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Jeanne d'Arc: Entre Mythe et Réalité Historique

Jeanne d'Arc, surnommée la Pucelle d'Orléans, est une figure emblématique de l'histoire de France, oscillant entre l'héroïne nationale et la paysanne champenoise. Cet article explore son parcours, de Domrémy à son procès, en démêlant le mythe de la réalité historique.

Une Figure Complexe

Bergère, fille du peuple, "putain des Armagnacs", chef de guerre, usurpatrice, aventurière, de sang royal, gynandroïde, martyre, relapse, sorcière et sainte… Jehanne 2016 à Orléans. Quoiqu'il en soit, la Jehanne des manuels scolaires, qui n'en parlent plus beaucoup, ne correspond pas vraiment à la réalité. Mais aussi une personne bien humaine, que l'on peut tenter de cerner à travers documents et témoignages parvenus jusqu'à nous, une femme avec ses humeurs, ses désirs, ses défauts, ses aspirations et ses erreurs.

Naissance et Contexte Familial

Fille de Jacques d'Arc et d'Isabelle de Vouthon, dite "Romée", Jeanne est née à Domrémy, un village français du bailliage de Chaumont, pendant la guerre de Cent Ans qui oppose la France à l’Angleterre. Jeanne n'est pas l'unique enfant du couple d'Arc, cette famille est composée de cinq enfants. La réponse est simple : champenoise… En effet, la maison natale de Jehanne était à l'époque située dans la partie de Domrémy qui ne faisait qu'un avec Greux, et ressortissait du bailliage de Chaumont, donc du comté de Champagne. Chaque semaine, Jeannette allait à Vouthon rendre visite aux parents d'Isabelle Romée qui en était originaire.

Les Voix et la Mission Divine

Elle est très pieuse, et aime se rendre à l’église de Bermont, près de Greux, pour prier. Elle y entend " des voix lui confier la tâche de sauver le royaume et de bouter les Anglais hors du royaume ". Presque tous les samedis, elle montait en pèlerinage à Notre-Dame-de-Bermont, au-delà de Greux. L'horizon que l'on découvre en cheminant surprend par son étendue dans ce pays de faible altitude. Il retient, entre ses promontoires aux crêtes boisées et les pentes adoucies de la vallée, toute la petite enfance de Jeanne : à droite, le Bois-Chenu (que signale la flèche de la basilique élevée à sa mémoire); au pied, dans une dépression de terrain qui semble un creux de berceau, Domrémy et son clocher carré; dans le lointain, les hautes tours de Bourlémont gardent la route par laquelle s'enfuyait vers Neufchâteau tout le village alerté lorsque le danger grandissait. Et face au Bois-Chenu s'ouvre le chemin de Vaucouleurs que cache l'éperon de Burey-la-Côte. Là s'imposent à l'esprit toutes les angoisses que connut Jeanne avant son entière acceptation. "Vaucouleurs… Vaucouleurs…" lui répétaient ses Voix…

Jeanne à Vaucouleurs

En mai 1428, elle passe une huitaine de jours à Burey-le-Petit (aujourd'hui Burey-en-Vaux), chez Durand LAXART, qui avait épousé une nièce d'Isabelle Romée et qu'elle appelait son oncle, car il était de seize ans plus âgé qu'elle. Sur sa demande, il la conduit au château de Vaucouleurs le 13 mai. Messire - dit-elle à Baudricourt, capitaine de la garnison - je viens de la part de mon Seigneur afin que vous mandiez au Dauphin de bien se tenir, de ne pas engager de bataille avec ses ennemis parce que mon Seigneur lui donnera secours après la mi-carême. Le royaume ne regarde pas le Dauphin, mais il regarde mon Seigneur. Cependant mon Seigneur veut que le Dauphin devienne roi et qu'il tienne ce royaume en commende. Il sera roi, malgré ses ennemis, et moi, je le conduirai à son sacre. - Quel est ton Seigneur ? - Cette fille déraisonne, dit-il à Durand Laxart. Depuis mai 1428, Jehanne s'était présentée plusieurs fois chez Robert de Baudricourt, capitaine de Vaucouleurs, mais sans succès. Baudricourt la reçut mal, et conseilla à l'oncle de la ramener chez son père, bien souffletée. Mais la foi de Jehanne ne faiblissait pas.

