Les anomalies de position des pieds à la naissance représentent un motif fréquent de consultation en pédiatrie et en chirurgie orthopédique infantile. Cet article vise à informer les parents et les professionnels de santé sur les différentes anomalies du pied chez le bébé, en distinguant les malpositions des malformations, et en détaillant les approches diagnostiques et thérapeutiques. L’inquiétude des parents est souvent grande quant aux possibilités d’acquisition de la marche face à ces anomalies.
Examen Clinique et Diagnostic
Lorsqu’une anomalie est découverte en anténatal, il est difficile de savoir s’il s’agit d’une malposition ou d’une malformation. Certains éléments peuvent orienter : une découverte précoce pendant la grossesse et l’association à d’autres anomalies sont des éléments en faveur d’une malformation. En revanche, une grossesse gémellaire ou une dystocie seront plutôt en faveur d’une malposition.
L’examen clinique est réalisé sur un enfant entièrement déshabillé. Le bébé est examiné complètement sur le plan orthopédique mais également sur le plan général. À la naissance, la distinction est plus aisée, cependant il est parfois difficile de trancher entre une malposition sévère et une malformation. On évalue alors la souplesse et la réductibilité du pied et on recherche d’autres anomalies associées.
Malpositions vs. Malformations
Il est crucial de distinguer les « malpositions » (déformations du pied liées à une mauvaise position du bébé dans le ventre de la mère) des véritables « malformations » qui touchent les os, les muscles, les articulations, les vaisseaux et les nerfs. La frontière entre les deux anomalies n’est pas toujours facile à établir, mais le traitement n’est pas le même.
Les malformations nécessitent une prise en charge orthopédique dès la naissance et parfois un traitement chirurgical. En revanche, les déformations liées à une malposition peuvent souvent se corriger d’elles-mêmes (si ce n’est pas le cas, un traitement orthopédique peut être proposé). Les premières apparaissent généralement pendant la période embryonnaire (avant la 8ème semaine), alors que les secondes surviennent plus tard au cours de la grossesse.
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Les Différentes Anomalies du Pied
Pied Varus Équin Positionnel
Le pied est en inversion associant une supination, un varus de l’arrière-pied, une adduction de l’avant-pied, un équin de la cheville comme dans le pied bot varus équin, mais ce qui le distingue de celui-ci c’est sa réductibilité, notamment la réductibilité de l’équin avec une absence de rétraction du triceps sural.
Beaucoup de pieds malpositionnés à la naissance se corrigent spontanément en quelques jours après l’accouchement, étant donné que la contrainte extérieure n’est plus là. On montre aux parents comment stimuler les éverseurs en gratouillant le bord externe du pied lors de chaque change. Après un mois, si le pied n’est pas bien corrigé, on débute la kinésithérapie associée éventuellement à des attelles si le pied est raide. Si le pied est très raide, on peut réaliser avant les attelles deux plâtres correcteurs. En effet, les attelles maintiennent une correction mais ne corrigent pas contrairement aux plâtres. L’évolution doit être favorable.
Pied Bot Varus Équin
Il s’agit d’une déformation du pied mais également de la jambe. Il est le plus souvent idiopathique, secondaire dans 10 % des cas. Il affecte 2 garçons pour une fille et est bilatéral une fois sur deux. Il est diagnostiqué dans 75 % des cas en anténatal au cours de l’échographie morphologique. Certaines équipes proposent la réalisation d’une amniocentèse à titre systématique, d’autres uniquement en cas d’atteinte bilatérale. Le diagnostic anténatal permet de préparer les parents au traitement qui sera débuté à la naissance.
Le pied est en inversion, avec une supination, un varus de l’arrière pied, une adduction de l’avant pied, un creux plantaire et un équin. Cette déformation n’est que partiellement réductible et le triceps sural est constamment rétracté. Le diagnostic est clinique. La radiographie n’a aucun intérêt dans les premiers mois de vie. L’échographie, réalisée par certaines équipes, permet de vérifier la correction.
Le traitement selon la méthode de Ponseti consiste en la réalisation de plâtres correcteurs successifs. Les plâtres cruro-pédieux sont changés toutes les semaines et ce pendant 5 semaines. À l’issue, on réalise sous anesthésie générale ou locale une ténotomie du tendon calcanéen. Un dernier plâtre est mis en place pour 3 semaines. Que l’enfant ait une atteinte uni- ou bilatérale, l’attelle sera la même. Elle est portée initialement en permanence, puis le temps de port est diminué progressivement au fur et à mesure de la croissance pour n’être plus portée que lorsque l’enfant dort à partir du moment où il se verticalise. L’attelle sera arrêtée vers 5 ans. Il s’agit d’une part essentielle du traitement. La non-compliance au port de l’attelle est le facteur majeur du risque de récidive. En cas de récidive, il est parfois nécessaire de réaliser une nouvelle série de plâtres, voire un transfert du tendon tibial antérieur. On essaye d’éviter au maximum de réaliser une libération des parties molles, cette intervention entraînant un enraidissement du pied.
