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Le bébé en couveuse après césarienne : raisons, vulnérabilité et prise en charge

Cet article vise à informer les parents sur les raisons pour lesquelles un bébé peut être placé en couveuse après une césarienne, les vulnérabilités associées à la prématurité et les aspects essentiels de la prise en charge néonatale. Il s'adresse à un large public, des futurs parents aux professionnels de la santé.

Introduction

Rien ne prépare une future mère à un accouchement prématuré. De plus, si l’accouchement a été décidé en urgence pour certaines raisons médicales (souffrance du bébé et/ou de la maman), l’équipe médicale n’a pas forcément eu le temps d’expliquer tout le déroulement. Ce petit bébé arrivé en avance et qui semble si fragile provoque toutes sortes de peurs et d’interrogations, sources d'angoisse : va-t-il survivre ? Aura-t-il des séquelles ? Vais-je être assez fort(e) pour l’aider à surmonter cette épreuve ? Etc. Tous les parents d’enfants nés prématurés passent par ces interrogations, cela est tout à fait normal.

Qu'est-ce que la prématurité ?

Un enfant est considéré comme prématuré s’il naît avant 8 mois et demi de grossesse (37 semaines d’aménorrhée). Une naissance prématurée a lieu avant le terme de la grossesse, qui intervient normalement au bout de 41 semaines d’aménorrhée, soit 9 mois et demi à compter de la date des dernières règles. Ses organes ne sont pas tous prêts à affronter la vie extra-utérine, mais des progrès médicaux récemment accomplis permettent aujourd’hui de pallier cette immaturité, au moins en partie, et d’en réduire les conséquences. Et pour améliorer encore la prise en charge de ces enfants qui arrivent au monde un peu trop tôt, les recherches se poursuivent…

On distingue trois niveaux de prématurité :

  • La prématurité moyenne : naissance entre la 32e et la 36e semaine d’aménorrhée révolue (7 mois à 8 mois de grossesse).
  • La grande prématurité : naissance entre la 28e et la 32e SA (6 mois à 7 mois de grossesse).
  • La très grande prématurité : naissance avant 28 semaines, soit en deçà de 6 mois de grossesse. Aucune survie n’a été décrite en deçà de 22 semaines.

Après une période où le taux de naissances prématurées en France allait croissant, il diminue légèrement depuis quelques années. Il est aujourd’hui estimé à 6,9 % des naissances vivantes. Cependant, il faut souligner que ce taux de décès est très variable selon l’âge gestationnel des enfants : estimé à 60-70 % pour les très grands prématurés, il est inférieur à 1 % pour les enfants nés à 35-36 SA.

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Raisons du placement en couveuse après une césarienne

Plusieurs raisons peuvent justifier le placement d'un bébé en couveuse après une césarienne, qu'il soit né à terme ou prématurément.

Prématurité et immaturité des organes

La principale raison est la prématurité elle-même. Les bébés nés avant terme ont des organes immatures, notamment :

  • Les poumons : Ils peuvent ne pas produire suffisamment de surfactant, une substance essentielle pour le bon fonctionnement des alvéoles pulmonaires, entraînant des difficultés respiratoires.
  • Le cerveau : Le développement et la maturation du cerveau sont incomplets, ce qui peut entraîner des complications neurologiques.
  • Le système digestif : L'immaturité de l'intestin peut entraîner des difficultés d'alimentation et un risque accru d'entérocolite ulcéronécrosante.
  • Le système immunitaire : Un système immunitaire immature rend le bébé plus vulnérable aux infections.

Difficultés respiratoires

Les enfants qui naissent par césarienne ont parfois des difficultés à respirer et doivent être placés en couveuse ou sous oxygène pendant quelque temps.

Hypothermie

Votre bébé est complètement formé, mais il est petit et fragile. C’est normal, un bébé grossit surtout en fin de grossesse. Les prématurés sont placés dans des couveuses chauffées et humidifiées pour maintenir leur température centrale entre 36,5°C et 37,5°C. Les enfants peuvent sortir de ces couveuses lorsque leur poids et leur capacité à réguler leur température le leur permettent.

