur-en-Puisaye: Berceau de Colette

Saint-Sauveur-en-Puisaye, un nom qui résonne avec la douceur des paysages bourguignons et l'écho de la voix singulière de Sidonie-Gabrielle Colette. Ce village de l'Yonne, niché au cœur de la région Bourgogne-Franche-Comté, est bien plus qu'un simple lieu de naissance ; il est le terreau fertile où s'enracinent l'imaginaire et l'œuvre de l'une des plus grandes écrivaines françaises.

Colette: Une Vie, une Œuvre Indissociables de Saint-Sauveur

Sidonie-Gabrielle Colette naît le 28 janvier 1873 à Saint-Sauveur-en-Puisaye, dans l’Yonne. Elle est la fille de Sidonie Landoy et du capitaine Joseph-Jules Colette. Son enfance dans ce village est un paradis sur terre, une source d'inspiration inépuisable pour son œuvre littéraire. La maison familiale, avec ses jardins luxuriants, devient un personnage à part entière dans ses écrits, un lieu de mémoire et d'émotion.

Une Enfance Heureuse et Studieuse

La jeune fille fréquente l’école communale et cette éducation s’achève au moment où elle passe avec succès son brevet élémentaire, les 1er et 2 juillet 1889 dans la ville voisine d’Auxerre. Cette éducation, ainsi que l'amour et l'attention de sa mère, Sido, contribuent à forger sa personnalité indépendante et son regard aiguisé sur le monde.

Le Départ de Saint-Sauveur: Un Déchirement

La même année, la maison familiale de Saint-Sauveur est vendue par autorité de justice. Les Colette sont à présent très endettés, Joseph-Jules Colette ne s’étant pas montré à la hauteur des responsabilités financières qui lui incombent. Ils doivent quitter la ville et se réfugier à Châtillon-Coligny, dans le Loiret, chez Achille, devenu médecin. Ce départ marque une rupture dans la vie de Colette, un arrachement à ses racines qui la hantera toute sa vie.

L'Ascension Littéraire de Colette

Trois années plus tard, le 15 mai 1893, Sidonie-Gabrielle Colette se marie à Henri Gauthier-Villars, dit « Willy », le fils cadet d’Albert-Gauthier-Vilars, ancien camarade de promotion du Capitaine Colette devenu un grand éditeur. Le couple s’installe peu après au 28 rue Jacob à Paris, puis rue de Courcelles en 1901.

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Les Années Willy: Une Collaboration Tumultueuse

Willy initie sa femme à la vie du Tout-Paris littéraire et fait d'elle l'une de ses « nègres ». En 1900, est ainsi publié « Claudine à l’école », sous le seul nom de Willy, puis « Claudine à Paris », un volume signé cette fois ci « Willy et Colette Willy », « Claudine en ménage » en 1902 et enfin « Claudine s’en va » l’année suivante, qui clôt la série. Colette rédige et publie ensuite sous son seul nom « Dialogues de bêtes » en 1904.

L'Émancipation et la Reconnaissance

Colette s’éloigne à présent de son mari. Le divorce d’avec Willy ne sera cependant prononcé que le 21 juin 1910, après une séparation de corps et de biens. Dès le début de l’année 1906, Colette prend des leçons de pantomime avec Georges Waag, dit « Wague », un comédien de renom qui a renouvelé l’art du mime. Dans les années qui suivent, de 1907 à 1912, elle joue en sa compagnie de nombreuses pièces sur les scènes parisiennes. Colette poursuit également son activité d’écrivain. Elle publie « Les Vrilles de la vigne » en 1908, qui raconte notamment son expérience de la scène, puis « L’Ingénue libertine » l’année suivante et « La Vagabonde » en 1910.

Les Mariages et les Engagements

L’écrivain fait ainsi la connaissance du rédacteur en chef du grand quotidien, Henry de Jouvenel des Ursins, avec lequel elle se marie le 19 décembre 1912. Le couple aura une fille, prénommée également Colette mais surnommé par sa mère « Bel-Gazou », qui nait le 3 juillet 1913. Peu après le commencement du premier conflit mondial, Colette assure les gardes de nuit auprès des blessés soignés au Lycée Janson-de-Sailly, qui est transformé en hôpital. Le 9 mars 1935, l’écrivain féministe se marie pour la troisième fois, à Maurice Goudeket.

La Consécration

C’est l’heure de la reconnaissance. Le 25 septembre 1920, Colette se voit décernée la Légion d’Honneur. Grâce à son talent de plume , elle se voit bientôt confier la direction littéraire du journal Le Matin. En 1945, Colette est élue à l’Académie Goncourt, devenue après un demi-siècle d’existence une institution du monde des lettres. Elle en devient la présidente en 1949.

