Loading...

Macrosomie fœtale et obésité infantile: Causes, risques et solutions

Le poids d'un bébé à la naissance est un indicateur important de sa santé future. Si un bébé est considéré comme obèse à la naissance, cela peut entraîner des complications pour la mère et l'enfant. Cet article explore les causes de l'obésité infantile à la naissance, les risques associés et les solutions possibles.

Définition de la macrosomie fœtale et du surpoids à la naissance

La macrosomie fœtale est généralement définie par un poids de naissance supérieur à 4 kg ou supérieur au 90e percentile des courbes de référence. Un bébé est considéré en surpoids quand il pèse plus de 4 kilos à la naissance. En France, 7,1% des naissances recensées en 2010 étaient concernées, la majorité de ces bébés pesant entre 4 et 5 kilos. Pour être dans la bonne moyenne, un bébé né à terme doit peser entre 2,5 et 4 kilos.

Causes de l'obésité infantile à la naissance

Plusieurs facteurs peuvent contribuer à l'obésité infantile à la naissance, notamment:

  • Diabète maternel: La macrosomie fœtale est principalement due à un diabète gestationnel ou prégestationnel, c’est-à-dire préexistant avant la grossesse. Quand la femme enceinte est diabétique, l'enfant qu'elle porte est nourri par un sang trop chargé en sucre. Son organisme va réagir en produisant davantage d'insuline, qui, étant aussi une hormone de croissance, entraîne une augmentation de sa corpulence. Les nouveau-nés macrosomes de mères diabétiques se caractérisent par un excès de masse grasse et de gros organes qui résultent de l’hyperglycémie maternelle. L’hyperglycémie maternelle, c’est-à-dire le taux de sucre trop élevé dans le sang de la maman, va entraîner une hyperglycémie du fœtus. En réponse, pour réguler le sucre, celui-ci va alors secréter de l’insuline. C’est cette sécrétion trop élevée d’insuline (hyperinsulinisme) qui va engendrer une croissance fœtale accélérée avec un excès de masse grasse.
  • Obésité maternelle: Les enfants nés de mères obèses présentent un risque accru d'hospitalisation pour infection. L’obésité maternelle progresse au même rythme que celle de l’obésité en population générale et devrait atteindre près d'1 femme sur quatre (23 %) d'ici 2030. Cette augmentation est particulièrement préoccupante, car elle signifie aussi un état d'inflammation chronique pour ces femmes, qui augmente le déficit de réponse immunitaire, des modifications d'expression génétique et des altérations défavorables du microbiome intestinal.
  • Facteurs génétiques: Exceptionnellement, la macrosomie peut être également causée par une anomalie génétique en particulier le syndrome de Wiedemann-Beckwith. L’obésité dite « commune », c’est-à-dire sans cause identifiée survient sur un terrain avec prédispositions génétiques même si elles sont non clairement identifiées actuellement.
  • Antécédents familiaux: Les bébés en surpoids sont aussi plus fréquents chez les femmes qui ont été elles-mêmes un «gros bébé» ou qui ont eu d'autres gros bébés ou des grossesses multiples.
  • Âge maternel: Etre âgée de plus de 38 ans peut aussi avoir un impact.
  • Suralimentation du nourrisson: la surcharge pondérale du nourrisson peut être due à une suralimentation de la part des parents, qui multiplient les biberons tout au long de la journée.
  • Facteurs familiaux : L’alimentation de la maman durant la grossesse et post-accouchement, durant l’allaitement, sont d’autres facteurs d’obésité dès le plus jeune âge.

Dépistage de la macrosomie fœtale

Le dépistage de la macrosomie fœtale s’effectue au cours des consultations prénatales. Lors de l’examen clinique - outre le contrôle du poids et la vérification de la tension - la sage-femme ou le gynécologue-obstétricien mesure la hauteur utérine ainsi que le périmètre abdominal de la future maman à l’aide d’un mètre ruban. Une hauteur utérine insuffisante penchera pour un retard de croissance du fœtus tandis qu’une hauteur utérine excessive fera évoquer un bébé trop gros pour le terme ou un excès de liquide amniotique. Pour évaluer la taille d'un fœtus, l'échographe mesure le diamètre ou la circonférence de sa tête, le périmètre de son abdomen et la longueur de son fémur. Mais l'examen ne permet pas d'être très précis et la marge d'erreur oscille entre 10 et 15%. Par ailleurs, il arrive que la dernière échographie réalisée avant la naissance ait lieu au 7e mois de grossesse. C'est généralement à la troisième échographie (vers 32 SA) que les médecins estiment le poids du fœtus. Lorsqu'il est diagnostiqué au-dessus des courbes, une échographie supplémentaire est réalisée à la femme enceinte vers 36/37 SA afin de surveiller l'évolution. Mais, "l'échographie est loin de donner une mesure exacte et les erreurs sont de l'ordre de 10 %" explique le docteur Jean-François Le Digabel, gynécologue-obstétricien. Un autre examen permet d'apporter une indication sur le poids du futur enfant, c'est la mesure de la hauteur utérine (la distance du pubis au fond utérin, la taille du ventre donc).