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Contexte Politique et Militaire

  • 1419 : Jehanne a dû voir (ou du moins connaître) la bataille qui eut lieu à Maxey, face au village de Domrémy. La femme de Thiesselin de Vitel, une des marraines de Jehanne, eut son mari, écuyer, fait prisonnier par ce Robert. Il fut libéré, avec 34 autres, contre bonne rançon.
  • 1420 : Baudricourt, Armagnac (dont pour le Dauphin), capitaine de Vaucouleurs, a capturé et rançonné les ambassadeurs qu'envoyait à l'évêque de Verdun le duc de Bourgogne.
  • 1423 : Le Dauphin fait appel à la noblesse de tout le pays, après l'écrasement de ses armées à Cravant. Cette défaite fut connue dans le pays de Jehanne par les soldats de Étienne de Vignolles, dit La Hire, venu dans le Barrois réclamer au Cardinal-duc le paiement d'une créance un peu trop négligée à son goût. La Hire, terrible soldat de Gascogne qui guerroye pour le Dauphin, est donc venu régler ses comptes avec le duc de Lorraine, dans le Barrois, à coups d'épée. Il se retranche à Sermaize, dont l'église est fortifiée, pressé par le gouverneur du Barrois qui l'y tient assiégé avec de l'artillerie et un corps de 200 chevaux. Jacques d'Arc a reçu la visite des émissaires du damoiseau de Commercy, qui offre alors de protéger le village, et il demande 220 écus d'or par année, que Jacques doit collecter et verser avant la "Saint-Martin d'hiver", sinon : otages, pillage… Pendant ce temps, le Dauphin négocie des engagements de mercenaires avec l'Italie, et aussi l'Écosse et l'Espagne.*Juillet 1428 : La famille de Jehanne se réfugie à Neufchâteau et y reste environ 15 jours, fuyant une expédition militaire, dans la région, contre la forteresse de Vaucouleurs, dirigée par le maréchal bourguignon Antoine de Vergy. Ils séjournent chez une femme nommée "La Rousse", qui tenait une auberge. Jacques d'Arc, le père de Jehanne, ne voyait pas d'un bon oeil le départ de sa fille. Revenue à Domrémy, elle reprit la vie paysanne, qui fut alertée en j… Les bandes bourguignonnes apparaîtront dans la vallée de la Meuse, mettant en péril les habitants forcés de se réfugier à Neufchâteau, à deux lieues au sud de Domrémy. La châtellenie de Vaucouleurs est envahie… A Neufchâteau, Jeanne logea chez Jean VALDAIRES, dont la femme était surnommée "la Rousse". Jeanne était à Neufchâteau lorsqu'elle fut appelée à comparaître devant l'Official, Henri de VILLE, à Toul, siège de l'évêché dont dépendait Domrémy. Elle y gagna son premier procès ecclésiastique : un prétendant à sa main, ayant faussement invoqué une promesse de fiançailles, fut confondu par elle et accusé d'imposture. De Neufchâteau, où elle a rejoint les siens, elle regagne Domrémy.

La Stratégie Militaire de Jeanne

Jehanne a eu une carrière courte, mais d'une forte intensité. Elle contribue à mener les troupes françaises contre l’envahisseur anglais mais elle est capturée et mise au bûcher après un procès en hérésie.

Stratégie : Art de conduire la manoeuvre en vue de la bataille. Tactique : Art de conduire la bataille elle-même.

1°- Une période durant laquelle Jehanne est vraiment stratège, et s'arroge même les prérogatives du chef politique, puisqu'elle fixe elle-même les buts de la campagne et conduit ensuite celle-ci. 2°- Une période pendant laquelle elle conduit des opérations qui ne sont pas celles qu'elle voudrait. Jehanne a un objectif précis qu'elle proclame dès l'ouverture de Chinon : faire lever le siège d'Orléans et conduire le roi à Reims pour y recevoir le sacre. A- Premier temps exécuté en moins de deux mois, du 22 avril au 18 juin, ce qui pour l'époque est fulgurant. B- Après Patay, Charles VII croit possible la marche sur Reims. Jehanne change de tactique et entreprend une « campagne de pacification », faisant alors se soumettre les villes. On échoue devant Paris. Jehanne gagne à Saint-Pierre-le-Moutier, mais échoue à La Charité-sur-Loire. À Compiègne, le duc de Bourgogne voulait la ville, et demande le secours de Jehanne. Jehanne n'était pas tacticienne, mais fut un bon stratège.

