Il est courant que les parents s'inquiètent lorsque leur bébé semble avoir peu d'appétit ou refuse de manger. Ce comportement peut être déroutant et angoissant, surtout si votre enfant mangeait bien auparavant. Cependant, il est important de comprendre que les variations d'appétit sont normales chez les bébés et peuvent être dues à divers facteurs. Cet article explore les causes possibles du manque d'appétit chez les bébés et propose des solutions pour aider à rendre les repas plus agréables.
Appétit variable : une normalité chez les bébés
Il est essentiel de se rappeler que chaque bébé est unique et que son appétit peut varier en fonction de nombreux facteurs, tels que son gabarit, sa courbe de poids, son niveau d'activité physique et son état de santé général. Les quantités de nourriture recommandées sur les fiches mémo ou par les pédiatres ne sont que des repères et non des objectifs à atteindre. Si votre bébé mange moins que ces quantités, mais que ses courbes de croissance restent stables, il est probable qu'il mange suffisamment pour ses besoins. Inutile de le forcer à manger plus, concentrez-vous plutôt sur la qualité des aliments que vous lui proposez.
Dès sa naissance, avec l'allaitement à la demande, votre bébé boit naturellement la quantité de lait dont son corps a besoin pour grandir. C'est la même chose lorsqu'on commence à lui proposer des aliments solides ! Au début de la diversification, entre 4 et 6 mois, votre bébé va commencer par goûter quelques cuillères à café : c'est suffisant pour la découverte de nouveaux goûts et de nouvelles textures. Puis, progressivement, ses capacités de digestion augmentent et son appétit avec : il va vous indiquer qu'il en veut un peu plus…ou pas !
Signes de satiété : écoutez votre bébé
Il est crucial de reconnaître les signes de satiété de votre bébé pour éviter de le suralimenter. Ces signes peuvent inclure :
- Ralentissement des bouchées
- Garder les aliments en bouche sans avaler
- Tourner la tête lorsqu'on lui tend la cuillère
- Patouiller son assiette sans rien porter à sa bouche
- Jeter la nourriture par terre
- S'endormir à table, sur le sein ou son biberon
Si votre enfant mange trop peu à votre goût, évitez de lui donner à manger en dehors des repas pour compenser, au risque de dérégler son appétit. Aux alentours de 6-8 mois, la journée s'organise autour de 4 repas : petit-déjeuner, déjeuner, goûter et dîner. Cette structure lui permet de prendre de bonnes habitudes pour mieux gérer sa faim.
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Causes possibles d'une perte d'appétit soudaine
Si votre bébé commence soudainement à moins manger qu'avant, plusieurs raisons peuvent l'expliquer :
- Fatigue : Un bébé fatigué peut avoir moins d'appétit.
- Poussée dentaire : Les poussées dentaires peuvent être douloureuses et rendre l'alimentation difficile.
- Petite maladie : Un rhume, une gastro-entérite ou une autre petite maladie peut temporairement réduire l'appétit.
- Changement d'environnement : Un déménagement, un changement de garde ou d'autres changements dans la routine peuvent perturber l'appétit de votre bébé.
Tant que cette perte d'appétit est passagère et reste dans des proportions raisonnables, il n'y a pas lieu de s'inquiéter. Au moment où votre enfant passe des purées mixées lisses aux petits morceaux, ou à manger tout seul, il est aussi probable qu'il mange moins, car cela nécessite plus d'efforts.
Néophobie alimentaire : une phase fréquente
Si votre enfant qui mangeait très bien se met à refuser toute nourriture, il s'agit peut-être du début de la néophobie alimentaire. C'est une situation fréquente, qui arrive chez environ deux tiers des enfants entre 18 mois et 3 ans (et même plus tard). Durant cette période, votre enfant va devenir sélectif et refuser de manger, surtout les aliments nouveaux ou différents de ses habitudes. Il acceptera peut-être les carottes en rondelles, mais pas en bâtonnets. Les carottes seules, mais pas mélangées avec les petits pois.
