Le berceau, meuble essentiel pour accueillir le nouveau-né, a connu diverses formes et significations à travers l'histoire, notamment dans la Grèce antique. Cet article explore l'histoire du berceau, ses différentes formes et son importance culturelle, en mettant en lumière les représentations artistiques des bébés et de l'enfance dans cette civilisation.
Origines et Définitions du Berceau
Le mot "berceau" apparaît en 1472, dérivé de l'ancien français "berz" (XIIe siècle), lui-même issu du latin "bercium". Dès l'origine, il désigne tout instrument ou meuble servant de couchage protecteur pour le nouveau-né, offrant ou non la possibilité d'un mouvement régulier favorisant l'endormissement. Diverses formes ont existé : hamac de peau suspendu aux branches d'arbres, caisses en bois, nids de feuilles, ou corbeilles tressées en fibres végétales comme le roseau, l'osier ou la paille. Le couffin d'osier, en référence à Moïse sauvé des eaux du Nil, était également connu dans l'Antiquité, de l'Égypte à Rome, en passant par la Grèce.
Le Berceau dans l'Antiquité Grecque
Dans la Grèce antique, les informations spécifiques sur les berceaux sont fragmentaires, mais on peut déduire certaines pratiques et matériaux utilisés à partir de sources archéologiques et iconographiques.
Matériaux et Fabrication
Dans les campagnes médiévales, le berceau était rare, souvent fabriqué par le père lui-même. Il pouvait s'agir d'une moitié de tronc d'arbre évidé, d'un demi-tonnelet, ou d'une caisse en forme d'auge confectionnée avec quatre planches de bois chevillées. Les bois odoriférants comme le pin ou le sapin étaient privilégiés. Des trous permettaient l'écoulement de l'urine, et le nouveau-né reposait sur des paillasses remplies de paille de blé, de seigle, de bourre de chardon, de feuilles de fougère, ou de varech. Des feuilles de laurier et de myrte étaient ajoutées pour masquer les odeurs. Plus rarement, le berceau-litière contenait du son stérilisé sur lequel l'enfant était posé nu-fesses, mais ce modèle était limité par la croissance rapide de l'enfant. Une sangle passant dans des trous latéraux empêchait l'enfant de tomber si le berceau se retournait, et une couverture de chanvre ou de laine le protégeait.
Soins et Protection du Nouveau-né
La naissance d'un enfant n'était pas toujours accueillie avec joie. L'enfant n'était accepté que si le père le reconnaissait en le soulevant du sol. S'il ne le faisait pas, l'enfant était « exposé » devant la porte ou sur une décharge. La nourrice jouait un rôle crucial en nourrissant le bébé avec son lait pendant environ deux ans.
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Le Hochets d'Archytas : Un Jouet Éducatif
Aristote attribue à Archytas de Tarente l’invention du hochet. La découverte ne concerne cependant pas l’objet, mais le concept qui détermine son usage. Elle prend tout son sens à la lumière de la dimension éducative de la musique prônée par le pythagoricien et ses contemporains. Loin d’être un simple objet ludique, « le hochet d’Archytas » participe pleinement au processus de « fabrication de l’humain » qui transforme par étapes le tout-petit en être social en Grèce ancienne. Le rythme et la musique structurent l’âme de l’enfant, en le détournant d’activités désordonnées qui font prendre de mauvaises habitudes. Son usage témoigne du souci d’entourer le tout petit de soins adaptés à son âge dès la naissance. Il s’inscrit aussi dans une gamme de soins qui inclut les berceuses et visent à assurer une croissance en bonne santé.
Superstitions et Traditions
Les Grecs étaient très attachés à leurs traditions religieuses et aux superstitions. Pour se protéger du mauvais œil (κακό μάτι), il était courant de faire « ftou-ftou » (cracher symboliquement) après avoir complimenté quelqu'un. On pouvait aussi porter un œil bleu protecteur.
Représentations Artistiques de l'Enfance
L'histoire de l'art offre un aperçu précieux des représentations des nourrissons et de l'enfance dans la Grèce antique, bien que les berceaux eux-mêmes soient rarement représentés directement.
Silène portant Dionysos enfant
Cette sculpture romaine en marbre du musée du Louvre, réalisée d’après un original grec en bronze créé vers 300-200 avant J. C, en est un bel exemple. Créée par Lysippe ou un sculpteur de son entourage, l’œuvre représente Silène portant le dieu Dionysos enfant. Le groupe sculpté est d’une grande expressivité, conformément à l’art de l’époque grecque hellénistique - définie par son naturalisme et son animation quasi théâtrale. Le jeu de de regards entre les deux personnages est particulièrement touchant. Silène jette un regard attendri sur Dionysos, tandis qu’il enlace son petit corps de ses grandes mains. L’enfant, quant à lui, tente d’attraper la barbe du faune tandis qu’il semble observer la couronne de vigne et les grains de raisin ornant la tête de ce dernier.
L'Éducation et le Rôle des Femmes
L'éducation des garçons à Sparte et à Athènes était très différente. À Sparte, les garçons étaient embrigadés dès l'âge de sept ans et soumis à une éducation sévère axée sur la discipline militaire. À Athènes, les garçons allaient à l'école à partir de sept ans, accompagnés de leur pédagogue (un esclave chargé de les surveiller). Les filles, quant à elles, étaient également éduquées, mais leur rôle principal était de gérer le foyer.
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Offrandes Votives et Rituels
Les offrandes de vêtements dans les sanctuaires grecs témoignent de l'importance de la maternité et de l'enfance. Les inventaires conservés mentionnent souvent des vêtements maternels offerts en remerciement pour un heureux accouchement.
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