Le reflux gastro-œsophagien (RGO) est une pathologie fréquente chez le nourrisson, caractérisée par la remontée involontaire du contenu gastrique dans l’œsophage. Bien que souvent bénin et spontanément résolutif, il peut parfois entraîner des symptômes gênants et des complications nécessitant une prise en charge adaptée. Cet article vise à informer les parents sur les causes, les symptômes et les solutions pour soulager leur bébé souffrant de RGO.
Qu'est-ce que le RGO ?
Le RGO est une remontée involontaire du contenu gastrique dans l’œsophage, avec ou sans régurgitation externe. En cas de régurgitation simple, il s’agit d’un phénomène physiologique normal et spontanément résolutif chez le nourrisson en bonne santé. Inversement, lorsque le reflux du contenu gastrique provoque des symptômes gênants et / ou des complications, on parle de RGO compliqué. La prévalence de la régurgitation chez les nourrissons atteint son maximum à l’âge de 4 mois et 50 à 85 % des nourrissons ont une régurgitation au moins une fois par jour. Le RGO survient chez près des deux tiers des nourrissons de moins de 4 mois, dont plus de la moitié deviennent asymptomatiques avant l’âge de 10 mois et 80 % à l’âge de 18 mois.
Causes du RGO chez le Nourrisson
Plusieurs facteurs peuvent contribuer au RGO chez le nourrisson :
- Immaturité du sphincter inférieur de l’œsophage: Le relâchement transitoire et inappropriée du sphincter inférieur de l’œsophage est le principal mécanisme conduisant au RGO. Chez le bébé, ce sphincter est souvent immature à la naissance et il va naturellement se renforcer peu à peu, dans les premiers mois de vie.
- Position couchée: Les nouveau-nés souffrent de régurgitations probablement aussi à cause du régime liquide et de la posture en position couchée.
- Facteurs anatomiques: L’anatomie de votre bébé n’est pas identique à la vôtre. L’œsophage est plus court chez le bébé que chez l’adulte, ce qui facilite la remontée du lait.
- Autres facteurs: La distension gastrique et l’augmentation de la pression intra-abdominale favorisent le relâchement du sphincter inférieur de l’œsophage. Également, pendant la grossesse, lors de l’expulsion et parfois après la naissance peut créer un RGO.
Symptômes du RGO
Les symptômes du RGO peuvent varier d'un bébé à l'autre. Il est important de distinguer le RGO simple du RGO compliqué.
RGO Simple (Régurgitation Simple)
Le reflux gastro-œsophagien simple dit Régurgitation Simple se manifeste par une expulsion spontanée d’une petite quantité de lait (5 à 10ml) qui se fait sans effort. Cela correspond à un liquide blanchâtre, mélange de lait et de salive et se produit le plus souvent peu après la prise alimentaire. Ceci est inconfortable pour bébé mais pas d’inquiétude à avoir tant que cela n’affecte pas son appétit et sa prise de poids. Les Régurgitation se produisent chez 40 à 65% des nourrissons en bonne santé âgés de un à quatre mois.
Lire aussi: Habillage pluie Loola Bébé Confort : Test complet
RGO Compliqué
Le reflux gastro-œsophagien compliqué se produit lorsque le reflux du contenu gastrique provoque des symptômes gênants, affectent la qualité de la vie ou provoquent des complications. Cela s’accompagne de pleurs, d’inconforts avec un bébé qui aura tendance à beaucoup se cambrer en arrière lors de la digestion. Il peut avoir des douleurs ou de l’irritabilité au moment des repas, des pleurs et agitation pendant et après la tété, des troubles du sommeil avec des réveils nocturnes, des postures asymétriques du cou (syndrome de sandifer), des problèmes respiratoires comme de la toux, un gain de poids insuffisant.
Les symptômes gênants du RGO sont souvent non spécifiques et peuvent être causés par d’autres affections liées à l’enfance, telles que l’allergie aux protéines du lait de vache, la sténose du pylore, la suralimentation, la fistule trachéo-œsophagienne ou la constipation. Attention le RGO n’est pas forcément synonyme de régurgitations, en effet, le contenu gastrique peut sortir de l’estomac, remonter dans l’œsophage sans pour autant remonter jusqu’à la bouche.
Symptômes spécifiques du RGO
- En journée: Bébé semble mâchonner un chewing-gum, tire la langue, a le hoquet fréquemment ou une haleine acide (Odeur de vomi ou de lait caillé persistante) . Présence de lait caillé sur la langue et l’intérieur des joues. Un muguet peut apparaître du fait de l’acidité dans le tube digestif et la bouche.
- Les repas: Bébé qui pleure, se tend et est agité avant, pendant et après les repas (c’est à dire à peu près tout le temps les premiers mois.). Il se cambre en arrière (en hyperextension) pendant ou après les tétées. Il grimace après les repas, tousse, fait des fausses routes. On observe souvent un comportement de compensation : soit bébé refuse de manger car il sait que cela va faire mal, soit il réclame sans cesse pour calmer la brûlure par la déglutition (le lait étant basique, il apaise momentanément l’acidité). Ce qui déclenche souvent une alimentation fractionnée, avec un bébé qui mange de petites quantités très souvent (pour soulager sa douleur mais manger l’irrite donc c’est un cercle vicieux).