Autres complications

Les soins peuvent nécessiter le port de masques, de blouses, de gants, un isolement momentané ou prolongé. Durant cette hospitalisation, ils reçoivent tous les soins qui sont nécessaires à leur état de santé et leur degré de prématurité. Il peut s’agir de :

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  • une assistance respiratoire (ventilation mécanique nasale ou sonde d’intubation)
  • l’administration de surfactant via une sonde d’intubation
  • une alimentation par voie entérale, à l’aide d’une sonde introduite par la bouche jusqu’au tube digestif

À ces soins, s’ajoute la prise en charge symptomatique des éventuelles complications, notamment respiratoires (dysplasie bronchopulmonaire), intestinales (entérocolite ulcéro-nécrosante), rénales ou ophtalmiques (rétinopathie).

Vulnérabilités spécifiques des bébés nés par césarienne

Bien que la césarienne puisse être une intervention salvatrice, elle peut également entraîner certaines vulnérabilités spécifiques chez le nouveau-né.

Impact sur le microbiote intestinal

Il arrive que les parents d'enfants nés prématurés, submergés par leurs émotions, n'arrivent pas à parler à leur bébé. L'enfant né par césarienne n'est pas exposé à la flore vaginale maternelle, ce qui peut perturber la colonisation de son intestin par les bonnes bactéries. Or, de nombreux travaux pointent l'implication de la flore intestinale dans le surpoids.

Risque accru d'asthme

Le risque d'asthme augmente en cas de césarienne. Il est difficile à évaluer car les publications donnent des valeurs assez variables.

Risque de blessures

Bien que rares, des blessures peuvent survenir lors d'une césarienne. D'autres types de blessures (fractures par exemple) à des taux inférieurs à 1 pour 1000.

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Impact de l'anesthésie

Une petite partie des anesthésiants peuvent affecter le tonus et ses capacités de succion immédiatement après la naissance. Le bébé recevra un peu de produit anesthésiant.

Prise en charge en néonatalogie

Les prématurés extrêmes et grands prématurés sont accueillis en service de réanimation néonatale. Ils sont ensuite orientés vers les soins intensifs, puis en service de néonatalogie quand leur état de santé est stable.

Surveillance et soins

Les enfants bénéficient aussi d’une surveillance neurologique renforcée (électroencéphalogramme et imagerie), à la recherche d’anomalies neurologiques précoces, d’une surveillance de la fonction pulmonaire pour repérer les éventuelles apnées (pauses respiratoires) qui sont fréquentes en cas de naissance avant 34-36 semaines de grossesse, ainsi que d’une surveillance cardiaque.

L'importance de la présence parentale

Après la naissance, l’hospitalisation de l’enfant, la séparation d’avec sa mère imposée par les soins, et sa grande fragilité influencent le processus d’attachement et celui de parentalité au sein du couple. De leur côté, les parents peuvent en effet souffrir d’inquiétude, de culpabilité, d’anxiété ou de dépression et d’un sentiment d’isolement par rapport à la situation vécue. Ces difficultés peuvent impacter la qualité de la relation entre les parents et leur enfant.

La prise en charge des enfants nés prématurés doit intégrer la protection de leur développement, notamment cérébral, en limitant le stress lié à l’environnement des unités néonatales et aux soins dans le plus grand respect de leurs rythmes veille/sommeil (niveau bas de lumière, alternance jour/nuit, faible niveau sonore, postures qui respecte la position physiologique en flexion…).

Les soins de développement

Les soins de développement, dont la forme la plus aboutie est le NIDCAP (programme néonatal individualisé de soins de développement avec évaluation) permettent d’individualiser au mieux cette prise en charge après une observation attentive du nouveau-né prématuré par les soignants. Ces programmes visent aussi à redonner aux parents une place prépondérante, en favorisant notamment leur présence (le « zéro séparation ») et un contact direct grâce au peau à peau. Ce « peau à peau » diminue les apnées, favorise le sommeil calme, diminue les manifestations douloureuses lors des soins, et soutien la lactation chez la mère.

Alimentation

L'immaturité de l'appareil digestif peut l’amener à être nourri par sonde gastrique ou duodénale, car il n'a pas la force de téter et ne coordonne pas succion et déglutition.

Le lait maternel des mères qui ont accouché prématurément contient une concentration particulièrement élevée de nutriments essentiels et fournit en outre au bébé des substances immunitaires. Il est donc important que le bébé reçoive du lait maternel le plus tôt possible. Toutefois, il arrive souvent que les bébés prématurés ne soient pas en mesure de téter eux-mêmes. Les mères doivent alors tirer leur lait et le bébé le reçoit par gavage. Si le bébé n'est pas encore en mesure de digérer le lait maternel, il reçoit d'abord un mélange d'eau et de sucre.

Prévention des infections

La prévention de ces infections passe par une hygiène rigoureuse des mains (lavage et gel hydro-alcoolique).

