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L'Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) en France : Tendances et Enjeux Actuels

Introduction

L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est un sujet de santé publique majeur en France. Cet article examine les tendances récentes en matière d'IVG, les facteurs qui influencent ces tendances, et les enjeux liés à l'accès à l'IVG sur le territoire français.

Augmentation du Nombre d'IVG en

La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) a publié une étude révélant une augmentation des recours à l’interruption volontaire de grossesse (IVG). En 2022, 234 300 interruptions volontaires de grossesse (IVG) ont été enregistrées en France, soit 17 000 de plus qu’en 2021 et environ 7000 de plus qu’en 2019. Le nombre d'interruptions volontaires de grossesse (IVG) a continué d'augmenter en 2024, et 40% ont été pratiqués en cabinet libéral. Au total, 251.270 avortements ont eu lieu en France, soit 7.000 de plus qu'en 2023, précise le service statistique des ministères sociaux. "La hausse du nombre d’IVG observée en 2022 et 2023 se poursuit, après le creux observé en 2020 et en 2021 notamment dû à la baisse des conceptions relevées lors de la pandémie de Covid-19", relève la Drees.

Nouvelle Méthode de Comptage des IVG

À partir des informations issues du système national des données de santé (SNDS), il est possible de retracer, de façon anonyme, le parcours de soins des femmes ayant réalisé une IVG. L’analyse de ces parcours montre, dans certains cas, l’enregistrement de plusieurs actes d’IVG dans un délai court. Ces actes correspondent en fait à la prise en charge de complications ou de reprise d’IVG mais concernent la même grossesse. À partir de 2022, le décompte des IVG prend en compte uniquement le 1er acte pour une grossesse (« IVG sans reprise »). Cette nouvelle méthode de repérage des IVG a pu être également être appliquée pour les années 2020 et 2021. En revanche, pour l’année 2019, seule une estimation basée sur ce qui a été observé en 2020, 2021 et 2022 a pu être réalisée.

Facteurs Influant sur l'Augmentation des IVG

Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette augmentation. La Drees précise que l'allongement du délai de recours à l'IVG, passé de 12 à 14 semaines en 2022, "ne suffit pas à expliquer cette augmentation", car les "IVG les plus tardives" représentent "moins d'un cinquième du surplus observé par rapport à l'année 2021". La hausse du nombre d’IVG observée en 2022 et 2023 se poursuit, après le creux observé en 2020 et en 2021 notamment dû à la baisse des conceptions relevées lors de la pandémie de Covid-19.

L'IVG par Groupe d'Âge

L'étude du ministère de la Santé montre aussi que le nombre d'avortements a augmenté "pour toutes les femmes majeures", notant "une hausse plus marquée chez les 20-29 ans". C’est dans le groupe d’âge des 20 à 29 ans que les IVG restent les plus fréquentes : le taux de recours s’élève à 26,9 ‰ en 2022 parmi les jeunes femmes âgées de 20-24 ans (+ 2,6 points par rapport à 2021) et atteint 28,6 ‰ pour celles âgées de 25-29 ans (+2,2 points). En 2024, le taux de recours à l’IVG continue d'augmenter à 17,3 avortements pour 1.000 femmes âgées de 15 à 49 ans, contre 16,8 pour 1.000 en 2023. Il est le plus élevé chez les 25-29 ans, avec 29,8 IVG pour mille femmes. Il est plus faible pour les moins de 20 ans qu'il y a dix ans (5,5 pour mille contre 8,7).

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Disparités Territoriales

En 2022, les taux de recours à l’IVG augmentent dans toutes les régions métropolitaines ainsi que dans les DROM, à l’exception de la Guadeloupe. Les disparités territoriales sont marquées puisque les taux de recours varient du simple au double selon les régions. En France métropolitaine, ils varient de 11,6 ‰ en Pays de la Loire à 22,6 ‰ en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Le taux de recours à l'IVG est deux fois plus élevé dans les départements et régions d'outre-mer qu'en métropole.

Évolution des Lieux de Réalisation des IVG

Jusqu’en 2005, toutes les IVG étaient réalisées dans des établissements de santé, qui regroupent les établissements d’hospitalisation quel que soit leur statut (public, privé à but lucratif, privé d’intérêt collectif). À partir de 2005, les IVG médicamenteuses ont été autorisées en ville, puis en centre de santé et centre de santé sexuelle. Depuis 2020, la part des IVG réalisées hors des établissements de santé progresse, atteignant 38 % en 2022. En 2024, 45% des avortements ont été réalisés hors établissements de santé. La récente pratique de l’avortement par les sages-femmes libérales s’est beaucoup développée. En 2024, elles ont effectué la moitié des IVG en ville.

Méthodes d'IVG Utilisées

La méthode médicamenteuse est la plus utilisée, y compris en établissement de santé. En 2024, la méthode médicamenteuse est utilisée pour 80% des IVG.