- Sommeil: Le bébé n’arrive pas ou peu à dormir à plat sur le dos (pleurs, réveils très fréquents,..)C’est souvent là que tout bascule. C’est le cercle vicieux bien connu des parents : le RGO empêche de dormir, et la fatigue aggrave le RGO. La position horizontale est parfois impossible pour un bébé qui souffre de RGO. Et quand bien même bébé finit par s’endormir, le RGO peut le réveiller brutalement (toux, pleurs, inconfort). Lorsqu’un bébé manque de sommeil de façon chronique, son corps produit du cortisol (l’hormone du stress). Ce cortisol augmente l’acidité gastrique et rend le bébé plus sensible à la douleur.
Diagnostic du RGO
Le diagnostic du RGO repose principalement sur l'observation des symptômes par les parents et l'examen clinique réalisé par le médecin. Dans certains cas, des examens complémentaires peuvent être nécessaires pour confirmer le diagnostic et exclure d'autres causes possibles.
- Le médecin interroge d’abord les parents sur les symptômes du bébé. Plusieurs signes peuvent en effet amener à consulter (des pleurs incessants, des signes de douleur ou d’irritabilité intenses, un sommeil perturbé, une prise de poids ralentie ou un retard de croissance, une toux persistante ou une respiration sifflante, des vomissements sanglants…).
- Dans certains cas, le médecin peut avoir recours à des examens complémentaires pour confirmer le diagnostic de reflux interne. Il peut par exemple demander une pH-métrie œsophagienne pour mesurer l’acidité dans l’œsophage, ou une endoscopie digestive pour observer d’éventuelles lésions dans l’œsophage.
Prise en Charge et Traitement du RGO
La gestion conservatrice est l’approche actuelle de première ligne en matière de RGO infantile. Cela va des modifications de l’alimentation et de la posture à la modification du régime alimentaire des nourrissons.
Mesures Diététiques et Posturales
Plusieurs mesures simples peuvent aider à réduire les symptômes du RGO :
Lire aussi: Soulager les coliques de bébé
- Fractionner les repas: Proposez des repas plus petits mais plus fréquents pour éviter de saturer l’estomac. L’allaitement permet souvent ce fractionnement de façon assez naturelle. Pensez y néanmoins pour les bébés au biberon.
- Respecter les quantités: Respecter les quantités.
- Tenir le bébé en position verticale après les repas: Maintenir le bébé en position verticale pendant 20 à 30 minutes, après chaque tétée ou biberon : cette position réduit « mécaniquement » les remontées du contenu de l’estomac vers l’œsophage.
- Faciliter les rots: Marquez des temps de pause pendant la tétée (fractionnement des repas), même si votre bébé n’apprécie pas, car cela lui permet d’évacuer l’air qui distend son estomacFacilitez les rots de votre bébé pendant les pauses en l’installant en position verticale. N’attendez pas la fin du repas. Le rot « stratégique » : N’attendez pas la fin du repas.
- Adapter la position de sommeil: Surélever légèrement la tête du lit de bébé en plaçant une couverture pliée sous le matelas. Évitez d'incliner le matelas directement, car cela peut être dangereux.
- Épaissir le lait infantile: Il existe des preuves de l’efficacité des épaississants pour lait infantile dans la réduction de la régurgitation visible. Cependant, les épisodes de régurgitation interne ne sont probablement pas réduits. Si le reflux interne est responsable de symptômes douloureux et gênants pour l’enfant, le médecin recommande d’abord l’adoption de nouvelles habitudes. D’utiliser une formule épaissie (souvent appelée « gest ») dans le cas de régurgitations légères (disponibles en grandes surfaces et en pharmacies) ou anti-régurgitations (AR) dans les cas de régurgitations modérées à sévères (disponibles en pharmacies). Essayez de donner à Bébé Picot AR , épaissi à la caroube.
- Adapter l'alimentation pour réduire le RGO: Le cycle du sommeil d’un bébé peut être troublé par le reflux gastro-œsophagien. Votre premier levier d’action concerne l’alimentation.
- Vérifier la tétine: Utilisez une tétine adaptée au biberon, avec des vitesses variables pour maîtriser le débit du lait. Veillez à ce que le biberon soit suffisamment incliné (le bas du biberon doit être bien levé) pour que sa tétine soit entièrement remplie de lait. Par ailleurs, si vous observez du lait qui coule sur le côté de sa bouche pendant que votre bébé boit, le débit est peut-être trop rapide.
- Allaitement maternel: Si votre bébé est allaité, maintenez votre allaitement. Le lait maternel est en effet l’aliment idéal du nourrisson durant les premiers mois de vie : il couvre l’ensemble de ses besoins et assure son bien-être digestif. D’après plusieurs études, les bébés allaités ont moins de régurgitations et seraient donc moins sujets aux régurgitations que les bébés nourris au biberon (manifestations moins fréquentes et moins intenses). D’autre part, le lait maternel est un « antiacide » naturel.