Saint-Sauveur: Un Lieu de Mémoire et de Pèlerinage Littéraire

Le 3 août 1954, Colette décède à Paris. Mais son cœur est resté à Saint-Sauveur-en-Puisaye, dans cette maison de son enfance où elle a puisé l'essence de son œuvre.

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La Maison Natale: Un Musée à la Gloire de Colette

« Je m’appelle Claudine, j’habite Montigny, j’y suis née en 1884, probablement je n’y mourrai pas ». Cette phrase est la première du roman « Claudine à l’école ». Le 28 janvier 1873, rue de l’Hospice - devenue rue Colette - à Saint-Sauveur, Gabrielle Colette naît de Sido et Jules Colette. Une longue maison dans une rue en pente, une grande cour derrière, qui conduit au « jardin du haut », celui des fouillis de fleurs, et au « jardin du bas », celui du potager.

La Reconstitution Fidèle d'un Univers

La maison natale de Colette, située rue Colette à Saint-Sauveur-en-Puisaye, est aujourd'hui un musée qui permet de plonger dans l'univers de l'écrivaine. La maison a été fidèlement reconstituée grâce aux descriptions minutieuses de Colette dans ses livres et aux recherches de passionnés. Les intérieurs, les jardins, le mobilier, tout a été pensé pour recréer l'atmosphère de l'enfance de Colette.

Un Centre d'Études Colette

Le projet comprend aussi un Centre d’études Colette, soit le fonds de documentation le plus important la concernant, associé à un studio pour les chercheurs et auteurs en résidence. « Mieux qu’une simple maison d’écrivain, la maison natale de Colette est la genèse de sa création littéraire, précise le communiqué.

La Genèse Tumultueuse du Musée

La naissance du Musée Colette fut aussi tumultueuse que la vie de Colette. En 1974, Colette de Jouvenel, dite Bel Gazou, fille de l’auteur, souhaite qu’un musée soit érigé à la mémoire de sa mère dans le berceau familial à Saint-Sauveur-en-Puisaye. N’étant plus propriétaire de la maison natale des Colette, Bel Gazou, aidée de la municipalité, se tourne vers le château indivis et abandonné qui surplombe la ville, mais rien n’est encore possible.

L'Ouverture du Musée: Un Hommage à Colette

En 1995, le Musée Colette ouvre ses portes. La muséographie est signée par l’artiste plasticienne Hélène Mugot.

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Colette: Une Femme Libre et Révolutionnaire

Tour à tour, Colette a été mime, auteur dramatique, journaliste, comédienne, critique de théâtre, marchande de produits de beauté, scénariste ; elle a inventé l’autofiction avant même que le mot existe (La Naissance du jour, Chambre d’hôtel…) et, avant tous, sans doute pour l’avoir ressentie dans sa chair, a eu l’intuition que l’identité sexuelle des êtres n’est pas définie une fois pour toutes (Le Pur et l’Impur…). Au point que cette vie singulière a parfois fait de l’ombre, comme on dit, au travail de l’écrivain. Et que des lecteurs ont été tentés de se satisfaire du seul récit de cette existence. Erreur, car vie et œuvre ne peuvent être disjointes. C’est celle-là qu’il faut interroger pour y déceler les ferments de celle-ci ; elle en est la source et le levain.

Une Œuvre Marquée par l'Expérience Personnelle

Comment devient-on Colette ? Poser cette question à l’occasion du 150e anniversaire de la naissance de l’écrivaine, c’est revenir aux sources d’un désir de liberté sans pareil, évoquer les obstacles familiaux, sociaux et personnels qu’il fallut surmonter et toutes les conquêtes que Colette sut faire en pionnière, au fil de sa plume, en un demi-siècle de création. Colette, c’est la liberté d’être soi-même et de devenir tout autre, la liberté de « faire ce que je veux », d’être mime, comédienne, journaliste, marchande de produits de beauté et une écrivaine de génie. Plus qu’un nom, un emblème !

Un Parcours Hors du Commun

De sa naissance à Saint-Sauveur-en-Puisaye, dans l’Yonne, en 1873, à sa mort à Paris en 1954, la vie de Colette reflète le parcours hors du commun d’une femme libre. Une vie traversée de combats, de scandales, d’épreuves, de coups de force, d’audace, où chaque étape lui a permis de conquérir la reconnaissance officielle.

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