Essayez de rester patient, et évitez que les repas ne deviennent un calvaire pour vous ! Inutile de forcer votre enfant à manger un aliment qu'il refuse, le repas doit rester un moment de plaisir. Essayez de montrer l'exemple en prenant le repas en famille, de l'impliquer en cuisine, et encouragez-le sans le forcer ! Vous pouvez aussi tenter de changer la présentation de son assiette : si vous aviez fait des pancakes aux légumes et qu'il n'en veut pas, essayez de les couper en petits morceaux. Si vous aviez fait des légumes en morceaux, tentez d'en écraser une partie en purée. Et même si on vous a toujours dit qu'on ne joue pas avec la nourriture, laissez-le explorer et jouer avec, pour se familiariser avec ces aliments ! Faites du repas un moment agréable et de partage, même si votre enfant refuse son plat, en acceptant qu'il « n'aime pas »…et qu'il mangera peut-être au prochain repas.
Autres causes possibles du refus de manger
Outre les causes mentionnées ci-dessus, d'autres facteurs peuvent influencer l'appétit de votre bébé :
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- Origine médicale : Les petites maladies hivernales (otites, gastro-entérites, etc.) ou les poussées dentaires peuvent modifier pendant quelques jours l'appétit de votre bébé. En effet, son organisme est mis à l'épreuve et la fatigue se fait sentir, alors manger un repas complet peut lui paraître être une montagne haute à gravir. Si le refus de manger est corrélé avec un petit virus saisonnier ou une poussée dentaire, il est recommandé de fractionner les repas de votre bébé et de bien penser à l'hydrater régulièrement. En revanche, si la perte d'appétit s'installe jusqu'à ne plus manger du tout, qu'une perte de poids arrive et que votre bébé semble avoir un comportement anormal, vous devez impérativement consulter un professionnel de santé dans les plus brefs délais. D'autre part, certains bébés présentent dès la naissance (ou peu de temps après) un RGO (Reflux Gastro Œsophagien) ou sont diagnostiqués APLV (allergie aux protéines de lait de vache). Particulièrement douloureux, le RGO dans ses formes les plus sévères peut également impacter l'appétit de votre bébé notamment lorsque les mesures hygiéno-diététiques (changement de lait, etc.) sont mises en place tardivement.
- Refus de la cuillère : Depuis sa naissance, votre bébé a l'habitude d'un contact doux et chaleureux pour se nourrir (le mamelon de sa Maman en cas d'allaitement au sein ou une tétine souple s'il est nourrit au biberon). Ainsi, au début de la diversification alimentaire, la transition avec une cuillère en métal peut lui sembler froide. De même, une cuillère trop grande et non adaptée à la taille de sa bouche peut le freiner d'emblée. Vous pouvez laisser de côté la cuillère quelques temps pour encourager votre bébé à découvrir le contenu de son assiette avec ses mains. On lâche donc prise sur les bonnes manières à table et on accepte que Bébé s'en mette partout ! Enfin, le marché des cuillères pour bébé s'est adapté ces dernières années pour proposer des cuillères qui s'adaptent à leurs besoins : cuillère souple, cuillère d'apprentissage, grignoteuse, etc.
- Textures non adaptées : En dehors de la DME, la diversification alimentaire débute souvent par des purées lisses puis évolue progressivement vers des textures moulinées et enfin écrasées. Certains bébés auront des difficultés d'oralité avec les préparations qui mixent purée lisse et petits morceaux (bien souvent le cas des préparations industrielles). Ils peuvent avoir des haut-le-coeur et cela peut jouer sur l'acceptation du repas. C'est pourquoi, nombreux sont les bébés qui préfèrent les morceaux seuls et pas en association avec une purée lisse. D'une manière générale, les professionnels de santé recommandent l'introduction des morceaux avant les 10 mois de l'enfant. Au-delà, il y a un risque que l'alimentation soit de plus en plus difficile, sélective et aussi des risques de malformations orthodontiques plus tard (la mastication est très importante pour le développement dentaire et le positionnement de la langue).
- Recherche d'autonomie : En grandissant, vers l'âge de 18 mois approximativement, votre bébé exprimera parfois la volonté de faire seul pour les moments clés de son quotidien (repas, toilette, etc.). Le refus de manger peut donc en réalité dissimuler son désaccord que ce soit vous qui lui donniez à manger. Cette quête d'autonomie passe souvent par le fait de manger avec les mains.