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L’acquisition de la marche n’est en rien retardée, que ce soit par la pathologie ou par le traitement. En revanche, un pied bot ne guérit jamais sans séquelles. Le triceps sural est toujours hypotrophique, même s’il reste fonctionnel. Le mollet est donc moins galbé qu’un mollet normal, mais cela est plus ou moins visible. Dans les cas d’atteinte unilatérale, on observe un pied et une jambe plus courts du côté atteint.
Pied Talus
Il s’agit d’une malposition fréquente qui rentrera dans l’ordre le plus souvent rapidement. Le pied est en dorsi-flexion complète. La face dorsale du pied est au contact de la face antérieure de la jambe. Il peut s’y associer un valgus de l’arrière-pied. On retrouve une rétraction du muscle tibial antérieur. Lorsque la malposition ne se réduit pas spontanément, certains proposent de mettre une petite compresse roulée sur le dos du pied. Il sera rarement nécessaire de mettre en place un traitement par attelle.
Pied Convexe Congénital (Talus Vertical)
Il s’agit d’une malformation rare du pied. Elle est secondaire dans 50 % des cas. Il faut donc s’attacher à rechercher une anomalie sous-jacente (génétique, neurologique). Il peut être difficile de le distinguer d’une malposition à la naissance. Le pied convexe est une luxation du médio tarse au niveau de l’interligne de Chopart. L’arrière-pied est en équin, l’avant pied en flexion dorsale. La plante du pied a un aspect convexe, en tampon de buvard. La tête du talus fait saillie sur le bord interne du pied. L’avant-pied peut être en abduction. Lors des mobilisations, l’arrière pied est peu mobile. Radiologiquement, on trouve une verticalisation du talus qui ne se corrige pas lors de la mise en flexion dorsale. On retrouve une luxation dorsale dans l’interligne du Chopart.
En l’absence de traitement les appuis sont sol à la marche deviennent très mauvais car le talon ne touche pas le sol. Si le traitement est débuté tardivement, une chirurgie peut être nécessaire. Cependant, celle-ci n’est proposée que si le traitement fonctionnel institué par le Dr Ramanoudjame et Madame Marie Jo Clio n’a pas permit une correction complète des troubles. En cas d’indication chirurgicale le Dr Ramanoudjame effectue une technique bien précise qu’elle a évalué et publié dans la littérature internationale (The surgical treatment of children with congenital convex foot (vertical talus): evaluation of midtarsal surgical release and open reduction. 2014 Jun;96-B(6):837-44).
Métatarsus Varus et Pied en Z
Ces deux malpositions sont proches. La gravité de la malposition est évaluée en fonction de la classification de Beck. Comme pour le pied varus équin position, la malposition a une forte probabilité de se réduire pendant le 1er mois de vie. On demande aux parents de stimuler les éverseurs à chaque change. Si cela est insuffisant, on peut y associer de la kinésithérapie, des chaussures type Bebax, des attelles, voire des plâtres. En cas d’échec ou de récidive après la fin du traitement, il faut reconsidérer le diagnostic.
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Cette malformation du pied associe un valgus de l’arrière pied à une adduction de l’avant-pied. Il ressemble au métatarsus adductus raide et réfractaire au traitement. Anatomiquement, il s’agit d’un valgus de l’arrière pied associé à une abduction du médio tarse et une adduction de l’avant-pied. Il s’agit d’une malformation rare, le plus souvent idiopathique. À la marche, l’enfant présente une adduction de l’avant-pied. Le valgus de l’arrière est plus ou moins marqué. Cette déformation n’entrave en rien la marche. Il est parfois décrit une gêne au chaussage.
Anomalies des Orteils
C’est un motif également très fréquent de consultation, alors que la plupart du temps on ne propose aucun traitement. L’inquiétude des parents (ou des grands-parents, etc.) entraîne les médecins à adresser ces patients aux chirurgiens.
- Les chevauchements d’orteils sont très fréquents.
- Les clinodactylies sont également fréquentes. On conseille aux parents de reconsulter si cela entraîne un conflit cutané dans la chaussure.
- Les syndactylies partielles de la 2e commissure sont quasi physiologiques. Plus rarement, elles touchent les autres commissures ou sont complètes. Les syndactylies de la 1re commissure nécessitent une intervention visant à séparer les deux premiers orteils. L’autre indication chirurgicale concerne les syndactylies complètes avec une croissance asymétrique des orteils. Dans ce cas là, on propose un raccourcissement de la première phalange de l’orteil le plus long.
- Les polydactylies des orteils peuvent être associées à des polydactylies des doigts. Le traitement est chirurgical.
Quand Consulter un Podologue pour Votre Enfant ?
- Si les troubles de la marche ne s'améliorent pas avec la croissance.
- Orientation par le pédiatre ou le médecin généraliste.
- En cas de malpositions et des malformations congénitales du pied de l'enfant.
- En cas de troubles rotationnels dissymétriques ou majeurs.