L'Épée et la Bannière

Il est tout de même troublant que Charles VII ait octroyé à Jehanne un blason. Celle-ci ne l'a d'ailleurs jamais porté. (Arch. Bibl. Nat. C'est très "parlant"… L'épée, la couronne, et surtout les fleurs de lys, que l'on accordait que rarement, et pas à tout le monde. Le nom d'ARC, qu'elle n'a jamais porté, n'est pas indiqué.. Jean Chartier, dans "Journal du siège et Chronique de la Pucelle", mentionne l'épée et les circonstances de son acquisition par Jehanne d'Arc : le roi voulut lui donner une épée, elle demanda celle de Sainte-Catherine de Fierbois, "on lui demanda si elle l'avoit oncques veue, et elle dit que non". (À partir de 1415 et de la bataille d'Azincourt, des hommes d'armes vinrent déposer tout ou partie de leur armement en remerciement de la protection de Sainte-Catherine). Jehanne brisa cette épée sur le dos d'une prostituée, à Saint-Denis selon le duc d'Alençon, vraisemblablement après la tentative manquée contre Paris. Il semble qu'elle ait pris l'habitude de frapper avec cette épée sur le dos des filles de joie qu'elle rencontrait, de tels incidents étant précédemment mentionnés à Auxerre par le chroniqueur Jean Chartier et par son page Louis de COUTES pour l'étape Château-Thierry. Charles VII se montra très mécontent du bris de l'épée. Celle-ci avait en effet pris des allures d'arme magique parmi les compagnons de Jehanne, et sa destruction passa pour un mauvais présage. Si chère que lui fut son épée, disait-elle plus tard en son procès, elle aimait sa bannière "quarante fois plus encore", car sa bannière était, à ses yeux, le symbole de la protection divine, et son épée lui était moins utile, puisque jamais elle ne versera le sang d'un ennemi.

L'Apparence Physique et le Comportement

On a plusieurs raisons de croire que Jeanne d'Arc était d'une taille élevée. Elle était très forte, mais parfaitement faite, et avait les membres très bien proportionnés. Guillaume GUASCHE rapportait qu'elle avait les cheveux noirs (Philippe de Bergame, de Claris Mulieribus, cap. Elle avait, au reste, le tout du visage beau, le teint uni, et d'une extrême blancheur. Elle avait la voix douce et la parole insinuante. Un gentilhomme de son pays assure en outre qu'elle s'exprimait très bien (multium bene loquebatur). Enfin une particularité très remarquable semblait, en achevant de l'élever au-dessus de l'ordre commun, rendre manifestes les desseins de Dieu à son égard. Elle ressemblait à un jeune garçon, un petit valet d'armes, bien incapable d'inspirer des pensées malhonnêtes aux rudes porteurs d'épée de son siècle. Chevaulchant - dit une chronique du temps - elle portait aussi gentilement son harnois que si elle n'eust facit aultre chose tout le temps de sa vie, dont plusieurs s'émerveilloient, mais bien davantage les docteurs, capitaines de guerre et aultres, des responses qu'elle faisoit, tant de choses du ciel que de la guerre… (1)- Quicherat, Procès de condamnation, t.1er p.78 et 300. - . Procès de réhabilitation - Déposition de frère Seguin, t.III, p.205 - Johanna interrogata quare ferebat vexillum, respondit quod nolebat uti ense suo, nec volebat quemquam interficere… (2)- Chronique de la Pucelle, publiée par M. Vallet de Viriville, chap. 42, p.278. (Déposition de L. 3°- D'un chapelain, frère PASQUEREL, moine augustin, qui lui avait été présenté par Pierre et Jehan, ses frères, à Tours, et qui ne la quittera plus jusqu'à la fatale journée de Compiégne.

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Capture et Procès

Le 24 mai 1430, Jehanne, vers 18 heures, est prise à Compiègne. Faite prisonnière par un archer du bâtard de Vandomme, du parti bourguignon, elle est remise à Jean de Luxembourg. Elle passe ses premières heures de captivité au château de Margny. Au début de juillet 1430, elle est transférée au château de Beaurevoir, redoutable forteresse d'où elle ne pouvait s'échapper, mais où elle fut bien traitée par la femme et la tante de Jean de Luxembourg. Celui-ci, voulant la détenir dans un endroit encore plus sûr, la fit transporter à Arras dans les prisons de Cour-le-Comte, château situé au centre de la ville. Elle vit à Arras une peinture en la main d'un Escot, et y avoit la semblance d'elle toute armée, et présentoit unes lectres à son Roy, et estoict agenouillée d'un genoul…

L'Armure de Jeanne

En avril 1429, le roi Charles VII avait fait faire une armure, exprès pour Jehanne. nb : Hémon Raguier, trésorier des guerres de Charles VII, paya pour le compte de celui-ci la somme de cent livres à un armurier de Tours contre livraison d'un harnois blanc de guerre. Ce terme ne signifie pas que l'armure fut blanche comme on le lit communément, mais qu'elle était d'acier poli et uni, sans ciselures d'armoiries, d'emblèmes ou d'autres ornements. Elle comprenait une cuirasse, un harnais de bras, un harnais de jambe, un habillement de tête.

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