- Phase d'opposition : De même, à cet âge-là, les bébés passent par la phase d'opposition avec leurs parents et avec une intensité variable d'un enfant à l'autre. Cette étape dans leur développement affectif se caractérise par le rejet quasi systématique de ce que va dire ou faire le parent. Bien que déstabilisante et difficile à gérer pour les parents, cette étape transitoire est importante et nécessaire pour le développement de l'enfant. En effet, en s'opposant, Bébé développe son autonomie, commence à se détacher progressivement de ses parents et développe sa confiance en lui en exprimant ses opinions. Le meilleur exemple de cette phase d'opposition : les repas de bébé sont compliqués à la maison alors qu'à la crèche ou chez l'assistante maternelle tout se passe bien. Inutile donc, de chercher à freiner ce passage obligé car il est nécessaire dans la construction de votre enfant. En revanche, en tant que parents votre rôle est de fixer un cadre avec des limites à ne pas franchir (ne pas jeter la nourriture, pas de grignotage, etc.) et d'aider votre enfant à comprendre et nommer les émotions qui le submergent au moment du repas notamment.
Comment réagir face au refus de manger de votre bébé ?
Voici quelques conseils pour aborder cette situation avec calme et sérénité :
- Zen, soyons zen : Inspirez et soufflez pour garder votre calme car s'énerver ou s'inquiéter lorsque bébé refuse de manger ne serait que contre productif… Il est vrai que, paradoxalement, l'alimentation reste un sujet particulièrement ambivalent. À la naissance de leur bébé, les parents sont invités à noter scrupuleusement les tétées, les quantités bues (pour les bébés allaités au biberon). Quand la diversification alimentaire se met en place, là encore la maîtrise s'invite au menu (grammage précis de protéines, une cuillère à café de matière grasse…). Cette rigueur, bien qu'indispensable pour apporter la juste dose de nutriments à Bébé, ne fait que conforter le sentiment de contrôle du parent sur l'alimentation de son bébé. Alors quand on se retrouve dans la situation où notre bébé refuse de manger, lui qui jusqu'à présent était un bon mangeur, il est normal pour le parent d'avoir le sentiment de perdre pied et de s'inquiéter.
- Restez maîtres de vos émotions : Rangez la panique ou la colère au placard.
- Ne forcez jamais votre enfant : S'il refuse un aliment, proposez-lui de nouveau dans les jours qui suivent et toujours avec bienveillance.
- Ne vous découragez pas au premier refus : Il faut parfois 10 tentatives pour que votre Bébé accepte enfin un aliment.
- Ne tombez pas dans la surenchère : On ne félicite pas un enfant qui a terminé toute son assiette et à contrario on ne réprimande pas un enfant qui mange peu (ou pas du tout). Il en va de même pour le fameux chantage « Pas de dessert si tu ne finis pas ton assiette ».
- À table, évitez de surveiller ce que mange votre Bébé et dans quelles proportions. S'il en laisse dans son assiette et vous exprime qu'il n'a plus faim, prenez le comme un signe positif : votre enfant grandit et a bien intégré le principe de satiété.
- Si votre enfant mange peu, évitez toutefois de compenser par des aliments copains (gâteaux industriels par exemple) ou par un double dessert.
- Soyez fermes sur le grignotage en dehors des repas : C'est ok de ne pas vouloir goûter ou manger tout son repas. En revanche, manger se fait sur des temps définis dans la journée (matin, midi, goûter et soir). Vous êtes son modèle sur ce point, vous devez être exemplaires.