- Votre enfant a tendance à trébucher.
- En cas de pathologies de croissance diagnostiquées par le pédiatre ou le médecin généraliste.
- Votre enfant à des verrues plantaires ou des lésions suspectes.
Semelles Orthopédiques
Très rare avant 5 à 7 ans… sauf demande expresse d’un chirurgien orthopédiste pédiatrique ou d’un pédiatre. Globalement le podologue réalisera après demande du médecin et après avoir réalisé une analyse podologique des appuis et de la marche de l'enfant 2 types de famille d'orthèses plantaires: Les semelles de stimulation : elles visent à stimuler certains muscles pour permettre une réorientation du pied.
Dès les premiers pas de votre enfant, il est important de consulter rapidement si vous notez un problème dans sa démarche, dans sa posture ou au niveau de l’intégrité de ses pieds.
- Un retard de la marche est considéré après l’âge de 18 / 20 mois.
- Normalement, les pieds sont plats jusqu’à l’âge de trois ans où une arche se formera progressivement.
- Il n’est pas normal qu’un enfant se plaigne de douleurs lors de ses activités ou simplement à la marche.
Au sein des cabinets Equilibre Podologie, vos spécialistes sont formés à la podo-pédiatrie. Ils assurent une prise en charge ainsi qu'un traitement complet des pathologies et des défauts pouvant affecter la posture et le pied de l’enfant. En cas de troubles à la marche, chutes fréquentes, douleurs au talon et aux genoux, etc… nous vous proposons le recours à des traitements adaptés. Nous accueillons les enfants à partir d’un an et demi pour diagnostiquer et traiter certains troubles précoces comme les talus et les autres pathologies pouvant affecter les pieds et la posture.
Le pied de l'enfant est une structure en constante évolution et souvent les défauts qui apparaissent sont de simples attitudes destinées à se corriger spontanément. Cependant, pour distinguer les attitudes naturelles des attitudes pathologiques, il est conseillé de consulter un podopédiatre très tôt à partir de 3-4 ans. Votre spécialiste se propose de prendre en charge le diagnostic des pathologies les plus fréquentes chez les enfants, en établissant notamment des bilans préventifs et en donnant des conseils ciblés pour la correction des défauts dès le plus jeune âge.
Les enfants présentant des pathologies comme des genoux cagneux, des genoux en X, les pieds plats et d’autres troubles comme une cambrure importante au niveau du bassin peuvent être plus enclins à tomber plus fréquemment que les autres enfants de leur âge. Il est donc essentiel de consulter un podo-orthésiste dès l’observation de ces chutes répétées afin de pouvoir mettre en place un protocole de traitement adapté à l’enfant dès son plus jeune âge.
Les douleurs aux talons ou aux genoux chez les enfants sont des signes évocateurs de troubles potentiels pouvant toucher le bassin, les articulations et pouvant être causés par une mauvaise posture ou encore un problème au niveau de la forme de la voûte plantaire. Il est donc essentiel, pour diagnostiquer et corriger ce type de défauts au plus tôt, d'aller consulter un podologue spécialiste dès l’apparition de ces troubles.
Les douleurs au niveau des talons, des chevilles, des genoux ou encore au niveau du dos chez l’enfant peuvent être causées par des pathologies liées à la croissance car ces zones sont très sollicitées durant l’enfance et plus tard aussi durant l'adolescence. La radiographie du rachis, le test de bending entre autres examens réalisés par le podopédiatre permettent de confirmer ou d’infirmer le diagnostic d’une scoliose ou de simplement déceler une attitude scoliotique. Le podologue spécialiste en posturologie va pouvoir établir un diagnostic précis et entreprendre le traitement adapté dans le cas où il s’agit simplement d’un problème de posture.
Conseils aux Parents
Premiers Pas : Avec ou Sans Souliers ?
Marcher pieds nus permet aux petits muscles du pied de travailler. Cela développe la stabilité de l’enfant, son équilibre, sa coordination et sa force musculaire. Marcher pieds nus lui permet aussi de découvrir la sensation du sol sous ses pieds. Il n’est donc pas nécessaire de faire porter des souliers à l’intérieur de la maison à un bébé qui apprend à marcher.
Soins des Pieds
Concernant les soins de pédicurie : pas de limite d’âge. Il peut s’agir d’une mauvaise pousse de l’ongle, d’un traumatisme…
Concernant l’examen clinique : à partir de la marche, mais pour un 1er bilan il faut que la marche soit acquise et que l’enfant soit propre. Pas de réalisation de semelles orthopédiques avant 3 ans.
Le chaussage est très important chez l’enfant.
Conclusion
La prise en charge des anomalies du pied chez le bébé nécessite une évaluation clinique rigoureuse pour distinguer les malpositions des malformations. Un diagnostic précoce et une intervention adaptée permettent d’améliorer le pronostic et d’assurer un développement optimal de la marche. L’implication des parents est essentielle dans le suivi du traitement et la prévention des récidives.