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Les Avantages du Libre-Échange pour les Pays les Moins Avancés (PMA)

L'actualité met souvent en avant les avantages de la mondialisation et des échanges commerciaux. Pour les Pays les Moins Avancés (PMA) et les autres Pays en Développement (PED), l'exemple du Bangladesh, qui a connu une croissance exponentielle de plus de 6 % ces dernières années, illustre l'impact positif de l'insertion dans les échanges internationaux. Cet article explore les avantages potentiels du libre-échange pour les PMA, tout en reconnaissant les défis et les préoccupations associés à cette approche.

Les Théories Économiques Fondamentales

L'idée du libre-échange remonte aux théories d'Adam Smith, notamment sa théorie de l'avantage absolu, présentée dans La Richesse des Nations (1776). Cette théorie a été perfectionnée par David Ricardo avec sa théorie des avantages comparatifs (1817), exposée dans Des principes d'économie politique et de l'impôt. Ricardo explique qu'un pays doit se spécialiser dans les produits pour lesquels il est relativement le plus productif, même s'il est plus productif que les autres pays dans toutes les activités. Cette spécialisation est nécessaire, car toute économie dispose de ressources limitées, limitant ainsi sa production.

Le modèle Heckscher-Ohlin-Samuelson (HOS) soutient également que les échanges commerciaux sont essentiels au développement des pays. Selon ce modèle, les pays n'ont pas les mêmes dotations factorielles et donc pas les mêmes coûts relatifs de production. Les facteurs de production étant substituables, les pays les utilisent en fonction des coûts relatifs. Ainsi, un pays disposant d'un facteur en abondance aura un coût relatif faible et se spécialisera dans le produit intensif en ce facteur, important le produit intensif en l'autre facteur.

Une étude empirique de Sachs et Warner (1995) a mis en évidence une corrélation entre la croissance d'un pays et son ouverture aux échanges commerciaux, basée sur un indice d'ouverture reposant sur plusieurs critères, tels que l'importance des obstacles non tarifaires et les taux moyens de droits de douane.

Limites et Défis pour les PED

Pour les PED, les échanges commerciaux présentent deux limites principales :

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  1. Fragilité des entreprises nationales face à la concurrence internationale : Les PED qui s'ouvrent n'ont souvent pas d'entreprises de taille suffisante pour rivaliser avec la concurrence étrangère. Lorsque des entreprises étrangères s'implantent, elles captent l'essentiel des marchés, au détriment des opérateurs nationaux et parfois de secteurs entiers de l'économie.
  2. Mauvaise nature d'insertion dans les échanges : La "trappe à revenu intermédiaire" observée dans les PED depuis les années 1960 illustre ce défi. Lorsque les pays atteignent un niveau de revenu intermédiaire, les ressources rurales en main-d'œuvre se tarissent et les salaires augmentent, érodant la compétitivité des produits intensifs en main-d'œuvre sur les marchés étrangers. La croissance de la productivité, initialement impulsée par une spécialisation dans ces produits, s'épuise. Pour poursuivre la hausse du niveau de vie, les pays doivent opérer un glissement de leurs avantages comparatifs (Rybczynski) et se tourner vers des activités à plus forte valeur ajoutée.

Wolfgang Stolper et Paul Samuelson ont étudié l'impact de la spécialisation sur la répartition des revenus des facteurs. Le théorème Stolper-Samuelson (1941) montre que l'ouverture internationale accroît la demande du bien intensif dans le facteur abondant dans l'économie (cf. modèle HOS), augmentant ainsi la demande de ce facteur et sa rémunération relative. Selon ce théorème, la hausse de la rémunération des travailleurs qualifiés est supérieure à l'augmentation du prix du bien de plus en plus demandé, qui est intensif en travail qualifié. Ce résultat permet d'expliquer la montée des inégalités dans les pays développés, qui se spécialisent dans des secteurs intensifs en capital et en travail qualifié.