Stimulation sensorielle

  • Le toucher : c’est l’un des premiers sens à se développer durant la grossesse.
  • L’ouïe : il reconnaît votre voix et l’entend depuis l’intérieur de l’incubateur.
  • La vue : ce sens est l’un des derniers à se développer. Votre bébé voit mais d’abord de façon floue et seulement de très près.
  • Le goût : votre bébé a développé ce sens in utero. Il peut aussi vous montrer que la lumière ou le bruit peuvent le gêner.

Suivi après la sortie de l'hôpital

Généralement, les enfants peuvent rentrer à la maison lorsqu’ils sont devenus autonomes du point de vue respiratoire et digestif, et que leur croissance est satisfaisante. L’hospitalisation à domicile se développe en France et permet de raccourcir la durée d’hospitalisation.

Au moment de la sortie de l’hôpital, des modalités d’accompagnement et de suivi doivent être mises en place avec des relais en ville (médecin traitant, pédiatre, PMI…). Une surveillance systématisée et organisée des enfants prématurés est également mise en place par le biais des « réseaux de suivi des enfants vulnérables ».

Par la suite, le développement de l’enfant est suivi dans des consultations dédiées afin de pouvoir dépister précocement des trajectoires neurodéveloppementales atypiques qui pourraient bénéficier de prise en charge. En effet, ces enfants peuvent présenter un certain nombre de difficultés, a fortiori lorsqu’ils ont été grands ou très grands prématurés : les difficultés neurologiques sont relativement fréquentes. Elles peuvent se manifester par des troubles moteurs avec un retard à la marche ou des difficultés à marcher, des troubles cognitifs avec des difficultés de langage oral ou écrit (troubles dys), des troubles de l’attention et du comportement (hyperactivité, difficultés dans les interactions sociales…),et des troubles sensoriels, visuels ou auditifs. Les consultations de suivi ont également pour objectifs de soutenir les parents dans cette parentalité atypique et de dépister les syndromes dépressifs ou de stress post-traumatique, plus fréquents chez les parents d’enfants nés prématurément que dans la population générale. Ce dépistage est d’autant plus important que des prises en charge adaptées sont maintenant possibles.

Les associations de parents jouent également un rôle important dans le soutien aux familles après une naissance prématurée, pendant et au-delà de l’hospitalisation.

Recherche et perspectives

La recherche vise en particulier à mieux comprendre les facteurs associés à un meilleur pronostic des enfants prématurés.

L’étude Epipage‑2 menée par l’Inserm depuis 2011 est un très grand projet de recherche observationnel sur la prématurité en France, avec de nombreuses sous-études. Elle implique des équipes de recherche Inserm, universitaires et hospitalières issues de 25 régions françaises. Cette étude se fonde sur les données relatives à plus de 7 000 naissances survenues avant 35 semaines de grossesse (enfants nés vivants ou mort-nés) dans ces 25 régions. Parmi les enfants qui ont survécu à la période néonatale, 4 200 seront suivi jusqu’à leurs 12 ans. L’objectif est de mieux connaître le devenir neurodéveloppemental et en santé de ces enfants, au regard des évolutions des pratiques médicales et de l’organisation des soins (cf encadré). Une des originalités de l’étude Epipage 2 est d’avoir permis la mise en place de plusieurs projets complémentaires et multidisciplinaires dans le champ de l’imagerie cérébrale, des biomarqueurs, de la nutrition, des interactions mère-enfant, de la douleur et de l’éthique.

Au plan européen, le projet européen RECAP Preterm (Research on European Children and Adults Born Preterm) est une initiative qui vise à promouvoir la recherche sur le sujet en réunissant des études qui suivent des enfants grands prématurés pendant l’enfance et jusqu’à l’âge adulte. Des équipes de 15 pays, dont la France, sont impliquées. Leurs thématiques de recherche se concentrent sur la prise en charge médicale en néonatologie, mais aussi sur des questions plus larges relative à l’éthique et l’organisation des soins, ainsi que sur des aspects sociaux comme l’éducation et l'accompagnement.

En tant que parent d’un enfant né prématuré, et plus encore si votre bébé est un grand prématuré, vous pourrez être sollicité pour faire participer votre bébé à une étude. Les équipes de recherche médicale répondront à toutes les questions que vous vous posez. Mais il est important que vous vous sentiez absolument libre de refuser, personne ne vous en fera le reproche et vous ne devez pas vous culpabiliser.

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