Allongement du Délai Légal et Conditions d'Accès

Les conditions d’accès à l’IVG ont été élargies par la loi du 2 mars 2022 avec un allongement de deux semaines de la durée légale pour les IVG réalisées en établissement de santé. Parmi ces dernières, 55% le sont à moins de huit semaines d’aménorrhée (SA) et 76 % à moins de dix SA. En France, depuis l'hiver 2022, l'avortement est autorisé jusqu'à la fin de la 14e semaine de grossesse, soit 16 semaines après le premier jour des dernières règles. Par rapport à ses voisins européens, le pays se trouve dans la moyenne haute, une majorité des membres de l'UE fixant ce délai à 12 semaines. Toutefois, ce délai n'est pas toujours suffisant, estime le Planning familial. A Malte et en Pologne, l'avortement n'est permis qu'en cas de danger pour la vie de la mère ou du fœtus.

Complexités et Inégalités d'Accès

Même dans les pays où le recours à l'IVG est légal, les difficultés persistent. En outre, dans 23 des 27 pays membres de l'Union européenne (dont la France), les médecins peuvent invoquer une "clause de conscience", qui les autorise à ne pas pratiquer d'acte allant contre leurs convictions. En moyenne, le taux de praticiens ayant recours à cette clause est de 10%, mais il varie selon les pays. Côté français, cette clause de conscience est définie par l'article 47 du Code de déontologie médicale, selon lequel "hors le cas d'urgence et celui où il manquerait à ses devoirs d'humanité, un médecin a le droit de refuser ses soins pour des raisons professionnelles ou personnelles". Même si le praticien a le devoir d'en "avertir le patient" et de transmettre "les informations utiles" à son confrère qui poursuivra les soins, cette pratique crée des inégalités. En France, le délai d'accès moyen à l'IVG est d'environ sept jours, entre la première demande formulée par la femme désirant y avoir recours et la réalisation effective de l'acte, selon une étude de la Drees publiée en septembre 2019. Toutefois, d'une région à l'autre, l'attente s'échelonne de trois à onze jours et peut temporairement augmenter, notamment sur la période estivale, à cause des congés. Par ailleurs, cette étude ne détaille pas les inégalités au sein de ces régions, composées à la fois de grandes villes et de régions rurales. Or ces dernières voient "le nombre de services d'orthogénie [qui pratiquent l'avortement] se réduire avec la fermeture progressive des petites maternités", engendrant ainsi "des inégalités territoriales qui sont difficilement acceptables", dénonce le rapport parlementaire publié en 2020. Certaines femmes enceintes pratiquent une IVG dans un département différent de celui où elles résident.

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Contraception et IVG

Le rapport entre le nombre d’IVG et le nombre de naissances vivantes sur une année donnée augmente: "il atteint 0,38 du fait de la baisse des naissances et de la hausse du nombre d’IVG", contre 0,28 en 2016, selon la Drees. 21.514 femmes ayant recouru à l’IVG en 2024 avaient déjà eu une IVG dans les douze mois précédents, relève la Drees. Pizzas : elles font gonfler la pâte… en France. aucun moyen de contraception (figure 1). chez une jeune femme prenant la pilule), se poursuit. DIU (dispositif intra-utérin ou stérilet) (25,6 %) et le préservatif (18,8 %). mais pas celui des patchs ou anneaux (1,1 %). 9,0 % en 2010, et 16,3 % des femmes de 25-29 ans contre 7,7 % en 2010). 1. 1. non prévue. pour 1 000 femmes âgées de 15 à 49 ans (figure 2). baisse des conceptions. libérale par crainte d’une saturation de l’offre hospitalière. en 1995 à 72 % en 2020. avec plus de 25 IVG pour 1 000 femmes (figure 3). les mineures. âgées de 25 ans ou plus. La contraception d’urgence est une contraception qui intervient après un rapport mal ou non protégé. intervenir au plus tard 120 heures après ce rapport. sans prescription médicale et de façon anonyme et gratuite pour les mineures. pendant la crise sanitaire).

Inscription de l'IVG dans la Constitution

Les députés se penchent mercredi sur l’inscription dans la Constitution de "la liberté garantie" pour une femme d’avoir recours à une interruption volontaire de grossesse. Après un premier feu vert des députés de la commission des lois, l'Assemblée nationale va examiner, à partir du mercredi 24 janvier, le projet de réforme constitutionnelle du gouvernement visant à graver dans la Constitution "la liberté garantie à la femme d'avoir recours" à l'interruption volontaire de grossesse (IVG). Le chemin à parcourir reste long : pour que la Constitution soit modifiée, l'approbation des députés, lors d'un vote solennel le 30 janvier, ne suffira pas. Il faudra que le Sénat vote le texte dans les mêmes termes, avant un Congrès réunissant tous les parlementaires à Versailles.

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