Paul Samuelson a remis en question les gains systématiques à l'échange, en donnant l'exemple des États-Unis et de la Chine, soulignant que les gains à l'échange ne sont pas toujours garantis et peuvent même être négatifs dans certaines circonstances.

Initiatives et Perspectives pour les PMA

Lors d'une session sur l'intégration du commerce régional pour les PMA d'Afrique et Haïti, le Directeur de la Division de l'intégration régionale et du commerce de la CEA a déclaré que les PMA importent en grande partie des produits manufacturés et exportent des biens à bas coût le long des chaînes de valeur critiques comme les produits pétroliers, les minerais et les métaux et les produits alimentaires.

La CEA et Afreximbank, en collaboration avec l'Union africaine et le Secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), ont développé une plateforme numérique ATEX priorisant le B2B et le B2G pour le commerce numérique des principaux produits et intrants agricoles importés par le continent depuis la Russie et l'Ukraine. La ZLECAf, si elle est pleinement mise en œuvre, pourrait accélérer l'industrialisation en Afrique et augmenter la valeur du commerce intra-africain de 400 % et la part du commerce intra-africain à 26 % d'ici 2045.

Malgré les perspectives de commerce et d'industrialisation pour les PMA qu'offre la ZLECAf, il existe de nombreux obstacles à l'industrialisation pour les PMA. Les femmes sont confrontées à des contraintes en ce qui concerne leur participation au commerce, y compris l'accès aux actifs, au financement, aux marchés, à l'information, aux réseaux, aux compétences, aux normes, à la technologie, à la sécurité aux frontières. Des politiques complémentaires inclusives sont nécessaires pour la mise en œuvre nationale et régionale de la ZLECAf.

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Les PMA africains sont extrêmement vulnérables aux chocs mondiaux en raison de leurs schémas commerciaux actuels, et la ZLECAf pourrait contribuer à protéger les PMA africains des chocs externes et à renforcer l'industrialisation de ces pays.

Arguments en Faveur du Libre-Échange

Plusieurs arguments sont avancés pour justifier l'adoption d'une politique de libre-échange :

  1. Spécialisation selon les avantages comparatifs : Utilisation rationnelle des facteurs de production du pays.
  2. Importation de produits moins chers : Amélioration du niveau de vie des ménages grâce à des importations moins coûteuses.
  3. Accès à un marché plus vaste : Économies d'échelle et réduction des coûts de production, favorisant la croissance de la demande effective.
  4. Accroissement de la variété des produits offerts aux consommateurs.
  5. Réduction des risques de pénuries.
  6. Stimulation de la concurrence et amélioration de l'efficacité de la production.
  7. Réalisation d'économies d'échelle grâce à l'élargissement des marchés.
  8. Baisse des prix de vente aux consommateurs et diversification de l'offre.

Les Risques et les Inconvénients

Cependant, le libre-échange présente également des risques et des inconvénients :

  1. Pertes d'emplois et chômage : La concurrence accrue peut entraîner des suppressions d'emplois dans les secteurs les moins compétitifs. Tous les salariés ne sont pas également "reconvertibles", ce qui peut entraîner du chômage.
  2. Pression sur les salaires : Le libre-échange peut exercer une pression à la baisse sur les salaires et entraîner une concurrence fiscale, réduisant les prestations sociales et augmentant les inégalités.
  3. Déflation salariale et crise d'endettement : La déflation salariale résultant du libre-échange peut contracter la demande intérieure, conduisant à un développement excessif du crédit aux ménages et à une crise d'insolvabilité.
  4. Spécialisations défavorables à long terme : Certaines spécialisations peuvent entraîner des rendements décroissants et des coûts d'exploitation croissants, tandis que d'autres sont propices à des rendements croissants et des économies d'échelle.
  5. Croissance appauvrissante : Dans le cas d'un pays monoproducteur et principal exportateur mondial d'un produit, la croissance des quantités exportées peut s'accompagner d'une dégradation des termes de l'échange, détériorant le revenu réel du pays.

