L'article explore la complexité entourant les biberons jetables en plastique, en abordant leur composition, les méthodes de stérilisation, les préoccupations sanitaires et environnementales, et l'évolution des pratiques dans les établissements de santé. Il met en lumière les avantages et les inconvénients de l'usage unique par rapport aux alternatives réutilisables, tout en considérant les aspects économiques, logistiques et réglementaires.
Stérilisation des biberons : un retour sur les pratiques
Récemment, des inquiétudes ont été soulevées concernant la stérilisation des biberons et des tétines à l'oxyde d'éthylène (ETO). Cette méthode, qui consiste à "gazer" les biberons, est autorisée en France pour le matériel médical, mais interdite pour les produits en contact direct avec les aliments.
En Belgique, la stérilisation à l'ETO des biberons à usage unique, considérés comme des "dispositifs médicaux", est jugée "conforme aux normes de sécurité européennes". L'Agence fédérale belge des médicaments et des produits de santé (AFMPS) affirme que leur utilisation dans les maternités "ne présente pas de risque pour la santé publique". Il est important de distinguer ces biberons à usage unique, utilisés en milieu hospitalier pour les prématurés, des biberons vendus dans le commerce.
Autrefois, la stérilisation des biberons était une activité importante. Cependant, de nombreux hôpitaux, comme ceux de Poissy et Saint-Germain, ont opté pour l'usage unique, ce qui a considérablement réduit la fréquence des cycles d'autoclaves destinés au matériel thermosensible comme le caoutchouc des tétines. Cette transition a coïncidé avec l'émergence du risque prion et la disponibilité accrue de matériel jetable.
L'essor du matériel à usage unique : commodité ou gaspillage ?
La généralisation de l'emploi de matériel jetable à usage unique peut être perçue comme une commodité et un signe de modernité. Cependant, cette approche soulève des questions importantes concernant la gestion des déchets médicaux.
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Un réseau d'objection de croissance en Suisse s'interroge sur la manière de réduire les déchets médicaux, soulignant que le matériel jetable en génère une quantité importante. Cette question est d'autant plus pertinente que les déchets contaminés sont difficiles à traiter selon les normes en vigueur.
L'usage unique s'étend également à d'autres domaines médicaux, comme la pose de prothèses de hanche. Muriel Benedetto-Marmilloud, directeur R&D au sein de BIOMET, a travaillé sur la conception d'une instrumentation à usage unique pour cette intervention, afin de résoudre les problèmes de stérilisation.
Stérilisation en interne ou externalisation : quel modèle choisir ?
La question de savoir s'il faut garder la stérilisation en interne ou l'externaliser est un sujet de débat actuel dans les établissements de soins. Lors de l'Aseptic Surgery Forum, des experts ont présenté différents points de vue sur cette question.
Sterience, une entreprise spécialisée dans la stérilisation, met en avant les avantages suivants : obtention de l'état stérile conforme aux normes, réponse pharmaceutique, traçabilité du processus, garantie d'un niveau de sécurité pour le patient, adaptabilité aux pics d'activité et innovation.
Cependant, certains chirurgiens utilisateurs ont souligné des inconvénients liés à l'externalisation, tels que des défauts dans la recomposition des boîtes, des problèmes d'application des filtres et des retards de livraison. Ils insistent sur la nécessité d'une éducation rigoureuse des équipes chirurgicales et d'un tri méticuleux du matériel après l'intervention.
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Un bilan de trois ans d'externalisation de la stérilisation a révélé que le circuit n'est pas toujours parfaitement sécurisé, avec des problèmes de matériel endommagé, de containers incomplets et de retards de livraison. Des études ont montré que des instruments manquent fréquemment à l'étage de conditionnement et qu'il existe des différences significatives entre le conditionnement et la réception.
Pour améliorer la traçabilité, certains instruments sont équipés de puces RFID.
Évolution des pratiques de stérilisation : un regard historique
En Mars 1965, seuls le bloc opératoire et la salle d'urgence de l'Hôtel-Dieu étaient équipés d'un Poupinel et d'un autoclave à vapeur d'eau pour la stérilisation des instruments, des sarraus et des champs opératoires. La prise en compte des règles d'asepsie était déjà une préoccupation majeure.
À cette époque, les aiguilles à injection étaient réutilisables et perdaient de leur pouvoir piquant au fil des utilisations. La préparation des seringues était un défi, car il fallait réassembler les seringues après les avoir fait bouillir, sans repères entre le corps de la seringue et le piston.
L'utilisation de la seringue à usage unique était marginale, et les responsables craignaient un usage "détourné". Ils n'acceptaient de commander des seringues neuves qu'en échange des emballages vides.
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Un premier objectif était de proposer aux soignants des sets de soins "prêts à l'emploi". Cependant, il a fallu mécaniser les moyens de production pour satisfaire cette demande.
Un infirmier référent en stérilisation se souvient d'un stage en 1983 où un Poupinel était utilisé dans la salle de soins sans procédure claire ni information sur son fonctionnement. Chaque infirmière y déposait son matériel après l'avoir lavé, sans se soucier des contraintes de stérilisation.
Composition des biberons en plastique et alternatives
La composition des biberons en plastique est un sujet de préoccupation croissante. Le bisphénol A (BPA), un perturbateur endocrinien, a été interdit dans la fabrication des biberons en Europe en 2011. Cependant, d'autres substances chimiques potentiellement dangereuses peuvent être présentes dans certains plastiques.
Les alternatives aux biberons en plastique comprennent les biberons en verre, en inox et en silicone. Le verre est un matériau sûr et facile à nettoyer, mais il peut être fragile. L'inox est durable et résistant à la chaleur, mais il peut être plus coûteux. Le silicone est souple et résistant, mais il peut absorber les odeurs et les couleurs.
Formation et compétences en stérilisation
La réglementation oblige les directeurs d'hôpitaux à justifier de la formation des agents de stérilisation amenés à utiliser les stérilisateurs à vapeur d'eau sous pression. Apave assure ces formations, qui correspondent également à une démarche de certification des établissements de santé.
L'Association Française de Stérilisation (AFS) joue un rôle important dans la formation et l'information des professionnels de la stérilisation. Elle organise des Journées Nationales d'Études de Stérilisation (JNES) et publie des guides pratiques sur la stérilisation.
L'AFS s'intéresse également à l'attractivité du métier de la stérilisation et aux perspectives de carrière pour les professionnels de ce domaine. Elle cherche à valoriser l'expertise métier et à promouvoir la formation continue.
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