Risques associés à la macrosomie fœtale et à l'obésité infantile

La macrosomie fœtale et l'obésité infantile peuvent entraîner des complications pour la mère et l'enfant, notamment:

Lire aussi: Habillage pluie Loola Bébé Confort : Test complet

  • Complications à l'accouchement: L'accouchement d'un fœtus macrosome est à haut risque materno-fœtal. Celui-ci peut en effet se compliquer d’une hémorragie de la délivrance ou d’une rupture utérine chez la maman ainsi que d’une dystocie des épaules chez le bébé. En cas de suspicion de macrosomie, la radiopelvimétrie est une aide précieuse à la décision, en particulier en cas de primiparité ou d’antécédent d’accouchement laborieux. La macrosomie fœtale peut entraîner des complications au moment de l'accouchement. Côté femme enceinte, les césariennes et l'utilisation des forceps sont plus fréquentes ainsi que les déchirures périnéales. Côté enfant, la complication la plus grave est la dystocie des épaules.
  • Dystocie des épaules: La complication principale de la macrosomie fœtale est la dystocie des épaules. On parle de dystocie lorsque la tête du bébé est sortie mais que ses épaules sont retenues dans le détroit supérieur du bassin de la maman. Il faut alors agir vite et avoir recours à des manœuvres obstétricales spécifiques afin de rapidement le dégager. La dystocie des épaules augmente le risque de lésions nerveuses du plexus brachial - situé à la base du cou et au niveau de la région de l’aisselle - pouvant conduire à une déficience sensitivo-motrice. En cas de déchirure importante des nerfs, le pédiatre peut être amené à réaliser une chirurgie réparatrice pour aider à la cicatrisation. Il est possible, néanmoins, que certains enfants conservent des séquelles. Lors de l'accouchement, la macrosomie représente un risque réel pour la santé du fœtus comme pour celle de la mère. En cas de naissance par voie basse (vaginale), les épaules du bébé peuvent se coincer au niveau du pelvis de la mère, après le passage de la tête. Cette complication grave, qui requiert une réaction rapide de l'équipe soignante, se produit pour 10% des bébés de plus de 4,5 kilos. Le nourrisson risque une fracture de la clavicule ou du bras (humérus), et plus gravement l'asphyxie, qui peut engendrer des lésions cérébrales. Il arrive aussi qu'un bras du bébé reste coincé, entraînant une lésion nerveuse qui peut causer une paralysie du bras totale ou partielle. La "fausse" dystocie des épaules se caractérise par le mauvais positionnement d'une des épaules. L'obstétricien parvient à la dégager à l'aide de manœuvres externes, notamment la bascule du bassin maternel. La "vraie" dystocie, elle, est une complication rare, ne peut pas s'anticiper et nécessite que l'obstétricien fasse une manoeuvre endo-utérine (à l'intérieur de l'utérus) pour débloquer très rapidement les épaules du bébé.
  • Hypoglycémie néonatale: La macrosomie fœtale dans un contexte de diabète de type 1 ou de diabète gestationnel expose le bébé à des hypoglycémies néonatales. Le fœtus est habitué à un afflux de sucre in utero. Celui-ci va donc sécréter de l’insuline pour réguler son taux de sucre.
  • Syndrome de détresse respiratoire: Enfin, un syndrome de détresse respiratoire - c’est-à-dire une difficulté respiratoire chez le bébé - peut également se produire à la naissance. Afin qu’un nouveau-né puisse respirer facilement, les alvéoles pulmonaires doivent rester ouvertes et se remplir d’air.
  • Risque accru d'obésité infantile et adulte: L’une des conséquences est aussi que le bébé en surpoids a un risque d’obésité quand il sera enfant, puis adolescent et adulte. Adulte, les complications cardiovasculaires sont fréquentes, tout comme le risque de développer certains cancers.
  • Problèmes psychologiques: Côté psycho, on sait que les enfants obèses ont plus de difficulté à avoir une bonne estime de soi, et manquent souvent de confiance en eux.

Prise en charge et solutions

La prise en charge de la macrosomie fœtale et de l'obésité infantile dépend de la cause sous-jacente et de la gravité de la situation.