- Environnement calme et détendu: Il est préférable de donner le repas dans une ambiance calme et détendue. Isolez son espace de détente est important pour ne pas le soumettre à la récurrence des bruits (téléphone, télévision …) ni aux odeurs perturbantes (tabac, cuisine…). Tamisez les lumières pour limiter les crispations et pour l’apaiser en douceurLe fait de parler à Bébé, le bercer ou mettre une musique calme peut le rassurer et l’apaiser. Papa et Maman doivent eux-mêmes être calmes et détendus car Bébé est très sensible à l’état émotionnel de ses parents.
- Ne pas trop serrer la couche: Pour favoriser son confort, ne serrez pas trop ses couches et privilégiez les vêtement souples au niveau de la ceinture abdominale.
- Position de sommeil: Le couchage en journée : côté et ventre. Ces positions diminuent mécaniquement les remontées de lait. Vous observerez d’ailleurs très certainement l’apaisement de votre bébé dans ces positions. Tant que vous avez votre bébé sous les yeux et que vous pouvez le surveiller bien évidemment. Parlez en à votre médecin dans tous les cas.
Médicaments
En cas de signes douloureux trop important, les médicaments antisécrétoires constituent le traitement médicamenteux de base des patients atteints de RGO. Si cette prise en charge initiale n’améliore pas les symptômes, en raison du chevauchement fréquent entre le RGO et l’allergie aux protéines de lait de vache, les recommandations pédiatriques actuelles préconisent un essai de régime sans protéines de lait de vache de 2 à 4 semaines, soit en excluant le lait de l’alimentation maternelle du nourrisson allaité, soit en utilisant une préparation hydrolysée chez le nourrisson non allaité.
- Gaviscon: Le Gaviscon est le pansement gastrique utilisé en premier soutien. Avec son effet mécanique, il vient agir comme un pansement sur la brûlure de l’œsophage et l’acidité de l’estomac, et surtout forme une nappe au-dessus du bol alimentaire pour éviter les remontées (ce que les études sur le sujet nomment “l’effet radeau”). Attention : dans la notice du Gaviscon, il est conseillé de l’ingérer après le repas. Pourtant, il a été prouvé par de nombreuses études que ce médicament est à administrer AVANT chaque prise alimentaire.
- Polysilane: Pour les bébés qui refusent complètement le Gaviscon, le Polysilane est un petit gel qui a surtout un effet pansement. Administrez la quantité d’une noisette avant les repas, appliquée sur la tétine (d’un biberon), sur le doigt ou sur le sein. Le Polysilane est souvent utilisé pour traiter les gastralgies.
- Inhibiteurs de la pompe à protons (IPP): En dernière intention ou en cas de grande urgence, il existe aussi des inhibiteurs de la pompe à protons : il s’agit de l’Inexium et du Mopral. Ceux-ci sont des antiacides et n’ont donc aucun effet sur les remontées du contenu de l’estomac. Ils se présentent sous forme de granules gastro protégées (à ne pas écraser). Les IPP sont vraiment destinés aux cas de RGO très compliqués.
Autres approches
- Ostéopathie: L’ostéopathie : Un professionnel spécialisé peut lever les tensions (notamment au niveau du diaphragme) qui aggravent le reflux. A condition de trouver un professionnel compétent.
- Calmosine Bébé Dig+: Calmosine Bébé Dig+ s’inscrit comme un soutien doux du quotidien lorsque les inconforts digestifs et les pleurs viennent bousculer l’équilibre de votre bébé. Présenté sous forme de gel à faire téter, utilisable dès la naissance, il s’intègre facilement aux moments où votre bébé a besoin d’être apaisé. Sa formule sûre et naturelle associe un concentré de plantes (gomme d’acacia, citron et fleur d’oranger) à une souche postbiotique L. helveticus HA122 tyndalisée, pour accompagner la sphère digestive encore immature.
Quand Consulter un Professionnel de Santé ?
Il est important de consulter un professionnel de santé si :
- Les régurgitations de votre bébé sont très régulières et compliquent votre quotidien (vêtements trempés en permanence, inconfort après les repas)
- Votre bébé pleure beaucoup et vous avez du mal à identifier ce qui l’apaise
- Vous avez l’impression que votre bébé est gêné après les tétées ou biberons (agitation, difficultés à se poser, sommeil perturbé)
- Vous vous sentez fatigué(e), inquiet(e) ou à bout : votre ressenti compte, et vous avez le droit d’être accompagné(e)
- Une perte ou une stagnation de poids malgré une alimentation régulière ;
- Des vomissements fréquents et en jet, au-delà des simples régurgitations chez le bébé ;
- Des troubles respiratoires (toux persistante, sifflements, encombrement chronique) ;
- Un bébé qui semble souffrir en permanence, se cambre en arrière et pleure beaucoup (même en dehors des repas) ;
- Un refus du biberon ou du sein
Lire aussi: Couches bébé : guide d'achat
tags: #bebe #se #cambre #et #vomit #après