Le choix des couches pour bébé est une préoccupation majeure pour les parents. En moyenne, un bébé utilisera environ 4 000 couches jetables avant d’être propre. Ce qui représente un budget annuel conséquent. Outre l'aspect économique, la composition des couches et leur impact sur la santé de l'enfant et l'environnement sont des critères essentiels. Les tests réalisés ces dernières années ont mis en évidence la présence de substances toxiques dans les couches, incitant les fabricants à améliorer leurs produits.
Évolution du marché et labellisation
Le marché des couches pour bébés s'est considérablement diversifié, avec une forte labellisation, y compris pour les marques de distributeur (MDD). Le label Oeko-Tex standard 100 est largement répandu. D'autres labels, plus exigeants sur les plans environnemental et sanitaire, sont également présents, tels que l’Écolabel européen, le Nordic Swan et l’Oeko-Tex Made in Green.
La présence du logo TCF (« Totally Chlorine Free ») indique l’absence de blanchiment au chlore, ce qui est moins polluant et moins susceptible de laisser des traces de toxiques dans la couche.
Composition et sécurité des couches
Les tests récents montrent une amélioration de la qualité des couches pour bébés, avec une absence de migration de formaldéhyde ou de phtalates dans le liquide simulant l’urine. Les progrès observés en 2020 se maintiennent, sans impacter la performance des couches.
Cependant, l’étiquetage et le discours marketing restent perfectibles. Bien que la composition soit désormais systématiquement affichée, elle est parfois notée en petits caractères ou de manière succincte. L’absence de parfum et de lotion est un critère conseillé, mentionné sur plusieurs marques. D’autres allégations fréquentes concernent l’origine des matières premières ou du produit lui-même, comme le « Made in France ».
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Il est important de noter que la loi antigaspillage pour une économie circulaire (Agec) interdit l’usage des termes « biodégradable », « écologique » et « respectueux de l’environnement ». L’Ademe préconise de signifier sur le site internet les démarches de l’entreprise en matière de responsabilité sociétale (RSE), plutôt que sur le produit, afin de ne pas induire le consommateur en erreur.
Analyse des marques et certifications
- Joone : La marque française Joone mise sur la transparence totale, en promettant des couches sans pesticide, sans glyphosate, dioxine ou composé organique volatil toxique. Ces données sont validées par les tests de 60 millions de consommateurs. Les analyses effectuées par un laboratoire indépendant sont publiées, et les données techniques sont clarifiées par une pharmacienne. Les couches Joone sont fabriquées en France mais n’ont aucune certification.
- Eco by Naty : La formule « Eco by Naty » ne contient aucune molécule toxique. L’association UFC Que Choisir lui attribue une note honorable, notant l’absence de substances indésirables et une cellulose certifiée FSC. La marque accumule les certifications : « Biobased », FSC et Oeko-Tex standard 100.
- Pampers : Le leader du marché, Pampers, a revu sa gamme. Les couches Pampers Baby Dry sont désormais équipées de canaux d’air et sont testées dermatologiquement. Les gammes « Baby Dry » et « Premium Protection » obtiennent la certification Oeko Tex standard 100. Les couches Pampers Harmonie sont hypoallergéniques et fabriquées à partir de matériaux d’origine végétale. Elles ne contiennent pas de lotion, ni de parfum et ne sont pas blanchies au chlore. Les couches écologiques Pampers Harmonie ont été reconnues sans substance chimique par l’enquête de la DGCCRF menée de 2019 à début 2020.
- Tidoo : Les couches de Tidoo sont fabriquées en France, garanties sans chlore et parfum, latex, OGM ou petrolatum. La marque fait régulièrement analyser ses produits et met à disposition du public ses résultats.
- Little Big Change : La marque propose des tarifs intéressants pour des couches qui vantent une composition idéale. Elle publie ses résultats d’analyses sur son site et détaille la fabrication de chaque partie de ses produits. Les couches sont fabriquées en Allemagne et sont certifiées FSC et Oeko-Tex Standard 100.
Substances chimiques et risques potentiels
En 2017, des études ont révélé la présence de substances chimiques telles que pesticides, dioxines, furanes et composés organiques volatils dans les couches jetables pour bébés. Les contaminants détectés sont soit des cancérigènes, soit des perturbateurs endocriniens ou encore des composés irritants.
Bien que des substances chimiques potentiellement toxiques soient présentes dans les couches pour bébés, aucune étude n’avait mis en évidence une association entre le port des couches et un risque sanitaire. Cependant, des expériences menées avec des simulants d’urine montrent que des substances présentes dans la couche peuvent migrer dans l’urine et rester au contact de la peau du bébé, comme les dioxines, furanes, PCB, formaldéhyde et HAP.
La composition des couches peut influencer le risque de pathologies cutanées, notamment en raison de la présence de substances irritantes. Les dermatites au niveau des fesses des bébés sont fréquentes, souvent d’origine irritative ou allergique.
Recommandations et évolutions
L’Anses préconise d’abandonner l’utilisation de substances parfumantes allergisantes dans les couches jetables, de mieux maîtriser l’origine des matières premières et d’améliorer les procédés de fabrication pour limiter l’apparition de composés toxiques.
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En décembre 2020, l’Anses a soumis une proposition de restriction des substances chimiques dangereuses auprès de l’Agence européenne des produits chimiques, afin de limiter au maximum la présence de près de 200 substances dans les couches jetables.
Suite aux enquêtes et expertises, les fabricants ont fait évoluer leurs produits. La qualité des couches jetables s’est globalement améliorée, mais des efforts restent à faire pour certaines marques.
Alternatives : couches lavables et compostables
Face aux préoccupations liées aux substances chimiques et aux déchets générés par les couches jetables, des alternatives existent, telles que les couches lavables et les couches compostables.
Les couches lavables nécessitent une logistique que les parents n’ont pas toujours envie de s’imposer, malgré leur engagement pour la planète. Leur impact environnemental n’est pas neutre, car leur lavage nécessite de l’eau, de l’électricité et des produits nettoyants. Il peut cependant être limité, avec un lavage à 40 °C en pleine charge avec une lessive « verte » et un séchage à l’air libre.
Des versions « compostables » sont à l’étude, mais leur innocuité n’est toujours pas démontrée à ce jour.
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