Astuces pour encourager bébé à manger avec envie
Voici quelques pistes pour relativiser si votre bébé refuse de manger et aborder cette situation sous un autre angle :
- Faites lui découvrir un maximum de saveurs sur la tranche 6-18 mois : Les professionnels de santé recommandent de profiter de la période de néophilie (à partir de 4-6 mois jusqu'aux 18 mois de l'enfant) pour lui faire découvrir un maximum de saveurs et textures (sous réserve de respecter les recommandations officielles du carnet de santé puisque certains aliments comme le miel sont à proscrire avant l'âge d'un an). Aujourd'hui, on ne conseille plus nécessairement de proposer le même légume à votre bébé pendant plusieurs jours de suite. En effet, il est plus facile pour l'enfant d'accepter de la nouveauté un peu chaque jour car cela fait partie de ses habitudes. Une étude scientifique avance même certaines prédispositions in utero. Une alimentation variée et équilibrée pendant la grossesse et l'allaitement faciliterait l'acceptation des aliments par l'enfant plus tard. Toutefois, que toutes les mamans ou futures mamans se rassurent ! Elles ne doivent en aucun cas se sentir responsables si leur enfant refuse de manger. En effet, les causes sont multiples comme nous l'avons expliqué précédemment.
- Chaque repas a son importance : Mangez ensemble, au calme, en pleine conscience de l'instant présent et sans distractions inutiles (pas d'écrans, de jouets…). Le repas doit être un moment privilégié avec votre Bébé où vous prenez le temps d'échanger avec lui. Montrez-lui à quel point le repas peut être un chouette moment passé ensemble !
- Faites participer votre bébé à la préparation du repas : Improvisez une sortie au marché pour faire découvrir les aliments bruts à votre enfant. Une belle opportunité de nommer avec lui les fruits et légumes, de lui faire sentir et toucher… De retour à la maison, la préparation du repas peut être l'occasion de faire participer votre bébé. La participation peut prendre différentes formes : pour les plus petits il peut s'agir simplement d'observer depuis leur chaise haute alors que les bébés plus grands (qui tiennent debout) peuvent participer depuis leur tour d'observation (toujours sous votre surveillance bien évidemment).
- Mangez la même chose que votre bébé : Souvenez-vous que votre enfant vous observe et agit par mimétisme. Alors il va de soi que si le contenu de votre assiette n'a pas la même couleur que celle qu'il a devant ses yeux, vous allez au devant d'un refus catégorique. Autrement dit, les brocolis sont au menu de tout le monde ou rien !
- Variez les présentations dans l'assiette et jouez sur l'aspect visuel : Laissez libre cours à votre créativité et proposez des assiettes ludiques en représentant par exemple le visage d'un bonhomme avec les aliments. Les assiettes compartimentées peuvent aussi être une solution car elles permettent à l'enfant de bien catégoriser visuellement les différents aliments et de les goûter indépendamment les uns des autres. Proposez des petites portions et ne cherchez pas à remplir entièrement l'assiette de bébé, au risque que cela lui semble insurmontable. Enfin, il y a de nombreuses manières de proposer un aliment à un bébé : cru, râpé, cuit à la vapeur, en gratin… Par exemple, le chou fleur est mieux accepté sous forme de gratin plutôt que cuit à la vapeur. Vous pouvez également ruser en proposant de la « finger food ». Il s'agit de versions salées innovantes réalisées avec des moules en silicones destinés initialement à la pâtisserie (moule à cannelés, moules bonhommes pain d'épices par exemple). Progressivement (mais sans trop attendre non plus), nous recommandons de réintégrer dans l'assiette l'aliment brut au côté d'une préparation type « finger food ». Votre enfant doit pouvoir intégrer visuellement à quoi ressemble et le goût de l'aliment dans sa version brute et non transformée.
- L'importance du jeu d'imitation en dehors des repas : Jouer à la dînette, improviser un repas comme au restaurant avec ses poupées, parcourir un livre sur les légumes… Autant de scènes de jeu d'imitation qui peuvent éveiller la curiosité de votre bébé et l'encourager à accepter le contenu de son assiette.
Quand s'inquiéter et consulter un médecin ?
Bien que le refus de manger soit souvent une phase normale, il est important de consulter un médecin si :
- Le refus de s'alimenter perdure et se répercute sur la courbe de poids de l'enfant.
- Votre bébé présente une perte de poids importante.
- Votre bébé semble avoir un comportement anormal.
- Vous suspectez une pathologie organique sous-jacente.
Votre médecin pourra évaluer la situation et vous conseiller sur la meilleure approche à adopter.
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