L'exemple d'Haïti

L'année 2008 a révélé la vulnérabilité des PMA dans un contexte de libéralisation des échanges et d'ouverture du marché mondial des produits agricoles. Haïti, l'une des économies les plus ouvertes d'Amérique latine, importe du pétrole, des biens manufacturés à forte valeur ajoutée et des produits alimentaires. Ses exportations sont composées de produits manufacturés à faible valeur ajoutée (produits d'assemblage, textile) dont les prix sont tirés vers le bas par la concurrence des pays à faible coût de main d'œuvre. La hausse brutale des prix agricoles en 2008 a aggravé la dégradation des termes de l'échange, de sorte que malgré une croissance de 1 % en moyenne par an entre 2000 et 2013, Haïti n'a pas pu compenser la baisse du prix relatif de ses exportations par la hausse des quantités exportées, entraînant un appauvrissement du pays.

Effets du Commerce International sur les Prix et la Production

L'ouverture au commerce intensifie la concurrence sur les marchés intérieurs, exerçant une pression à la baisse des prix et permettant aux consommateurs de bénéficier d'un gain de pouvoir d'achat. Cette concurrence pousse les entreprises nationales à gagner en efficacité, mais peut affaiblir les secteurs exposés à une concurrence étrangère intense.

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Commerce et Inégalités

Le commerce peut favoriser le développement économique de certains pays en leur permettant d'accéder à de nouveaux marchés, d'attirer des investissements étrangers et de monter en compétence grâce aux transferts de technologie. Cependant, ces bénéfices dépendent du type de spécialisation et de la position dans la chaîne de valeur mondiale. Certains pays restent en marge du commerce mondial en raison d'obstacles structurels.

Le commerce influence aussi la répartition des revenus au sein d'un pays. Selon le modèle Heckscher-Ohlin, chaque pays se spécialise dans les productions qui mobilisent le facteur de production dont il dispose en abondance. Le théorème de Stolper-Samuelson en déduit que l'ouverture au commerce bénéficie au facteur abondant mais pénalise le facteur rare. Dans les pays développés, les travailleurs peu qualifiés sont les plus exposés à la concurrence étrangère, tandis que les catégories les mieux insérées dans les échanges mondiaux tirent davantage profit du commerce, entraînant une polarisation du marché du travail.

Libre-Échange et Protectionnisme

Le libre-échange repose sur la suppression des barrières commerciales afin de favoriser la spécialisation et d'accroître la richesse globale. Le protectionnisme, à l'inverse, vise à protéger certaines productions nationales de la concurrence étrangère. De nouvelles formes de protection apparaissent aujourd'hui, comme le protectionnisme écologique et le protectionnisme sanitaire ou stratégique.

Le Rôle de l'OMC

L'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) a pour objectif de promouvoir la libéralisation et l'expansion du commerce international de biens et de services. Elle repose sur quatre principes fondamentaux : le principe de la nation la plus favorisée, le principe du traitement national, l'interdiction d'utiliser des restrictions quantitatives aux échanges et le respect des niveaux de consolidation des concessions tarifaires.

Si les échanges internationaux offrent des possibilités en termes de croissance, de création d'emplois et de réduction de la pauvreté, les PMA sont encore mal intégrés dans le système commercial multilatéral, les PME sont mal armées face aux géants mondiaux, et les nouveaux défis nécessitent la mise en place de restrictions des exportations. L'émergence de la Chine comme puissance commerciale bouleverse l'ordre mondial.

Remises en Cause du Multilatéralisme et Demandes de Protection

Les difficultés de trouver de nouveaux consensus entre les membres de l'OMC et l'émergence de nouveaux défis renouvellent les demandes de protection. Il faut distinguer l'autarcie, qui est le refus de tout échange international, du protectionnisme qui est une politique commerciale visant à limiter ou interdire certaines importations de biens ou de services. La protection du marché intérieur s'opère par des mesures tarifaires et non tarifaires, ainsi que par des subventions à la production et/ou à l'exportation.

tags: #avantage #libre #ehcnage #pma

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