  • Gestion du diabète maternel: La future mère présentant un diabète gestationnel ou préexistant à la grossesse bénéficient d'un accompagnement particulier par un diététicien/nutritionniste ou un diabétologue/endocrinologue (suivi d'un régime, recommandation d'une activité physique…). Chez les femmes diabétiques, le risque de mort fœtale in utero étant majoré en fin de grossesse, des monitorings réguliers sont effectués au dernier trimestre afin de vérifier le rythme cardiaque du bébé et un déclenchement peut être décidé par l’équipe médicale à la 38ème semaine d’aménorrhée.
  • Accouchement: Si la voie basse reste le mode d’accouchement le plus fréquent en cas de macrosomie fœtale, il arrive que l’équipe médicale choisisse de programmer une césarienne si le poids estimé du fœtus est supérieur à 4,5 kg. Lorsque le poids estimé de l'enfant dépasse 5 kilos, une césarienne est recommandée. Même chose lorsque la future mère souffre de diabète et que le foetus dépasse 4,5 kilos. Il se peut aussi que les gynécologues et sagefemmes optent pour le déclenchement de l'accouchement. Ce mode d'accouchement est souvent envisagé vers 38 ou 39 semaines d'aménorrhée, lorsque le poids estimé du foetus dépasse le 95 ème percentile.
  • Surveillance du nouveau-né: Lorsqu'un bébé en surpoids naît d'une mère diabétique, on le surveille de très près car il présente un risque d'hypoglycémie.
  • Alimentation équilibrée: Privilégiez les bonnes habitudes alimentaires. Dès la petite enfance, votre enfant doit intégrer les réflexes d’une alimentation équilibrée. Ne le forcez pas à manger et évitez les excès de sucre. Santé publique France recommande l’allaitement maternel ou le recours au lait infantile exclusivement jusqu’à six mois du bébé. Passé cet âge, l’alimentation et le repas doivent être diversifiés. C’est l’heure de la diversification alimentaire, avec l’introduction des fruits et des légumes, puis de la viande et du poisson, en complément du lait 2e âge ou du lait maternel. Un moment crucial pour prendre de bonnes habitudes et un comportement alimentaire adapté. Le repas ne doit pas être trop riche en protéines et en calories, car susceptible de faire grossir l’enfant plus que prévu.
  • Activité physique: Encouragez votre tout-petit dans ses efforts physiques. Il commence à faire ses premiers pas, marche à quatre pattes, rampe et découvre son environnement. Cette activité motrice lui permet de dépenser les calories et de se muscler. Lorsque sa marche est un peu libérée, emmenez-le se promener, oubliez la poussette et incitez-le à parcourir de courtes distances. Marcher est une habitude qui s’acquiert tôt. Il ne faut pas hésiter à faire bouger un peu plus votre bébé s’il ne le fait pas suffisamment, et lui faire pratiquer une activité physique légère, plusieurs heures par jour, selon son âge. Plutôt que de le laisser dans un transat ou une chaise haute, n’hésitez pas à l’installer par terre et à le faire jouer, bouger, sur un tapis d’éveil par exemple. Ou l’inciter à ramper, marcher à quatre pattes, l’entraîner à tenir debout, en s’adaptant évidemment à son âge.
  • Suivi médical régulier: Le nourrisson doit être suivi de près par un pédiatre, qui déterminera, en établissant le rapport entre son poids et sa taille, si le nourrisson est en surpoids ou pas. On utilise des courbes spécifiques qui ne sont pas celles de l’enfant, mais celle de la pédiatrie. On surveille le nourrisson avec le pédiatre sur les trois premières années de vie. Cette courbe est présente dans le carnet de santé de l’enfant et est l’indicateur principal d’un éventuel surpoids du bébé.

IMC chez le nourrisson

Au-delà d’un aspect physique (bébé potelé), le nouveau-né sera suivi de la naissance à partir d’un an par un médecin. Les données recueillies sur la taille et le poids permettent ainsi d’estimer la corpulence de l’enfant. Celle-ci se mesure grâce à un indice appelé Indice de Masse Corporelle (IMC). L’IMC étant défini par la formule : Poids (kg) / Taille (m) ². À savoir qu’à un an, cette courbe marque un sommet : l’indice de masse corporelle s’élève généralement entre 16 et 20 mois. Après 1 an, la courbe chute et le corps de votre bébé s’affine. L’IMC atteint son minimum à son sixième anniversaire, puis progresse à nouveau jusqu’à la fin de la croissance : c’est le rebond d’adiposité. En moyenne, un bébé pèse autour de 3,5 kilos pour 50 cm. Dans les 24h suivant l’accouchement, il va perdre un peu de poids - et c’est normal - en expulsant le méconium (matière pâteuse noire accumulée dans l’intestin du bébé avant la naissance.) Ensuite, le bébé devrait prendre entre 35 et 30 g par jour durant les premiers mois.

Importance du suivi médical et de l'interprétation correcte du poids

Si le problème de l’obésité reste préoccupant en France, attention néanmoins à ne pas mal interpréter le poids ou l’apparence physique de votre enfant. Les critères ne peuvent pas être comparés à ceux associés à l’âge adulte. En effet, un bébé joufflu et aux cuisses potelées est avant tout un signe de bonne santé. Il est essentiel de ne pas mal interpréter le physique ou le poids du bébé, en fonction de nos critères d’adulte. Seul le pédiatre saura dire si bébé est en surpoids ou pas, en fonction des chiffres de la courbe.

Lire aussi: Soulager les coliques de bébé

Lire aussi: Couches bébé : guide d'achat

tags: #bébé #obèse #à #la #naissance #causes

Articles populaires:

Share: